Grand Budapest Hotel, Gloria, Bethleem, Week-ends / Revue de films

Publié le 6 Mars 2014

grand-budapest-hotel-affiche.jpg

 

The Grand Budapest Hotel de Wes Anderson

 

"Le film retrace les aventures de Gustave H, l’homme aux clés d’or d’un célèbre hôtel européen de l’entre-deux-guerres et du garçon d’étage Zéro Moustafa, son allié le plus fidèle.

La recherche d’un tableau volé, oeuvre inestimable datant de la Renaissance et un conflit autour d’un important héritage familial forment la trame de cette histoire au coeur de la vieille Europe en pleine mutation."

 

affiche-the-grand-budapest-hotel.jpg

 

J'ai fait un merveilleux voyage en posant mes valises au Grand Budapest Hotel. J'ai vévu des aventures formidables en compagnie d'une brochette de personnages étonnants, attachants et drôles.

J'aime les films qui se passent dans les hôtels car chaque client a une histoire, son histoire dans l'Histoire.

Depuis Rushmore en 1999, le premier film que j'ai vu de Wes Anderson, je n'en n'ai raté aucun (sauf son tout premier Bottle Rocket mais j'ai de la chance finalement d'avoir encore ce film à découvrir !) et j'ai tout de suite succombé à sa folie douce si caractéristique et à ses personnages toujours différents de ce qu'on voit ailleurs.

Le style Wes Anderson est unique et je l'adore. Ses images à l'empreinte si particulère, ses histoires poétiques et savoureuses, sa façon de raconter les histoires.

 

Ici au Grand Budapest Hotel, on écoute une histoire dans l'histoire qui raconte une histoire. Une belle histoire d'amitié et de transmission dans un monde à part.

On est entrainé dans une aventure épique passionnante dont les images nous sont transmises à la façon de cartes postales vintage dont le charme traverse le temps et avec un art admirable de la symétrie.

On y voit la fin d'un âge d'or avec l'arrivée de la guerre et des occupants, la fin d'un monde superbement raconté et mis en image par Wes Anderson.

Une fresque à l'humour fin et raffiné tout à l'image de Gustave H. le concierge du Grand Budapest Hôtel divinement joué par Ralph Fiennes.

 

Wes Anderson nous offre un casting de génie et des interprétations de génie même pour les rôles qui durent 2 minutes, ils sont tous parfaits. Chaque apparition est une surprise voire une frustration que ça ne dure pas plus longtemps. Owen Wilson trois minutes et Billy Crystal cinq minutes, trop dur !

 

C'est merveilleux, c'est sublime, c'est émouvant, c'est une oeuvre d'art à part entière. Une apothéose de tous les films du réalisateur tellement le film est maîtrisé et parfait du début à la fin.

Je n'ai pas envie de discerter plus longtemps parce que The Grand Budapest Hotel ça se vit en live.

Ça se voit que j'ai adoré je pense...

 

 

 

 

 

gloria-film-affiche.jpg

 

Gloria de Sebastián Lelio

 

"A 58 ans, Gloria se sent toujours jeune. Célibataire, elle fait de sa solitude une fête et passe ses nuits dans les dancings de Santiago. Quand elle rencontre Rodolfo, tout change. Elle tombe amoureuse et s’abandonne totalement à leur passion tumultueuse. Traversée tour à tour par l'espoir et les désillusions, ce qui pourrait la faire sombrer va au contraire lui permettre d'ouvrir un nouveau chapitre de sa vie"

 

Gloria a des enfants qui vivent leur vie dans laquelle une mère n'a plus tellement de place. Elle chante tout le temps, ce n'est pas le genre à se morfondre sur sa vie passée et son célibat. Elle croque la vie à pleines dents même à 58 ans. C'est pour cela qu'elle ne s'embarrasse d'aucun complexe quand elle rencontre Rodolfo, un homme qui lui donne envie de profiter. Mais l'amour n'est pas toujiurs facile quel que ce soit l'âge auquel on y succombe.

 

Gloria c'est l'histoire d'une femme qui ne cesse jamais de croire, qui ne cesse jamais d'espérer, qui prend ce que la vie lui donne même si c'est à ses dépends. C'est l'histoire d'une femme heureuse de vivre, probablement trop heureuse pour son amant manipulateur qui n'est pas de taille face à une femme comme Gloria.

 

C'est le portrait sans concessions d'une femme à la soixantaine épanouie.

J'ai rarement vu une actrice de cet âge se lâcher et s'abandonner autant dans un rôle. Peut être même jamais. Déjà le corps est plutôt tabou au cinéma après 40 ans, alors la sexualité des seniors n'en parlons pas.

Elle est démente cette Paulina Garcia et son prix d'interprétation à Berlin est plus que mérité.

La superbe scène finale donne envie de se lever de son siège pour danser avec Gloria !

 

 

bethleem_affiche.jpg

Bethleem de Yuval Adler

 

"2005. Bethlehem sud de Jérusalem. Sanfur, un jeune palestinien vit dans l'ombre de son frère Ibrahim un terroriste à la tête d'un réseau influent. Razi, un agent des services secrets israëliens qui recrute des informateurs dans les territoires occupés s'en fait un allié, lui offrant ce qui manque à sa vie, l'estime et la bienveillance d'un père. Tentant d'assurer son rôle tout en restant loyal envers son frère, Sanfur navigue comme il peut d'un camp à un autre, commettant des impairs. Les services secrets découvrent qu'il participe aux activités de son frère, plongeant Razi dans un profond dilemme : doit-il donner une seconde chance à son indic ou obéir aux ordres ?"

 

Le film a obtenu rien de moins que 6 Ophirs (l'équivalent de nos Césars) dont Meilleur Film, Meilleur Scénario et Meilleur Réalisateur. Le réalisateur est israélien et le scénariste Ali Waked est palestinien et cela se voit dans le film qui aborde le conflit israélo-palestinien sans jamais prendre parti ni d'un côté ni de l'autre. Le film est remarquable sur ce plan, il nous fait entrer dans un quotidien où le terrorisme, l'espionnage, la peur, la haine, les contrôles sont monnaie courante et tout le monde vit avec.

On y découvre les rapports compliqués entre les israéliens et les palestiniens, entre les agents et leurs espions, entre l'Autorité palestinienne et le Hamas, entre les palestiniens engagés et l'Autorité palestinienne, tout ça dans la ville de Bethleem, ville historiquement symbolique.

C'est la première fois que j'ai compris un peu mieux les rapports compliqués qu'entretient l'Autorité palestinienne avec le Hamas.

Il y a des scènes très fortes et très dures notamment sur les interventions de l'armée israélienne dans la ville, la tension insoutenable ne cesse de monter et on a l'impression de ne plus être dans un film mais bien dans la réalité.

 

Les deux acteurs principaux sont excellents dans les rôles d'un gamin paumé au coeur d'enjeux qui le dépassent et un agent déchiré entre son devoir et son attachement quasi paternel. Toute l'ambiguïté de leurs rapports est au coeur du film.

C'est raconté à la manière d'un polar avec du suspense. On ressent les émotions à fleur de peau de tous les protagonistes qui vivent dans un état de guerre permanent.

Ça raconte aussi le quotidien d'hommes désoeuvrés dont la vengeance contre l'occupant est au coeur de leur vie, on comprend l'embrigadement...

Comme le réalisateur, je ne prendrais pas parti, on voit bien que c'est compliqué des deux côtés. Un excellent film, vraiment dur, qui m'a bouleversée et plus...

 

 

 

Week-ends-affiche.jpg

 

Week-ends de Anne Villacèque

 

"Un rien suffit parfois à gâcher un week-end à la campagne. Un simple malentendu sur un parking de supermarché, un mauvais réflexe, et voilà que tout se détraque. Rien ne va plus pour Christine. Jean la quitte. Ses amis de toujours, Sylvette et Ulrich, sont un peu moins ses amis. Tout fout le camp. Mais la vie est toujours pleine de surprises.

Amours et désamours dans la vie de deux couples, le temps des week-ends."

 

Je vais aller vite parce que je n'ai pas grand chose à sauver de ce film qui m'a horripilée à un point. Mauvais dialogues, mauvaises interprétations dans l'ensemble (même Karine Viard que j'adore ne m'a pas convaincue, mieux vaut la voir dans Lulu femme nue), photo moche, une voix off totalement inutile et des situations incroyables dans le sens négatif du terme. Tout semble faux, l'amitié, l'amour, les rapports parents enfants... Des meilleurs amis comme le couple incarné par Noémie Lvovsky et Ulrich Tukur, je n'en voudrais pour rien au monde, tu parles d'amis... Bon d'accord ça parle du temps qui passe et bla bla bla, mais à aucun moment je n'ai été touchée par cette histoire de séparation bref un film vain qui ne réussit pas à raconter une histoire crédible...

Rédigé par Carole Nipette

Publié dans #Sorties culturelles... de maman - critiques cinéma.

Commenter cet article

Madame Moustick 07/03/2014 15:25

Je note The grand Budapest Hotel, merci !

Carole Nipette 15/03/2014 09:47



oui absolument !



cécile 06/03/2014 21:50

Je n'ai vu que le premier, et j'ai adoré aussi, il est loufoque et magnifique, totalement décalé et si émouvant. une pure merveille dans laquelle je me suis laissée embarquer. Merci pour ton
billet!

Carole Nipette 15/03/2014 09:47



j'ai envie de le revoir !



madeleine 06/03/2014 20:07

Beaucoup de films différents. Tes revues donnent toujours envie!

Carole Nipette 15/03/2014 09:47



j'ai des goûts très variés en ciné comme en musique d'ailleurs ! merci



Madame 06/03/2014 17:36

Je veux voir les 3 premiers! Tu confirmes mes choix mais il faudrait que je me secoue. Bethleem a l'air superbe, Gloria démente et je n'ai entendu que du bien de Grand Budapest Hotel.

Carole Nipette 15/03/2014 09:48



:) alors tu les a vus ?



isa-monblogdemaman@gmail.com 06/03/2014 17:36

J'ai tout de suite cliqué en me disant non, elle n'a quand même pas trouvé Grand Budapest nul. J'ai adoré. Tu en parles très bien. C'est tout ce que j'ai ressenti. De l'émotion, de la folie, du
rire. C'est loufoque, c'est beau. C'est génial. Et c'était une tellement bonne soirée en amoureux en plus ^^

Pour Week-ends, je dirais juste que la production française est un peu flippante en ce moment. Les bandes-annonces de Fiston et Qu'est ce qu'on a fait au bon Dieu m'ont atterrée (mais le film sur
la guerre ) l'air top).

Carole Nipette 15/03/2014 09:48



non quand même :) un seul nul sur quatre finalement, j'ai presque réussi un sans faute dans mes choix !


pourtant il y a de bons films comme Lulu femme nue :)