Les Huit salopards, Mistress America, Hector / Revue de films

Publié le 10 Janvier 2016

Les Huit salopards, Mistress America, Hector / Revue de films

Les Huit Salopards de Quentin Tarantino

Interdit aux moins de 12 ans avec avertissement

 

"Quelques années après la Guerre de Sécession, le chasseur de primes John Ruth, dit Le Bourreau, fait route vers Red Rock, où il conduit sa prisonnière Daisy Domergue se faire pendre. Sur leur route, ils rencontrent le Major Marquis Warren, un ancien soldat lui aussi devenu chasseur de primes, et Chris Mannix, le nouveau shérif de Red Rock. Surpris par le blizzard, ils trouvent refuge dans une auberge au milieu des montagnes, où ils sont accueillis par quatre personnages énigmatiques : le confédéré, le mexicain, le cowboy et le court-sur-pattes. Alors que la tempête s’abat au-dessus du massif, l’auberge va abriter une série de tromperies et de trahisons. L’un de ces huit salopards n’est pas celui qu’il prétend être ; il y a fort à parier que tout le monde ne sortira pas vivant de l’auberge de Minnie…"

 

Un film de Tarantino est toujours attendu par les fans dont je fais partie. J'ai adoré les deux derniers "Inglorious Basterds" (j'aurais tellement voulu en être une pour de vrai !) et "Django Unchained" dur, nécessaire et jouissif à la fois.

Je ne l'ai pas vu en 70mm, ne fréquentant jamais l'unique salle des Champs Elysées qui l'a programmé dans ce format mais cela ne m'a pas empêchée de trouver la photographie sublime et d'y voir le sens du détail apporté par Tarantino. Visuellement le film est une réussite, une unicité de couleurs dans les tons marrons et noirs avec des touches bien visibles de jaune et de rouge. Et le blanc bien sûr puisque le film se passe dans l'hiver glacial du Wyoming.

J'ai eu vraiment beaucoup de mal avec la première partie qui se passe dans la diligence. Limite ennuyeux, beaucoup trop bavard mais surtout beaucoup trop redondant. Ce n'est qu'au bout de 40mn que j'ai commencé à me réveiller. Par contre le générique de début, avec la superbe musique d'Ennio Morricone qui n'a rien perdu de son talent, est vraiment bien. J'ai été déçue que ça ne parte pas sur le même registre. Le personnage qui m'a interrogé le plus dans cette première partie est celui de Daisy Domergue (Jennifer Jason Leigh hilarante !). Etrange cette criminelle qui semble s'accomoder de la violence qu'on lui témoigne, elle en rigole et même elle la cherche. Elle n'est pas nette et on se demande déjà si elle a un complice parmi les voyageurs.

Une fois tout le monde arrivé dans la fameuse auberge de Minnie, je me suis retrouvée spectactrice aux aguets. Trop de coïncidences toutes ces rencontres, tous ces gens qui se connaissent, l'absence des propriétaires. Plus ça avance, plus on ne croit plus du tout aux coïncidences et on s'attend à du sanglant, après tout c'est quand même un film de Tarantino ! On sent que ça va mal se passer mais pour qui et comment ?

L'auberge est le théâtre de faux-semblants, de suspicions et de réglements de compte. Le racisme est omniprésent focalisé sur le Major Marquis Warren (Samuel L. Jacskon), la guerre de Sécession pas si lointaine et une lettre d'Abraham Lincoln va servir de fil rouge tout au long du récit, savoureuse histoire qui alimente pas mal de fantasmes.

Forcément, à un moment donné ça part en vrille et on retrouve le goût du gore du réalisateur. On se délecte alors des subtils talents d'enquêteur de Major Marquis et l'histoire commence à s'expliquer. A moins que les pistes ne soient brouillées car depuis le début du film, Quentin Tarantion excelle à ce petit jeu, on va de surprises en surprises.

Il y a beaucoup de brillante mise en scène dans ce huit clos sanglant et dans l'ensemble c'est un très bon film mais pour moi il reste trop bavard dans sa première partie et donc un peu trop long. Il fallait bien toute une mise en place à ce qui va se passer dans l'auberge mais elle aurait pu être un peu plus tonique à mon goût. C'est mon seul bémol...

 

Pourquoi j'y suis allée : "réalisé par Quentin Tarantino" est la réponse !

 

Les Huit salopards, Mistress America, Hector / Revue de films

Mistress America de Noah Baumbach

 

"Étudiante en première année dans une université de New York, Tracy se sent bien seule : elle ne fait ni les rencontres exaltantes auxquelles elle s'attendait, ni ne mène la vie urbaine trépidante à laquelle elle aspirait. Jusqu'au jour où elle est accueillie par sa future demi-soeur Brooke, New-Yorkaise pure et dure habitant à Times Square. Séduite par les extravagances de Brooke, Tracy découvre enfin le Manhattan dont elle rêvait… "

 

Tracy (lumineuse Lola Kirke dont j'adore le personnage dans la série Mozart in the jungle) rencontre Brooke, la fille du futur mari de sa mère. On assiste à un coup de foudre amical qui se révèle être un vrai électrochoc pour Tracy dont la vie bien rangée d'étudiante new-yorkaise s'enlise dans un quotidienn ennuyeux.

Elle admire et adule Brooke qui semble avoir une vie cool et différente de ce qu'elle connaît. Au contact de Brooke, Tracy s'affirme, change et sort de sa coquille.

On est confronté à deux façons de voir la vie à travers deux portraits de femmes, une de 18 ans et une de 30 ans, une étudiante venue de "province" et une new-yorkaise pur jus.

Très centré sur un mode de vie new-yorkais contemporain, hipster bobo, le film fait partie du genre très private qu'on appelle "la comédie new-yorkaise". C'est sympathique, souvent drôle mais le côté "clan" est parfois ennuyeux. J'y ai vu pas mal de similitudes avec la série tellement "comédie new-yorkaise" Girls de Lena Dunham. Les deux filles vont s'aimer et s'affronter pour mieux se retrouver et chacune va avancer et mûrir après avoir reçu les leçons de vie nécessaires et attendues...

Greta Gerwig, tantôt attachante, tantôt énervante est encore une fois, après Frances Ha, mise en scène et sublimée par son chéri de réalisateur, Noah Baumbach.

 

Pourquoi j'y suis allée : parce que j'ai beaucoup aimé Frances Ha et While we're young du même réalisateur.

 

Les Huit salopards, Mistress America, Hector / Revue de films

Hector de Jake Gavin

 

"Comme tous les ans à l’approche de Noël, Hector McAdam (Peter Mullan) prend la route entre l’Ecosse et Londres pour retrouver un peu de chaleur dans un refuge qui offre aux sans abris un bon diner de fête. Depuis qu’il vit dans la rue Hector a appris à accepter les gens et les choses comme ils viennent : amitié et douceur, déception et cruauté, peine et joie. Sentant que c’est peut-être son dernier voyage, Hector prend des chemins de traverse et tente de se raccrocher à son passé et ce qu’il a laissé derrière lui. "

 

Hector est un SDF attachant et qui prend soin de lui du mieux qu'il peut. Il partage un abri de fortune avec une jeune fille paumée et un autre homme. Ces trois-là se soutiennent et partagent ce qu'ils ont, une solidarité dans la galère qu'on supporte mieux à plusieurs. Tous les ans ils partent à Londres pour passer Noël dans un refuge s'occupe d'eux durant plusieurs jours. On sent bien qu'Hector a eu une vie différente avant mais il ne se confie jamais à ses camarades d'infortune. L'imprévu étant de la partie, Hector va se rendre seul à Londres.

On embarque alors dans un road movie sur les routes du Nord de l'Angleterre jusqu'à Londres. Est-ce son opération à venir qui lui fait peur ou la proximité de Noël qui lui donne des remords ? En tout cas il est enfin décidé à renouer avec son passé, avec une famille qu'il a laissé en plan du jour au lendemain. On suit Hector, qui a du mal à se déplacer avec sa béquille, qui tente par tous les moyens de rallier Londres tout en cherchant des nouvelles de sa famille. Solidarité des chauffeurs de camion qui le prennent en stop, aide mais aussi violence vont l'accompagner. On apprend à mieux le connaître.

La deuxième partie du film se passe dans le refuge de SDF. Cette parenthèse "Christmas relief" porte bien son nom. Les sans abris peuvent reprendre des forces aussi bien physiques que mentales dans cet endroit qui les accueille sans jamais les juger. Hector va enfin se laisser aller et renouer avec son passé douloureux, comme on pouvait l'imaginer.

Cela pourrait être juste un joli conte de Noël mais la réalité est bien plus dure. C'est un joli conte de Noël qui dure le temps de Noël. Les fêtes passées, la misère et la lutte pour survivre reprennent leurs droits. Ce film montre avec sobriété et justesse la vie d'un SDF, la survie, l'espoir, l'entraide mais aussi l'intolérance, l'indifférence et le mépris qu'on peut parfois leur témoigner. Il montre aussi que nous pourrions tous être des Hector si la vie nous jouait un sale tour...

Il m'a beaucoup touchée ce film et beaucoup émue. C'est un film social à la "english touch" qui pose un regard tout en douceur et en finesse sur une population oubliée. Peter Mullan, excellent, campe un Hector cassé par la vie, attachant, digne et plein d'humanité. Un très beau film qui fait réfléchir aussi sur le regard qu'on porte aux sans-abris...

 

Pourquoi j'y suis allée : l'affiche et le résumé m'ont donné envie, parce que j'aime le cinéma anglais.

Rédigé par Carole Nipette

Publié dans #Sorties culturelles... de maman - critiques cinéma.

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Madame 10/01/2016 20:18

J'ai vu Mistress america, j'ai passé un bon moment mais sans plus, je te conseille "à peine j'ouvre les yeux" avec un bémol pour la fin. Hector me tente bien, cette année je vais au ciné tous les vendredis, c'est mon unique résolution.

Carole Nipette 10/01/2016 20:43

Voilà pareil pour Mistress America ! et quelle super bonne résolution j'adore !