Lectures et challenge / Avril 2022

Publié le 14 Mai 2022

Lectures et challenge / Avril 2022

Un mois durant lequel j'ai essayé de tenir le rythme avec un pavé de 619 pages de Don Winslow et un de plus de 900 pages de Joyce Carol Oates commencé en mars. Neuf livres dont 3 pour le challenge lecture de Mélanie (24 catégories sur 60). Deux livres lus sur la Kindle, finalement je m'habitue pour le côté pratique mais je préfère toujours tenir le livre et revenir en arrière quand j'en ai envie.

Corruption de Don Winslow

Denny Malone est le roi de Manhattan North, le leader charismatique de La  Force, une unité d’élite qui fait la loi dans les rues de New York et n’hésite pas à se salir les mains pour combattre les gangs, les dealers et les trafiquants d’armes. Après dix-huit années de service, il est respecté et admiré de tous. Mais le jour où, après une descente, Malone et sa garde rapprochée planquent pour des millions de dollars de drogue, la ligne jaune est franchie... Le FBI le rattrape...
 

Décidément un auteur que j'adore depuis que j'ai lu la Trilogie du cartel. Une plongée noire dans Manhattan, les trafics de drogue et ses ravages, la misère sociale, les flics ripoux, les politiques ripoux... C'est magistralement écrit et raconté.

Denny Malone est typiquement le personnage qu'on aime et qu'on déteste en même temps, celui qui nous pose des problèmes de conscience, on adhère carrément ou alors on se dit qu'il va trop loin. Pourtant le fond est bon mais franchir les lignes jaunes amène à la perte de tous les repères et entraîne des actes inimaginables... J'ai pensé à la task force de la grande série "The Shield".

Un très grand roman noir. Une adaptation de James Mangold devrait bientôt sortir au cinéma.

La nuit. Le sommeil. La mort. Les étoiles. de Joyce Carol Oates

Octobre 2010. John Earle McLaren – " Whitey " – a soixante-sept ans. Homme blanc et puissant, père d'une famille de cinq enfants, il est connu comme l'ancien maire respecté de la petite ville de Hammond, dans l'État de New York. Alors quand il aperçoit un matin sur le bord de la chaussée un individu à la peau foncée brutalisé par des officiers de police, il fait de son intervention un devoir moral. Il tente de ramener les policiers à la raison, mais des coups de Taser l'envoient au sol, de violentes impulsions électriques auxquelles il ne survivra pas. Selon la version officielle, Whitey est décédé dans un accident de la route, des suites d'une crise cardiaque.
Que peut-il rester à une famille quand son seul point de ralliement était ce père aujourd'hui subitement enterré ?


Plus de 900 pages très denses dans un grand format, j'ai mis plus de temps que prévu à le finir. Même si j'adore Joyce Carol Oates, j'ai trouvé qu'il y avait beaucoup de répétitions, je sais que ça fait partie du style. Il en reste encore une fois un grand roman pour cette auteure qui sait si bien raconter son pays à travers des histoires de fiction mettant en scène ses habitants. Les violences policières et le racisme sont le point de départ mais elle parle aussi de la différence sociale.

Ici elle décortique ce qui arrive aux membres d'une même famille qui perd son membre pilier autour duquel il y avait consensus, les relations complexes d'une fratrie de cinq et la relation de chaque enfant avec le père et la mère. Une mère qui toute sa vie a vécu dans l'ombre et qui va devoir retrouver la lumière et se retrouver elle-même. Frères, soeurs et mère refont le passé pour essayer de digérer le présent et appréhender le futur... Un grand livre sur le deuil et la résilience.

Catégorie 53 : un livre dont le personnage principal est une personne âgée

Ce qu'il faut de nuit de Laurent Petitmangin

C'est l'histoire d'un père qui élève seul ses deux fils. Une histoire d'amour.
Les années passent, et les enfants grandissent. Ils décident de ce qui est important pour eux, et la façon dont ils envisagent leur avenir. Et pourtant, ce ne sont encore que des gosses.
C'est une histoire de famille et de convictions, de choix et de sentiments ébranlés, une plongée dans le cœur de trois êtres.
Un livre fulgurant, où l’auteur dénoue avec une sensibilité et une finesse extrêmes le fil des destinées d'hommes en devenir.

Un coup de cœur pour ce texte qui ausculte au plus profond l'amour paternel et la façon dont on peut "gérer" un enfant qui prend une direction totalement différente de la sienne, un enfant devenu adulte qui comment le pire... Comment continuer à aimer, à protéger... Comment vivre avec, comment pardonner, accepter...

Un roman terrible et magnifique à la fois qui m'a bouleversée.

Le livre de ma mère de Albert Cohen

Peu de livres ont connu un succès aussi constant que Le livre de ma mère. Ce livre bouleversant est l'évocation d'une femme à la fois "quotidienne" et sublime, une mère, aujourd'hui morte, qui n'a vécu que pour son fils et par son fils. Ce livre d'un fils est aussi le livre de tous les fils. Chacun de nous y reconnaîtra sa propre mère, sainte sentinelle, courage et bonté, chaleur et regard d'amour. Et tout fils pleurant sa mère disparue y retrouvera les reproches qu'il s'adresse à lui-même lorsqu'il pense à telle circonstance où il s'est montré ingrat, indifférent ou incompréhensif. Regrets ou remords toujours tardifs. "Aucun fils ne sait vraiment que sa mère mourra et tous les fils se fâchent et s'impatientent contre leurs mères, les fous si tôt punis."

Je suppose que ça marche pour les filles aussi !

Un livre universel qui parle si bien de nos relations avec nos parents et avec celle par qui tout commence, la mère. Une déclaration d'amour inconditionnel, des détails du quotidien, ce qui agace, ce qui émeut, les gestes, les mots... La tristesse, le vide laissé par la mort, le temps qui passe ce jour tant redouté qui approche, le déclin, l'impuissance, le manque... un livre plein d'amour dans lequel on se retrouve tous à un moment donné que ce soit en tant qu'enfant ou en tant que parent.

Catégorie 8 : un classique de la littérature française

 

Les armoires vides d'Annie Ernaux

C'est le premier roman d'Annie Ernaux, publié en 1974. Le récit se déroule durant l'attente de l'avortement subi en 1964, et sur lequel elle reviendra dans L'événement (2000). Pendant son avortement, Denise Lesur se remémore son enfance et son adolescence. La structure du texte suit ce procédé de la mémoire, en se référant de temps en temps à l'événement présent que vit la jeune fille, tout en évoquant principalement son enfance.

Des souvenirs d'enfance avec ses parents qui tenaient un café épicerie. La jeune fille grandit dans une ambiance particulière, les clients qui forme une deuxième famille qu'elle décrit d'abord avec bienveillance puis avec agacement. Elle grandit et va a l'école libre dans un autre quartier. Son regard sur elle même et sur ses parents va changer au fur et à mesure du temps quand elle prend conscience de son statut social.

Elle était considérée au café, elle devient moins que rien dans sa nouvelle école où elle subit moqueries et humiliations. Denise va devenir la meilleure de la classe et va acquérir un nouveau statut auprès de ses camarades et professeurs. On sent vraiment l'ambivalence de ses sentiments, elle est dure et sans concessions avec ses parents et sa "maison" dont elle a honte.

J'ai trouvé l'écriture un peu moins belle ici, comparé à ce que j'ai lu avant de l'auteure mais c'est son premier roman et elle affiné son style ensuite.

A même la peau de Lisa Gardner

Deux meurtres spectaculaires sont perpétrés à Boston à six semaines d’intervalle. Dans les deux cas, les victimes sont des femmes seules, atrocement mutilées, à côté desquelles l’assassin a déposé une rose.

L’inspectrice D.D. Warren, chargée de l’enquête, décèle vite une similitude entre ces mises en scène macabres et une longue série de meurtres ayant défrayé la chronique à Boston quarante ans plus tôt et dont l’auteur, Harry Day, s’est suicidé depuis.

Seul recours pour D.D. Warren : se rapprocher des deux filles de Harry Day. Se pourrait-il qu’il y ait un lien entre les récents crimes et Shana et Adeline ? Pour le savoir, D.D. Warren va devoir se confronter à cette interrogation : peut-on échapper à son destin lorsqu’il est marqué du sceau de la mort ?

Un polar noir terrible que j'ai adoré. Trois personnages de femmes fortes qui doivent composer sans cesse avec leur image. La maladie de Shana rend l'histoire encore plus captivante et donne le vertige.

L'héritage familial, les gènes, une histoire de sœurs liées par des secrets de famille bien glauques qui continuent à influer sur leurs vies des années plus tard. Un passé à revivre et à réinterpréter, des solitudes qui font froid dans le dos. Des enfances marquées à jamais peuvent elles trouver la paix un jour ?

Gagner n'est pas jouer de Harlan Coben

Un vieil homme sauvagement assassiné à New York. À ses côtés, une toile de maître et une valise portant les inscriptions WHL III. Windsor Horne Lockwood III.
Win. Un privé aux méthodes très spéciales, héritier d'une influente famille américaine. Quel lien entre ce crime abject et les Lockwood ? Le passé remonte. Une jeune fille séquestrée dans la "Cabane de la terreur". Un groupe d'ados illuminés devenus terroristes.
Une spirale de colère, de haine, de vengeance que rien ne semble pouvoir arrêter. L'heure est venue pour Win de faire sa propre justice.

Je l'ai lu très vite parce que c'est addictif mais je n'ai pas trop accroché au personnage de Win et aux descriptions incessantes de sa vie de millionnaire. Trop c'est trop, même si ça veut clinique et informatif, ça devient superficiel. Par contre j'ai aimé l'enquête sur le groupe terroriste qu'on dirait vraiment sorti de la réalité.

Catégorie 29 : un livre dont le titre est un verbe à l'infinitif

Klara et le soleil de Kazuo Hishiguro

Klara est une AA, une Amie Artificielle, un robot de pointe ultraperformant créé spécialement pour tenir compagnie aux enfants et aux adolescents. Klara est dotée d’un extraordinaire talent d’observation, et derrière la vitrine du magasin où elle se trouve, elle profite des rayons bienfaisants du Soleil et étudie le comportement des passants, ceux qui s’attardent pour jeter un coup d’œil depuis la rue ou qui poursuivent leur chemin sans s’arrêter. Elle nourrit l’espoir qu’un jour quelqu’un entre et vienne la choisir. Lorsque l’occasion se présente enfin, Klara est toutefois mise en garde : mieux vaut ne pas accorder trop de crédit aux promesses des humains...

J'ai beaucoup aimé le début et puis je me suis lassée, il m'a manqué énormément d'éléments de contexte. Où est-on ? Pourquoi la société est-elle ainsi ? Pourquoi les rapports parents enfants sont devenus aussi complexes ? Je suis passée à côté de ce roman à la critique élogieuse. J'ai bien compris la réflexion humanité/intelligence artificielle mais beaucoup d'ennui pour ma part durant cette lecture. Je ne me suis attachée à aucun personnage hormis Rick.

La disparue de Noël de Anne

Coupable ! Le jugement est tombé sur l'infortunée Isobel Alvie. La veille, Gwendolen Kilmuir, une jeune veuve, s'est suicidée dans la propriété où Omegus Jones recevait quelques invités. De l'avis de tous, l'attitude cruelle d'Isobel envers la jeune femme la rend responsable de cet acte désespéré. Il ne reste guère que son amie, l'indomptable Lady Vespasia, pour la soutenir. Pour racheter sa faute aux yeux de la gentry, Isobel doit accomplir un voyage expiatoire jusqu'au nord de l'Écosse, afin de prévenir la mère de Gwendolen. En compagnie de Lady Vespasia, elle entreprend un éprouvant pèlerinage, semé d'embûches... Un conte de Noël inédit où la reine Anne Perry en son royaume victorien fait le portrait magistral d'une époque corsetée par les convenances et l'hypocrisie.

Sympathique et se lit en une heure. Mœurs et coutumes de l'époque victorienne durant laquelle tout le monde en faisait des tonnes et se compliquait la vie. Un roman qui fait la part belle aux figures féminines. Secrets et intrigues au rendez-vous.

Rédigé par Carole Nipette

Publié dans #Lectures

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W
J'ai un peu de mal à lire en ce moment donc je suis admirative de voir tout ce que tu as lu ! J'aime beaucoup Harlan Coben mais c'est vrai que ce perso est un peu too much ;-)
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C
j'essaie vraiment de garder le rythme, en même temps c'est un plaisir !
G
Joyce Carol Oates, j'adore ! mais vraiment, j 'ai quasi tout lu d'elle et toujours avec le même enthousiasme !<br /> Lisa Gardner j'aime bien aussi et Harlan aussi ^^ <br /> ça fait des bonnes choses à lire XD
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C
Quelle écrivaine ! elle n'arrête pas je l'admire !
M
Je stagne un peu dans le challenge... J'ai déjà fait les catégories "faciles" donc maintenant, le plus dur arrive!
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C
Pareil, je me suis gardée quelques catégories faciles mais clairement cette année je les trouve rudes ! ;)
L
Coucou,<br /> <br /> Une belle sélection. Moi là, je suis sur le nouveau Franck Thilliez et j'ai encore plusieurs Tomes de Julia Chapman à lire ! <br /> <br /> Belle soirée,<br /> Laura - Happy Lobster
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C
Je vais le lire Labyrinthes, je lis tout de Thilliez !
S
j'ai des livres de 900 pages à la maison, je n'ose pas m'y attaquer ^__^
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C
je te comprends car quand c'est moyen la lecture est très lente !<br />