Trois souvenirs de ma jeunesse, Une femme iranienne, Girls Only / Revue de films

Publié le 25 Mai 2015

Trois souvenirs de ma jeunesse, Une femme iranienne, Girls Only / Revue de films

Trois souvenirs de ma jeunesse d'Arnaud Desplechin

 

"Paul Dédalus va quitter le Tadjikistan. Il se souvient… De son enfance à Roubaix… Des crises de folie de sa mère… Du lien qui l’unissait à son frère Ivan…Il se souvient… De ses seize ans… De son père, veuf inconsolable… De ce voyage en URSS en une mission clandestine… Il se souvient de ses dix-neuf ans, de sa sœur Delphine, de son cousin Bob, des soirées d’alors avec Pénélope, Mehdi et Kovalki… De ses études à Paris, de sa rencontre avec le docteur Behanzin, de sa vocation naissante pour l’anthropologie… Et surtout, Paul se souvient d’Esther. Elle fut le cœur de sa vie. Doucement, "un cœur fanatique"."

 

Un vrai coup de coeur pour le film, j'ai passé 2h merveilleuses devant la jeunesse de Paul Dédalus et celle de sa famille et amis. Paul, jeune garçon, imprévisible qu'on a du mal à suivre et qui nous emmène souvent là où on ne l'attend pas d'ailleurs, avec un naturel déconcertant. Le jeune acteur Quentin Dolmaire qu'on reverra c'est certain, est juste parfait dans le rôle.

Je suis passée du rire aux larmes sans y penser. D'ailleurs souvent j'étais parfois la seule à rire de bon coeur !

"Trois souvenirs de jeunesse" est une merveilleuse chronique de l'adolescence, le "teen movie" dans ce qu'il a de plus noble et de plus intéressant. Que ce soit les questionnements existentiels, les rapports amoureux, les relations avec les parents, l'amitié, les choix de vie à faire, tout y est.

Une scène miroir de père et fille où jai eu le sentiment que c'était exactement moi et ma fille, les mêmes dialogues exactement, troublant et rassurant à la fois.

Entre la fin de l'adolescence et le passage à l'adulte avec Paul qui est le lien entre les deux mondes. Ce passage qui se matérialise avec les études mais aussi avec une incroyable histoire d'amour, l'Amour avec un grand A, celui qui résiste à tout ou presque... Un amour qui se fiche des préjugés, des convenances et surtout des autres. Le duo qui se suffit à lui-même peut-il exister en dehors du couple réuni physiquement ? Peut-il survivre à l'éloignement, à la vraie vie en somme ? Paul est toujours celui qui part, Esther est toujours celle qui reste... Peuvent-ils se rejoindre ?

Le film dépeint aussi la réalité des étudiants qui galèrent, ceux qui se débrouillent sans arrêt pour continuer à étudier malgré le manque d'argent et de logement ainsi que l'éloignement de ses origines et de sa famille. J'ai trouvé cette peinture sociale très réaliste. Paul est toujours habité par sa passion de l'anthropologie et c'est ce qui le fait tenir, plus que son amour pour Esther à mon avis.

Je garde un souvenir ému de ce film que j'ai adoré parce que tout ce qui s'y raconte est connecté à mes émotions, à une certaine nostalgie d'une époque révolue, à des questionnements sur mon avenir de mère, à la vie en somme...

 

Il ne me reste plus qu'à revoir "Comment je me suis disputé... (ma vie sexuelle) dont "Trois souvenirs de jeunesse" est un prequel selon Arnaud Desplechin. Mais même si nous n'avez vu aucun film de Desplechin qui met en scène les aventures de Paul Dédalus, pas de souci, vous pouvez tout à fait voir le film, le comprendre et l'aimer !

 

Pourquoi j'y suis allée : parce que j'aime le cinéma de Desplechin

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Une femme iranienne de Negar Azarbayjani

 

"Bien que Rana soit une femme traditionnelle, elle est forcée de conduire un taxi à l'insu de sa famille pour rembourser la dette qui empêche son mari de sortir de prison. Par chance, elle rencontre la riche et rebelle Adineh, désespérément en attente d’un passeport pour quitter le pays et ainsi échapper à un mariage forcé. Les deux femmes vont s’aider mutuellement, mais Rana ignore qu’Adineh cache un lourd secret…"

 

Ce que j'ai aimé dans ce film c'est la rencontre entre deux femmes qui ont en commun l'envie de se battre contre les diktats imposés de la société dans laquelle elles vivent et de ceux imposés par les hommes dont elles dépendent. Deux personnages féminins touchants chacun dans son domaine. Deux femmes qui deviennent amies malgrè les différences et les préjugés. Les deux actrices sont formidables.

Après évidemment, aucune suprise sur ce qu'on découvre de la condition féminine dans un pays comme l'Iran. Aucune surprise sur le manque de liberté des gens en général même si ce sont surtout les femmes qui trinquent. Une société sous surveillance familiale, amicale, de voisinage, une société où la phrase "vivons heureux, vivons cachés" prend tout son sens puissance mille.

La surprise vient d'ailleurs. Je ne veux pas spoiler alors je vais rester vague. La surprise vient du fait qu'on découvre une facette de l'Iran qu'on ne soupçonnerait pas, une reconnaissance d'une liberté qui nous semble hallucinante vu le pays. Mais c'est là aussi ce que j'ai moins aimé dans le film car, et ce n'est que mon ressenti, j'ai eu le sentiment qu'il y avait parfois un discours de propagande qu'il soit religieux ou autre. Ce sentiment de malaise je l'ai ressenti plusieurs fois. Je me trompe peut être mais c'est ainsi que je l'ai vécu.
Ce qui ne m'a pas empêché de beaucoup aimer le film et d'être touchée par cette histoire et cette renconte de deux femmes hors du commun.

 

Pourquoi j'y suis allée : pour le sujet et par curiosité

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Girls Only de Lynn Shelton

 

"A l’aube de ses 30 ans, on ne peut pas dire que Megan soit fixée sur son avenir. Avec son groupe d'amies déjà bien installées dans la vie, le décalage se creuse de jour en jour. Et ce n'est pas le comportement des hommes qui va l'apaiser ! Au point qu’elle se réfugie chez Annika, une nouvelle amie... de 16 ans. Fuyant avec joie ses responsabilités, elle préfère partager le quotidien insouciant de l'adolescente et ses copines. Jusqu'à croiser le père d'Annika au petit-déjeuner..."

 

Grandir à tout prix, s'insérer dans le monde adulte en ayant un "vrai"travail", un petit ami et surtout des projets avec celui-ci. Cela semble une norme atteignable par une grosse moyenne des jeunes trentenaires mais pour Megan qui n'arrive pas à prendre des décisions toute seule c'est un peu le parcours du combattant. Elle est en décalage avec sa bande d'amies qu'elle garde depuis le lycée et ne trouve pas sa place dans cet univers "adulte" et sérieux qui ne songe que mariage et bébé.

On se doute bien que si elle ne trouve pas sa place c'est parce qu'elle n'est pas à sa place. Pour réagir, il va lui falloir un électrochoc qui prend la forme d'une rencontre avec Annika, 16 ans, ses amis et sa famille.

Le début est un peu trop lent et le film met du temps à entrer dans le vif du sujet. J'ai failli décrocher puis on se prend au jeu mutin de Keira Knightley, à sa maladresse et à sa générosité et on a envie qu'elle se sorte de son "piège" de vie. Le duo qu'elle forme avec Annika (Chloé Grace Moretz) fonctionne très bien, copines ou mère/fille, elles se trouvent et se complètent.

Girls Only n'est pas inoubliable mais on passe un bon moment avec cette petite comédie romantique/dramatique bien sympathique sur une "adulescente" qui se cherche et finit par se trouver et dont le trajet et les aspirations parleront probablement à beaucoup de trentenaires contemporains. Le castig est réussi et révèle quelques bonnes surprises de "têtes connues" même pour les tout petits rôles.

 

Pourquoi j'y suis allée : parce que je voulais voir un film léger et que j'aime beaucoup le casting du film.

Rédigé par Carole Nipette

Publié dans #Sorties culturelles... de maman - critiques cinéma.

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