Tom à la ferme, My Sweet Pepper Land, Dancing in Jaffa / Revue de films

Publié le 23 Avril 2014

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Tom à la ferme de Xavier Dolan

 

"Un jeune publicitaire voyage jusqu'au fin fond de la campagne pour des funérailles et constate que personne n’y connaît son nom ni la nature de sa relation avec le défunt. Lorsque le frère aîné de celui-ci lui impose un jeu de rôles malsain visant à protéger sa mère et l'honneur de leur famille, une relation toxique s'amorce bientôt pour ne s'arrêter que lorsque la vérité éclatera enfin, quelles qu'en soient les conséquences."

Avertissement : des scènes, des propos ou des images peuvent heurter la sensibilité des spectateurs

 

Quatrième film du jeune surdoué du cinéma, Xavier Dolan qui m'a tapé dans l'oeil dès "J'ai tué ma mère". Puis le choc des "Amours imaginaires" qui m'a donné envie de participer à la production de "Laurence Anyways". Trois films différents que j'ai tous adoré.

Et de quatre ! Tom à la ferme est une réussite et encore une fois Xavier Dolan a montré une nouvelle facette de son talent en navigant vers le thriller. Sans parler du fait qu'il est aussi bon comédien que réalisateur, un bonus à chaque film dans lequel il joue.

 

Une relation subtile et tendre s'instaure au début entre Tom et la mère de Guillaume, le défunt. De l'autre côté on a le frère, agressif et homophobe mais attirant comme le venin d'un serpent. Un trio mal assorti dès le départ qui pourtant va trouver un semblant de fonctionnement basé sur le mensonge et les non-dits.

Tom le citadin, débarque dans la campagne profonde où la vie semble s'arrêter trop souvent. Il va mettre la sienne entre parenthèses, en jouant un rôle tout en ravalant sa fierté et son identité.

Il tombe sous l'emprise de ce Francis, le frère solitaire et violent qui s'est mis à dos tout le village. Une relation attraction/répulsion qui bascule dans le registre de la peur très vite. La tension monte au fur et à mesure que Tom se laisse "maltraiter" et entre dans les jeux malsains d'un Francis qui mène la danse.

Tom s'accroche à cette famille et enfile les habits de fermier avec une facilité déconcertante. Pourquoi reste-t'il à la ferme ? Il est fasciné par ce frère trop beau gosse, qui lui rappelle son amant perdu ? Il en tombe amoureux ? Il veut voir jusqu'où il est capable d'aller ? Il veut faire éclater la vérité ?

Peut être que toutes ces raisons se confondent et pendant ce temps le spectateur flippe pour Tom mais aussi pour Francis...

 

Comme d'habitude avec Xavier Dolan, une bande son parfaite vient appuyer les effets et les histoires.

Un film bouleversant, sensible et subtil qui raconte un choc de deux mondes mais aussi l'intolérance et ses ravages...

 

La bonne nouvelle c'est que le cinquième film de Xavier Dolan, "Mommy" est déjà dans les starting blocks puisqu'il a été sélectionné pour la compétition officielle du prochain festival de Cannes.

 

 

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My Sweet Pepper Land de Hiner Saleem

 

"Au carrefour de l’Iran, l’Irak et la Turquie, dans un village perdu, lieu de tous les trafics, Baran, officier de police fraîchement débarqué, va tenter de faire respecter la loi. Cet ancien combattant de l’indépendance kurde doit désormais lutter contre Aziz Aga, caïd local. Il fait la rencontre de Govend, l’institutrice du village, jeune femme aussi belle qu’insoumise..."

 

Une sorte de western bourré de fantaisie et d'humour où l'honneur des uns et des autres sert de prétexte pour accepter ou refuser les diktats de la société, de la famille, de l'Etat...

Le film se passe dans une région compliquée revendiquée par plusieurs états et les kurdes autonomes veulent reprendre leur "pays" en main et reconstruire quelque chose. Pas facile entre les bandits locaux, les hommes réfractaires à l'avancée des droits des femmes et les indifférents.

La rencontre entre un Baran, incorruptible et sûr de lui avec une Govend, déterminée et émancipée va se faire en douceur. Ces deux là ont envie d'un avenir meilleur et ils sont prêts à lutter contre tous les tyrans et les empêcheurs de tourner en rond. Qu'il est long le chemin pour qu'une femme trouve sa place dans une société machiste d'hommes tout puissants mais qu'il est plein d'espoir. Que c'est bon de voir qu'elle est soutenue par un homme qui n'a que faire des ragots et des conventions. Des scènes jouissives quand les femmes se rebellent et y arrivent où quand les grands méchants bandits s'en prennent plein la tronche !

Il se dégage de My Sweet Pepper Land beaucoup d'humour et beaucoup d'espoir. Un film tout en finesse duquel on ressort dans un état de bien être...

 

 

 

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Dancing in Jaffa de Hila Medalia

 

"Né à Jaffa en 1944, Pierre Dulaine quitte son pays avec sa famille en 1948 pour s’installer à l'étranger. Après une carrière internationale accomplie de danse en couple, Pierre retourne à Jaffa pour réaliser son rêve : faire danser ensemble des enfants juifs et palestiniens pour rapprocher les communautés. C'est là, selon lui, que réside toute la beauté de la danse de salon : forcer deux personnes à se déplacer en faisant qu'un."

 

Un constat simple, la danse est un formidable moyen de partage.

Pierre Dulaine s'est donné 10 semaines pour apprendre aux enfants à danser et leur faire comprendre qu'ils ne se définissent pas uniquement par leur appartenance religieuse ou ethnique.

A Jaffa, les palestiniens sont des citoyens israéliens. On y trouve des écoles israéliennes, des écoles palestiniennes et plus rarement quelques écoles mixtes avec des cours en arabe et en hébreu.

Tous ces enfants différents vont apprendre un langage commun, celui de la danse.

 

Danser avec "l'ennemi" est compliqué mais déjà avant il va falloir danser entre filles et garçons ce qui n'est pas une mince affaire. Dans l'école palestinienne, au départ les enfants ne veulent pas se mélanger (influence des parents ?) et Pierre Dulaine est catégorique, ceux qui ne veulent pas ne participent pas au projet. Idem quand il s'agit de mélanger les palestiniens et les israéliens. De toute façon on ne sait pas dans quelle mesure des parents israéliens et palestiniens ont défendu à leurs enfants de participer au projet.

La politique est présente dans le film, difficile de passer outre et de faire comme si ça n'existait pas car elle sous-tend toutes les relations quotidiennes des uns et des autres.

 

C'est donc un gros effort qui est demandé mais le résultat en vaut largement la chandelle. Lorsque les équipes mixtes qui vont participer à la compétition se forment, les rapports entre les enfants se font assez naturellement et chacun découvre la culture de l'autre sans jugement, sans haine. On assiste à de très beaux moments de d'enfance et de partage qui pourront perdurer après le départ de Pierre. En tout cas, on espère fortement que tout ceci ne va pas se perdre et que les enfants continueront à se voir.

 

Certains enfants seront peut être les instigateurs de la paix de demain, tous les moyens, toutes les idées sont bonnes à prendre et à explorer.

Quand à la danse, le pari est aussi réussi car les enfants ont appris à danser d'une façon remarquable et certains se sont carrément ouverts et révélés.

Un film émouvant d'autant plus que l'on sait ce que ça représente. A la fin du film on apprend que le programme de danse se poursuit et perdure. On apprécie encore plus le film que l'on vient de voir du coup !

Rédigé par Carole Nipette

Publié dans #Sorties culturelles... de maman - critiques cinéma.

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Commenter cet article

filou49 19/05/2014 12:21

Ton billet concours m'a fait aller voir ta dernière chronique ciné depuis le temps que je m'étais dit qu'il fallait que je trouve le moment d'aller faire un tour sur ton blog...totalement d'accord
avec toi concernant dancing in jaffa et tom à la ferme deux films qui chacun dans un genre différent impressionnent et marque profondément la mémoire...100 % d'accord la dessus :o) bonne journée à
toi!!

Carole Nipette 19/05/2014 22:53



:)


je n'ai vu que deux films depuis et trop de boulot, même pas eu le temps d'écrire dessus...



Michèle 23/04/2014 10:27

Dancing in jaffa me tente enormément

Carole Nipette 24/04/2014 11:28



vas y tu ne regretteras pas !