Lectures et challenge / Juin 2021

Publié le 9 Juillet 2021

Lectures et challenge / Juin 2021

Un petit mois niveau lectures, j'ai vu beaucoup plus de films au cinéma ! Six livres dont trois comptant dans le Challenge Lecture 2021 de Mélanie. Un livre offert par ma sœur, deux "cadeaux" dans une boite à livres, un emprunté à mon papa et deux de ma bibliothèque.

LE JOURNAL D'UN CORPS de Daniel Pennac

Mercredi 18 novembre 1936. Je veux écrire le journal de mon corps parce que tout le monde parle d'autre chose.
(13 ans, 1 mois, 8 jours)
Jeudi 10 janvier 1974. Si je devais rendre ce journal public, je le destinerais d'abord aux femmes. En retour, j'aimerais lire le journal qu'une femme aurait tenu de son corps. Histoire de lever un coin du mystère. En quoi consiste le mystère? En ceci par exemple qu'un homme ignore tout de ce que ressent une femme quant au volume et au poids de ses seins, et que les femmes ne savent rien de ce que ressentent les hommes quant à l'encombrement de leur sexe. (50 ans et 3 mois)
Lundi 26 juillet 2010. Nous sommes jusqu'au bout l'enfant de notre corps. Un enfant déconcerté. (86 ans, 9 mois, 16 jours)

De 13 à 87 ans, âge de sa mort, le narrateur a tenu le journal de son corps. Nous qui nous sentons parfois si seuls dans le nôtre nous découvrons peu à peu que ce jardin secret est un territoire commun. Tout ce que nous taisions est là, noir sur blanc, et ce qui nous faisait si peur devient souvent matière à rire.

Le récit d'une vie à travers les sensations et les ressentis du corps du narrateur. Son enfance entre le manque d'un père parti trop tôt et une mère pas cool avec laquelle il ne s'entend pas du tout, sa jeunesse en internat, ses amours, la guerre, la résistance, la vie d'adulte, les amitiés, la famille, les enfants, les petits-enfants. Des moments durs, émouvants ou drôles et toujours ce rapport au corps qu'on aime, qu'on déteste, qu'on apprivoise, dont on apprend le fonctionnement. On se reconnaît bien dans certaines descriptions.

J'ai passé un très bon moment en compagnie du narrateur dont on ne connait pas le nom et toute la galaxie de personnages qui ont marqué sa vie. J'aurais aimé en savoir plus parfois d'ailleurs car le parti pris de se concentrer sur le corps nous laisse des pans entiers de vie juste effleurés. Mais c'est un très beau roman dans lequel on se retrouve, emprunt d'une grande tendresse et qui ne mâche pas ses mots quand il s'agit de décrire la façon dont notre corps réagit à tout !

Catégorie 41 : Un livre dont l’histoire comporte une naissance

 

LES MORSURES DU PASSE de Lisa Gardner

Cinq membres d'une même famille sont retrouvés dans une pièce. Le père, avec une balle dans la tête, respire encore faiblement. A première vue, cet homme couvert de dettes a assassiné les siens avant de se donner la mort. L'inspectrice DD Warren est appelée sur les lieux et constate que sur la table du dîner six couverts sont dressés. L'affaire est loin d'être close.

Un polar qui se lit d'une traite et qui explore le psychisme des enfants placés en institut. Des enfants au passé bien tordu, des enfants dont les adultes ont détruit les espoirs, la beauté, l'amour mais aussi des enfants atteints de maladies mentales... En dehors de l'intrigue policière bien prenante, le roman prend le temps de raconter ces enfances, la façon dont les enfants peuvent se reconstruire, les relations fortes entre eux et leurs éducateurs spécialisés, la détresse des parents qui n'arrivent pas à faire face... Un mélange des genres très réussi.

L'ETOILE DES FRONTIERES de Alfred de Montesquiou

Rien ne les prédestinait à se rencontrer, sauf le hasard, qui joue aux dés.
Olivier Méri a débarqué à Beyrouth, sur la trace d’un orphelinat, et de dossiers anciens, qui le tourmentent. Il est photographe, un peu paumé. Alors qu’il espère un visa pour passer la frontière syrienne, il rencontre Axel Monvoisin, grand reporter français, qui négocie son prochain reportage. Une amitié imprévue va les souder, dans des montagnes et des régions secouées par la violence. C’était sans compter sur Nejma, qui croise leur route et qui les saisit de sa présence, comme un orage silencieux...

L'Etoile des frontières est le premier roman d'un grand reporter (prix Albert Londres en 2012) dont on sent le vécu.

Un roman intense que je n'ai pas lâché qui nous entraine dans la Syrie contemporaine ravagée par la guerre. Cette guerre dont a entendu parler de loin dans les JT, cette guerre qui nous révolte mais de laquelle nous semblons loin et indifférents malgré tout.
On suit Olivier et Axel, mais aussi le jeune Farid et sa compagne Nejma, venus de France pour s'engager aux côtés de Daesch.
Axel le baroudeur en a vu d'autres mais Olivier découvre un pays duquel il est originaire tout en découvrant les horreurs de la guerre et l'implication d'un photographe de terrain dont les témoignages peuvent être urgents et indispensables.
J'ai eu l'impression d'être à leurs côtés, de les suivre dans une épopée dangereuse de laquelle on ne revient pas indemne. Le rythme est effréné, les scènes de combats réalistes et j'imaginais le film de cinéma sous mes yeux. Au cours du récit, on commence à mieux comprendre les enjeux et les dessous de cette tragédie, la façon dont les "rebelles" essaient de survivre mais aussi comment l'Etat islamique s'est impliqué dans une guerre pour en tirer des bénéfices qui n'ont rien à voir avec un engagement humanitaire.

Le roman aborde également la radicalisation des jeunes français embobinés via les réseaux sociaux, qui partent vers un idéal totalement imaginaire.

Mon seul bémol, c'est la toute dernière partie que j'ai trouvée trop rapide...
 

POUPEES de Eléonore Pourriat

Joy rencontre Stella en 1986. Elles ont quinze et seize ans, la même silhouette, les mêmes nattes brunes, la même passion pour David Bowie. Ensemble, elles partagent tout. Les soirées Dallas avec la grand-mère de Joy, les nuits à faire le mur pour aller danser au Fantasia, les vacances à Long Island... Pourtant, après deux années idylliques et un dernier été, Stella disparaît sans un mot. Trente ans plus tard, Joy n’a pas oublié. Et elle veut comprendre.
Porté par un souffle romanesque puissant et une écriture envoûtante, Poupées explore ces amitiés adolescentes qui marquent une vie. De Paris aux États-Unis, des années quatre-vingt à nos jours, Éléonore Pourriat nous entraîne dans une quête de vérité urgente où l’on découvre que les différentes versions d’une même histoire peuvent être irréconciliables.
Car pour se sauver soi-même, sans le savoir, on sacrifie parfois ceux qu’on aime le plus.

J'avais 19 ans en 1986 mais je me suis totalement retrouvée dans ces années décrites par l'auteure, je fréquentais les mêmes lieux parisiens, j'écoutais les mêmes musiques... je me suis replongée dans cette époque en lisant Poupées.

Une amitié très forte entre deux jeunes filles dont la structure familiale, bien que différente, se ressemble par les manques d'un des deux parents. Elles se trouvent et ne vont plus se lâcher, navigant chacune l'une chez l'autre. Joy tente de s'affirmer entre un père policier à l'éducation sévère et une grand-mère fantasque tandis que Stella grandit dans une maison "ouverte" dans laquelle sa mère bourgeoise bohème avant l'heure, reçoit toujours la même bande d'amis intellectuels. Deux adolescentes dans un monde d'adultes.

On les retrouve 30 ans plus tard, chacune sa vie dont l'autre a totalement été zappée. Un retour en arrière sur ces deux années d'amitié et la raison pour laquelle elle s'est terminée. Beaucoup de remises en question, d'analyses du passé, de re-contextualisation, de versions vécues et ressenties différemment. Mais surtout au bout du compte, trop de non dits, d'aveuglement et de faux semblants... Le livre dissèque aussi la fascination que nos parents peuvent exercer sur nous, l'image qu'ils nous renvoient et l'amour qu'on leur porte et qui peut nous enlever tout discernement.

On pense avoir compris pourquoi Joy et Stella se sont durablement séparées puis l'auteure continue subtilement dans sa dissection de leurs rapports et on se rend compte que malheureusement souvent les victimes en font d'autres...

Catégorie 9 : Un livre dont l’action se passe durant les vacances d’été

LE LOUP DES STEPPES d'Herman Hesse

Expérience spirituelle, récit initiatique, délire de psychopathe, Le Loup des steppes multiplie les registres. Salué à sa parution en 1927 (entre autres par Thomas Mann, qui déclare : « Ce livre m’a réappris à lire »), interdit sous le régime nazi, roman culte des années 1960 et 1970, c’est une des œuvres phares de la littérature universelle du xxe siècle. Il méritait une nouvelle traduction. Le voici enfin rendu avec tout l’éclat de ses fulgurances, la troublante obscurité de ses zones d’ombre.

J'ai retrouvé ce livre dans ma bibliothèque et je n'avais jamais lu ce classique. Je n'ai pas été passionnée par toute la première partie, ma lecture a été hachée. Je ne suis pas archi fan de métaphysique dans un roman surtout quand ça dure tout du long.
Puis quand Harry Haller rencontre Hermine, enfin ça a décollé pour moi et j'ai vraiment apprécié la lecture. Harry entre dans une nouvelle dimension de lui-même, il devient enfin vivant et découvre un nouveau monde dans lequel évoluent des personnages décomplexés et extravagants.

Le livre explore la dualité qui est en chacun de nous. Comment on vit en société, on se force à faire des choses qui ne nous donnent pas de plaisir, on se met nous-même des contraintes sociales. Harry Haller lutte sans cesse entre ses deux lui, son loup intérieur ne cesse de vouloir prendre le dessus. Quand il commence à ne plus tout intellectualiser, il découvre la joie du plaisir immédiat, il peut se laisser aller sans (trop) se prendre la tête. Pour nous c'est pareil !

Catégorie 58 : Un livre qui est dans votre PAL depuis longtemps

LES EXPLOITS D'UN JEUNE DON JUAN de Guillaume Apollinaire

Le jeune Roger ne rêve que de filles et de femmes, de séduction, d'abandons et d'étreintes, d'odeurs et de formes abondantes... Rapidement déniaisé, l'adolescent embrasse, caresse et séduit tout ce qui porte jupon, ne reculant devant aucun fantasme ni aucune perversion pour assouvir ses désirs et parfaire son apprentissage amoureux...

J'avais ce livre dans ma bibliothèque, pratique pour un aller simple dans mon transilien quotidien. L'écriture est châtiée, belle mais lire cela aujourd'hui ça fait bizarre. Incestes à tout va, droit de cuissage sur le petit personnel, toute une époque vraiment révolue on l'espère... J'ai essayé de prendre le récit avec détachement mais c'est vraiment trop daté, à l'époque j'imagine que l'impact n'a pas été le même et qu'Apollinaire a dû surprendre et choquer. Au final je me suis ennuyée et j'ai lu en diagonale cette succession de libertinages du jeune Roger qui prend vite goût aux plaisirs de la chair sans jamais se poser de questions.

Rédigé par Carole Nipette

Publié dans #Lectures

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Pepnaf 12/07/2021 18:37

Totalement fan de Lisa Gardner, je n'ai jamais lu ce roman mais il a l'air très intéressant !
Le livre de Daniel Pennac me fait envie également.

Carole Nipette 12/07/2021 19:37

Oui vraiment bien ce polar ! je crois en avoir un ou deux autres de Lisa Garner et j'avais bien aimé aussi

Girls n Nantes Eva 11/07/2021 11:01

pas mal de livres lus dis donc
moi j avoue je lis des feel good en ce moment, c'est débile mais ça fait du bien XD

Carole Nipette 11/07/2021 11:50

Un feel good une fois de temps j'aime bien parce que ça se lit hyper vite mais après je reste sur ma faim ! par contre les feel good au ciné j'adore !

sysyinthecity 11/07/2021 08:16

journal d'un corps et Poupées me tentent bien !

Carole Nipette 11/07/2021 11:49

Je peux t'envoyer Journal d'un corps si tu veux ! c'est un des livres récupérés dans une boite à livres !

Mademoiselle Farfalle 09/07/2021 16:18

Pour une fois, je n'en ai lu aucun de ta liste mais Poupées me tente bien même si j'ai déjà rempli cette catégorie!

Carole Nipette 09/07/2021 20:59

Ce mois ci je n'avais choisi aucun livre selon une catégorie, c'est ensuite que j'ai vu que ça pouvait coller avec trois... :)