Vice-Versa, A la poursuite de demain [Revue films famille]

Publié le 18 Juin 2015

Vice-Versa, A la poursuite de demain [Revue films famille]

Vice-Versa de Pete Docter

 

"Au Quartier Général, le centre de contrôle situé dans la tête de la petite Riley, 11 ans, cinq Émotions sont au travail. À leur tête, Joie, débordante d’optimisme et de bonne humeur, veille à ce que Riley soit heureuse. Peur se charge de la sécurité,  Colère s’assure que la justice règne, et Dégoût empêche Riley de se faire empoisonner la vie - au sens propre comme au figuré. Quant à Tristesse, elle n’est pas très sûre de son rôle. Les autres non plus, d’ailleurs… Lorsque la famille de Riley emménage dans une grande ville, avec tout ce que cela peut avoir d’effrayant, les Émotions ont fort à faire pour guider la jeune fille durant cette difficile transition..."

 

Vice-versa propose une des idées les plus originales vues au cinéma depuis longtemps. Que se passe t'il dans notre tête et en notamment dans la tête d'une petite fille de 11 ans ? Comment sont régies ses émotions ? Comment interagissent-elles ? Et surtout comment les émotions construisent une personnalité, ce qui fait que nous somme nous et pas un autre.

Le début est trop chou quand Riley est bébé puis petit enfant. Les première émotions sont simples. Joie puis Tristesse. Puis vient la Peur, la Colère et le Dégoût (surtout au moment de la diversification alimentaire !). On voit bien que plus l'enfant grandit, plus ça se complique. Tous les parents y verront leur enfant à un moment donné de l'histoire même s'ils n'ont pas de fille.

La grande réussite du film c'est d'avoir créé le cerveau en un univers imaginaire incroyable mais totalement crédible. Entre les émotions, le rôle de la mémoire et des souvenirs, le subconscient, les centres d'intérêt, la pensée, les rêves, l'imagination... tout y est et tout est lié. Vice-Versa montre comment tout se transforme en fonction des événements extérieurs et de l'imprévu.

 

Hormis Tristesse, chaque émotion semble avoir un rôle pondérateur tandis que Joie régit le tout. Elle fait tout ce qu’il faut pour que "ça roule". Quand Riley change de comportement, les émotions sont chamboulées et ne comprennent plus ce qui se passe. C’était si simple avant, quand Riley était plus petite, n’est ce pas ? Nous on se dit qu'à 11 ans, tous ces chamboulements annoncent les prémisces de l'adolescence.

Mais ne faut-il pas laisser nos émotions prendre le dessus parfois ? Faut-il toujours tout contrôler ? Quand on est triste, ce qui est bien c’est qu’on peut redevenir joyeux. Avec Nina nous avons discuté ensuite du concept du bonheur. Si on n’est jamais malheureux ou triste, comment peut-on savoir que l’on est heureux ? (ça pourrait être un sujet de philo au bac !)

 

Je n’ai pas ri autant que je pensais mais il y a quelques séquences très drôles comme celle de la conservation des souvenirs, ceux qui s’effacent et les trucs débiles qu’on retient. Tellement vrai !

D'ailleurs si je peux émettre un bémol, quand le film s'immisce dans les émotions des adultes, cela devient beaucoup moins subtil. Le père est un gros beauf qui ne pense qu'au foot et la mère une femme qui se lamente sur son amour de jeunesse. A propos de mère, celui ou celle qui a dessiné sa garde-robe devait détester le personnage, au secours !

 

Une belle réussite que ce film qui nous entraine dans une douce nostalgie de l'enfance, dans nos souvenirs et quand on est parent il nous fait carrément vivre une séance de psychanlyse en direct. Il y a là matière à discussion, Freud sort de ce corps ! Nostalgie pour les grands mais un très beau film sur l'enfance avant tout.

 

Nina a adoré et quelques heures plus tard elle était déjà en train de me la jouer genre "attention, il y a Tristesse qui va se montrer si tu ne me donne pas satisfaction !".

 

Le film est précédé d'un joli et poétique court-métrage "Lava" dont la chanson reste bien en tête. Une histoire d'amour originale entre deux volcans à Hawaï.

Vice-Versa, A la poursuite de demain [Revue films famille]

A la poursuite de demain de Brad Bird

 

"Casey, une adolescente brillante et optimiste, douée d’une grande curiosité scientifique est "choisie" pour sauver le monde, rien que ça ! Sa route va croiser celle de Frank, un homme qui fut autrefois un jeune inventeur de génie avant de perdre ses illusions. Ils vont s’embarquer dans une périlleuse et incroyable mission dans un monde parallèle où tout peut arriver..."

 

Je m'attendais à voir un gentil film de science-fiction et d'aventure sur fond de sauvegarde de l'humanité avec le message écologique qui va bien. J'ai eu tout ça, l'odyssée du futur, les gadgets, les méchants, les supers décors... et j'ai eu beaucoup plus que ça. C'est l'un des films les plus intéressants que j'ai vu sur le sujet. Le "il faut sauver la planète, ça devient une nécessité" est traité d'une façon originale et intéressante.

Tout comme dans notre société, on assiste au début du film aux discours alarmistes sur la dégradation de la planète, le réchauffement climatique, la couche d'ozone... Mais la majorité semble s'en accomoder ou pire, n'y croit pas. Casey parle dans le vide quand elle se demande que faire pour arranger les choses. On peut y avoir aussi une critique des médias qui tournent en boucle sur les images négatives, les faits divers, les horreurs et habituent ainsi les gens à une certaine fatalité et entretiennent un pessimisme ambiant. On s'installe dans la catastrophe sans s'en rendre compte.

A t'on baissé les bras ? Casey avec Frank vont nous redonner espoir. Les rêveurs doivent se serrer les coudes pour convaincre ceux qui ont lâché l'affaire. Les rêveurs, les anti-conformistes, les idéalistes, tous ceux qui y croient encore...

A mon avis, c'est un film que tous les dirigeants de ce monde devraient voir, on ne sait jamais, ça pourrait en faire réfléchir quelques uns. C'est vrai que ce n'est pas facile d'être optimiste quand on voit le comportement des politiques, des grands patrons, des hommes d'affaires, des intégristes de tous poils (vous noterez ce magnifique jeu de mots !)

 

On passe un très bon moment, les personnages sont attachants, les effets spéciaux sont chouettes, les décors futuristes à souhait (j'ai adoré reconnaître ma cité des arts et des sciences préférée de Valencia). On remonte dans l'histoire des sciences pour comprendre notre monde contemporain et c'est une belle idée qu'un film américain ait utilisé la Tour Eiffel comme un lieu avant-gardiste et idéaliste.

C'est un chouette film de science-fiction qui nous fait voyager aussi bien dans le passé que dans le futur.

"A la poursuite de demain" est une quête pour un monde meilleur. Les questions qu'il pose méritent de vrais débats : doit on construire un monde nouveau ou essayer d'améliorer l'existant ?

Nina a beaucoup aimé et a plutôt bien compris le message écologique. Nos enfants sont beaucoup plus sensiblisés que nous ne l'étions plus jeunes. Mais elle n'a pas saisi toutes les subtilités du lavage de cerveau subi par les terriens. On a pas mal discuté de ça ensuite. Je recommande le film plutôt pour les enfants à partir de 9 ans.

Rédigé par Carole Nipette

Publié dans #Sorties cinéma enfant

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Madame 18/06/2015 23:47

Mon grand veut voir Vice Versa ... faut que je motive!

Selky 18/06/2015 13:23

Ahhh je languis Vice Versa, il faut qu'on y aille ! Mais avec les beaux jours qui se sont installés on est plutôt occupés dehors ! Mais Minimi me rappelle à l'ordre plutôt souvent dc ça va pas tarder.
Quant au 2eme je pense qu'elle est encore un peu petite. On attendra ou on le verra sans eux :)