Mon cinéma d'octobre 2020

Publié le 1 Novembre 2020

Un tout petit mois de cinéma avant encore quelques semaines loin des salles obscures. La maladie m'a coupée dans mon élan, je n'ai pu aller au ciné que jusqu'au 14 octobre. J'ai loupé des films que je voulais absolument voir comme "Adieu les cons" d'Albert Dupontel, "ADN" de Maïwenn, "Miss" de Ruben Alvès, "Garçon chiffon" de Nicolas Maury, "A dark dark man" de Adilkhan Yerzhanov et "Une vie secrète" de Jon Garaño, Aitor Arregi, José Mari Goenaga... Et je voulais amener des jeunes voir Trolls 2 pendant les vacances... Frustration totale de tous les côtés !

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Kajillionnaire de Miranda July

Theresa et Robert ont passé 26 ans à former leur fille unique, Old Dolio, à escroquer, arnaquer et voler à chaque occasion. Au cours d'un cambriolage conçu à la hâte, ils proposent à une jolie inconnue ingénue, Mélanie, de les rejoindre, bouleversant complètement la routine d'Old Dolio.

On pourrait s'attendre à une comédie sur une famille de loosers arnaqueurs de père et mère en fille. Mais c'est beaucoup moins drôle. Sous l'apparente famille unie dans la débrouille, se cache une histoire bien plus triste.

Old Dolio (Evan Rachel Wood de Westworld 💙) semble soumise et perdue, mal dans sa peau, elle est addict, dans le vrai sens du terme, à ses parents parce que c'est tout ce qu'elle connaît. Ils la manipulent sans cesse, c'est comme ça qu'elle a grandi et expérimenté le sens du mot famille.

L'arrivée de Melanie est une bouée de sauvetage qu'elle va mettre du temps à saisir et heureusement qu'elle le fait. Sa santé mentale et sa capacité à "grandir" sont menacées à terme, on le sait.
Qu'ils sont affreux ces parents, ses parents. Toxiques au plus haut niveau. De mon côté, je ne leur ai jamais laissé le bénéfice du doute, dès le début du film je les ai détestés. Old Dolio n'est pas une enfant battue mais une enfant qui fait partie du décor et qu'on ne la calcule pas sauf pour ce qu'elle peut amener de concret en argent ou objets à la "famille" qui traque tous les bons plans légaux ou illégaux pour survivre.

Elle est émouvante quand elle prend conscience de tout ça, quand elle se rend compte qu'elle ne sait pas ce qu'est être aimé par ceux qui sont vos parents, votre sang.

Melanie va faire bouger les choses et à travers ses yeux on découvre encore plus le fonctionnement de cette famille bancale.
J'avais deviné tout de suite ce qu'il adviendrait d'elle à la fin, comme une évidence...

Un film bien plus noir qu'il n'y paraît mais qui se termine sur une note d'espoir et de vie. La fin est très belle...
Un film qui s'apprécie sur toute la durée, une histoire de famille et d'émancipation qui m'a touchée... Une renaissance et un de soi à apprivoiser...

Josep de Aurel

Février 1939. Submergé par le flot de Républicains fuyant la dictature franquiste, le gouvernement français les parque dans des camps. Deux hommes séparés par les barbelés vont se lier d’amitié. L’un est gendarme, l’autre est dessinateur. De Barcelone à New York, l'histoire vraie de Josep Bartolí, combattant antifranquiste et artiste d'exception.

 
Josep Bartoli c’est un destin incroyable, de ceux qui font l'histoire, de ceux qui éclairent l'Histoire. Un destin entre la lutte, la fuite, l’enfermement et l’art toujours présent, la touche de crayon toujours là quoi qu’il arrive.

La beauté, la pureté et la fragilité des dessins qui se créent sous nos yeux comme si l’histoire s’écrivait en même temps. Une vraie mise en scène pour ce film d’animation qui raconte un pan de notre histoire dont je n’ai pas souvenir de l’avoir appris. Des camps de concentration pour réfugiés espagnols dans lesquels ils étaient maltraités. C’est dur souvent et même si ce sont des dessins, l’émotion est forte, les hurlements intérieurs bien présents.
D'un côté on est témoin de la bassesse symbolisée par deux gendarmes gardiens fachos, racistes, affreux, violeurs, meurtriers sous couvert de l’état français et de l'autre, de la solidarité, de la curiosité et de l’empathie d’un autre gendarme, celui qui raconte et qui va se lier avec Josep.
On assiste à un joli moment de transmission puisque ce gendarme devenu grand-père, partage ses souvenirs avec Valentin son petit-fils.

Beaucoup d’émotions, de l’humour parfois il en faut même au fond du trou et l’amour en toile de fond.
De l’Espagne à New-York, en passant par la France et le Mexique, l’épopée incroyable et extraordinaire de Josep Bartoli. C’est Sergi Lopez qui fait la voix de l’artiste et il est remarquable, il incarne et personnifie avec justesse… Il m’a touchée avec tout ce qu’il fait passer dans sa voix…
Une pépite à voir !

 

 

L'enfant rêvé de Raphaël Jacoulot

Depuis l’enfance, François a consacré sa vie au bois. Celui des arbres des forêts du Jura, qu’il connait mieux que personne. Il dirige la scierie familiale avec sa femme Noémie, et tous deux rêvent d’avoir un enfant sans y parvenir. C’est alors que François rencontre Patricia, qui vient de s’installer dans la région. Commence une liaison passionnelle. Très vite, Patricia tombe enceinte. François vacille...

Il y a un sujet fort dans ce film, le désir d'enfant et les difficultés que cela entraine dans un couple quand il faut en passer par la PMA voir par l'adoption en dernier recours. Un désir fort pour François et Noémie mais chacun le vit différemment et ils n'arrivent pas à se rejoindre sur l'adoption. François n'arrive pas à faire le deuil d'un enfant de son sang, c'est probablement pour ça qu'il s'éprend d'une jeune femme déjà maman et pouvant enfanter. D'un autre côté il a tout le poids des traditions familiales et de la transmission avec l'entreprise de "père en fils"... Il perd totalement pied et au final il n'arrive rien à gérer, n'arrive pas à s'engager ni d'un côté ni de l'autre, il pète totalement les plombs. Obnubilé par le fait d'être père mais sans réfléchir aux conséquences de ses actes, il devient lâche, égoïste et violent.

Le film part dans un côté thriller sur la troisième partie et là j'ai un peu lâché l'affaire. Jusqu'où le désir de paternité peut emmener quelqu'un ? J'ai trouvé dommage que le personnage n'assume pas ses choix, que ça parte en vrille et que le film bascule dans une autre dimension. Je suis donc mitigée. Les personnages féminins, surtout celui de Patricia, sont moins fouillés et là aussi c'est dommage.

Drunk de Thomas Vinterberg

Quatre amis décident de mettre en pratique la théorie d’un psychologue norvégien selon laquelle l’homme aurait dès la naissance un déficit d’alcool dans le sang. Avec une rigueur scientifique, chacun relève le défi en espérant tous que leur vie n’en sera que meilleure ! Si dans un premier temps les résultats sont encourageants, la situation devient rapidement hors de contrôle.

Martin, Tommy, Peter, Nikolaj sont quatre amis et quatre professeurs dans la même école. A des niveaux divers, ils sont enlisés dans une vie quotidienne où pas grand chose ne les sort de leur torpeur embourgeoisée. Martin (génial Mads Mikkelsen), marié, deux enfants, professeur d'histoire, a clairement perdu la passion que ce soit dans sa vie familiale ou dans sa façon d'enseigner. Il regarde sa vie s'écouler sans qu'il en soit acteur. Très vite, l'alcool le désinhibe ce qu'il faut pour que ça fasse l'effet d'une cure de jouvence. Ses cours redeviennent intéressants, ses élèves l'admirent et à la maison ça va mieux, il est enfin réveillé.

Idem pour ses amis qui reprennent plaisir à croquer la vie et à faire du bien autour d'eux. Mais évidemment le film n'est pas une apologie de l'alcoolisme et si on pouvait vraiment trouver cet équilibre parfait avec l'alcool, ça se saurait ! Boire entraîne à boire et le négatif ne tarde pas se montrer, de fil en aiguille, les potes vont trop loin et non sans conséquences sur leurs vies en général. Le moment d'euphorie n'aura certes pas duré mais il aura réveillé quelque chose... Quelque chose de durable, enfoui profondément qui ne demande qu'à s'exprimer.

On a tous des souvenirs de soirées arrosées mémorables et on sait aussi que ce qui fait le sel de ces soirées là, c'est qu'elles ne sont pas amenées à se répéter exactement de la même façon tous les soirs sous peine de se transformer en cauchemar... Des moments uniques dont toute la saveur réside dans la rareté...

J'ai bien aimé la description du système scolaire danois, les échanges constructifs entre professeurs, élèves, parents, hiérarchie... Les gens s'écoutent et se respectent, on aimerait tant que ça soit comme ça chez nous...

Drunk est une ode à la vie et aux autres, un film sur l'amitié, sur ce qui nous motive à nous lever le matin... La fin est magnifique et cette chanson entêtante de Scarlet Pleasure "What a life" est un hymne qui accompagne le film parfaitement tout du long.

 

Rédigé par Carole Nipette

Publié dans #Sorties culturelles... de maman - critiques cinéma.

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Gagner de l'argent avec votre blog 02/11/2020 14:47

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Julesetmoa 01/11/2020 22:21

Difficile de soutenir le ciné en ce moment. Merci pour ta sélection

Carole Nipette 02/11/2020 18:48

C'est clair j'ai fait ce que j'ai pu :)

Papillote 01/11/2020 18:50

Je voulais voir le dernier kervern et le dernier dupontel... tant pis ! j'attendrai la diffusion canal+

Carole Nipette 02/11/2020 18:47

Effacer l'historique je l'ai vu en septembre du coup !

Mademoiselle Farfalle 01/11/2020 14:24

Je voulais voir Adieu les cons et Miss. Peut-être qu'ils seront dispos sur le site de la bibliothèque...

Carole Nipette 02/11/2020 18:47

tu as carrément des films aussi récents sur ta bibliothèque ??