De l'autre côté du bonheur, The Lost City of Z, Les figures de l'ombre / Revue de films

Publié le 25 Mars 2017

De l'autre côté du bonheur, The Lost City of Z, Les figures de l'ombre / Revue de films

L'autre côté de l'espoir de Aki Kaurismäki

"Helsinki. Deux destins qui se croisent. Wikhström, la cinquantaine, décide de changer de vie en quittant sa femme alcoolique et son travail de représentant de commerce pour ouvrir un restaurant. Khaled est quant à lui un jeune réfugié syrien, échoué dans la capitale par accident. Il voit sa demande d’asile rejetée mais décide de rester malgré tout..."

 

On suit deux histoires qui à priori n'ont rien à voir et on se doute que leurs destins vont se croiser. Mais en attendant ce qui arrive à l'un et à l'autre est aussi intéressant que ce qui arrive après.

Khaled, le migrant, calme et serein en apparence, ressemble à Wikhström, calme et serein en apparence, alors qu'ils vivent tous les deux des situations pour le moins stressantes. Ils ont de la ressource et ne lâchent rien.

Khaled passe par tout le parcours du migrant qui demande asile. On sent un traitement humain des migrants et en même temps comment peuvent ils dire que la situation d'Alep n'est pas alarmante... Pour lui, le racisme n'est jamais loin mais heureusement l'espoir non plus...

Wikhström est surprenant, on ne s'attend pas du tout à ses péripéties et "il ne faut pas se fier aux apparences" est vérifié mille fois ici.

"De l'autre côté de l'espoir" est une petite pépite à la Kaurismäki style ! De l'humour décalé, de la tendresse et des vérités sur l'être humain. Un film hors du temps et contemporain à la fois avec toujours la forte présence de la musique qui joue un rôle à part entière dans les films du réalisateur. Cela faisait longtemps que je n'avais vu un film de Kaurismäki et pourtant dès les premières minutes cette impression de se retrouver en famille, le même univers, les mêmes têtes...

Touchant et drôle sur un sujet sensible, un film qui fait du bien.

Pourquoi j'y suis allée : parce que j'adore le cinéma d'Aki Kaurismäki

De l'autre côté du bonheur, The Lost City of Z, Les figures de l'ombre / Revue de films

The lost city of Z de James Gray

"L’histoire vraie de Percival Harrison Fawcett, un des plus grands explorateurs du XXe siècle.
Percy Fawcett est un colonel britannique reconnu et un mari aimant. En 1906, la Société géographique royale d'Angleterre lui propose de partir en Amazonie afin de cartographier les frontières entre le Brésil et la Bolivie. Sur place, l’homme se prend de passion pour l’exploration et découvre des traces de ce qu’il pense être une cité perdue très ancienne. De retour en Angleterre, Fawcett n’a de cesse de penser à cette mystérieuse civilisation, tiraillé entre son amour pour sa famille et sa soif d’exploration et de gloire…"

 

Percy Fawcett prend cette mission dans le but de laver son nom, apparemment sali par son père, mais on ne saura pas pourquoi. L'histoire éternelle du fils qui paie pour les péchés de son père. Il se jette corps et âme dans cette exploration et découvre, sans prendre parti, l'exploitation des indiens, l'esclavage, l'injustice mais aussi d'autres cultures, la survie, la jungle, les histoires des cités d'or et des conquistadors. Sa mission deviendra sa vie...

Il fait des allers-retours entre l'Angleterre et l'Amazonie durant des décennies à une époque où quitter sa famille durant des années était chose courante. La famille qui joue un grand rôle dans cette histoire, à la fois soutien et sacrifiée...

Il est confronté au mépris de ses congénères pour les indigènes natifs, ces sauvages qui ne sauraient avoir fait de la poterie, qu ne sauraient être une civilisation évoluée. C'est l'homme blanc qui se croit toujours supérieur...

Mais sa quête dépasse une vie, dépasse une vie de famille, dépasse des remarques amères, elle dépasse tout...

Fawcett a la foi dans ce qu'il fait, une foi inébranlable. Tout ne s'explique pas car la vie est pleine de mystère n'est ce pas ? Peut être que le plus dur quand on trouve un trésor est de le garder secret pour le préserver...

Un voyage épique au début du 20ème siècle dans les grandes missions d'explorateurs jusqu'à la première guerre mondiale. Une petite histoire dans la grande, un film d'aventure pour des rêveurs passionnés, des croyants habités, des amoureux des grands espaces, des destinées incroyables...

 

Pourquoi j'y suis allée : pour James Gray, pour le sujet

De l'autre côté du bonheur, The Lost City of Z, Les figures de l'ombre / Revue de films

Les figures de l'ombre de Theodore Melfi

 

"Le destin extraordinaire des trois scientifiques afro-américaines qui ont permis aux États-Unis de prendre la tête de la conquête spatiale, grâce à la mise en orbite de l’astronaute John Glenn. Maintenues dans l’ombre de leurs collègues masculins et dans celle d’un pays en proie à de profondes inégalités, leur histoire longtemps restée méconnue est enfin portée à l’écran."

 

C'est une vraie belle histoire de cinéma et on se demande pourquoi personne n'avait pensé plus tôt à écrire cette histoire inspirée des histoires vraies des "colored computers" de la NASA. Il y avait les "human computers" avant les ordinateurs mais durant cette période sombre de l'histoire américaine, l'adjectif "colored" était ajouté partout, ce qui rend la chose encore plus dégradante...

Pourtant ça n'avait rien de dégradant d'effectuer des calculs pour les vols spatiaux de la NASA. Elles ont eu beaucoup de mérite ces femmes. En plus d'être femmes, elles étaient noires et subissaient à la fois les préjugés racistes et sexistes. Sans parler de la condescendance, le mépris à peine voilé, les remises à leur place...

Pendant ce temps les luttes pour les droits s'intensifient dans tout le pays et ces trois femmes vont se battre pour réussir professionnellement dans un monde masculin et blanc.

Le suspense gagne même si on connait l'histoire des premiers essais spatiaux. Tout le pays était suspendu à ce vol de John Glenn, c'était une cause commune quelque soit la couleur de la peau...

Je pense que le film est beaucoup plus doux que ça ne l'était dans la réalité mais il montre bien les difficultés. Ces figures de l'ombre sont extraordinaires d'acharnement, elles ont cru en leurs rêves parsemé d'embûches, elles n'ont rien lâché.

Une réalisation classique mais qui ne gâche pas le plaisir de ce beau film dans lequel brillent trois actrices magnifiques. Avec mon coup de coeur pour Taraji P. Henson, qui passe avec brio de la Cookie survoltée d'Empire à la douce Katherine Johnson.

 

Pourquoi j'y suis allée : pour l'histoire et pour le casting

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Elisa 02/04/2017 11:25

J'ai adoré le film de Kaurismaki
Drôle, décalé et émouvant... un bezu film à tous les niveaux

Carole Nipette 08/04/2017 08:32

un de mes préférés de l'année pour le moment !