Mon cinéma de juin

Publié le 1 Juillet 2019

Parasite de Bong Joon-Ho

A Séoul, Ki-taek habite dans un entresol délabré. Il vivote tant bien que mal avec sa femme et leurs deux enfants. Aucun des quatre n'a d'emploi fixe mais le jour où le garçon, Ki-Woo, trouve un poste de prof d'anglais dans la richissime famille Park, c'est un champ des possibles qui s'ouvre à eux... Une nouvelle vie qui va les entraîner dans un engrenage infernal...
Ce serait dommage de raconter plus comme on peut le lire dans beaucoup de critiques en ligne. J'ai vu le film sans avoir rien lu dessus et ma surprise a été totale du début à la fin.
Jouissif, drôle, émouvant, cynique, le film est plein de métaphores sociales et décrit parfaitement la fracture irréparable entre deux mondes.
Qui est le parasite de qui ? Qui vit aux dépens de l'autre ? Il y a toujours quelqu'un qui morfle dans une cohabitation...
La haute société qui vit vraiment dans un autre monde vs la société du bas de l'échelle matérialisée par l'habitat en entresol, celui qui donne "l'odeur" de la pauvreté, une odeur difficile à masquer malgré les efforts.
La violence psychologique de la scène de l'orage accentue les différences sociales en creusant encore plus ce fossé infranchissable entre les deux mondes.
Ki-taek et les siens avancent et traversent les épreuves ensemble. Leur solidarité familiale à toute épreuve est une force qui traverse le film tout du long. Chez les Park aussi on se sert les coudes tout en se servant des autres, puisqu'on te paie tu es corvéable à merci. Mais si la famille pauvre subit elle n'est pas exempte de manipulation et dans Parasite personne n'est exemplaire même si tout le monde est finalement émouvant.
Le film surprend tout le temps, on ne s'attend pas aux rebondissements qui rythment l'histoire. Entre satire sociale, comédie, thriller et épouvante, chronique familiale, Bong Joon-ho rassemble les genres avec maîtrise et intelligence.
La fin est magnifique...
Palme d'Or du festival de Cannes 2019.

Greta de Neil Jordan

Frances, jeune adulte qui a du mal à se remettre de la mort de sa mère, trouve un sac à main dans le métro de New York. Elle le rapporte à sa propriétaire, Greta, veuve esseulée aussi excentrique que mystérieuse. Les deux femmes vont vite se lier d'amitié comblant ainsi les manques de leurs existences. Mais Frances va faire une découverte qui l'amène à se méfier de Greta...
Les situations sont totalement pas crédibles, le film oscille sans cesse entre le drame psychologique et l'épouvante comme si le réalisateur n'avait pas réussi à choisir son camp. Le scénario est d'un classique, on s'attend à tout tellement les ficelles sont énormes. Le personnage de Frances est agaçant : elle se plaint sans arrêt, ne fait que subir ce qui lui arrive, difficile d'avoir de l'empathie. Celui de Greta est plus intéressant mais grosse déception pour ma part...

Le Daim de Quentin Dupieux
--‐------------
Georges quitte son domicile et plaque tout du jour au lendemain pour s'acheter le blouson 100% daim de ses rêves à un prix exorbitant qui le met dans la mouise. L'achat vire à l'obsession...
Il se retrouve dans une petite ville des Pyrénées dans laquelle il va laisser des traces... #nospoil !
Du pourquoi de l'achat du blouson en daim qui lui va comme un pied, on ne saura rien mais dans le cinéma de Quentin Dupieux où l'absurde est poussé à son maximum plus rien ne m'étonne.
Je sais que beaucoup n'adhèrent pas aux films de Dupieux mais moi j'adore. Parce qu'on sait dès le départ qu'on n'aura pas toutes les réponses, parce qu'on sait que la crédibilité n'est pas un sujet et parce qu'on se marre !
Georges (Jean Dujardin qui réussit à faire oublier qu'il est Jean Dujardin !) est un homme qui semble "normal" mais en fait il recèle une part de psychopathe qui surprend pae son inventivité. Son cerveau part en vrille et son blouson devient son meilleur pote, son mentor même. Les dialogues avec la barmaid (Adèle Haenel géniale dans la crédulité) sur le cinéma, la signification cachée du blouson, sont savoureux.
Ici il y a presque une histoire linéaire du début à la fin ce qui est assez dingue chez le réalisateur mais le film est du Dupieux pur jus dans ses délires et dans l'idée de départ !

Nevada de Laure Clermont-Tonnerre

"Incarcéré dans une prison du Nevada, Roman n’a plus de contact avec l’extérieur ni avec sa fille... Pour tenter de le sortir de son mutisme et de sa violence, on lui propose d’intégrer un programme de réhabilitation sociale grâce au dressage de chevaux sauvages. Aux côtés de ces mustangs aussi imprévisibles que lui, Roman va peu à peu réapprendre à se contrôler et surmonter son passé."
Ce programme de réhabilitation existe vraiment et on ne peut que le louer. C'est une fierté mêlée de tristesse de voir "son cheval" partir. Roman (toujours génial et animal Mathias Schoenaerts (<3 <3 <3) est vraiment un ours en colère qui ne communique avec personne. Sa fille lui en veut, il est probablement responsable de la mort de sa femme... Roman va mettre du temps à s'ouvrir et même avec son cheval ça va être compliqué.
J'aurais aimé en savoir plus sur le personnage de Roman car même si le film se laisse regarder avec plaisir, ça ne va pas très loin, je suis restée sur ma faim. On comprend que Roman réussit à s'ouvrir après l'épisode du cheval mais ça reste très fugace et même les scènes avec les chevaux ne sont pas assez nombreuses pour moi. Dommage... Une belle matière, un acteur de génie mais un scénario pas assez abouti...

Golden Glove de Fatih Akin

Golden Glove raconte l'histoire vraie d'un sérial killer, Fritz Honka, qui tuait de vieilles prostituées et conservait les corps découpés dans son appartement à Hambourg dans les années 70.
Fritz travaille à l'entretien d'une usine et il passe ses soirées à boire sa paye au Golden Glove, un bar de quartier glauque où se retrouvent des esseulés de la vie, des alcooliques et des vieilles prostituées qui feraient n'importe quoi pour un verre. Même suivre cet affreux Honka qui non seulement est repoussant mais violent, dégoûtant et méchant. Le film décrit une certaine société en marge dans l'Allemagne post nazie des années 70 tout en racontant avec détails bien gores, le parcours d'un serial killer complètement ravagé. Et ce regard sur ces gens paumés m'a plus intéressé que Fritz Honka dont on ne saura pas grand chose finalement. Le truc qui m'a gêné tout le film c'est le grimage de l'acteur Jonas Dassler en Honka qui se voit trop, le faux nez, les yeux, la posture, j'ai même cru au début que le tueur se déguisait pour ne pas être reconnu... Avis mitigé donc...

Un mois de juin avec peu de films vus par manque de temps et de séances correspondantes à mes horaires.

J'ai vu aussi X-Men : Dark Phoenix de Simon Kinberg mais je n'ai pas réussi à en faire la chronique sur Instagram. Je suis fan des X-Men depuis le début et je suis les histoires du passé, du présent, du futur avec parfois des révisions à faire ! J'ai passé un bon moment mais c'est probablement celui que j'aime le moins de toute la série.

Rédigé par Carole Nipette

Publié dans #Sorties culturelles... de maman - critiques cinéma.

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article

SOPHIE 11/07/2019 14:58

Je n'ai pas encore vu le dernier Xmen mais il n'est plus à affiche par chez moi

Girls n Nantes Eva 04/07/2019 13:53

purée j ai pas vu x men alors que j ai vu tous les films de super héros !!!
Il est temps que je me secoue avant qu il soit plus à l'affiche

Carole Nipette 06/07/2019 10:47

bah alors :)

Féelyli 03/07/2019 14:27

Je n'ai vu aucun de ces films, Parasite est celui qui me tente le plus...

Carole Nipette 06/07/2019 10:47

le meilleur de ma sélection de juin !

sysyinthecity 02/07/2019 22:38

Parasite me tenterait assez. Le daim ne me tente pas du tout, j'avais vu la chronique dans le Petit Q, et je n'ai pas accroché du tout

Carole Nipette 03/07/2019 09:11

Parasite a plu à tout le monde, même des personnes qui ne voient jamais de films coréens ! Le Daim c'est clair que c'est particulier :)

Une parisienne à Vincennes 02/07/2019 16:49

Je vais profiter de l'absence de mes filles pour aller au ciné et voir le daim

Carole Nipette 03/07/2019 09:10

Fan de Dupieux ou Dujardin ? :)

Ka 02/07/2019 12:34

Je trouve l'affiche de X-MEN DP de SK inspirante. Je ne connais pas du tout ce qu'il raconte (ou filme). J'y vois des personnages de mode, dans les défilés, pas dans les magazines. J'ai de l'imagination!!!! tant mieux, il en faut et aujourd'hui tout ce mélange. enfin bref!. Bonne journée à la fraîche

Carole Nipette 03/07/2019 09:10

Oui c'est vrai qu'elle est belle l'affiche !