Mon cinéma d'Octobre / 2019

Publié le 4 Novembre 2019

Joker de Todd Phillips

En 1981, à Gotham City. Arthur Fleck travaille dans une agence de clowns. Méprisé et incompris, il mène une vie en marge et vit dans un immeuble miteux avec sa mère, Penny. Arthur rêve de devenir humoriste mais il souffre de graves problèmes psy...
C'est l'histoire de la naissance d'un des plus célèbres méchants de l'univers Batman, le Joker.
Qui est-il, pourquoi le sourire du clown, pourquoi la haine de Bruce Wayne... le film éclaire tout un pan de l'histoire du personnage.
Arthur Fleck fait sans arrêt face au rejet des autres, pourtant il y met du sien. A cause de son handicap et de son statut social il est le harcelé qui subit les moqueries et le mépris. Jusqu'au jour où il inverse les rôles... et laisse sa "maladie" s'exprimer sans retenue.
Il vit avec sa mère, une femme toxique dont on apprendra l'état psychologique inquiétant au cours du film... Entre lui et sa mère, clairement il y a un manque de soins psy depuis bien trop longtemps. Là encore la société n'a pas de réponse ni de crédits alloués...
Joker est un film qui résonne étrangement à l'aune des destructions et manifestations gilets jaune black blocs, dans une société où l'agressivité est une forme de communication.
Il ne s'agit pas d'excuser ou de comprendre pourquoi Arthur devient Joker et inspirateur de mouvements de foules mais c'est plus une façon de dire "attention quand on traite mal les gens on peut recevoir la même chose en retour..." impossible pour moi de ne pas faire un parallèle avec la façon dont sont traités beaucoup d'exclus de nos sociétés contemporaines que ce soit culturellement, économiquement ou socialement. Le présentateur Murray (Robert de Niro en forme) symbolise l'arrogance du monde des médias qui s'ajoute au reste.

Joaquin Phoenix EST le personnage, il est le film aussi, à lui tout seul. Le monde dans lequel il vit est vu à travers lui. J'ai été scotchée par son interprétation incroyable qui restera dans mes anales de cinéphile. La scène des escaliers que l'on voit sur l'affiche est une merveille de cinéma et d'émotions. Un grand film bouleversant à tous le niveaux.

Chambre 212 de Christophe Honoré

Après 20 ans de mariage et une infidélité révélée, Maria décide de quitter le domicile conjugal et part s’installer dans la chambre 212 de l’hôtel d’en face. Vue plongeante sur son appartement, son mari, son mariage...

Un film qui raconte l'amour d'une manière si vraie. Un discours sur l'amour, le couple comme j'en ai rarement vu au cinéma. Les compromis, les cachoteries, la façon d'aimer dans la durée, l'amour qui ne se voit pas, la fidélité, les choix, les manques, les envies, les non-dits... J'ai beaucoup aimé et la mise en scène originale permet justement de traiter différemment un sujet sur lequel on a le sentiment d'avoir tout vu ! Un quatuor magnifique avec Chiara Mastroianni qui brille de mille feux.

Au nom de la terre de Edouard Bergeon

Pierre a 25 ans quand il rentre du Wyoming pour retrouver Claire sa fiancée et reprendre la ferme familiale. Vingt ans plus tard, l'exploitation s’est agrandie, la famille aussi. C’est le temps des jours heureux, du moins au début… Les dettes s’accumulent et Pierre s’épuise au travail. Malgré l’amour de sa femme et ses enfants, il sombre peu à peu…
Le bonheur n'est plus dans le pré. Un film qui ne mâche pas ses réflexions sur l'évolution du milieu agricole depuis des décennies. La mise en scène est simple mais le film m'a intéressée et émue par ce qu'il raconte, pas par la façon dont il est fait.
Guillaume Canet est vraiment bien dans ce rôle d'agriculteur de père en fils (c'est compliqué les rapports et la pression que peut se mettre celui qui reprend l'affaire familiale) qui n'arrive plus à discerner ce qui compte ni comment il doit faire son métier. Les quotas et les normes européennes, les multinationales qui endettent sous prétexte de modernisation, les conditions d'élevage horribles, les concessions pour tenter de s'en sortir, tout y passe et surtout l'hypocrisie générale, sociale et politique sur le sujet.
Un film en hommage au père du réalisateur qui s'est suicidé à 45 ans aux pesticides après avoir travaillé comme une brute pour rien...
Ça m'a bien remuée d'autant plus que je me pose beaucoup de questions sur la politique agricole qui est très compliquée à comprendre de nos jours...

Atlantique de Mati Diop

Dans une banlieue populaire de Dakar, les ouvriers d’un chantier, sans salaire depuis des mois, décident de quitter le pays par l’océan pour un avenir meilleur. Parmi eux se trouve Souleiman, qui laisse derrière lui celle qu'il aime, Ada, promise à un autre homme...

Une fable dans laquelle se mélangent réalité, croyances et poésie. Un film délicat qui traite de sujets graves comme les migrants ou l'exploitation de travailleurs à la merci de personnes sans scrupules. Et surtout une belle histoire d'amour. J'ai été bercée par l'omniprésence de l'océan...

J'irais où tu iras de Géraldine Nakache

Vali et Mina sont deux sœurs que tout oppose. L’une est chanteuse, rêveuse et émotive. L’autre est thérapeute, distante et rationnelle. Leur père finit par trouver l’occasion rêvée pour les rassembler et tenter de les réconcilier.

Un bon moment grâce au casting, Géraldine Nakache et Leïla Bekhti sont tellement bien ensemble, Patrick Timsit est touchant comme jamais.
Des scènes hilarantes Celine Dion/René, j'ai eu aussi pas mal de larmes aux yeux. Sympa, pas inoubliable mais j'aime !

Matthias et Maxime de Xavier Dolan

"Deux amis d'enfance s'embrassent pour les besoins d'un court métrage amateur. Suite à ce baiser d'apparence anodine, un doute récurrent s'installe, confrontant les deux garçons à leurs préférences, bouleversant l'équilibre de leur cercle social et, bientôt, leurs existences."

Un baiser impromptu entre amis et deux vies basculent.
Matthias est en couple avec Sarah, ils semblent heureux et s'entendent bien mais on sent la routine sans passion.
Le baiser a t'il réveillé Matthias ? Maxime est un garçon et il n'est pas évident de remettre en question sa sexualité, ses attirances, ses choix d'autant plus qu'ils sont amis depuis l'enfance. On ne choisit pas de qui on tombe amoureux...
Est ce que la tendresse qu'ils ont l'un pour l'autre s'est transformée sans qu'ils s'en aperçoivent ?
Maxime est moins défini. On sent qu'il se cherche encore. Il dragouille des filles, se fait mater par des mecs mais rien de sérieux. Sa relation toxique avec sa mère malade n'arrange pas sa situation de vie sentimentale déserte. Il se prépare à partir pour 2 ans en Australie.
Matthias et Maxime évoluent au sein d'un groupe d'amis soudés (chouette casting) vont tous assister à des changements de comportement surtout chez Matthias (Gabriel d'Almeida Freitas quel BG😍). Les comprennent-ils ? Parfois on a l'impression que oui mais peut-être que non, le film entretient le flou.
Amour, amitié, rapport aux mères, jeunesse qui se cherche... encore un film de Dolan que j'ai beaucoup aimé, une histoire d'amour qui m'a touchée. Certains n'ont pas du tout vu la même fin que moi ce qui donnerait au film une autre interprétation... troublant...
Pas déçue pour ma part, @xavierdolan réussit encore à m'émouvoir et me surprendre (la chanson d'Amir !! 🔥) et j'adore quand il joue dans ses films ! Je fais partie des fans depuis le début et j'en redemande !

 

Un monde plus grand de Fabienne Berthaud

Après la mort de son mari, Corine a du mal à refaire surface. Au cours d'un reportage en Mongolie, elle assiste à une cérémonie chamanique dont elle ressort transformée. Il est évident qu'elle possède un don chamanique, qu'elle doit maintenant apprendre à maîtriser... (d'après l'histoire vraie de Corine Sombrun)

J'ai eu un peu de mal à entrer dans le film, un peu comme Corine au début, impatiente d'entrer dans le vif du sujet.
Au début Corine est sceptique puis son regard change. Et c'est elle qui regarde son entourage sceptique avec le sentiment qu'ils ne comprennent rien et que leur façon de penser est étriquée.
Elle trouve un nouveau but dans sa vie, une autre façon d'avancer mais surtout à mon sens, une façon d'accepter le deuil et de vivre avec.
J'imagine que les scènes de chamanisme ne doivent pas être simples à transcrire sur pellicule, j'ai eu du mal ici avec la façon dont elles sont filmées. Mais ça n'a pas gâché mon ressenti final.
Cécile de France est magnifique (comme d'habitude 😍🧡), touchante, immense, elle irradie.
Le film nous prend au détour d'un beau et calme paysage de Mongolie et ne nous lâche plus. Il n'y a pas beaucoup d'action, peu de mots son échangés et pourtant il se passe quelque chose dans ces steppes de Mongolie.
Une paix intérieure probablement...

 

Hors Norme de Eric Toledano et Olivier Nakache

Bruno et Malik vivent depuis 20 ans dans un monde à part, celui des enfants et adolescents autistes. Au sein de leurs deux associations respectives, ils forment des jeunes issus des quartiers difficiles pour encadrer ces cas qualifiés "d'hyper complexes"...

Les réalisateurs se sont inspirés des deux associations qu'ils connaissent depuis 20 ans pour raconter un quotidien que l'on connaît peu ou mal.
Les associations de Bruno et Malik sont complémentaires, elles travaillent main dans la main. Les jeunes formés par Malik apprennent aussi ce qu'est un engagement puis viennent travailler chez Bruno et c'est Bruno qu'on appelle lorsque que personne ne peut plus gérer un enfant autiste... Or l'association de Bruno n'est pas agréée par l'État et il est sous la menace d'une fermeture...
Le film montre la pauvreté des moyens, le manque d'encadrement et de structures, les réponses inadaptées de certains "traitements" et le combat que mène chaque famille, chaque association pour apporter une vie meilleure à ces êtres humains qui sont différents dans une société qui n'arrive pas à les inclure.
Je ne connais pas ce monde mais j'ai trouvé des similitudes avec le quotidien décrit par certains parents que j'ai entendu sur le sujet.
Jamais de pathos ni de voyeurisme pourtant ici ce sont cas les plus sévères qui sont abordés. J'avoue que je ne comprends pas les accusations d'instrumentaliser les autistes... Je trouve que même si c'est un film avec des comédiens magnifiques (Vincent Cassel, Reda Kateb...), même s'il y a de l'humour (Alban Ivanov😁), Hors normes nous ouvre les yeux, nous fera peut-être réviser nos jugements, et rend hommage aux associations et aux parents qui sont souvent très seuls et désemparés... Un film engagé et bouleversant... Un choix des réalisateurs de mettre en lumière deux associations qu'ils connaissent, ils n'ont jamais prétendu, je crois, faire un film sur l'autisme en général ni sur toutes les formes d'autisme...

Rédigé par Carole Nipette

Publié dans #Sorties culturelles... de maman - critiques cinéma.

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sysyinthecity 05/11/2019 09:10

nous n'avons pas eu le temps d'aller au cinéma, hors normes et chambre 212 me tentent bien :)

Une parisienne à Vincennes 04/11/2019 17:09

De mon côté j'ai réussi à aller au ciné... Pour aller voir Abominable !

Julesetmoa 04/11/2019 14:11

Hors normes et Joker font partie des films que je veux voir. Grace à toi j'en ai découvert d'autres, je vais regarder s'ils sont à l'affiche près de chez moi

Féelyli 04/11/2019 12:38

Au nom de la terre, J'irai où tu iras et Hors normes font partie des films que je voudrais vraiment voir...

SOPHIE 04/11/2019 11:31

tu as vu de super film !!
Hors nomes me tentait bien mais rien que la BA j'ai pleuré je vais attendre qu'il passe sur canal.
Pareil pour Au nom de la terre ce film a l'air vraiment top.

Mademoiselle Farfalle 04/11/2019 10:24

Il y en a un paquet que j'ai envie de voir. Et alors que je n'aime pas Xavier Dolan, j'ai très envie de voir Matthias et Maxime!

Madame 04/11/2019 10:04

J'ai beaucoup aimé Hors normes, tu me donnes envie de voir Chambre 212 et J'irai où tu iras, sont forts les Nakache ^^
Bises