Asphalte, Fatima, Sicario, The Visit / Revue de films

Publié le 18 Octobre 2015

Asphalte, Fatima, Sicario, The Visit / Revue de films

Asphalte de Samuel Benchetrit

 

"Un immeuble dans une cité. Un ascenseur en panne. Trois rencontres. Six personnages. Sternkowtiz quittera-t-il son fauteuil pour trouver l’amour d’une infirmière de nuit ? Charly, l’ado délaissé, réussira-t-il à faire décrocher un rôle à Jeanne Meyer, actrice des années 80 ? Et qu’arrivera-t-il à John McKenzie, astronaute tombé du ciel et recueilli par Madame Hamida ?"

 

C'est drôle parce que c'est en écrivant ce billet que je découvre le synopsis du film. J'ai été le voir sans savoir de quoi ça parlait. Je n'avais pas vu la bande-annonce, ni lu d'articles à son sujet, ni vu le casting. Je savais juste que j'allais voir "Asphalte" de Samuel Benchetrit. Du coup, j'ai carrément halluciné dès les premiers plans de l'astronaute qui observe la terre. Mais qu'est ce que fait Michael Pitt dans ce film ? Est-ce que je me suis trompée de salle ?!!

En même temps, tout ça cadrait bien avec les situations cocasses et absurdes que j'ai commencé à voir sur l'écran.

Dès la scène initiale très drôle mettant en scène des copropriétaires en mal d'ascenseur, j'ai adoré le film. Si je devais expliquer à quelqu'un le sens de l'expression "ironie du sort" je lui dirais "regarde les dix premières minutes d'Asphalte !"

Samuel Benchetrit a réussi à faire des chroniques urbaines savoureuses, pleines de tendresse et d'humour, de folie et de poésie. Un pur bonheur pour mon cerveau qui est tellement en phase avec ce film et la façon dont il raconte ces trois histoires croisées.

Six personnages en quête d'amour et d'affection, de reconnaissance, d'intérêt. Six personnages seuls que tout oppose, que rien n'oppose finalement. De la rencontre nait l'intérêt et l'attrait. Six personnages en manque qui vont se combler d'une certaine façon. Le manque de mère, le manque d'amour, le manque de relations humaines, le manque de tendresse, le manque de reconnaissance... autant de manques qui vont se remplir, autant de solitudes qui vont se rencontrer.

Asphalte nous offre une galerie de personnages atypiques mais qui sont au final des gens normaux de la vie de tous les jours... ou presque !

Le film est tendre et plein de folie douce mais aussi très drôle. La scène hilarante autour de la célèbre série "Amour, Gloire et Beauté" sont dignes d'un épisode de "Le coeur a ses raisons".

Super casting, ils sont tous magnifiques dans leurs rôles, même les personnages secondaires, et j'espère qu'on reverra vite Jules Benchetrit dont la voix grave et le regard troublant hérité de sa mère lui donnent une présence scénique incroyable.

 

Pourquoi j'y suis allée : parce que c'est mon chouchou Samuel Benchetrit et que j'aime sa façon de raconter.

 

Asphalte, Fatima, Sicario, The Visit / Revue de films

Fatima de Philippe Faucon

 

"Fatima vit seule avec ses deux filles : Souad, 15 ans, adolescente en révolte, et Nesrine, 18 ans, qui commence des études de médecine. Fatima maîtrise mal le français et le vit comme une frustration dans ses rapports quotidiens avec ses filles. Toutes deux sont sa fierté, son moteur, son inquiétude aussi. Afin de leur offrir le meilleur avenir possible, Fatima travaille comme femme de ménage avec des horaires décalés. Un jour, elle chute dans un escalier. En arrêt de travail, Fatima se met à écrire en arabe ce qu'il ne lui a pas été possible de dire jusque-là en français à ses filles."

 

Fatima enchaîne plusieurs boulots de ménage pour assurer l'avenir de ses filles qu'elle élève seule même si son ex mari est présent. Elle cherche à trouver sa place entre ses filles qui s'émancipent, la société, les autres, les traditions. La barrière de la langue française lui pèse et le soir elle couche ses pensées dans sa langue maternelle sous forme de journal intime plein de poésie.

Le film est inspiré du livre de poèmes de Fatima Elayoubi. Je ne le savais pas avant d'avoir vu le film mais quand on entend les premières phrases écrites par la Fatima du film, on est tout de suite saisi par ses mots. On sent qu'il y a ce quelque chose en plus qui fait les grands poètes.

Fatima en veut, elle se bat, elle travaille beaucoup sans se plaindre, elle prend des cours du soir pour le français, elle est présente pour ses filles. C'est une mère impliquée et concernée qui connait la valeur du travail et des sacrifices. C'est le genre de mère qui dit à sa grande qu'elle fera tous les ménages du monde pour l'aider dans ses études de médecine

Et pourtant sa plus jeune fille Souad, en pleine rébellion et crise d'ado, a honte du métier qu'elle fait, elle la méprise de devoir faire les toilettes des autres. Et pourtant, la société est toujours dans un mode de suspicion pour une femme d'origine algérienne, pensez-vous en plus sa fille ose prétendre faire médecine ! Et pourtant, les femmes de sa communauté sont jalouses et pas du tout solidaires.

Fatima et ses filles, le conflit des générations. Une génération issue de la tradition qui critique et juge les apparences, la fameuse réputation des filles qui portent la jupe... et l'autre jeune génération qui veut se démarquer et qui en a marre de ces diktats old school.

Pendant que Souad baisse les bras à l'école, Nesrine lutte contre la société et contre elle-même, elle lutte pour réussir sa première année de médecine à tout prix. Pour leur montrer à tous et surtout pour sa mère dont elle connait les sacrifices.

Fatima et ses moments de grâce quand elle écrit ou qu'elle lit sa poésie, c'est si beau et si vrai. Ses mots décrivent si bien sa situation, son ressenti. Les larmes viennent...

J'ai été tellement touchée par cette mère qui s'engage du mieux qu'elle peut avec ses moyens. Sa douceur, sa bienveillance, comme le film qui parle si bien cette femme exceptionnelle, qui parle si bien de son quotidien avec poésie...

 

Pourquoi j'y suis allée : j'avais le sentiment que ça me plairait tout simplement

 

Asphalte, Fatima, Sicario, The Visit / Revue de films

Sicaro de Denis Villeneuve

 

"La zone frontalière entre les Etats-Unis et le Mexique est devenue un territoire de non-droit. Kate, une jeune recrue idéaliste du FBI, y est enrôlée pour aider un groupe d’intervention d’élite dirigé par un agent du gouvernement dans la lutte contre le trafic de drogues. Menée par un consultant énigmatique, l'équipe se lance dans un périple clandestin, obligeant Kate à remettre en question ses convictions pour pouvoir survivre." Interdit aux moins de 12 ans

 

Le film démarre très fort sur une scène de crime hors du commun. La tension est déjà au maximum amplifiée par une musique en raccord.

Kate est une femme dans un monde ultra masculin et ultra violent, le monde des cartels de la drogue et de ceux qui les combattent. C'es une observatrice hors pair, à l'affut de tout et elle détecte tout de suite quelque chose de pas net chez le mystérieux Alejandro (Benicio del Toro). On sent qu'il cache quelque chose, un passé chargé...

Kate qui veut rester dans le "droit" chemin de la lutte contre la drogue, chemin qui ne fait pas souvent ses preuves, est face à une équipe qui ne recule devant rien et elle ne parvient pas à trouver sa place, jamais...

Le film montre une confrontation entre deux mondes, celui de Kate et celui des "supertestostéronés" d'en face tout en soulignant les rapports tordus entre la CIA et le FBI et donne un avis sur la façon la plus efficace de lutter contre les barons de la drogue. Il y a aussi l'histoire plus classique d'une vengeance personnelle.

Une belle réalisation stylée et l'efficacité des plans vue du ciel, l'utilisation d'une musique puissante, des plans serrés sur les visages... Il y a tout ça et ça aurait pu être un très bon film mais au final je ne sais pas trop ce que j'ai vu, je ne sais pas ce que le film a vraiment voulu raconter... Une belle enveloppe un peu vide, dommage. Déception pour moi...

 

Ps : j'ai du mal à croire que le boss d'un des plus cartels mexicains ne soit gardé que par 6 hommes...

 

Pourquoi j'y suis allée : pour le réalisateur et le casting.

 

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The Visit de M. Night Shyalaman

 

"Deux enfants sont envoyés passer une semaine en Pennsylvanie, dans la ferme de leurs grands-parents. Mais lorsque l'un d'eux découvre qu'ils sont impliqués dans quelque chose de profondément dérangeant, leurs chances de retour s'amenuisent de jour en jour." Interdit aux moins de 12 ans

 

Deux ados qui ne connaissent pas leurs grands parents, leur mère étant brouillée depuis des années, vont enfin passer une semaine de vacances chez eux pour les découvrir. Ils partent avec joie d'autant plus que la fille a décidé de faire un cadeau à sa mère : un documentaire dans lequel elle obtiendrait le pardon de ses parents.

M. Night Shyalaman utilise donc le principe du documentaire (on pense évidemment a Blair Witch Project -que j'avais détesté... une arnaque ce film...-) pour nous rappocher des personnages et de leurs émotions et ça fonctionne plutôt bien.

Les grands-parents agissent bizarrement très vite et on s'attend à avoir peur tout le temps. Mamie est obsédée par la bouffe pendant que Papie fait des allers-retours étranges dans la réserve. Le sous-sol de la maison est interdit aux enfants car trop humide.

Toutes les circonstances sont réunies pour que les enfants aient envie de laisser libre cours à leur curiosité pendant que leur mère prend enfin une semaine de vacances en croisière avec son amoureux.

Les grands-parents cachent clairement un truc pas net mais dans ce cas, pourquoi ont-ils invités leurs petits enfants ? Le film joue pas mal sur les peurs naturelles des enfants, le noir, les vieilles personnes, la cave... Impossible de raconter ce qu'il se passe vraiment dans cette maison, je ne veux pas déflorer l'histoire !

 

The Visit est une sacrée bonne surprise ! C'est drôle de cet humour noir pas politiquement correct puisqu'on touche aux enfants et aux personnes âgées.

J'ai sursauté quelques fois mais ce n'est pas vraiment un film d'épouvante, c'est beaucoup plus subtil. Il ne faut avoir peur d'avoir peur, je dis ça pour les réfractaires au genre.

Le retournement final est excellent, je ne l'avais pas du tout vu venir, c'est donc une vraie réussite en ce qui me concerne.

Rédigé par Carole Nipette

Publié dans #Sorties culturelles... de maman - critiques cinéma.

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