Dheepan, La Nina de Fuego, La belle saison / Revue de films

Publié le 30 Août 2015

Dheepan, La Nina de Fuego, La belle saison / Revue de films

Dheepan de Jacques Audiard
 

"Fuyant la guerre civile au Sri Lanka, un ancien soldat, une jeune femme et une petite fille se font passer pour une famille. Réfugiés en France dans une cité sensible, se connaissant à peine, ils tentent de se construire un foyer."

Avertissement : des scènes, des propos ou des images peuvent heurter la sensibilité des spectateurs

 

Très vite on entre dans la nouvelle histoire de cette famille, recomposée pour vivre en paix. Une famille composée pour pouvoir quitter un pays déchiré par la guerre civile. Une famille qui va non seulement devoir s'acclimater à un nouveau pays et une nouvelle culture mais aussi à elle-même.

Les premiers pas se font dans un foyer d'accueil et on entre dans le quotidien de ces vendeurs à la sauvette que l'on croise chaque jour surtout à Paris. Ce sont des scènes fugaces mais qui nous font porter un autre regard sur eux, quelle histoire se cache derrière celui qui nous propose en insistant, une fleur, un fruit, un jouet bruyant, un dvd piraté...

Puis Dheepan et sa famille atterrissent dans la loge d'un gardien de cité. C'est un nouvel apprentissage de la vie en cité, une cité dont le réalisateur n'a gardé qu'un seul aspect. On se doute que la réalité est plus complexe mais on sait très bien que dans certains endroits cette réalité fait partie du quotidien des habitants. Ils vont devoir apprendre le français, s'intégrer pour rester discret, faire comme les autres pour trouver leur place.

Dheepan est le gardien et prend son travail très à coeur tandis que sa "femme" a du mal à se faire à cette vie. Elle va trouver un travail et va s'ouvrir aux autres petit à petit. Son salaire de 500 euros par mois semble la richesse absolue, le travail au noir pour les immigrés clandestins a encore de beaux jours devant lui.

On voit la difficulté de créer une famille mais aussi la cohabitation entre les dealers et caids avec les habitants qui n'ont pas toujours le choix d'habiter ailleurs. On voit trois personnes qui vont apprendre à se connaître, une petite fille qui a besoin de parents, des adultes qui ont besoin d'amour et d'affection mais comment créer des liens dans un contexte aussi difficile quand les morts des famille sont toujours présents dans les coeurs.

L'intégration se fait petit à petit mais le Tigre est rattrapé par son passé. La violence est partout et la famille déchante sur cette terre d'accueuil tout aussi hostile que chez eux. Peuvent-ils avoir une deuxième chance, voire une troisième et être une famille, une autre vie est-elle possible ?

J'ai trouvé la fin un peu bancale et facile mais j'ai aimé la peinture sociale et le destin de cette famille créée par la guerre et qui finira par trouver la paix.

 

Pourquoi j'y suis allée : pas parce que c'est une Palme d'Or vu que je ne les ai pas toutes vues mais plutôt parce que j'ai bien aimé les films précédents de Jacques Audiard. J'étais intriguée par le sujet et le fait que ce soit une famille sri lankaise réfugiée.

Dheepan, La Nina de Fuego, La belle saison / Revue de films

La Nina de Fuego de Carlos Vermut

 

"Barbara est une belle femme vénéneuse et psychologiquement instable, que son mari tente de contenir. Damiàn n’ose pas sortir de prison de peur de la revoir. Luis veut la faire chanter mais ne réalise pas encore qu’il joue avec le feu. Le trio se retrouve plongé dans un tourbillon de tromperies où la lutte entre la raison et la passion tourne à la guerre des nerfs…"

Avertissement : des scènes, des propos ou des images peuvent heurter la sensibilité des spectateurs

 

Je suis depuis toujours fan de cinéma espagnol. Les espagnols ont cette faculté de faire du cinéma entre le réel et le surréaliste avec un naturel fou et crédible. Un côté loufoque et acide qu'on retrouve aussi dans le cinéma argentin, ce n'est pas étonnant. Comme le dit un des personnages du films, les espagnols sont sans cesse partagés entre l'émotion et la raison.

Le film se situe dans une Espagne contemporaine en crise, le chomage bat son plein.

On assiste au dérapage de Luis, un père qui veut bien faire et qui se croit tout permis pour faire plaisir à sa fille mourrante. Son pétage de plombs va faire boule de neige et aura des répercussions irréversibles sur tous les protagonistes de l'histoire.

Luis s'octroie une caution de moralité tout seul. L'état de sa fille justifie tous les moyens. Il réveille une Barbara endormie par les médicaments, une femme dont on sent le lourd passif mais qui semble avoir payé ses "erreurs" passées.

Barbara et son mari ont une vie qui ne supporte pas les dérapages, un lien spécial les unit. Il la surveille, elle est "malade" et parfois flippante. Elle est pleine de mystères sur son passé mais aussi sur le présent. Le spectateur ne saura pas tout, c'est frustrant et en même temps je n'avais pas très envie de voir tout ce qui n'a pas été montré. C'est aussi la force du film de laisser une part dans l'ombre et de nous forcer à imaginer ou non.

J'ai été happée par l'histoire et l'ambiance prenante et surprenante. J'ai aimé la mise en scène façon puzzle qui se reconstruit, un puzzle captivant et vénéneux avec une jolie présence enfantine.

 

Pourquoi j'y suis allée : parce j'essaie de voir le plus possible les films espagnols qui sortent en France. Pour l'intrigue mystérieuse et le côté polar.

Dheepan, La Nina de Fuego, La belle saison / Revue de films

La belle saison de Catherine Corsini

 

"1971. Delphine, fille de paysans, monte à Paris pour s’émanciper du carcan familial et gagner son indépendance financière. Carole est parisienne. En couple avec Manuel, elle vit activement les débuts du féminisme. Lorsque Delphine et Carole se rencontrent, leur histoire d'amour fait basculer leurs vies."

 

On découvre les combats de l'époque, une parole qui se libère d'un coup après des années de silence, une parole forcément hystérique car tout le monde veut s'epxrimer tout de suite. En tout cas c'est ce que j'ai ressenti de l'ambiance décrite dans le film.

C'est le contexte du MLF, du Manifeste des 343 salopes, des manifestations pro avortement, du droit des femmes mais le film se penche aussi sur le droit des homosexuels. L'histoire d'amour entre Delphine et Carole se situe dans cette ambiance survoltée.

Delphine qui vient de quitter sa campagne profonde et l'exploitation familiale se fond très vite dans la masse et prend part à ces combats qui semblent devenir les siens. Sa mère, travaille toute la journée à la ferme mais ne touche pas de salaire et n'a aucun avantage social. Delphine milite mais quand il s'agit d'elle, les actes ne dépassent pas la pensée. Elle n'assume pas du tout, elle présume, et on imagine à raison, de la réaction des gens de son village. Comment la blâmer alors que les homos sont envoyés dans des hopitals psychiatriques et se font électrochoquer...

L'amour entre Carole et Delphine est intense et bouleverse leurs vies mais les diktats de la société de l'époque sont bien plus forts. Delphine se sacrifie pour la ferme familiale, la difficulté d'aimer des filles dans ce milieu encore plus conservateur lui semble insurmontable.

Ces choses qui nous semblent à peu près évidentes aujourd'hui ne l'ont pas toujours été et le combat pour l'acceptation de la différence n'est pas terminé, on le voit tous les jours.

Le film nous offre un beau duo d'actrices et jolies scènes champêtres ! J'ai trouvé Izia Higelin très naturelle et j'ai adoré l'interprétation de Cécile de France (j'ai déjà dit ici à quel point j'aime cette fille !) très mature et émouvante. Elle est magnifique.

Un film qui va bien avec la fin de l'été et des vacances...

 

Pourquoi j'y suis allée : pour Cécile de France essentiellement. L'histoire me tentait bien aussi.

Rédigé par Carole Nipette

Publié dans #Sorties culturelles... de maman - critiques cinéma.

Commenter cet article

Madame 15/01/2016 00:59

Tu sais que dès que je termine de voir un film je viens chez toi pour relire/lire ce que tu en as pensé! J'ai bien aimé La belle saison, surtout pour Cécile de France que j'aime tellement....

Carole Nipette 15/01/2016 09:15

Un point commun :) (un de plus !)

Xtinette 30/08/2015 20:28

Je suis tentée par La belle saison même si le sujet me passionne pas trop mais ça me semble très bien joué, sensible et j'aime aussi Cécile de France.

Carole Nipette 03/09/2015 12:15

Je pense que tu vas aimer !