Le Garçon et la Bête, Carol, Bang Gang, Paris-Willouby / Revue de films

Publié le 30 Janvier 2016

Le Garçon et la Bête, Carol, Bang Gang, Paris-Willouby / Revue de films

Le garçon et la bête de Mamoru Hosoda

 

"Shibuya, le monde des humains, et Jutengai, le monde des Bêtes... C'est l'histoire d'un garçon solitaire et d'une Bête seule, qui vivent chacun dans deux mondes séparés. Un jour, le garçon se perd dans le monde des Bêtes où il devient le disciple de la Bête Kumatetsu qui lui donne le nom de Kyuta. Cette rencontre fortuite est le début d'une aventure qui dépasse l'imaginaire..."

 

Pour échapper au monde des humains dont il ne veut plus, Ren se réfugie dans celui des bêtes et devient Kyuta, un disciple au caractère bien trempé. Le monde des bêtes est plein de mystères et de légendes, un monde parallèle étrange mais aux règles bien définies. Dès le début Mamoru Hosoda nous régale de jolis effets de mise en scène, on voit l'histoire à travers différents prismes.

Les débuts de Kyuta sont plus qu'agités. Le sale caractère de la Bête, Kumatetsu fait des étincelles avec celui du jeune garçon déterminé et triste. Kumatetsu est fier et orgueilleux. Entre ces deux là, l'évidence n'est pas au rendez-vous. Puis lorsque Kyuta se rend compte que son maître est aussi seul que lui, il décide de lui donner une chance.

Le monde des animaux est foisonnant, bien représenté. C'est d'ailleurs drôle de voir que le grand chef que tout le monde respecte est un tout petit lapin. Un monde où l'humain est rejeté parce que différent, ici les mêmes codes de tolérance que dans le monde des humains.

 

Le Garçon et la Bête, Carol, Bang Gang, Paris-Willouby / Revue de films

"L'âme des humains abrite une part de tenèbres qu'ils ne savent pas maitriser." Cette phrase dite par un "animal" reflète bien ce qui anime les humains. On a tous notre part des ténèbres et la différence se fait entre ceux qui arrivent à l'enfouir et les autres qui laissent libre cours à leurs démons. Maitre Yoda aurait eu sa place dans ce manga ! Il faut une sacrée force intérieure pour lutter contre notre "dark side" et c'est justement à la recherche de cette force que doit s'atteler Kyuta pour devenir un homme serein.

La relation d'abord électrique du garçon et de la bête deviendra petit à petit un échange, un partage et beaucoup plus. Pour Ren/Kyuta c'est un parcours initiatique qui lui révelera bien des secrets sur lui-même et sur les autres. Il va apprendre à faire les bons choix, connaître ses origines et ainsi va réussir à s'aimer et à s'ouvrir aux autres. Le maître fera à son disciple le plus beau cadeau qu'un être puisse faire à un autre... En écrivant ces lignes, l'émotion qui m'a gagnée durant le film revient comme si j'étais encore devant mon écran. Cette histoire est si prenante...

 

Une histoire captivante, une mise en scène éclatante, de la magie, des sentiments exacerbés, beaucoup d'amour et d'humour font du Garçon et la Bête une merveille du cinéma d'animation, une merveille de cinéma tout simplement. J'aime tellement cette sorte de spleen qu'on ne trouve que dans les mangas, évidemment chez Miyasaki mais pas uniquement, la preuve ici.

 

Pourquoi j'y suis allée : parce nous avions adoré Ame & Yuki Les Enfants Loups et que je suis fan de l'animation japonaise.

 

Ps : c'est vraiment un film pour les enfants à partir de 8-9 ans, avant ils ne comprennent pas tout et ça peut faire un peu peur car la Bête crie beaucoup et a un langage "enlevé"! Lors de ma séance, de nombreux parents sont venus avec des petits entre 3 et 5 ans, ils étaient agités durant les 2h de projection, certains ont eu peur... et j'ai eu droit à ma voisine qui disait tout le temps à son fils "Han il dit beaucoup de gros mots, c'est pas bien etc..."... bref

 

Le Garçon et la Bête, Carol, Bang Gang, Paris-Willouby / Revue de films

Carol de Todd Haynes

 

"Dans le New York des années 1950, Therese, jeune employée d’un grand magasin de Manhattan, fait la connaissance d’une cliente distinguée, Carol, femme séduisante, prisonnière d'un mariage peu heureux. À l’étincelle de la première rencontre succède rapidement un sentiment plus profond. Les deux femmes se retrouvent bientôt prises au piège entre les conventions et leur attirance mutuelle."

 

Carol crève l'écran, impossible de détacher ses yeux de sa silhouette, de sa classe, de son élégance et c'est exactement ce qui arrive à Thérèse, la jeune vendeuse fascinée par l'apparition de cette femme charmante et distinguée. Une grande bourgeoise en instance de divorce d'un mari qui l'aime toujours et qui ne se résoudera pas à la perdre tout en sachant son attirance pour les femmes.

Carol est directe mais ne brusque rien.

Elle mène sa vie comme elle l'entend, en tout cas elle veut le faire. Mais nous sommes dans les années 50 et quitter son mari pour une autre femme n'est pas une chose que la société tolère. Son rôle de mère est remis en question, sa moralité douteuse n'est pas compatible avec la maternité telle que la conçoivent son mari et les autres.

Pendant ce temps Thérèse se pose beaucoup de questions mais veut aller au bout de cette histoire quitte à laisser son fiancé dans l'incompréhension totale.

Pendant tout l'état de la rencontre et de l'apprivoisement, tout semble évident, rien ne se dit, tout passe dans les regards et c'est l'état de tous les possibles.

Une histoire d'amour soumise aux diktats sociaux de l'époque, qui fait qu'on demande à une mère de choisir entre son enfant et son bonheur personnel. Grande cruauté, pourtant Carol devra faire ce choix déchirant dans une scène sublime où Cate Blanchett est magistrale.

Cate Blanchett est sublime de grâce et d'émotion et livre une performance délicate et intense qui bouleverse. Rooney Mara est bien mais après avoir vu le film j'ai du mal à comprendre qu'elle ait eu le prix d'interprétation à Cannes, elle ne fait que rester dans l'ombre de Cate Banchett; mais ce n'est que mon avis.

Les images sont magnifques, à ce niveau "Carol" est une oeuvre d'art plastique. Un très beau film que j'ai beaucoup aimé sans pourtant avoir été vraiment touchée sur la durée.

 

Pourquoi j'y suis allée : parce que j'aime les films de Todd Haynes

 

Le Garçon et la Bête, Carol, Bang Gang, Paris-Willouby / Revue de films

Bang Gang (Une histoire d'amour moderne) de Anne Husson

 

"Les faubourgs aisés d’une ville sur la côte atlantique. George, jolie jeune fille de 16 ans, tombe amoureuse d’Alex. Pour attirer son attention, elle lance un jeu collectif où sa bande d’amis va découvrir, tester et repousser les limites de leur sexualité. Au milieu des scandales et de l’effondrement de leur système de valeurs, chacun gère cette période intense de manière radicalement différente." Interdit aux moins de 12 ans

 

Des ados qui s'ennuient, qui écoutent leurs corps et leurs désirs. Cette nonchalance typique de cette période de la vie, le jeu de la séduction, les limites qu'on repousse pour se sentir exister, ce besoin d'être aimé qui passe aussi par le sexe. Les émois, les hormones, toute cette énergie qui explose. L'adolescence et ses histoires d'amour, la jalousie, la trahison (les réseaux sociaux qui s'en mêlent années 2000 obligent), la fille qui s'accroche au garçon qui ne veut pas d'elle.

Tout ceci, Anne Husson a réussi à le filmer et le montrer sans voyeurisme. La réalisatrice a su également saisir cette face cachée de l'adolescence.

Cette vie d'ado dont les parents ne soupçonnent pas le quart et d'ailleurs je ne sais pas si j'aurais eu envie d'aller voir le film avec une fille de 16 ans à la maison.

Ici c'est une jeunesse dorée mais seule, ces jeunes souffrent tous ou presque de problèmes familiaux. Est ce que ceci explique cela ? Dans d'autres milieux on aurait peut être vu des ados devenir délinquants...

Ce qui est naturel pour les jeunes est scandaleux pour les adultes. Et le reproche que je fais au film c'est le côté moral qui arrive en force. Les ados ont fauté et ils sont punis. Ici le sexe alors que l'alcool et la drogue qui sont en open bar durant toutes ces fêtes est bien plus inquiétant et dérangeant que les scènes de sexe qui au moins se font sans violence, sans contraintes mais en pleine liberté entre jeunes consentants.

Le scénario est tiré d'une histoire vraie mais je ne sais pas jusqu'à quel point.

J'ai bien aimé, la bande de jeunes acteurs vaut le détour.

 

Pourquoi j'y suis allée : parce que j'étais intriguée par le sujet parce que c'est un film qu'il vaut mieux aller voir quand son enfant n'a pas encore 16 ans !

 

 

Le Garçon et la Bête, Carol, Bang Gang, Paris-Willouby / Revue de films

Paris - Willouby de Quentin Reynaud et Arthur Delaire

 

"Les Guilby Lacourt forment une famille recomposée typique de notre époque. Entre père, belle-mère, petite sœur, frère, demi-sœur, ou encore demi-oncle, ils ont parfois du mal à s’y retrouver ! Un soir, ils apprennent la mort d'un grand-père avec qui ils ont coupé les ponts depuis une dizaine d'années. Fatalement voués à cohabiter le temps d'un long voyage pour se rendre à son enterrement, ils vont tous très vite devoir s'adapter au concept du "vivre ensemble" dans l'espace exigu de la voiture familiale. Pour le meilleur et pour le pire !"

 

Claire est une mère un peu trop cool pour qui rien n'est grave. Elle semble tout prendre à la légère ce qui parfois contrarie son compagnon en pleine phase d'affrontement avec sa grande fille ado. Chacun fait des efforts et prend sur soi pour gérer les enfants de l'autre mais comme dans toutes les familles recomposées il y a des phrases définitives qui se perdent.

Le film est un road movie intergénérationnel dont le principe est classique : on prend la route pour une cause commune et à la fin on va tous se retrouver changé. On aura droit aux questions existentielles sur la vie, l'amour, l'engagement, l'éducation...
On s'attache pourtant à cette famille un peu branquignole, une famille où tout le monde a un problème à régler mais c'est avant tout un problème de communication. Un peu comme dans toutes les familles non ? Pourquoi est-ce que c'est si compliqué de dire les choses ? On se fait un monde de ce que l'autre va dire ou penser alors que parfois c'est plus simple.

On a passé un bon moment mais dommage que le film ne fouille pas plus les relations entre Claire et son frère (Alex Lutz qui parvient totalement à faire oublier Catherine et ça n'est pas évident !) sur l'histoire du rapport au père. L'absence du père et sa "trahison" sous-tendent tout le scénario et finalement c'est traité en 2 minutes à la fin. Un peu trop rapide à mon goût... Ma fille n'a pas eu le même ressenti, elle a beaucoup apprécié toutes les petites histoires de famille.

 

Pourquoi j'y suis allée : parce que ma fille voulait le voir et qu'une sortie ciné à deux le mercredi après-midi ça ne se refuse pas ! pour le casting aussi.

Rédigé par Carole Nipette

Publié dans #Sorties culturelles... de maman - critiques cinéma.

Commenter cet article

Laetitia 30/01/2016 11:48

Merci pour cette nouvelle revue. Ce qui me désole c'est qu'il fut un temps où il n'y avait pas de gros mots dans les dessins animés. Et ce n'est pas parce que l'on est plus grand que c'est bien de les entendre..

Laetitia 30/01/2016 13:31

Oui c'est sûr, c'est juste que ça va avec l'air du temps où tout est tiré plutôt vers le bas que vers le haut

Carole Nipette 30/01/2016 11:55

Oui je suis d'accord, je ne sais pas si c'est la version française... il me semble que la Bête dit souvent "merde" de mémoire mais pas plus que ça... à la base le manga n'est pas forcément pour les petits enfants non plus... il faudrait le voir en VO avec les sous titres pour savoir si la traduction est du même genre... enfin ce film est tellement merveilleux que je ne peux m'arrêter à quelques gros mots ;)

Laurent 30/01/2016 11:39

Tu me confortes dans l'envie que j'ai d'aller voir Carol. Merci :)

Carole Nipette 30/01/2016 11:45

:)