Lectures et challenge / Avril 2021

Publié le 28 Avril 2021

Lectures et challenge / Avril 2021

J'ai réussi à lire pas mal en avril et je suis contente d'avoir repris le rythme que j'avais il y a longtemps. Je dévore, ça me fait coucher trop tard certains soirs et j'ai repris ça en main, je me souviens des nuits durant lesquelles il m'était impossible de lâcher un roman avant de l'avoir fini, j'étais plus jeune. En ce moment, je fais pareil mais le matin au réveil. J'adore rester au lit pour lire des heures surtout quand la lumière extérieure inonde ma chambre.

Dix livres lus ce mois-ci, dont pour 6 pour le Challenge Lecture 2021 de Mélanie. Cinq emprunts à ma médiathèque, cinq dans ma Pal. En quatre mois j'ai quasi lu autant qu'un un an, je m'autofélicite !

MA VIE DE CAFARD de Joyce Carol Oates


Rejetée par ses proches, Violet Rue Kerrigan revient sur son passé. Sa faute ? Avoir dénoncé pour meurtre ses grands frères, tortionnaires d'un jeune Africain-Américain. Lors de leur accès de violence raciste, elle avait douze ans. Elle se remémore son enfance en tant que cadette d'une fratrie dysfonctionnelle d'origine irlandaise, durant les années 70 dans l'État de New York. Une famille où la parole du père ne souffre aucune contestation et où les garçons ont plus de valeur que les filles. La jeune femme raconte comment elle est passée du meilleur au pire : elle était la préférée des sept enfants Kerrigan, elle est maintenant celle qui " a cafardé " et entraîné l'arrestation de ses frères. Une décision qui lui a valu d'être exilée, chassée par ses parents, ses frères et sœurs, son Église...

J'aime beaucoup Joyce Carol Oates, auteur prolixe qui a plus de 80 ans continue à écrire des romans percutants. Elle me fascine, elle est pour moi une des plus grandes auteures de ces soixante dernières années. Elle écrit tellement que j'ai failli passer à côté de ce livre paru en octobre dernier alors qu'un nouveau est sorti le mois dernier.

On va suivre Violet Rue durant toute sa scolarité du collège à l'université. Après avoir été reniée par sa famille, elle se retrouve chez une tante aimante mais qu'elle ne parvient pas à aimer. D'ailleurs la jeune fille s'interdit toutes les émotions. Elle se punit toute sa jeunesse et ne s'autorise pas à vivre comme elle le devrait tellement elle se sent coupable aussi bien vis à vis de sa famille que de celle du jeune garçon tué. Elle va sans arrêt rechercher à gagner l'estime de ses parents sans y parvenir durant toutes ces années loi d'eux. Violet se met en retrait à tel point qu'elle va supporter la perversité de certaines de ses rencontres que ce soit à l'école ou pendant ses études. Il lui faudra beaucoup de temps pour réussir à être elle-même, à construire sa propre vie.

Un roman fort qui parle de justice, d'émancipation, de relations familiales, d'identité, de racisme et qui pose la question de la loyauté : doit-on être loyal à sa famille quoi qu'il arrive ? L'amour qu'on porte à sa famille peut-il justifier tout le reste ?

Catégorie 57 : Un livre conseillé par un libraire

 

LES JUMEAUX DE PIOLENC de Sandrine Destombes
Août 1989. Solène et Raphaël, des jumeaux de onze ans originaires du village de Piolenc, dans le Vaucluse, disparaissent lors de la fête de l'ail. Trois mois plus tard, seul l'un deux est retrouvé. Mort. Juin 2018. De nouveaux enfants sont portés disparus à Piolenc. L'histoire recommence, comme en macabre écho aux événements survenus presque trente ans plus tôt, et la psychose s'installe. Le seul espoir de les retrouver vivants, c'est de comprendre enfin ce qui est arrivé à Solène et Raphaël. Au risque de réveiller de terribles souvenirs.
 
Addictif clairement vu que j'ai lu 100 pages le soir avant de dormir et les 300 restantes d'une traite le lendemain matin.
Les courts chapitres donnent un vrai rythme au roman et ça bouge tout le temps.
Après même si j'ai apprécié la lecture, j'ai assez vite compris non pas le dénouement mais l'identité d'une personne. Et j'ai trouvé qu'un des éléments principaux de toute l'histoire ne tenait absolument pas la route... si vous l'avez lu je parle de la cabane (ce qui ne spoile rien si vous avez envie de le lire).
Avis positif parce que le sujet jumeaux est intéressant mais mitigé quand même.
 
Catégorie 51: Un livre dont les héros sont des jumeaux

TOTTO-CHAN, la petite fille à la fenêtre de Tetsuko Kuroyanagi

Tokyo, début des années 1940. Tetsuko, alias "" Totto-chan "", mène la vie dure à son institutrice qui finit par la renvoyer. Ses parents l'inscrivent alors à Tomoe, petite école éprise de liberté où de vieux wagons font office de salles de classe. Là-bas, l'expérience de la vie est aussi importante que les leçons. Et grâce à un directeur atypique, Totto-chan réapprend à respecter les autres et à s'estimer elle-même. Elle prend goût à l'étude, assume ses échecs et gagne en autonomie, écrit des haïkus et rêve de danser. Elle comprend aussi ce que sont le racisme et l'intolérance, et découvre la guerre. En 1945, Tomoe est détruite par les bombardements. Cependant, en quelques années seulement, cette institution pas comme les autres aura déterminé la vie entière de Tetsuko, aujourd'hui vedette de la télévision japonaise.

Un livre qui décrit une école de rêve, celle dont j'imagine, que tous les enfants aimeraient expérimenter. Une école qui suit le rythme de chacun, qui allie apprentissage et découverte, qui ne met jamais les élèves en compétition et qui les fait grandir à tous les niveaux. Une école dirigée par le meilleur des pédagogues et le meilleur des hommes. Une école qui prend tous les élèves dont personne n'a voulu, qu'ils soient agités, rêveurs, porteurs de handicaps, étrangers... Et tout ça au Japon dans les années 40 !

Je me suis un peu lassée vers le milieu de cette description quotidienne de l'école et j'ai eu l'impression que c'était trop, comme si l'adulte d'aujourd'hui réécrivait son enfance avec ses yeux d'adulte. C'est parfois trop beau être vrai mais pourtant c'était vrai ! La dernière partie du roman raconte la réalité des personnages qui ont grandi et ce qu'ils sont devenus.

Un roman autobiographique tendre et souvent mignon sur l'enfance et la vie scolaire pas comme les autres. On se dit que malheureusement notre système scolaire en vigueur n'a rien compris aux enfants...

Catégorie 40 : Un livre qui se déroule en milieu scolaire

 

LA VIE JOUE AVEC MOI de David Grossman

Elles sont trois : Véra, sa fille Nina, sa petite-fille Guili, soudées par les liens du sang et déchirées depuis des décennies par un terrible secret. Le jour du quatre-vingt-dixième anniversaire de Véra, célébré avec faste au kibboutz, Guili, brûlant de mettre au jour l’histoire de sa famille, décide de tourner un film sur sa grand-mère. C’est ainsi que les trois femmes s’embarquent pour un long voyage vers le passé, dans la Croatie natale et sur les lieux de souffrance de Véra.

Mon premier livre de David Grossman dont son roman le plus célèbre "Une femme fuyant l'annonce" attend dans ma pal depuis des années.

J'ai aimé l'histoire de ces trois femmes au caractère fort, chacune dans son genre. Des histoires de mères et de filles, des histoires d'abandon, des relations complexes parfois très dures. Et surtout des secrets qui vont enfin être révélés pour que la vie reprenne le dessus. J'ai découvert l'île-goulag de Goli Otok et la façon en détail dont les gens politiquement "récalcitrants" étaient traités sous le régime de Tito dans cette île.

On dit que nos choix nous définissent et ici cela est clairement le sujet principal. Le choix que fait d'un côté Véra et de l'autre côté celui qu'a fait Nina. Les rapports mère-fille sont décortiqués tout autant que la question du silence et des choix impossibles. Ce roman raconte aussi une histoire d'amour puissante qui fera pas mal de dégâts...

Mais je n'ai pas du tout aimé le style et l'écriture. Il m'a fallu du temps pour m'habituer et j'aurais pu abandonner tellement c'était fastidieux à lire sur les 100 premières pages. Trop de mélanges de styles, de temps narratifs, de narrateurs même parfois au sein d'une même phrase...

Inspiré de l'histoire d'une résistante yougoslave installée en Israël, Eva Panić Nahir.

Catégorie 59 : Un livre dont le titre comporte cinq mots

LES CHIENS DE PASVIK d'Olivier Truc

Ruoššabáhkat, « chaleur russe », c’est comme ça qu’on appelait ce vent-là. Ruoššabáhkat, c’est un peu l’histoire de la vie de Piera, éleveur de rennes sami dans la vallée de Pasvik, sur les rives de l’océan Arctique. Mystérieuse langue de terre qui s’écoule le long de la rivière frontière, entre Norvège et Russie. Deux mondes s’y sont affrontés dans la guerre, maintenant ils s’observent, s’épient. La frontière ? Une invention d’humains. Des rennes norvégiens passent côté russe. C’est l’incident diplomatique. Police des rennes, gardes-frontières du FSB, le grand jeu. Qui dérape. Alors surgissent les chiens de Pasvik.

Mon premier roman de l'auteur et je découvre donc cette histoire de police des rennes et tout ce que ça implique dans la vie quotidienne de ce côté de l'Europe. J'ai d'ailleurs plus eu l'impression, parfois, de regarder un documentaire très intéressant plutôt que de lire un roman.

On y rencontre des éleveurs de rennes et toute la tradition qui va autour, des histoires d'héritage culturels, des mafieux russes, des trafiquants et pas mal de chiens sauvages. On se croirait vraiment téléportés dans ces immensités enneigées et je voyais les moto-neiges glisser sur les pistes à la recherche des rennes disparus. On plonge aussi dans l'histoire de ces régions frontalières dans une partie du globe climatiquement rude. Il y a aussi les tensions régionales et territoriales qui peuvent se calquer partout ailleurs dans le monde.

Un peu long parce que très descriptif et introspectif mais j'ai appris beaucoup en lisant ce roman très intéressant. Je ne l'aurais pas choisi, on me l'a littéralement mis dans les mains !

Catégorie 13 : Un livre dont le titre contient un nom d'animal

 

UN BOUQUET DE FLEURS ROUGES de Rumiko Takahashi

A travers des petites tranches de vie quotidienne, découvrez le malaise de l'homme japonais déchiré entre son travail et sa famille.

Un manga recueil de nouvelles beaucoup plus profond qu'il n'y paraît et qui au final dresse un vrai portrait du Japon contemporain. On y retrouve des couples en mal de communication, des parents dépassés, des gens qui se sentent incompris par leurs proches ou leurs collègues de travail... L'âge adulte avec tous ces maux qui peuvent être encore plus terribles dans la société japonaise et ses rites. Des nouvelles touchantes et drôles, une belle découverte.

Catégorie 19 : Un recueil de nouvelles


CONFESSIONS D'UN MASQUE de Yukio Mishima

Dans le Japon des années 1930, le héros, Kochan (diminutif du véritable nom de l'auteur : Kimitake), est un garçon chétif, souvent malade, facilement impressionnable du fait de sa grande sensibilité (il est notamment fasciné par les représentations de Saint Sébastien). À l'école, il admire un camarade, Omi, et n'ignore pas que cette admiration est fondée sur un désir sexuel. Mais, dans la société japonaise de l'époque, le garçon refuse ce désir et décide de se battre contre ses penchants homosexuels en cherchant à les dissimuler aux autres et à lui-même.

Premier livre de Mishima que je lis et je suis assez vite tombée sous le charme du personnage et de sa belle écriture qui réussit à sublimer une scène banale de son quotidien. Un pur plaisir de se perdre dans ses mots, dans ses descriptions. Il es touchant dans sa façon de se décortiquer, d'analyser ses sentiments, de se tester tout le temps pour se comprendre et affirmer son identité. Son texte est fort et le fait qu'il ait été publié en 1949 le rend encore plus fort je trouve. Une belle découverte et j'espère en lire d'autres de l'auteur.

Catégorie 12: Un livre d'un auteur japonais

HOTEL CASANOVA et autres textes brefs de Annie Ernaux

J’ai retrouvé une lettre de P. dans un dossier de factures datant des années quatre-vingt. Une grande feuille blanche pliée en quatre, avec des taches de sperme qui avaient jauni et durci le papier, lui donnant une contexture transparente et granuleuse. Il y avait seulement écrit, en haut, à droite, Paris, 11 mai 1984, 23 heures 20, vendredi. C’est tout ce qu’il me reste de cet homme." Passion sensuelle, amour maternel heurté, vertiges du transfuge, écriture-révolution, hommage à Pierre Bourdieu... En douze textes, composés entre 1984 et 2006, ce recueil est une invitation à découvrir l’écriture rare d’Annie Ernaux et à s’initier, pas à pas, à ses thèmes les plus obsessionnels et fondateurs.

J'aime l'écriture d'Annie Ernaux et sa façon de raconter la vie avec une simplicité et une acuité remarquables. Deux nouvelles m'ont particulièrement touchée. L'impression de connaître cet homme, ce SDF qu'on a tous plus ou moins rencontré. Quand à celle de la fête, ça pourrait être moi à sa place, pas tout à fait de la même manière mais j'ai trouvé que ce récit était universel. Annie Ernaux a un vrai talent de conteuse du quotidien, c'est un peu une cinéaste des mots.

Hors challenge

LE CERCLE de Bernard Minier

Deux ans après les événements décrits dans le roman Glacé, Martin Servaz commande toujours une brigade d'enquêteurs dans le Sud-Ouest de la France et pense souvent à Julian Hirtmann, un tueur en série qui s'est échappé de l'hôpital où il était détenu. Un soir de juin, Servaz est contacté par Marianne Bokhanovsky dont le fils, Hugo, est soupçonné d'avoir tué une de ses professeurs, Claire Diemar. Martin et Marianne étaient amoureux lorsqu'ils étaient étudiants mais n'ont plus eu de contact depuis 20 ans...

J'avais déjà lu deux romans de l'auteur mettant en scène le policier Martin Servaz et le tueur en série Julian Hirtmann. Je trouve ces deux personnages vraiment bien écrits et imaginés ainsi que toute la bande qui gravite autour : Vincent et Samira les super collègues de Martin, Margot sa fille et Irène Ziegler la flic amie. J'ai dévoré ce bon polar bien ficelé et plein de surprises.

Hors challenge

N'ETEINS PAS LA LUMIERE de Bernard Minier

« Tu l’as laissée mourir... » Christine Steinmeyer croyait que la missive trouvée le soir de Noël dans sa boîte aux lettres ne lui était pas destinée. Mais l’homme qui l’interpelle en direct à la radio, dans son émission, semble persuadé du contraire... Bientôt, les incidents se multiplient, comme si quelqu’un avait pris le contrôle de son existence. Tout ce qui faisait tenir Christine debout s’effondre. Avant que l’horreur fasse irruption. Martin Servaz, de son côté, a reçu par la poste la clé d’une chambre d’hôtel. Une chambre où une artiste plasticienne s’est donné la mort un an plus tôt. Quelqu’un veut le voir reprendre du service... ce qu’il va faire, à l’insu de sa hiérarchie et de ses collègues.

Un scénario bien ficelé et bien tordu. Un vrai polar psychologique sur le harcèlement et la manipulation. Martin Servaz est un peu moins présent et sa bande l'est à peine, c'est ce qui m'a manqué mais l'histoire est prenante.

Hors challenge

Rédigé par Carole Nipette

Publié dans #Lectures

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wondermomes 30/04/2021 12:13

Bravo pour ton rythme de lecture ! Tu m'as donné envie de lire le livre sur l'école et de découvrir Bernard Minier ;-)

Girls n Nantes 30/04/2021 09:22

tiens je reviens de la bibli avec ma vie de cafard de Oates, j aime tellement cette auteure !
en tout cas bravo tu lis vraiment beaucoup :)

Papillote 28/04/2021 16:04

10 livres en 1 mois ! bravo ! Je ne lis pas beaucoup de romans (je préfère les histoires vraies) mais j'apprécie oates aussi, les chutes par ex.

Carole Nipette 28/04/2021 17:34

Il y a beaucoup d'histoires vraies dans les romans ;)

Mademoiselle Farfalle 28/04/2021 07:56

Je n'ai lu aucun de ces livres mais tu me donnes des idées pour remplir certaines catégories du challenge !

Carole Nipette 28/04/2021 17:35

:) je trouve aussi des idées parfois sur le groupe comme ici avec Les jumeaux de Piolenc