Bande de filles, Gone Girl, Magic in the moonlight, White Bird / Revue de films

Publié le 29 Octobre 2014

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Bandes de filles de Céline Sciamma

 

"Marieme vit ses 16 ans comme une succession d’interdits. La censure du quartier, la loi des garçons, l’impasse de l’école. Sa rencontre avec trois filles affranchies change tout. Elles dansent, elles se battent, elles parlent fort, elles rient de tout. Marieme devient Vic et entre dans la bande, pour vivre sa jeunesse."

 

La première chose à laquelle j'ai pensé quand le film s'est terminé, c'est "wouaw mais elles sont incroyables ces filles, jouer aussi bien naturellement, elles sont géniales". Je ne vais pas vous refaire l'histoire du film, l'envie de connaitre ces bandes de filles que la réalisatrice croisait souvent (nous aussi), le casting sauvage... Le fait est que ces quatre jeunes filles crèvent l'écran avec un naturel confondant.

 

Etre une fille dans un univers de machos dans lequel les brimades sont monnaie courante et les insultes fusent de "sale pute" à "espèce de meuf", insulte dégrandante.

Le seul recours de ces filles enfermées entre les murs de leurs appartements des cités, enfermées dans les carcans érigés par les hommes des familles, c'est la bande de copines dans laquelle elles puisent une énergie et une liberté vitales.

Les filles se serrent les coudes, la solidarité entre soeurs et copines est une question de survie.

Elles sont comme les autres ados, elles font des conneries, s'intéressent aux garçons, à la musique, ont leurs portables...

Elles sont noires et quand elles s'échappent de la cité, les suspicions liées à la couleur, la haine ordinaire et quotidienne sont bien là elles.

Dans cette bande de filles on sent que tout peut partir en live pour un rien. Des filles qui s'en prennent à d'autes filles juste pour montrer aux garçons qu'elles aussi elles en ont. Une façon de chercher le respect...

Mais c'est dans la bande et l'amitié qu'elles se révèlent, qu'elles ont la joie de vivre sans se préoccuper des autres, qu'elles profitent des instants de liberté hors de la cité, hors de la vue des pères, des frères, des amis des frères...

 

Une liberté qu'elles ne peuvent pas toujours vivre sous les yeux de tous alors elles louent une chambre d'hôtel pour se lâcher sans être jugées pour mettre des robes, se faire belles sans se faire traiter de pute ou pire. Cela done lieu à une scène magique sur la chanson de Rihanna "Diamonds in the sky", ne plus penser à rien, vivre le moment présent.

 

On suit plus précisément le parcours de Marieme, qui végète à l'école, qui s'occupe de ses petites soeurs et qui tente d'éviter les coups de son grand frère quand il ne le traite pas de pute parce qu'elle vit ses premiers émois amoureux.

Comment avoir l'estime de soi quand on se fait traiter de pute en permanence ?

Marieme est une jeune ado paumée entre ce qu'on attend d'elle et ce qu'elle veut mais elle ne sait même pas vraiment ce qu'elle veut. Elle va faire ses armes dans plusieurs directions avant de prendre une décision pour son avenir.

 

C'est un film très émouvant, les filles sont émouvantes et même si on ne s'identifie pas parce qu'on est blanche et qu'on ne vit pas dans un milieu sexiste, on s'identifie en tant que femme, en tant que mère et clairement on a de l'empathie. 

On rit beaucoup aussi parce que l'alchimie entre les 4 filles fonctionne à merveille et que certaines scènes où elles se lâchent dans les dialogues sont tordantes.

 

A la sortie je me suis néanmoins posée des questions sur le rôle des mères, tout comme dans Tomboy elles sont inexistantes et pas intéressantes. J'ai aussi trouvé que le film montrait une réalité de la banlieue, pas la plus sympathique, sans nous donner d'explication... J'étais un peu dubitative sur ce côté des choses mais finalement en y repensant, le film raconte la vie d'une bande de filles et il ne faut pas forcément chercher à voir beaucoup plus loin même si c'est frustrant. Il faut le prendre comme il est avec ces quatre incroyables filles dont l'énergie et le charisme vous donnent la patate !

Cette bande de filles est une bouffée d'air frais !

 

Pourquoi j'y suis allée : parce que le film a fait sensation à Cannes et que la bande annonce m'a touchée

 

 

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Gone Girl de David Fincher

 

"A l’occasion de leur cinquième anniversaire de mariage, Nick Dunne signale la disparition de sa femme, Amy. Sous la pression de la police et l’affolement des médias, l’image du couple modèle commence à s’effriter. Très vite, les mensonges de Nick et son étrange comportement amènent tout le monde à se poser la même question : a-t-il tué sa femme ?"

Avertissement : des scènes, des propos ou des images peuvent heurter la sensibilité des spectateurs

 

On entre dans la vie d'un couple charmant, la beauté et la classe personnifiées. Amy et Nick Dunne semblent être le couple parfait. Mais Amy, on s'en rend compte assez vite a une double personnalité. Enfant dont les parents attendaient beaucoup, ils ont créé son double parfait pour une série de livres devenue célèbre "Amazing Amy". Elle vit dans l'ombre de cette Amy de littérature et déverse ses pensées dans un journal intime...

 

Gone Girl est un polar subtil et brillant qui dépeint un couple et l'image qu'ils renvoient à l'extérieur et vis à vis d'eux mêmes. Les apparences sont souvent trompeuses et elles le sont encore plus si on les manipule.

Qui est coupable ? Qui manipule qui ? Qui est manipulé ? Des personnages de l'histoire, jusqu'au spectateur tout le monde y passe.

On croit deviner ce qui se passe et au moment où pense avoir percé le mystère, le réalisateur nous montre qu'il ne faut pas le prendre pour un simplet. On a deviné uniquement ce qu'il voulait qu'on devine. Au jeu des faux-semblants qui est le plus fort ? Amy, Nick ou David Fincher ?

 

Gone Girl est aussi une réflexion sur le mariage, sur le couple, sur ce que chacun a signé comme pacte d'amour et sur ce que chacun veut ou doit faire pour que les termes de l'accord premier soient respectés.

Un film réussi, une mise en scène efficace et des interprètes aux petits oignons. Rosamund Pike est parfaite dans le rôle de la blonde tête à claques et Ben Affleck tout en nuances joue à ravir le mari coupable idéal. 

 

Pourquoi j'y suis allée : parce que David Fincher et que j'aime les polars. Je n'ai pas lu le roman dont est adapté le film et ces derniers temps je vois beaucoup de films sans avoir lus les livres, ce n'est pas plus mal, je ne suis pas déçue et je n'attends rien.

 

 

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Magic in the Moonlight de Woody Allen

 

"Le prestidigitateur chinois Wei Ling Soo est le plus célèbre magicien de son époque, mais rares sont ceux à savoir qu’il s’agit en réalité du nom de scène de Stanley Crawford : cet Anglais arrogant et grognon ne supporte pas les médiums qui prétendent prédire l’avenir. Se laissant convaincre par son fidèle ami Howard Burkan, Stanley se rend chez les Catledge qui possèdent une somptueuse propriété sur la Côte d’Azur et se fait passer pour un homme d’affaires, du nom de Stanley Taplinger, dans le but de démasquer la jeune et ravissante Sophie Baker, une prétendue médium, qui y séjourne avec sa mère."

 

Ce que j'aime dans les films de Woody Allen c'est qu'on entre très vite dans le vif du sujet. Il pose l'intrigue en quelques minutes tout en prenant le temps de poser les personnages principaux.

Magic in the moonlight est une douce comédie romantique dotée d'une réflexion intéressante sur la façon de voir la vie. Comment appréhende t'on la vie quand on peut voir au delà de ce qu'on voit avec les yeux ?

En croyant quelque chose d'incroyable, Stanley Crawford, le bougon rationnel, s'ouvre à la vie et aux autres, le dubitatif devient vivant.

Un film sur l'illusion et les illusions. Qu'est la vie sans illusions ? Une vie triste et sans espoirs non ?

 

On retrouve les thèmes chers à Woody Allen sur le sens de la vie et des tas de remarques disséminées ici et là contre tout ce qui touche à la religion et l'existence de Dieu. Avec toujours en toile de fond les pensées des philosophes allemands.

Au moment où notre héros fait une prière, on y croit 2 secondes et puis on se rappelle qu'on est chez Woody Allen et on rigole.

A titre plus personnel j'ai adoré la scène de séance de spiritisme qui m'a rappelée les séances qu'on faisait entre copines, j'adorais cette époque !

 

Un film drôle et tendre, des dialogues subtils et savoureux et un don pour sortir des petites phrases qui sont de grandes leçons de vie !

 

Pourquoi j'y suis allée : parce que j'aime le cinéma de Woody Allen depuis toujours

 

 

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White Bird de Gregg Araki

 

"Kat Connors a 17 ans lorsque sa mère disparaît sans laisser de trace. Alors qu’elle découvre au même moment sa sexualité, Kat semble à peine troublée par cette absence et ne paraît pas en vouloir à son père, un homme effacé. Mais peu à peu, ses nuits peuplées de rêves vont l’affecter profondément et l’amener à s’interroger sur elle-même et sur les raisons véritables de la disparition de sa mère…"

 

Kat est une jeune fille qui semble bien dans ses baskets malgré sa mère qui a disparu sans crier gare et ses parents qui semblent se détester pendant que son boyfriend ne veut plus avoir de rapports sexuels avec elle.

 

Kat semble accepter sa situation et ne veut pas se laisser abattre, elle est a l'âge des expériences sexuelles, des découvertes en tout genre et peut compter sur sa bande de potes pour parler de ce qu'elle ressent.

De flash backs en flash backs, on découvre des rapports tendus comme peuvent l'être ceux d'une mère et son ado de 17 ans, une mère un peu pétasse sur les bords, magnifique Eva Green. On voit une femme malheureuse et qui fait payer son état à sa famille mais on ne sait pas pourquoi elle s'est infligée cette vie au final.

 

Ici encore est traité le thème des apparences. Que se cache t'il sous le vernis de couple qui s'adresse à peine la parole ?

 

Qui est aveugle, celui qui ne veut pas voir ou celui qui ne voit pas ? Pourquoi la mère de Kat a disparu sans crier gare ? Tout le monde a son avis sur la question et Kat n'est pas au bout de sa peine.

Un film plein de surprises, dont la fin vient redonner une nouvelle lecture à toute l'histoire.

C'est aussi un beau portrait d'adolescente qui glisse doucement vers l'âge adulte.

 

Pourquoi j'y suis allée : parce que j'avais énormément aimé Kaboom, le dernier film du réalisateur.

 

 

 

Prochaine revue de films avec Samba, Le Labyrinthe, Balade entre les tombes, #Chef

On le voit que ma fille est partie 8 jours en colo !

Rédigé par Carole Nipette

Publié dans #Sorties culturelles... de maman - critiques cinéma.

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My Little Discoveries 30/10/2014 17:30

J'ai vu ces 4 films aussi et comme toi je les ai aimé! Par contre "Gone girl" ne m'a pas surprise car j'avais lu le roman...

Carole Nipette 02/11/2014 21:52



j'imagine ;)



gazelle26 30/10/2014 12:29

Moi j'ai vu Gone girl et j'ai adoré, quel suspense ! l'actrice joue extrêmement bien, on est emporté dans le scénario, je n'ai pas vu les 2h30 passer, un très bon Fincher !!

Carole Nipette 02/11/2014 21:52



pareil je n'ai pas vu le temps passer



danslapeaudunefille 29/10/2014 14:01

j'aime toujours autant tes billets ciné ! J'ai adoré gone girl et ce soir je vais voir samba ou bande de filles.

Carole Nipette 29/10/2014 22:16



Merci :) Samba j'ai bien aimé aussi !