Mon cinéma d'août 2019

Publié le 3 Septembre 2019

Once upon a time in Hollywwod de Quentin Tarantino

Los Angeles 1969. Rick Dalton, star déclinante d'une série télévisée de western, et Cliff Booth, son ami et doublure de toujours, assistent à la métamorphose artistique d'un Hollywood qu'ils ne reconnaissent plus du tout en essayant de relancer leurs carrières. 
Je n'en dirais pas plus, je vais au cinéma pour être surprise par les histoires et les points de vue.

Quentin Tarantino a reconstitué l'ambiance et les studios de cinéma de l'époque avec brio tout comme le LA des années 60-70. Il a inséré ses deux héros dans des séries et films qui ont réellement existé tout en inventant d'autres qui font référence à ses propres films.
Il faut être sacrément calé sur les années 70 et sur Hollywood pour reconnaître tous les personnages réels qui passent 2 minutes dans le film !
Le cinéma change, la ville change. Rick et Cliff sont paumés tout en s'adaptant aux nouvelles exigences du marché. On sent qu'on est à un tournant de l'histoire d'Hollywood. Le western américain en a fini avec sa grande époque, la concurrence vient d'Europe avec le western "spaghetti". Leonardo di Caprio et Brad Pitt sont immenses, deux acteurs au sommet qui nous offrent un duo de cinéma de légende. Des collègues, des amis, des frères dont la solidarité est à toute épreuve. Un dans la lumière et un dans l'ombre mais l'ombre finit souvent par cacher la lumière...
Margot Robbie est trop chou dans le rôle de la jeune actrice émerveillée par Hollywood et la vie qui va avec. Le casting est dingue et il faudrait revoir le film pour faire plus attention à toutes ces stars reconnues ou montantes qui jouent plusieurs scènes ou ne font que passer... (et Luke Perry pour la dernière fois au cinéma).
Tarantino a fait un film dont la forme peut surprendre, c'est plus narratif et moins démonstratif que d'habitude.
Un film qui a touché la cinéphile évidemment. Un film hommage à la ville lumière. Un film magnifié par sa fin si hollywoodienne. Hollywood invente des vies, réécrit l'histoire, la transforme au gré de ses envies. A Hollywood les légendes sont éternelles...

Midsommar de Ari Aster

Dani et Christian ce n’est pas la passion. Mais quand Dani perd tragiquement sa famille Christian l’emmène avec lui et ses amis à un festival qui n’a lieu qu'une fois tous les 90 ans dans un village suédois isolé.
Ce qui commence comme des vacances insouciantes dans un pays où le soleil ne se couche pas, va vite prendre une tournure beaucoup plus sinistre et inquiétante…
On le voit tout de suite que Dani et Christian sont vraiment mal assortis, pas sur la même longueur d’ondes et pourtant ils s’accrochent, l’une par défaut et l’autre par lâcheté. Dani a tout perdu, ce voyage en Suède est un vrai changement d’air. Quand à Dani et ses amis, c’est plus une opportunité d’apprentissage pour leurs études. C’est leur ami Pele, d’origine suédoise et dont la famille participe au festival qui leur sert de guide.


Les 5 amis se retrouvent au fin fond de la Suède pour 9 jours de fêtes et on va assister à de l’ahurissant, de la folie, du mystique, du démentiel, du jamais vu… Où est ce qu’on est tombé ? Les voyageurs tout comme les spectateurs sont scotchés par ce qui se passe. Impossible de raconter, il faut le voir. Chacun doit se laisser aller, dépasser ses limites et ses croyances, un grand saut vers un inconnu qu'on pressent bien barré mais dont on n'imagine pas tous les dessous. C'est un peu un stage de découverte de soi mais en pire avec le côté mystère et flippe. Est-ce qu'on sen sort indemne ? Pour Dani c'est clairement un voyage initiatique qui s'annonce...

J’avais peur d’avoir peur mais non finalement, c’est un peu gore mais pas tant que ça comparé aux avertissements qu’on nous sert. Il y a des scènes terribles ça oui.
C’est magnifiquement filmé, une œuvre d’art esthétique. Un film fort qui ne laisse pas indifférent. En sortant de la salle, je ne savais pas si j’avais vu un film où si j’avais assisté à une expérience psychédélique sur l’humanité et le sens de la vie.

Le gangster, le flic et l'assassin de Lee Won-tae

L'inspecteur Jeong Tae-seok n'a de cesse de traquer les gangs contre l'avis de son supérieur corrompu. Il s'intéresse aussi à une série de crimes qu'il pense être commis par un seul homme.
Jang Dong-soo, un chef de gang de Cheonan, survit à une attaque du tueur en série. Les deux hommes qui évidemment sont ennemis, s'associent pour débusquer ce tueur malin et sanguinaire...
...
Du vrai bon polar coréen qui allie humour et violence sur fond d'enquête policière.
Jouissif même si j'ai caché mes yeux plus d'une fois !
On ne s'ennuie pas une seconde, entre le serial killer hyperactif et les gangs toujours en train de se mettre à feu et à sang. Les moyens financiers et humains des gangs associés aux enquêteurs policiers feraient rêver plus d'un flic !
Pas du tout moral comme tient à le souligner quelques critiques presse qui trouvent la fin du film très limite. Mais on est plusieurs à ne pas être d'accord parce que non seulement le cinéma c'est souvent du cinéma mais aussi parce que la réalité est malheureusement pire que la fiction... Sans parler du fait que si les codes ne sont pas cassés au cinéma on se demande bien où pourraient ils l'être...
...
Les femmes sont quasiment absentes du film, limitées à quelques apparitions anecdotiques. Cela m'a frappée... Et je viens juste de lire un reportage sur la place des femmes dans la société sud-coréenne... il y a beaucoup de boulot et je n'imaginais pas la façon dont elles sont traitées dans ce pays... (ça ne change rien à mon avis sur le film mais c'était l'occasion d'en parler)

 

Give me Liberty de Kirill Mikhanovsky

Vic, un jeune Américain d’origine russe, est conducteur de minibus pour personnes handicapées. Il se retrouve à conduire son grand-père sénile et ses vieux amis Russes à des funérailles tout en gérant ses vrais clients dont Tracy une jeune femme atteinte de la maladie Lou Gehrig.
Une journée complètement dingue pour Vic (Chris Galust qu'on reverra c'est obligé), un garçon d'une gentillesse incroyable. Une journée comme une vie, une course contre la montre pour Vic qui ne cesse d'aller et venir pour contenter tout le monde sans risquer de perdre son boulot. Sans cesse tiraillé, alpagué par ses clients et les vieux russes, je ne sais pas comment il réussit à gérer sans péter un câble. Un peu long au début puis le film m'a cueillie sans que je m'y attende. Toute cette petite bande mal assortie et solidaire. D'une humanité bouleversante qui touche en plein cœur. La fin de la journée comme un espoir d'une vie plus douce... 

Une grande fille de Kantemir Balagov

1945. La Deuxième Guerre mondiale a ravagé Léningrad. Au sein de ces ruines, deux jeunes femmes, Iya et Masha, tentent de se reconstruire et de donner un sens à leur vie.
Deux destins liés à jamais, deux femmes qui se sont connues à la guerre et qui ont vécu des choses affreuses. Iya retrouve la vie civile la première et travaille dans un hôpital qui soigne les soldats blessés. Elle a des attaques de panique qui la coupent du monde durant quelques minutes, on se doute qu’il y a eu traumatisme durant la guerre. Elle ne sait pas trop comment faire avec son grand corps, tout le monde l’appelle « girafe », on la sent fragile. Quand Masha, l’exubérante, revient du front, les deux filles habitent ensemble et on découvre à quel point elles sont liées.
Une histoire terrible dans l’Histoire terrible. Le retour difficile à la vie civile pour ceux qui ont combattu, être une femme dans ces années là en Russie soviétique, les conditions de vie entre les logements partagés, le froid. Comment on survit à son passé, au présent et comment retrouver l’espoir pour le pour le futur ? Un film sombre et bouleversant, une relation toxique entre deux amies qui ont chacune un manque à combler. Deux gamines perdues dans un monde sans pitié… Un film dur qui marque et laisse une trace.

Les Faussaires de Manhattan de Marielle Heller

Ancienne auteure à succès aujourd’hui sans le sou, Lee Israel se découvre par hasard un don exceptionnel : celui d’imiter à la perfection le style de grands romanciers. Avec l’aide de son ami Jack, elle monte une arnaque imparable: rédiger de fausses correspondances entre auteurs célèbres, qu’ils revendent à prix d’or aux collectionneurs new-yorkais.
Tirée de l’histoire vraie et du roman autobiographie de Lee Israel, le film est plus un portrait de femme qu’un polar comme le titre ne le laisse pas entendre. Ça tire un peu longueur même si c'est sympathique à voir. Les moments les plus intéressants sont ceux où l'on entrevoit l'âme de Lee plutôt que les histoires de faussaire...

The Operative de Yuval Adler

À la fin des années 2000, Rachel, ex-agente du Mossad infiltrée à Téhéran, disparaît sans laisser de trace. Thomas, son référent de mission, doit la retrouver...
Flashbacks et temps présent pour tenter de cerner Rachel (Diane Kruger vraiment bien), une espionne avec une conscience. Un film bien mené qui montre l'envers du décor de cette vie choisie par certains. Mais je n'ai pas aimé la fin, ce qui m'a laissée sur ma faim...

Je promets d'être sage de Ronan Le Page

Après quinze années de galère dans le théâtre, Franck décide de tourner la page. Il a soif de normalité et accepte un poste de gardien de musée...
Un début très drôle sur un metteur en scène de théâtre déchaîné dans lequel on pourrait voir Vincent Macaigne(désolée !). Puis une réinsertion comme gardien de musée, lieu dans lequel Franck rencontre des décalés de la société. Le film aurait pu se contenter de raconter la vie d'un musée de province, de ses acteurs qui se retrouvent ici dans un monde à part et qui tentent de vivre malgré leurs névroses. Mais ça part sur une histoire d'arnaque, le film vire au suspense et ça n'a pas fonctionné pour moi tout comme le couple Pio Marmaï (attachant et désarmant de sincérité) et Léa Drucker. Une déception...

Roubaix, une lumière de Arnaud Desplechin

Roubaix, une nuit de Noël. Le commissaire Daoud sillonne la ville qui l'a vu grandir. La routine : des voitures brûlées et des altercations. Au commissariat, vient d'arriver Louis Coterelle, fraîchement diplômé. Quelques jours plus tard, Daoud et Coterelle vont faire face au meurtre d'une femme de 83 ans...
Je ne peux savoir mais j'ai le sentiment que Desplechin a vraiment réussi à recréer la vraie vie d'un commissariat d'une ville moyenne de province. Quand à la ville de Roubaix, là aussi c'est comme on l'imagine à travers les écrits, les témoignages, les reportages que j'ai pu voir, lire et entendre.
J'ai adoré l'ambiance du film, le personnage du commissaire Daoud incarné sobrement et humainement par Roschdy Zem 🧡
On se sent entre un film et un documentaire. Tous les délits y passent jusqu'au crime. Et même si j'ai beaucoup aimé le film, je ne sais pas pourquoi, toute l'histoire du crime (inspiré d'un fait divers réel) et des deux filles, Claude et Marie (Léa Seydoux et Sara Forestier) m'a laissée quasi indifférente (sauf à la toute fin). Leurs interrogatoires, la reconstitution... a un peu coupé l'ambiance dans laquelle j'étais avec tous les autres aspects du film. J'ai aimé le polar, le portrait d'une ville et de ses habitants, le portrait d'un homme solitaire amoureux de sa ville et des chevaux...
C'est toujours étrange de ressentir un truc auquel on ne s'attendait pas en allant voir un film... J'ai été freinée dans mon élan d'amour pour le film .

 

La vie scolaire de Grand Corps Malade et Mehdi Idir

Saint-Denis 93. Une rentrée au collège des Francs Moisins classé en zep. La nouvelle CPE, Samia (Zita Henrot toujours aussi sincère et juste) découvre son équipe d'animateurs et des élèves qui réservent des surprises quotidiennes. Elle se prend d'affection pour Yanis (prometteur et excellent Liam Pierron), un ado brillant mais désintéressé.

J'avais adoré Patients le premier film du duo, La Vie scolaire est un peu moins fort mais j'ai beaucoup aimé. J'ai passé un très bon moment.
Les difficultés de l'école dans une zone "sensible" et défavorisée, l'adolescence et les questions sur l'avenir, la famille, le sexe, la société contemporaine... Tout est abordé avec humour et parfois avec plus de gravité.
L'échec scolaire, le rôle des parents, le désarroi des profs face au comportement de certains élèves ou au contraire leur investissement et leur passion d'enseigner, beaucoup de choses sont dites ou suggérées dans le film.
L'école n'est pas la réponse à tous les soucis des quartiers défavorisés mais elle a un rôle important à y jouer et les auteurs ont réussi à dresser un portrait d'un collège que je trouve réaliste. Et clairement le message que la société veut envoyer à ses jeunes en devenir passe aussi par l'école et il peut être violent surtout quand ils se rendent compte que cette société veut les enfermer dans des cases et des clichés.
J'ai trouvé qu'il y avait une réflexion juste sur la scolarité en général.
J'ai moins aimé l'histoire personnelle de Samia qui n'apporte pas grand chose au film...
Tous les jeunes amateurs sont géniaux !

A défaut de partir en vacances, j'ai beaucoup voyagé au cinéma...

Chroniques publiées en août sur ma page Instagram.

Vous avez vu quoi cet été ?

Rédigé par Carole Nipette

Publié dans #Sorties culturelles... de maman - critiques cinéma.

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S
The Operative me tenterait bien, cet été j'ai surtout regardé Netflix ????
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C
J'ai beaucoup regardé Netflix aussi !
F
Je n'ai vu aucun de ces films, mes garçons voulaient voir La vie scolaire, je vais essayer de les emmener, il me tente bien.
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C
:)
M
Une fois n'est pas coutume, je ne suis pas allée au cinéma de tout l'été. Pourtant, je voudrais voir Parasite, Midsommar et La vie scolaire.
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C
De bons choix dans trois domaines différents :)