Mon cinéma de septembre / 2019

Publié le 4 Octobre 2019

Une fille facile de Rebecca Zlotowski

Naïma a 16 ans et vit à Cannes. Alors qu'elle se donne l'été pour choisir ce qu'elle veut faire dans la vie, sa cousine Sofia, au mode de vie attirant, vient passer les vacances avec elle. Ensemble, elles vont vivre un été inoubliable.

L'été de ses 16 ans, Naïma (Mina Farid une révélation) est une jeune femme qui se cherche, bien décidée à ne pas grandir trop vite, à profiter de ses vacances avant de faire des choix pour son avenir. Et justement avec la venue de Sofia sa cousine de Paris, elle va goûter à un monde qu'elle ne connait pas. Le monde des yachts, des villas de millionnaires, des gens qui ne semblent se soucier de rien. Confrontation de classes sociales qui à priori ne partagent rien hormis le plaisir et le sexe et pourtant les valeurs des filles n'ont rien à envier à celle des nantis.
Sofia a une aventure avec Andrès, un sublime et riche collectionneur brésilien (Nuno Lopes, c'est interdit d'être aussi incandescent 🔥) tandis que Naïma grandit au contact de Philippe, homme de confiance et à tout faire dAndrès (Benoit Magimel extra 🧡).
Sofia, (Zahia Dehar qui dans la vie ressemble à son personnage) a un corps qui affole. Elle est cultivée, drôle et touchante. Plus intéressante que l'image qu'elle renvoie ou qu'on veut voir...
On pense un peu à la Brigitte Bardot des débuts, à Pauline à la plage mais ce sont des impressions fugaces et ça ne résume pas le film.
Je me suis laissée bercée par une douce torpeur empreinte de soleil, de mer, de poésie et de mélancolie. Un beau film sur la notion de plaisir et de liberté, celle qui s'affranchit du regard et du jugement des autres, celle qu'on prend, celle qu'on se choisit... Une fille libre, pas facile...La très belle surprise de cette fin d'été !

Frankie de Ira Sachs

J'ai adoré la balade dans Sintra, ville pour laquelle j'avais eu un coup de coeur en allant à Lisbonne. On se perd dans ces ruelles, sentiers abrupts et nature vivifiante.
Frankie est une femme qui vit ses derniers mois mais aussi une star qui vit ses derniers moments de gloire.
Une manière assez théâtrale de mettre en scène les rencontres, les duos ou trios. J'ai trouvé que le film n'avait pas beaucoup de naturel, que ça faisait trop mis en scène. Un super casting par contre du plus grand au plus petit rôle.

 

Deux moi de Cédric Klapisch

Rémy et Mélanie (subtils et attachants François Civil et Ana Girardot ) sont deux trentenaires, voisins parisiens sans le savoir. Elle multiplie les rendez-vous ratés sur les réseaux sociaux pendant qu'il peine à faire une rencontre mais leur mal être semble bien plus profond. Ils manquent clairement de confiance en eux. Chacun ira voir un psy pour tenter de comprendre...
Ces deux solitaires arpentent un Paris populaire qu'on s'amuse à reconnaître. La vie de quartier est bien retranscrite, on s'y croirait. Simon Abkarian interprète un épicier de quartier qui fait le lien et bien plus que ça.
On se doute qu'ils finiront par se croiser (je l'ai espéré très fort en tout cas !) mais le tout est de savoir quand et comment !
Même si Cédric Klapisch a voulu parler de notre époque hyper connectée (Facebook, Tinder, Amazon...) je trouve qu'il a plus réussi à parler de la solitude dans laquelle on s'enferme lorsqu'on ne résout pas ses angoisses. Rémy et Mélanie vont voir "quelqu'un" (Camille Cotin et François Berléand tous les deux extras) et petit à petit on découvre les nœuds qui les retiennent et évidemment la base ce sont les histoires de famille, les non-dits, les reproches, les fausses pudeurs... tout ce qui fait que les adultes que nous sommes, portons parfois un poids bien trop lourd pour nos épaules.
J'ai passé un très bon moment en compagnie de ces deux êtres qui se cherchent (doublement !). Le sujet est traité avec douceur et humour (notamment une scène Facebook hilarante avec Pierre Niney), on y retrouve des acteurs fétiches de Klapisch, un joli clin d'oeil à Chacun cherche son chat, un hommage à Paris et aux psys! 

Les hirondelles de Kaboul de Zabou Breitman et Eléa Gobbé-Mévellec

Été 1998, Kaboul en ruines est occupée par les talibans. Atiq et Mussarat sont mariés depuis des années et ne se parlent presque plus. Lui supporte mal sa vie de gardien de prison pour femmes. Elle, souffrant d'une maladie incurable, est à l'agonie. Mohsen et Zunaira sont jeunes, ils s'aiment profondément et veulent croire en l'avenir. Un geste insensé de Mohsen va faire basculer leur destin.

L'histoire croisée de 2 couples dans Kaboul dévastée par la folie et l'inhumanité des Talibans. Zunaira est cloîtrée chez elle comme toutes les femmes et sortir avec une prison de tissu est un calvaire. L'espoir est quasiment absent, comment ne pas succomber à la folie ambiante ? Mohsen ne se reconnait plus. Quand à Atiq, il doute de plus en plus et ne comprend plus la société dans laquelle il vit. Mussarat le voit changer...
Leurs destins seront tous liés...
J'ai trouvé les dessins magnifiques et l'idée est bonne d'adapter cette histoire ainsi. C'est dur de voir les agissements de ces intégristes et l'animation réussit à montrer sans horrifier tout en ne rendant pas les choses moins terrifiantes.
Quand on pense que les Talibans, un des pires régimes politiques (ou plutôt religieux) de toute l'histoire, pourraient revenir au pouvoir, ça me donne envie de hurler...
Un film poignant, une histoire bouleversante de choix qui ne sont jamais sans conséquences.

Un jour de pluie à New-York de Woody Allen

Ashleigh et Gatsby sont amoureux et fréquentent la même université.
Elle doit se rendre à New-York pour interviewer une star du cinéma indépendant. Gatsby décide de l'accompagner pour renouer avec sa ville de coeur et passer deux jours en amoureux.
Ashleigh est une fausse ingénue qui va se révéler une sacrée aventurière contrairement à Gatsby qui veut passer un week-end tranquille, retrouver ses habitudes new-yorkaises, flaner dans les pianos bars...
Gatsby est en dilettante, il ne sait pas trop ce qu'il veut faire dans la vie, il suit les choix que sa maman fait pour lui et cette parenthèse sera salvatrice à tous les niveaux. Que ce soit Gatsby ou Ashleigh chacun des deux va devoir se poser des questions sur leur amour, sur l'amour en général et la façon dont ils envie de le vivre.
Faux semblants, secrets de famille, le rapport avec la mère, les jeux de séduction où la parole compte beaucoup, rencontres impromptues, la ville de New-York, on est bien dans un film de Woody Allen et c'est un bon cru. Avec au passage quelques réflexions bien senties sur le monde du cinéma et la presse.
La révélation du film pour moi c'est Elle Fanning dans un rôle comique. D'habitude je ne suis pas fan de son jeu mais là elle explose, elle irradie, elle est complètement à l'aise et le film lui doit beaucoup. Selena Gomez est pimpante et à sa place aussi dans le registre comédie.
Un film plein de charme !

 

Portrait de la jeune fille en feu de Céline Sciamma
1770. Marianne est peintre et doit réaliser le portrait de mariage d’Héloïse, une jeune femme qui vient de quitter le couvent. Héloïse résiste à son destin d’épouse en refusant de poser. Marianne va devoir la peindre en secret. Introduite auprès d’elle en tant que dame de compagnie, elle la regarde.

J'ai mis du temps à écrire mon avis sur ce film que j'ai vu à sa sortie. Le sentiment que depuis Cannes tout le monde m'avait imposé un point de vue sur ce chef-d'oeuvre, sur ce film de femmes qu'il est forcément de bon ton d'encenser.
Je ne suis pas sortie de la salle envoûtée. J'ai bien aimé mais au bout d'une semaine, je ne pouvais pas dire que le film me restait en tête plus que ça...
Les images et les paysages sont beaux.
La place de la femme dans la société du 18e, travailler comme peintre alors qu'il n'y a que des hommes dans la profession, s'imposer et imposer ses points de vue, cette partie est bien vue. Mais j'ai clairement préféré le trio que forment Héloïse et Marianne avec la bonne Sophie dont j'ai trouvé les interactions plus intéressantes que l'histoire d'amour elle-même. Peut-être la froideur qui émane du tout m'a refroidie aussi...je m'attendais à vibrer plus.
J'ai aimé le film mais sans passion...

Rédigé par Carole Nipette

Publié dans #Sorties culturelles... de maman - critiques cinéma.

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Valérie 17/10/2019 19:40

Bonjour
J ai vu aujourd'hui deuxmoi .
Tes commentaires m'avaient enthousiasmé.
J'ai adoré le film . Ton point de vue était très représentatif de ce qui émane du film.
Super film et merci bcp à toi aussi !!!
Valérie

Carole Nipette 19/10/2019 12:25

Merci de ton retour, ça fait plaisir <3

Madame 05/10/2019 10:09

Je veux tous les voir sauf le dernier; tu m'as donné trop envie!!!

Une parisienne à Vincennes 04/10/2019 17:11

J'adore klapisch ! Un copain a joué dans son premier film depuis j'y suis sensible

girls n nantes 04/10/2019 14:55

j ai entendu que du bien du film une fille facile et pourtant le sujet est pas facile et on peut vite tomber dans les clichés !

Mademoiselle Farfalle 04/10/2019 14:54

Bon, ben ils me tentent tous! Il va falloir que j'aille les voir. Je devais aller vois Portrait de la Jeune fille en feu et je n'ai pas pu. Je vais essayer d'y aller la semaine prochaine.

sysyinthecity 04/10/2019 14:44

je serai bien tentée par Un jour de pluie à New York, ça fait quelques semaines que nous n'avons pas pris le temps d'aller au cinéma