Ni le ciel ni la terre, Je suis à vous tout de suite, Marguerite, Half of a yellow sun / Revue de films

Publié le 12 Octobre 2015

Ni le ciel ni la terre, Je suis à vous tout de suite, Marguerite, Half of a yellow sun / Revue de films

Ni le ciel ni la terre de Clément Cogitore

 

"Afghanistan 2014.
A l’approche du retrait des troupes, le capitaine Antarès Bonassieu et sa section sont affectés à une mission de contrôle et de surveillance dans une vallée reculée du Wakhan, frontalière du Pakistan. Malgré la détermination d’Antarès et de ses hommes, le contrôle de ce secteur supposé calme va progressivement leur échapper. Une nuit, des soldats se mettent à disparaître mystérieusement dans la vallée."

 

Un décor rude, les montagnes sèches de l'Afghanistan, une fragile cohabitation avec les habitants qu'ils défendent. Quelque part on se dit que les soldats même s'ils sont là pour défendre se comportent en conquérants et les villageois doivent le vivre comme une humiliation.

Ces soldats sont dans un état permanent de veille, d'attente et de stress pour la moindre mouche qui vole. Ils passent la majeure partie de leur temps à surveiller les abords de leur camp. Il faut se méfier de tout et de tout le monde.

Le film laisse très vite s'installer une ambiance pesante, écrasante avec un certain suspense car on s'attend toujours à ce qu'il se passe quelque chose.

(C'est marrant d'ailleurs, la bande annonce m'a donné un tout autre sentiment que celui qui j'ai eu en regardant le film. Elle m'a vendue autre chose que je ne voulais pas aller voir et c'est un ami qui m'a persuadé.)

Bonassieu est un commandant teigneux et obstiné et quand ses premiers soldats disparaissent il va tout faire pour les retrouver, jusqu'à faire cause commune avec les talibans qu'ils exécrent.

Il se lance dans une quête, dont a du mal à croire qu'elle aboutira, entrainant dans son sillage tout son camp. Les hommes vont vivre des moments éprouvants et n'en ressortiront pas indemnes. On ne ressort jamais indemne d'une guerre de toute façon...

C'est un film dans lequel les croyances sont mises à rude épreuve, les non croyances aussi. Comment ne pas devenir fou devant ces démonstrations que l'esprit ne peut intégrer ?

Jérémie Rénier en capitaine est carrément convaincant mais tout le casting de ces soldats "perdus" est formidable.

J'ai été prise dans l'histoire, dans le mystère et les scènes fantomatiques à travers la visée nocturne ajoutent à l'ambiance fantastique et surréaliste.

Même si ce n'est pas le sujet, une scène de quelques secondes réussit à montrer le côté dérisoire de cette guerre des montagnes, l'impuissance malgré les avions et les bombes. Une explication tellement simple de l'échec occidental...

Un film surprenant.

 

Pourquoi j'y suis allée : au départ je ne voulais pas aller voir un film de guerre mais un ami m'a persuadé que c'était bien plus que ça...

 

Ni le ciel ni la terre, Je suis à vous tout de suite, Marguerite, Half of a yellow sun / Revue de films

Je suis à vous tout de suite de Baya Kasmi

 

"Hanna a 30 ans, beaucoup de charme et ne sait pas dire non : elle est atteinte de la névrose de la gentillesse. Ce drôle de syndrome familial touche aussi son père, Omar, "épicier social" et sa mère, Simone, "psy à domicile". Avec son frère Hakim, focalisé sur ses racines algériennes et sa religion, le courant ne passe plus vraiment. Mais un événement imprévu oblige Hanna et Hakim à se retrouver..."

 

On entre dans une famille "mixte", un père algérien et une mère fançaise, qui pratique l'éducation dans laquelle on dit tout aux enfants et on accède à tous leurs désirs ce qui donne lieu à des situations cocasses.

Agnès Jaoui, décidément très en forme au cinéma ces derniers temps, joue une mère cool et poule. Ramzy, super attachant, joue Omar, le père qui souffre d'un mal bien étrange "la névrose de la gentillesse". Il faut dire que quand on tient un commerce et qu'on est trop gentil, les affaires sont compliquées. Ce mal, il l'a donné à sa fille qui ne sait pas dire non. Elle s'improvise ainsi sauveuse de l'humanité et donne tout ce qu'elle a pour aider les autres, même son corps.

Le film aborde beaucoup, beaucoup de sujets mais ça fonctionne même si certains sont effleurés. Les relations familiales, le business du hallal, l'intégrisme qui change les banlieues et les personnes, l'intégration des immigrés en France, l'identité, la foi, la pédophilie, la prostitution, une histoire d'amour...

C'est beaucoup un film sur la foi (la foi n'est pas une histoire d'apparence extérieure), beaucoup un film sur la famille et les non-dits qui entrourent les évolutions des relations entre les gens d'une même famille. Il y a une aussi une critique à bon escient de ces jeunes d'origine algérienne qui idéalisent à tort le pays que leurs parents ont quitté pour une vie de liberté.

Un film sympathique durant lequel on rit beaucoup. Vimala Pons est formidable de sincérité et de fraicheur. Elle a vraiment quelque chose cette actrice. Ceux, qui comme moi, ont eu la chance de voir le spectacle "De nos jours" d'Ivan Mosjoukine, ont tout de suite craqué sur cette fille vraiment différente.

 

Pourquoi j'y suis allée : pour les acteurs et pour voir une comédie qui avait l'air sympa

 

Ni le ciel ni la terre, Je suis à vous tout de suite, Marguerite, Half of a yellow sun / Revue de films

Marguerite de Xavier Giannoli

 

"Le Paris des années 20. Marguerite Dumont est une femme fortunée passionnée de musique et d’opéra. Depuis des années elle chante régulièrement devant son cercle d’habitués. Mais Marguerite chante tragiquement faux et personne ne le lui a jamais dit. Son mari et ses proches l’ont toujours entretenue dans ses illusions. Tout se complique le jour où elle se met en tête de se produire devant un vrai public à l’Opéra."

 

Dès la première scène de chant, l'aplomb avec lequel Marguerite entre en scène est saisissant, on sent qu'elle y met tout son coeur. Si je n'avais pas vu la bande annonce j'aurais vraiment cru à son talent avant la fausse note.

Elle est fascinante et jusqu'au boutiste cette femme entourée de gens dévoués à son service qui subissent mais qui ne disent rien. Elle est littéralement couvée par son majordome qui gère toute l'intendance des mensonges de tout son entourage. Marguerite subit les mensonges de tout ceux qui sont sensés l'aimer mais aussi la condescendance de son mari. C'est le bal des hypocrites en permanence. Et pourtant on ne peut lui en vouloir.

 

Lucien le journaliste qui se moque au début mais qui s'attache vraiment à cette femme seule, tellement seule. Marguerite à la fois naïve et extravagante, un peu allumée. On se demande d'ailleurs pendant une grande partie du film, si elle fait marcher tout son monde comme si elle attendait que quelqu'un ose enfin lui dire la vérité, comme si elle attendait que son argent ne soit plus la seule excuse...

Et puis non, elle est à fond. Elle est tellement désarmante que personne n'ose lui dire une vérité qui la détruirait, qui détruirait toute la vie qu'elle s'est construite. Tous ces gens qui entretiennent le mensonge mais qui se sont attachés à elle et qui l'aiment pour ce qu'elle est. Ils ont tous senti l'amour qu'elle a pour son mari depuis toujours, ce mari qui la délaisse et qu'elle cherche par tous les moyens à reconquérir.

Elle m'a touchée cette femme, accrochée de toutes ses forces à sa passion, à ses rêves de musique et de reconnaissance. Et on la comprend aisément en écoutant ces morceaux de musique d'opéra qui donnent tant d'émotions...

Un beau portrait de femme, émouvant et tragique à la fois que j'ai énormément aimé suivre.

Xavier Giannoli réussit à installer l'atmosphère de cette société bourgeoise et fortunée qu'on imagine typique de cette époque, le Paris des années folles est bien reconstitué et Marguerite s'inscrivait tout à fait dedans.

 

 

Pourquoi j'y suis allée : pour l'histoire adaptée d'une histoire vraie assez dingue, celle de la "chanteuse" américaine Florence Foster Jenkins.

 

Ni le ciel ni la terre, Je suis à vous tout de suite, Marguerite, Half of a yellow sun / Revue de films

Half of a yellow sun de Biyi Bandele

 

"Dans les années 60, deux sœurs, Olanna et Kainene, retournent au Nigéria où leurs chemins se séparent rapidement. Alors que la guerre civile éclate, la situation politique leur fait oublier leurs différences tandis qu’elles participent à la lutte pour la création d’une république indépendante."

Ce film de 2013 vient de sortir en VOD et on m'a offert un code pour le voir. La curiosité l'a emportée, je l'ai regardé sur mon ordinateur malgré ma préférence pour le grand écran.

Un film sur le Nigéria des années 60, sur la guerre civile du Biafra, inutile de dire que le sujet est très original et ça m'a permis de réviser cette histoire.

Le film est une adaptation du bestseller "L'autre moitié du soleil" de Chimamanda Ngozi Adichie et il est le deuxième plus gros succès de tous les temps au Nigéria. On retrouve avec plaisir des acteurs comme Chiwetel Ejiofor et Thandie Newton.

L'histoire est dense, celle des deux soeurs qui rejoint celle de la guerre. Les déplacements de population, les drames politiques, le système tribal qui a justifié les massacres (comme au Rwanda). Il y aussi les traditions ancestrales très ancrées qui s'opposent au Nigéria contemporain, la présence des anglais impliqués dans le développement du pays après la déclaration d'Indépendance, les enfants soldats...

On sent le côté grande saga qui a dû trouver toute la place pour s'exprimer dans un roman mais qui peine à s'exprimer dans le film parce que ça va trop vite. Il y a des images d'archive mais si on ne connait pas bien ce conflit, on est souvent largué et c'est dommage. Le film a probablement voulu adapter tout le roman mais en à peine 2h ça ne fonctionne pas toujours. Cependant il retransmet bien cette ambiance de guerre, les gens qui fuient sans cesse pour refaire leurs vies encore et encore, la vie qui continue malgré tout. En tout cas, le film donne envie de se replonger dans l'histoire vraie...

Rédigé par Carole Nipette

Publié dans #Sorties culturelles... de maman - critiques cinéma.

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Commenter cet article

Monsieur Fraises 12/10/2015 10:20

J'hésite entre quelques films en ce moment. Malgré ta critique élogieuse de Ni Le Ciel Ni La Terre, j'évite soigneusement les films évoquant les conflits ou une réalité sociale tragique qui me conforteraient hélas dans le désespoir du monde. Depuis quelques années, j'opte pour les comédies, même les plus bêtes (mais pas trop). Merci pour tes billets ciné ^^

Carole Nipette 14/10/2015 23:03

Pourtant ce n'est pas vraiment un film de guerre... mais je comprends que tu optes pour les comédies et les choses fun, c'est vrai que la vie est déjà assez hard comme ça...

fabienne lepicdelaglaviouse 12/10/2015 09:39

J'ai lu cet été Americanah d'Adichie qui a été un gros gros coup de coeur du coup j'ai envie de lire le premier et de regarder le film tant qu'on y est ! En revanche Marguerite ce sera sans moi, je sens trop le film FRANCAIS de FRANCE label FRANCE, j'ai horreur de ça :-)

Carole Nipette 14/10/2015 23:03

ah ben tu me donnes envie de lire du coup ! mais c'est quoi un film trop français ? :)