Desierto, Demolition / Revue de films

Publié le 27 Avril 2016

Desierto, Demolition  / Revue de films

Desierto de Jonás Cuarón

 

"Désert de Sonora, Sud de la Californie. Au cœur des étendues hostiles, emmené par un père de famille déterminé, un groupe de mexicains progresse vers la liberté. La chaleur, les serpents et l'immensité les épuisent et les accablent… Soudain des balles se mettent à siffler. On cherche à les abattre, un à un."

Interdit aux moins de 12 ans

 

Les migrants mexicains ne traversent pas la mer mais leur périple n'en n'est pas moins semé d'embûches et de galères.

Le film monte en intensité, tout se met en place comme on l'a imaginé et c'est encore plus dur...

C'est une véritable chasse à l'homme, un contre tous mais ils n'ont quasiment aucune chance car ils ne sont préparés ni physiquement ni mentalement à ce combat. On espère que cet enfoiré ne va pas s'en sortir impunément et qu'il ne va pas réussir son parcours macabre jusqu'au bout.
J'avais le coeur qui palpitait et le ventre serré, une tension incroyable se dégage du film.

C'est un jeu de chat et de souris avec un chat qui en vaut 1000, un rapport de force totalement déséquilibré. Un jeu dont le terrain est hostile, un terrain que le chat connaît par coeur pour l'avoir arpenté durant ses massacres.

Qu'est ce qui motive cet homme ? On en saura très peu, le goût de tuer clairement, le goût de la chasse encore plus, une rancoeur contre les immigrés qui volent "son territoire", le racisme ... Que ce film résonne cruellement avec l'actualité...

Ici l'instinct de survie n'est pas un simple concept. Un western macabre qui rend tellement tangible la notion d'espoir... Jusqu'au bout...

"Desierto" n'est pas très bavard mais les acteurs font tout passer avec leurs regards et leurs corps.  Un premier film fort, âpre, dur et maîtrisé qui capte l'attention du début à la fin...

Pourquoi j'y suis allée : pour la découverte du réalisateur, pour le cinéma mexicain, pour Gael Garcia Bernal

Desierto, Demolition  / Revue de films

Demolition de Jean-Marc Vallée

 

"Banquier d'affaires ayant brillamment réussi, Davis a perdu le goût de vivre depuis que sa femme est décédée dans un tragique accident de voiture. Malgré son beau-père qui le pousse à se ressaisir, il sombre de plus en plus. Un jour, il envoie une lettre de réclamation à une société de distributeurs automatiques, puis lui adresse d'autres courriers où il livre des souvenirs personnels. Jusqu'au moment où sa correspondance attire l'attention de Karen, la responsable du service clients. Peu à peu, une relation se noue entre eux. Entre Karen et son fils de 15 ans, Davis se reconstruit, commençant d'abord par faire table rase de sa vie passée …"

"Demolition" aborde le thème du deuil. Comment faire son deuil ? Comment gérer son deuil par rapoort à ses propres sentiments et par rapport à ceux des autres ? Doit-on forcément être triste et pleurer toutes les larmes de son corps ?

Ici un homme qui perd sa femme et qui doit faire avec son ressenti et surtout celui de ses beaux-parents. Tout est codé dans notre société et les émotions liées à la perte d'un proche n'y échappent pas. Aussi quand Davis réagit autrement que ce qu'on attend de lui, tout le monde est perturbé et en colère.

Davis va alors s'attaquer à "détruitre" littéralement et méthodiquement sa vie d'avant tout en essayant de s'en construire une nouvelle. On pourrait croire le procédé un peu facile mais pour Davis il est salvateur et surtout il le libère d'une vie complétement fausse, d'une fausse route qu'il aurait pu continuer à prendre longtemps. C'est un pétage de plombs en règle, suicidaire sur le plan perso et sur le plan professionnel.

J'ai trouvé la majorité des critiques presse totalement injustes avec ce film qui dégage quelque chose de fort et sensible. Jake Gyllenhaal réussit à nous faire entrer dans les méandres complexes de son processus de deuil très personnel et il m'a convaincue de sa sincérité (celle de son personnage !).

La rencontre entre Karen et Davis est vraiment amenée d'une façon originale et les relations avec le fils de celle-ci ne sont jamais dans la caricature (l'ado qui se trouve un père etc...). "Demolition" est aussi un film sur l'acceptation de soi, de ses choix de vie et des compromis qu'ils engendrent. Un film touchant que j'ai beaucoup aimé.

 

Pourquoi j'y suis allée : parce que j'adore Jake Gyllenhaal et le réalisateur Jean-Marc Vallée.

Une toute petite revue de films, un mois d'avril pauvre niveau cinéma dû à un cruel manque de temps lié au travail, aux vacances et à un enfant malade ! J'espère me rattraper en mai !

 

Rédigé par Carole Nipette

Publié dans #Sorties culturelles... de maman - critiques cinéma.

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