Lulu femme nue, Ida, Les grandes ondes, La Belle et la Bête / Revue de films

Publié le 25 Février 2014

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Lulu femme nue de Solveig Anspach

 

"À la suite d’un entretien d’embauche qui se passe mal, Lulu décide de ne pas rentrer chez elle et part en laissant son mari et ses trois enfants. Elle n’a rien prémédité, ça se passe très simplement. Elle s’octroie quelques jours de liberté, seule, sur la côte, sans autre projet que d’en profiter pleinement et sans culpabilité. En chemin, elle va croiser des gens qui sont, eux aussi, au bord du monde : un drôle d’oiseau couvé par ses frères, une vieille qui s’ennuie à mourir et une employée harcelée par sa patronne… "

 

Karin Viard exceptionnelle, ça oui elle l'est ! Elle est immense cette comédienne qui peut tout jouer avec un naturel toujours aussi confondant. Elle est ultra attachante dans ce rôle de femme et de mère un peu à l'ouest qui retrouve sa liberté et son insouciance. Elle souffle, elle respire à plein poumons sans mari, ni enfants sur le dos. Pour la première fois depuis longtemps, Lulu va prendre le temps de vivre et de penser à elle.

La rencontre avec un trio excentrique de frères va la déshiniber. Elle revit.

S'accorder une parenthèse sans se poser de questions, qui en est vraiment capable ? Lulu va jusqu'au bout de son délire et peu importe que sa famille ne comprenne pas. Elle se trouve une nouvelle famille de substitution pendant ces quelques jours hors de sa réalité.

Au fur et mesure de son "aventure" elle se retrouve et prend de l'assurance. Elle aide les autres en s'aidant soi-même finalement.

Un magnifique portrait de femme qui parlera à beaucoup. A toutes ces mères et épouses qui oublient qu'elles sont aussi des femmes à part entière et qu'elles peuvent exister par elles-mêmes tout en existant pour les siens.

Karin Viard exceptionnelle oui mais tous les interprètes du film le sont aussi. C'est un régal ! De Bouli Lanners en nounours tendre et comique à Corinne Masiero en patronne de bar perverse, de Pascal Demolon et Philippe Rebbot épiques dans les rôles de frères à Claude Gensac (toute mon enfance De Funès !) qui est encore un sacré personnage de cinéma à 86 ans !

 

 

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Ida de Pavel Pawlikowski

 

"Dans la Pologne des années 60, avant de prononcer ses voeux, Anna, jeune orpheline élevée au couvent, part à la rencontre de sa tante, seul membre de sa famille encore en vie qui lui révèle ses origines juives. Elle découvre alors un sombre secret de famille datant de l'occupation nazie."

 

L'atmosphère est froide et pesante au couvent où l'on découvre la jeune Ida qui se prépare à prononcer ses voeux. Le noir et blanc accentue forcément la déprime, normal car la vie est en couleurs. Ici c'est vrai que les couleurs de la vie des gens semblent se confondre avec le noir et blanc. Ida rencontre sa tante, une juge qui ne semble avoir peur de rien. Une femme seule qui mène sa vie avec une liberté rafraichissante compte tenu du contexte politique de la Pologne des années 60.

Ida qui a perdu ses parents alors qu'elle était enfant, apprend qu'elle est juive.

C'est destin d'une jeune fille sans histoires, au propre et au figuré, qui en l'espace de quelques jours va découvrir son passé, sa famille et se découvrir elle-même.

 

Les deux femmes vont partir sur les traces de leur famille juive cachée pendant la guerre dans une Pologne ouvertement antisémite et où beaucoup ont à se reprocher.

Cette "promenade" dans la campagne va réveler bien des secrets et des années après la guerre, la haine des juifs est toujours ancrée sur cette terre.

C'est la rencontre entre une fille orpheline et sa tante, entre une femme et son passé, entre une nonne et la vie à laquelle elle est prête à se soustraire.

Toutes ces rencontres manquées auxquelles la vie nous soumet parfois. Tous ces espoirs qui naissent et meurent presque aussi vite qu'ils sont apparus.

Ida raconte une histoire dure, sans concessions et en même temps on voit la jeune fille s'ouvrir un peu aux autres, découvrir le pouvoir de la musique sur les êtres. On se dit, quelle tristesse, si elle devient nonne elle ne pourra plus écouter de musique alors qu'elle semble vraiment heureuse.

Ida se pose des questions sur sa foi, sur son avenir, elle doute mais reste accrochée à son culte tout en expérimentant des nouveautés, on croirait qu'elle se fabrique des souvenirs.

Une fois le passé enterré, on espère. Jusqu'à la fin, je veux croire qu'elle ne choisira cet enfermement, cette renonciation (et pour le savoir il faudra aller voir le film...)

 

Un film bouleversant et dramatique, deux beaux portraits de femmes dans une époque sombre. Des images magnifiques, une mise en scène épurée qui renforce les émotions et transcende les êtres. Un drame existentiel tout en retenue et sobriété mais d'une force incroyable.

 

 

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Les Grandes Ondes (à l'Ouest) de Lionel Baier

 

"Avril 1974. Deux journalistes de la radio sont envoyés au Portugal pour réaliser un reportage sur l’entraide suisse dans ce pays. Bob, technicien proche de la retraite, les accompagne à bord de son fidèle combi VW. Mais sur place, rien ne se passe comme prévu : la tension est à son comble entre Julie, la féministe, et Cauvin le reporter de guerre roublard. La bonne volonté de Pelé, le jeune traducteur portugais, n’y fait rien : la petite équipe déclare forfait. Mais le vent de l’Histoire pousse le Combi VW en plein coeur de la Révolution des Oeillets, obligeant cette équipe de Pieds nickelés à prendre part, et corps, à cette folle nuit du 24 avril 1974."

 

Des journalistes de la radio suisse envoyés au Portugal pour satisfaire à de sombres exigences politiques, au départ je n'aurais pas misé un kopeck sur cette histoire. En fait, je n'avais pas lu le résumé avant d'aller voir le film, l'affiche, le casting et l'avis d'un ami m'ont décidée.

Et puis j'ai passé un sacré bon moment et j'ai énormément ri. C'est une vraie comédie originale et décalée, si c'est ça l'humour suisse je suis fan !

Cette joyeuse bande de personnages m'a complètement embarquée dans son combi plus vrai que nature. Entre un technicien maniaque, une jeune féministe libérée, un reporter mufle et orgueilleux, un jeune garçon sensible et touchant grand fan de Pagnol, les échanges sont parfois explosifs mais aussi émouvants.

On rit de ces quelques vérités bien envoyées sur la Suisse et les discours racistes d'un vieux portugais résonnent étrangement avec l'actualité suisse du moment sur les histoires d'immigration.

Le reportage est au point mort quand tout bascule avec la Révolution des Oeillets. L'équipe au complet prise dans la tourmente va se déchainer et se réveler. Cela donne une soirée d'anthologie à laquelle, je l'avoue, j'aurais bien participé dans ces conditions. Ah les années 70 !

 

Une histoire improbable et pleine de charme interprétée avec fantaisie. Allez-y, ça vous mettra la patate !

 

 

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La Belle et la Bête de Christophe Gans

 

"1810. Après le naufrage de ses navires, un marchand ruiné doit s’exiler à la campagne avec ses six enfants. Parmi eux se trouve Belle, la plus jeune de ses filles, joyeuse et pleine de grâce. Lors d’un éprouvant voyage, le Marchand découvre le domaine magique de la Bête qui le condamne à mort pour lui avoir volé une rose. Se sentant responsable du terrible sort qui s’abat sur sa famille, Belle décide de se sacrifier à la place de son père. Au château de la Bête, ce n’est pas la mort qui attend Belle, mais une vie étrange, où se mêlent les instants de féerie, d’allégresse et de mélancolie..."

 

La lumière s'éteint dans la salle et la voix du conteur s'élève dans le silence. Nous sommes bien installés, c'est comme si on se retrouvait pour la veillée au coin du feu avec une belle histoire. Dès les premiers mots, l'histoire nous embarque. Et quelle histoire. Un de ces contes épiques qui mêle aventure, romantisme, féérie, magie et imaginaire mystique.

Puis les mots se tranforment en images et c'est sublime. Des fresques grandioses avec un sens inoui du détail et du décor dans chaque scène. Les images alternent avec la voix et on est comme des gosses pour savoir la suite.

 

Cette nouvelle adaptation du célèbre conte est directement inspiré de l'histoire originale écrite par Gabrielle-Suzanne de Villeneuve en 1740. Quel plaisir de retrouver la "vraie" histoire de la Belle et la Bête avec tous les tenants et les aboutissants liés à chaque personnage. Cette version de Christophe Gans est la plus intéressante de toutes (même si j'aime bien celles de Disney et de Cocteau). Magie et suspense sont étroitement mêlés tout comme la nature et l'humain.

Le mélange entre la réalité et la mythologie est parfaitement restitué dans le film, les interactions entre les deux mondes sont d'un réalisme et d'une force incroyables. Les effets spéciaux sont plus que réussis.

C'est une histoire d'amours, l'amour d'un homme pour une femme, l'amour d'un père pour sa fille ou d'une fille pour son père, l'amour d'une Bête pour une Belle...

 

Un film envoutant, une belle oeuvre romanesque dans laquelle le grand spectacle rejoint l'intime enfoui au plus profond des êtres...

 

J'ai vu le film avec ma fille de 8 ans et c'est tout à fait adapté aux enfants de cet âge. Elle a évidemment craqué pour les petits chiens qui ressemblent à de gros Petshop vivants.

 

Rédigé par Carole Nipette

Publié dans #Sorties culturelles... de maman - critiques cinéma.

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Commenter cet article

OhOcéane 26/02/2014 21:54

Bon, je n'ai vu que la Belle et la Bête et je n'ai pas aimé :( mais en même temps, pour moi le "vrai" film c'est celui de Cocteau, je suis casse-pieds ^^
Sinon, le film de Solveig Anspach me tente bien !

Carole Nipette 27/02/2014 12:28



le vrai film mais pas la vraie histoire :) Lulu femme nue c'est une bouffée d'air frais et de joie !


 



filou49 25/02/2014 19:30

on va fanfaronner car c'est pas souvent le cas : o)pour une fois j'ai été plus prompt dans mes chroniques j'avais déjà chroniqué les 3 premiers, enfin ida c'est pas moi qui l'ai vu mais mon
comparse de blog qui a adoré...et les grandes ondes j'en ai parlé avant qu'il ne sorte ( d'ailleurs déçu de voir que c'est pas ma chronique qui t'a décidé à y aller, sniff :) je l'avais vu dans un
festival en janvier sans rien savoir sur le film ( ce qui est tres rare pour moi) et c'était du coup une excellente surprise.. quant à lulu femme nue, c'est un très joli film aussi qui fait la part
belle aux acteurs et aux personnages en effet!!! très bonne soirée à toi nipette!!

Carole Nipette 27/02/2014 12:30



mais moi je ne vais quasi jamais aux avant premières :) et peut être t'en souviens tu je ne lis pas les critiques des autres avant d'avoir vu et écrit sinon j'ai peur d'être influencée ;) en en
général je lis après !


 


 


 


 



les fruités 25/02/2014 17:56

Ida vu et bcp aimé meme si en ressortant j'avais le bourdon, le belle et la bete vu les filles ont adoré, moi je me suis ennuyée...mais c'est vrai que les costumes et les décors sont superbes
bises

Carole Nipette 27/02/2014 12:31



oui c'est clair, Ida ne donne pas envie de faire la fête après...



MissBrownie 25/02/2014 13:41

Rha, il va falloir que je trouve le temps d'aller voir la Belle et La bête avec Chupa, mais on a déjà beaucoup de films à voir dont le concert de Tal (oui, j'ai cédé)

Carole Nipette 27/02/2014 12:31



pas besoin de céder pour moi vu que ça joue à peine dans nos salles :)