L'île aux chiens, Transit, Foxtrot / Revue de films

Publié le 10 Mai 2018

L'île aux chiens, Transit, Foxtrot / Revue de films

L'Ile aux chiens de Wes Anderson

"En raison d’une épidémie de grippe canine, le maire de Megasaki ordonne la mise en quarantaine de tous les chiens de la ville, envoyés sur une île qui devient alors l’Ile aux Chiens. Le jeune Atari, 12 ans, vole un avion et se rend sur l’île pour rechercher son fidèle compagnon, Spots. Aidé par une bande de cinq chiens intrépides et attachants, il découvre une conspiration qui menace la ville."

 

Un film tout en métaphores subtiles et attendrissantes. Les horreurs du 20ème siècle sont pointées mais aussi celles du 21ème avec le remplacement de l'animal par le robot... On peut y transposer tout ce qu'on veut : les déportations, les camps, les migrants, le racisme, l'intolérance de la différence, les expériences militaires et scientifiques, le pouvoir à tout prix...

Et évidemment le virtuose dans l'animation est partout que ce soit dans les décors, les personnages, les ambiances, les lumières...

On craque tout de suite pour ces chiens qui doivent s'adapter à une vie nouvelle sans l'amour de leur maitres. Ahhh le regard de Spots...

Atari, l'enfant rebelle et Chief, le chien rebelle forment un duo attachant. Ces deux là ont beaucoup en commun dont une enfance bouleversée. On va apprendre à les connaître et à les aimer très fort !

Un jeune garçon prend la tête de la rébellion sur l'île tandis que de jeunes ados lycéens se révoltent sur le continent. Les rebelles sont font écho et rassemblent leurs forces pour créer un monde nouveau. Ici ou ailleurs, la promesse d'un avenir meilleur viendra-t'elle de la jeunesse qui ne veut pas se soumettre ?

Un film tendre au message politique fort qui se déguste et se savoure...

Pourquoi j'y suis allée : Wes Anderson est un nom qui suffit à me faire aller au cinéma même sans connaître l'histoire...

L'île aux chiens, Transit, Foxtrot / Revue de films

Transit de Christian Petzold

"De nos jours, à Marseille, des réfugiés fuyant les forces d’occupation fascistes rêvent d’embarquer pour l’Amérique. Parmi eux, l’Allemand Georg prend l’identité de l’écrivain Weidel, qui s’est suicidé pour échapper à ses persécuteurs. Il profite de son visa pour tenter de rejoindre le Mexique. Tout change lorsque Georg tombe amoureux de la mystérieuse Marie, en quête désespérée de l’homme qu’elle aime, et sans lequel elle ne partira pas… "

 

La vague fasciste s'étend dans toute l'Europe et dès le début j'ai été troublée : on est dans la fiction et pourtant on dirait la réalité... On croit toujours qu'on ne laissera pas les choses en arriver là et pourtant...

Goerg est un réfugié qui fuit le fascisme et impossible de ne pas faire le parallèle avec les migrants d'aujourd'hui. Il rencontre d'abord un enfant avec qui il noue une vraie relation mais forcément éphémère vu le statut des uns et des autres. Puis il rencontre l'amour et c'est plus que compliqué... l'amour qui émerge toujours même dans les situations désespérées... Une façon de trouver un port d'attache dans le danger ?
Le film pose beaucoup de questions sur le statut de réfugié d'une part et sur cet état de transit, état dans lequel tout ce qu'on vit ne peut pas déboucher sur un espoir d'avenir. Puisqu'on doit partir pour survivre il ne faut pas s'attacher, ni aux objets, ni aux personnes...

Comment partir en laissant des êtres aimés derrière soi ? Georg partira, partira pas ? Marie, partira, partira pas ? Dans la première partie partie on a un peu peur, les gens vont-ils réussir à s'enfuir avant qu'il ne soit trop tard ? Vont-ils obtenir leur visa ? Vont-ils réussir à se cacher jusqu'au bout ?

En ensuite le suspense ne joue plus sur la peur mais sur le départ. Ils risquent leur vie en restant et pourtant ce qui était acquis au départ ne l'est plus. Vont-ils anéantir des mois d'effort en restant ?

J'ai bien aimé le film malgré quelques défauts de rythme. Une histoire intéressante qui fait réfléchir sur l'état actuel du monde...

Pourquoi j'y suis allée : parce que j'ai adoré les deux films précédents du réalisateur, Barbara et Phoenix. Transit est celui qui m'a le moins plu...

L'île aux chiens, Transit, Foxtrot / Revue de films

Foxtrot de Samuel Maoz

"Michael et Dafna, mariés depuis 30 ans, mènent une vie heureuse à Tel Aviv. Leur fils aîné Yonatan effectue son service militaire sur un poste frontière, en plein désert. Un matin, des soldats sonnent à la porte du foyer familial. Le choc de l’annonce va réveiller chez Michael une blessure profonde, enfouie depuis toujours. Le couple est bouleversé. Les masques tombent."

 

On est tout de suite face à des parents qui réagissent à l'annonce du décès de leur enfant. Chacun à sa manière avec plus ou moins de violence envers les autres ou soi-même. Et les envoyés de l'armée qui sont obnubilés par l'eau que doit absolument consommer Michael, toutes les heures. Comme si boire de l'eau allait atténuer la peine... On plonge dans l'absurde... Cette armée qui s'occupe de tout et quelque part qui s'octroie le défunt...

Le film se joue en trois parties ou plutôt en trois actes. Ce premier acte de l'annonce du décès est étouffant de réalité...

Puis après un  retournement de situation, on quitte les parents pour se retrouver au check point de Yonatan et ses trois camarades. Un endroit isolé où la pression est constante, où l'humiliation des palestiniens est palpable, où ces soldats qui n'ont pas le choix perdent peu à peu leur innocence et leurs espoirs ?

Le réalisateur a mélangé des scènes absurdes qui font sourire avec des scènes terribles de vie quotidienne de ceux qui sont obligés de passer par ces check point pour avoir une vie... Le quotidien aussi de ces jeunes soldats désabusés qui vivent dans des conditions déplorables, coupés du monde et de leur famille... Un endroit où tout peut basculer... Yonatan dessine sa vie, dessine le monde comme on s'accroche à une bouée...

Dans la troisième partie, on retrouve les parents... On est dans une tragédie depuis le début, celle de la vie dans tout ce qu'elle peut avoir d'absurde, avec justement ce ressort tragique qui se joue de nous. Cette famille c'est aussi la société israélienne...

Un très beau film duquel je suis sortie, moi aussi, un peu désabusée...

Pourquoi j'y suis allée : j'aime la subtilité du cinéma israélien en général et parce que le premier film du réalisateur, Lebanon, était époustouflant...

Rédigé par Carole Nipette

Publié dans #Sorties culturelles... de maman - critiques cinéma.

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A
Joli listing de films forts que tu nous présente !
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S
Encore de jolis films à découvrir je dois dire qu'en ce moment on a du mal a y aller... Mais on ne sait jamais :)
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C
j'ai aussi du mal :) tout ça date de 15 jours... (pour moi c'est beaucoup !)
S
Transit pourrait me plaire, Foxtrot n'est pas trop triste, trop dur à voir ? j'ai la larmichette facile :)
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C
Foxtrot est triste mais en même temps on ne sort pas triste du film... j'ai la larmichette très facile aussi, j'ai été émue à divers moments...
S
TranSit me tente bien mais je n’ai pas vu ce film à l’affiche par chez moi
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C
Il y a tellement de films qui sortent chaque semaine, certains ne restent qu'à l'affiche une semaine, d'autres sont très peu programmés :(
M
Je veux absolument voir Transit, j'espère qu'il me plaira comme les deux précédents, je te sens plus mitigée.
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C
Oui clairement il manque un petit quelque chose à Transit pour qu'il soit aussi fort que les deux autres (à mon avis !)