La Cour de Babel, Wrong Cops, Les Gazelles / Revue de films

Publié le 29 Mars 2014

 

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La Cour de Babel de Julie Bertuccelli

 

"Ils viennent d’arriver en France. Ils sont Irlandais, Serbes, Brésiliens, Tunisiens, Chinois ou Sénégalais... Pendant un an, Julie Bertuccelli a filmé les échanges, les conflits et les joies de ce groupe de collégiens âgés de 11 à 15 ans, réunis dans une même classe d’accueil pour apprendre le français. Dans ce petit théâtre du monde s’expriment l’innocence, l’énergie et les contradictions de ces adolescents qui, animés par le même désir de changer de vie, remettent en cause beaucoup d’idées reçues sur la jeunesse et l’intégration et nous font espérer en l’avenir..."

 

Attention pépite !

Ce documentaire est un film qui raconte un quotidien que peu d'entre nous connaissent. Celui de collégiens d'origine étrangère en classe d'accueil. Classe qui leur permettra de se mettre à niveau en français et dans les autres matières pour intégrer petit à petit les classes du cursus régulier.

Ils viennent du monde entier et contrairement à beaucoup d'idées reçues, ils sont venus en France pour des raisons aussi différentes qu'intéressantes.

Qui peut croire que ce jeune Serbe a fui son pays pour échapper à la persécution néonazie, que cette jeune fille est venue pour devenir une femme libre, que cette autre veut avoir la chance de faire de vraies études, que ce garçon est là parce que sa mère a rencontré l'amour...

La vie de la classe rejoint la vie des enfants, l'enseignante se sert de leurs vécus et on écoute aussi les parents. Ces parents émouvants avec leurs doutes et leurs espoirs dans ce pays qui garde toujours une aura particulière (et pourtant la France n'est plus tant que ça la terre d'accueil qu'elle a été).

 

On se demande quels seront vraiment ces destins d'enfants, liés à ceux de leur famille dans la majorité des cas. On se rend compte à quel point ça peut être difficile et dur quand en plus il y a l'Instabilité de la vie des parents due notamment aux histoires de logement. J'ai été vraiment émue de voir partir une des élèves parce qu'on leur avait trouvé un appartement à Verdun. Tout comme la maitresse, on s'inquiète du suivi qu'elle aura ailleurs.

Et que c'est dur aussi pour cette autre dont on sent la famille qui finalement ne tient pas vraiment s'intégrer. L'intégrisme semble être la seule issue pour cette jeune fille qui s'en sortait pas mal à l'école...

Derrière la classe et l'enseignante il y a aussi l'impuissance face à la vie, les problèmes et les aspirations des uns et des autres.

 

Alors oui toutes les classes d'accueil ne se ressemblent pas et ça dépend de l'enseignant aussi, mais celle ci (Collège de la Grande aux Belles à Paris dans le 10e) en tout cas est une vraie bouffée d'oxygène, de celle qui redonne espoir en l'éducation française.

Un vrai bonheur que de voir ces enfants sourire, découvrir, en baver parfois. De voir leur courage et leur détermination souvent pour échapper à la vie qui leur était donnée avant d'arriver en France.

 

On sort de la salle avec la banane et plein d'espoir pour l'avenir !

 

ps : bon malheureusement depuis il y a eu les législatives et là tout à coup j'ai moins d'espoir en l'avenir...

 

 

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Wrong Cops de Quentin Dupieux

 

"Los Angeles 2014. Duke, un flic pourri et mélomane, deale de l’herbe et terrorise les passants. Ses collègues au commissariat : un obsédé sexuel, une flic maître chanteur, un chercheur de trésor au passé douteux, un borgne difforme se rêvant star de techno… Leur système fait de petites combines et de jeux d’influence se dérègle lorsque la dernière victime de Duke, un voisin laissé pour mort dans son coffre, se réveille."

 

Avertissement : des scènes, des propos ou des images peuvent heurter la sensibilité des spectateurs

 

Dès les premières notes de musique et les premières images du générique on sait qu'on est dans un film de Quentin Dupieux dont le style ne ressemble à aucun autre. Musique signée Mr Oizo alias Quentin Dupieux et qui un joue rôle important dans le film, elle est un personnage à part entière. On a grave envie de se lever de son siège pour bouger son corps d'ailleurs.

Bienvenue dans un monde où les flics sont des bad guys assortis d'abrutis qui servent un peu à rien, des Wrong Cops dans toute leur splendeur. C'est complètement absurde comme d'habitude et on a droit à quelques moments dingues comme la rencontre entre le flic delaer et mélomane avec un adolescent attardé joué à merveille par Marylin Manson dans un rôle à contre emploi.

Il y a des bonnes idées partout dans le film, de bons délires mais j'ai trouvé que ça n'explosait vraiment jamais. J'attendais toujours le moment de l'éclat de rire, le feu d'artifice mais le film reste sur le même ton. Drôle mais sans plus, dommage.

Par contre j'ai beaucoup aimé la mise en scène façon série B des années 70. Un film très sympa mais à qui il manque un petit quelque chose en plus.

 

 

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Les Gazelles de Mona Achache

 

"Marie et Eric, trentenaires en couple depuis le lycée, signent l'achat de leur premier appartement quand Marie est saisie d’un doute vertigineux. Sa rencontre avec un beau brun ténébreux va précipiter sa décision : elle quitte Eric pour plonger dans le grand bain du plaisir et de la liberté.

Mais elle va surtout se manger le fond de la piscine…

Et découvrir un monde sans pitié : à son âge, le célibat est vite perçu comme une tare suspecte.

Eclairée par des amitiés nouvelles, Marie va apprendre à envisager son célibat comme une chance d'où elle pourrait sortir plus forte, et enfin prête à être heureuse."

 

Les Gazelles aborde le célibat des trentenaires qu'elles soient séparées, divorcées, en attente du grand amour ou dépressives. Pas facile de voir tous les couples heureux autour de soi alors elles se lancent dans une course effrénée qui ressemble fort à une course dans le vide.

Des choses justes, l'humiliation de devoir quémander un hébergement ou de devoir retourner chez ses parents, le pathétisme des plans culs foireux, le mec qui dégaine tout le temps son smartphone pour shooter genre pire qu'une blogueuse... Des actrices que j'aime beaucoup comme Audrey Fleurot (la meilleure du film) et Joséphine de Meaux. Une Anne Brochet délirante en quadra déchainée qu'on a plaisir à retrouver dans un registre nouveau.

J'ai moins aimé Camille Chamoux et son personnage carrément tête à claques et Samuel Benchetrit assez inexistant dans son rôle de loser ado attardé. Difficile également de croire à ce casting de filles qui bossent dans une Agence Pôle Emploi...

 

J'ai passé un bon moment mais il y a quand même pas mal de clichés et de scènes attendues notamment pendant les soirées et à la fin un goût de déception malgré tout. Il manque un je ne sais quoi pour que ce soit un chouette film de copines. Je suis restée sur ma faim...

Rédigé par Carole Nipette

Publié dans #Sorties culturelles... de maman - critiques cinéma.

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Commenter cet article

Madame 18/12/2014 14:57

c'est enfin fait ! et je confirme que c'est poignant (entre autre)

Carole Nipette 25/12/2014 20:56



et passionnant !



danslapeaudunefille 30/03/2014 16:31

j'avais envie de voir les gazelles juste histoire de faire une soirée ciné-filles, merci pour ton avis

Xtinette 30/03/2014 09:16

Tentant La Cour de Babel ! Bises

Madame 30/03/2014 04:26

Je veux voir la cour de Babel! Cela me fait penser à un roman jeunesse lu l'année dernière 'la tour de babel', pas tout à fait pareil mais je suis sure aussi poignant!