Starbuck, The Dictator, Summertime, Holy Motors / Revue de films

Publié le 15 Juillet 2012

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Starbuck de Ken Scott

 

"David Wozniak est un éternel adolescent qui découvre, ayant été donneur de sperme, qu’il est le géniteur de 533 enfants. David, livreur de la boucherie familiale, est poursuivi par des gangsters parce qu’il leur doit la somme de 80 000 $. Cependant, 142 de ses descendants essayent de forcer la clinique de fertilité à révéler la véritable identité de "Starbuck", le pseudonyme qu’il utilisait lorsqu’il donnait du sperme. Mais lorsqu’il reçoit les dossiers des individus en question, il ne peut résister à la tentation de les survoler pour découvrir qui ils sont. De plus, sa petite amie Valérie est enceinte de son enfant mais croit qu’il n’est pas assez mûr pour être père..."

 

David, malgré ses 42 ans, brille par son immaturité ou plutôt par sa façon d'aborder la vie au jour le jour sans se poser de questions ni se demander quelles sont les conséquences de ses actes sur ses proches. Comme lui dit son meilleur ami "Chaque jour tu trouves les moyens de repousser les limites de l'incompétence".

Evidemment l'histoire de base est totalement fictionnelle et ne pourrait jamais arriver dans la réalité mais à partir d'une situation abracadabrante, Ken Scott a réussi un très beau et intéressant film sur la paternité. Celle de David bien entendu mais aussi celle de son père et de son rapport à ses fils. Il y aussi celle de son pote qui gère tant bien que mal ses trois enfants et qui prononce une phrase mythique et drôle dans laquelle tous les parents du monde devraient se reconnaître : "Mes enfants ne captent pas les fréquences vocales de ma voix".

Comment être père de 533 enfants, de 142 enfants, de trois enfants et tout simplement d'un enfant. Comment être père tout court, comment se sentir père, comment montrer que même si on ne dirait pas on est là et on s'intéresse. David va se rendre compte que ce n'est pas si compliqué et à chaque fois qu'il rencontre un de "ses" 142 enfants, il saura toujours quoi faire au final et surtout il aura envie...

Un vrai plaisir que ce Starbuck avec ses expressions tellement québécoises, son humour subtil et ses réflexions existentielles ancrées dans notre réalité. Tous les comédiens sont excellents et mention spéciale à Patrick Huard qui interprète David/Starbuck avec un naturel épatant. J'ai adoré, c'est frais et c'est la meilleure comédie que j'ai vu depuis longtemps.

 

 

 

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The Dictator de Sacha Baron Cohen

 

"Isolée, mais riche en ressources pétrolières, la République du Wadiya, en Afrique du Nord, est dirigée d’une main de fer par l’Amiral Général Aladeen. Vouant une haine farouche à l’Occident, le dictateur a été nommé Leader Suprême à l’âge de 6 ans. Depuis son accession au pouvoir absolu, Aladeen se fie aux conseils d’Oncle Tamir, à la fois Chef de la Police Secrète, Chef de la Sécurité et Pourvoyeur de Femmes. Malheureusement pour Aladeen et ses conseillers, les pays occidentaux commencent à s’intéresser de près à Wadiya et les Nations Unies ont fréquemment sanctionné le pays depuis une dizaine d’années. Mais lorsqu’un énième sosie du Leader Suprême est tué dans un attentat, Tamir parvient à convaincre Aladeen de se rendre à New York pour répondre aux questions de l’ONU..."

Le film est inspiré du roman “Zabibah et le Roi” de Saddam Hussein.

 

La première scène de naissance m'a fait beaucoup rire et je me suis dit que ça partait bien. L'euphorie a été de courte durée car niveau rire, je n'ai pas beaucoup utilisé mes zygomatiques le reste du temps. Une grosse déception, j'attendais plus de ce Dictator après les poilades de Borat et Brüno. J'ai à peine ri et même si j'ai apprécié les messages distillés ici et là je suis restée sur ma faim. Un film qui tombe à plat et c'est dommage car le propos méritait mieux. Sacha Baron Cohen en petite forme, on va dire ça comme ça.

 

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Summertime de Matthew Gordon

 

"Robbie, un adolescent de 14 ans, nourrit secrètement l’espoir de réunir la famille qu’il n’a jamais connue. Délaissé par sa mère partie vivre ailleurs et de père inconnu, il veille au quotidien sur Fess son jeune demi-frère et sur sa grand-mère.
Ensemble, ils passent le temps en trainant entre les champs de coton ensoleillés et le distributeur de sodas de la vieille station essence de leur petite ville du Mississippi. Un jour, leur grand frère Lucas est de retour à la maison. Le rêve de Robbie de reconstruire une famille se dessine enfin…"

 

Extrêmement touchée par ce film et toutes les questions qu'il pose sur ce qu'est une famille et comment on essaie de faire en sorte que les liens subsistent malgré les coups durs de la vie.

On s'attache à Robbie, cet adolescent qui est foncièrement un mec bien mais qui pourtant ne peut s'empêcher de voler par exemple, obligé de jouer les chefs de famille à 15 ans. Il a la tête dure mais ne rechigne pas à la tâche dès qu'il s'agit de prendre soin de sa famille. La déception est d'autant plus grande quand il s'aperçoit que le grand-frère n'est revenu que pour profiter du gite et du couvert et n'a aucune intention de faire vraiment partie de la famille, voire même il voudrait la détruire. Robbie sera obligé d'agir sans imaginer que les conséquences pourraient être terribles pour lui et son petit frère.

Un film tout en finesse et en tendresse, rempli d'espoir même si tout est loin d'être rose. Une petite pépite à savourer pour se réchauffer en cet été hivernal...

 

 

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Holy Motors de Leos Carax

 

"De l'aube à la nuit, quelques heures dans l'existence de Monsieur Oscar, un être qui voyage de vie en vie. Tour à tour grand patron, meurtrier, mendiante, créature monstrueuse, père de famille... M. Oscar semble jouer des rôles, plongeant en chacun tout entier - mais où sont les caméras ? Il est seul, uniquement accompagné de Céline, longue dame blonde aux commandes de l'immense machine qui le transporte dans Paris et autour. Tel un tueur consciencieux allant de gage en gage. À la poursuite de la beauté du geste. Du moteur de l'action. Des femmes et des fantômes de sa vie. Mais où est sa maison, sa famille, son repos ?"

 

Je n'ai ni aimé ni détesté, je ne suis juste pas entrée dans le film. Agacée parfois, émue rarement, troublée jamais, déroutée non plus. Au début du film il y a une scène où l'on une salle de cinéma avec des spectateurs sans émotions, le visage impassible, zombiesques. Un peu moi en fait pendant le film.

Selon les critiques de tous bords, c'est un hommage au cinéma. Si un hommage c'est tourner des scènes hétéroclites avec un acteur qui en fait des tonnes (Denis Lavant je n'ai jamais accroché, ça ne doit pas aider pour que j'apprécie le film) ou faire des clins d'oeil même pas subtils à d'autres films , ok c'est réussi. Je reconnais qu'il y a de très belles images mais comme sur du papier glacé, froides et sans émotions. Bizarrement ou pas, Holy Motors m'a fait penser à Cosmopolis dont je parle plus bas. Je ne suis pas étonnée par mes avis finalement...

 

 

Il y a plus longtemps j'ai vu...

 

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Cosmopolis de David Cronenberg

 

"Dans un New York en ébullition, l'ère du capitalisme touche à sa fin. Eric Packer, golden boy de la haute finance, s’engouffre dans sa limousine blanche. Alors que la visite du président des Etats-Unis paralyse Manhattan, Eric Packer n’a qu’une seule obsession : une coupe de cheveux chez son coiffeur à l’autre bout de la ville. Au fur et à mesure de la journée, le chaos s’installe, et il assiste, impuissant, à l’effondrement de son empire. Il est aussi certain qu’on va l’assassiner. Quand ? Où ? Il s’apprête à vivre les 24 heures les plus importantes de sa vie."

 

Je n'ai pas du tout adhéré au film, au parti pris de tout montrer depuis la voiture malgré des images sublimes. Je ne suis pas entrée dedans, je me suis ennuyée, certains diraient que je suis passée à côté du film. Peut être mais même l'histoire ne m'a pas intéressée en fait. Sans parler de la scène finale qui m'a carrément énervée avec son côté hystérique digne des plus mauvaises pièces de théâtre des années 90.

 

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Une Seconde femme de  Umut Dağ

 

"Fatma vit à Vienne avec son mari, Mustafa, et leurs six enfants. Depuis toutes ces années, elle essaie de préserver les traditions et le prestige social de leur famille d’immigrés turcs.
Ayse, une jeune fille de 19 ans est choisie dans un village en Turquie pour officiellement épouser leur fils et se joindre à la famille. La réalité est toute autre ; en secret, parce que Fatma l’a décidé, Ayse est promise au père, en tant que seconde épouse. Dès lors, une relation de confiance et de complicité va se développer entre les deux femmes.
Mais cet événement va mettre en péril l’équilibre de toute la famille, qui devra faire face au regard de la communauté et à de nouvelles difficultés..."

 

Le film commence par une scène de mariage traditionnel en Turquie et tout de suite on sent un truc bizarre. Les mariés ne sourient pas, tout le monde est tendu. On pense à un mariage forcé mais la réalité est toute autre et d'une violence morale épouvantable. Un film très dur sur la condition féminine dans les familles turques traditionnelles, à la limite du documentaire parfois, une histoire qui révolte à laquelle on assiste dans un fauteuil de cinéma mais tellement proche de la réalité. Un film bouleversant sur une jeune femme qui accepte sa condition et son avenir pourri d'avance sans moufter et où l'amour trouve difficilement sa place. Une histoire d'amitié aussi mais dont les raisons sont tellement ténues qu'elle peut éclater à tout moment libérant encore et toujours de la violence qu'elle soit verbale ou physique.

J'ai beaucoup aimé ce film et tous les interprètes sont excellents. Mon seul bémol c'est que le réalisateur ne laisse aucun espoir et montre les travers de ces traditions ancestrales et barbares sans révolte. J'aurais aimé qu'on me dise que ce n'est pas une fatalité si tel est le cas...

Rédigé par Carole Nipette

Publié dans #Sorties culturelles... de maman - critiques cinéma.

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Commenter cet article

Solène 18/07/2012 18:31


Voilà, j'ai vu Starbuck cet aprèm (à Paris, parce que ça ne passait déjà plus dans ma banlieue), et j'ai passé un super moment, beaucoup de rire, beaucoup de finesse malgré la situation
abracadabrante, et beaucoup d'émotion aussi... ce coup là, je peux vraiment dire que sans ton avis sur ce blog, j'aurais louper ce très beau film, alors merci !!!!

Carole Nipette 18/07/2012 23:02



Et bien rien que ce commentaire me dit que je ne fais pas mon blog pour rien et j'adore ça :) un film que j'ai envie de partager et ça marche, ça me donne le sourire ! Merci à toi !



Maëlis 18/07/2012 17:00


Vu Starbuck, j'ai adoré et je suis d'accord, c'est vraiment l'une des meilleures comédies que j'ai vue depuis longtemps ! Il paraît qu'il y a eu une histoire vraie en Allemagne avec un type père
de 533 enfants...

Elodie 17/07/2012 02:27


Dommage pour The Diktator.. Mais la promo qu'il a faite autour, comme les félicitations à F. Hollande était juste hallucinante donc au pire.. :)

Carole Nipette 18/07/2012 22:32



Je m'attendais à aimer :)



Xtinette 16/07/2012 09:01


Merci pour cette belle sélection.Normalement, je vais voir Starbuck cette semaine et tu m'as donné envie de voir Summertime...

Carole Nipette 16/07/2012 22:42



J'espère que tu pourras voir les deux !



angélique 15/07/2012 22:20


Toujours des critiques fines et de bonne augure(dixit mon homme)!

Carole Nipette 15/07/2012 23:56



Merci à vous deux :)



Solène 15/07/2012 21:49


yes !! je retiens sans hésiter Starbuck, à aller voir avant que je récupère mes filles !! merci pour toutes ces critiques, toujours intéressantes !

Carole Nipette 15/07/2012 23:57



Tu ne vas pas regretter !



filou49 15/07/2012 17:43


bonjour


superbe résumé de tes sorties ciné, et même si je n'ai pas vu tous les films dont tu parles, j'en ai vu au moins deux, et dans la meme soirée "the dictator" et "holly motors"...et pour le
premier, je suis bien plus enthousiaste que toi, et j'avoue etre un des rares à l'avoir préféré à borat dont le procédé de caméra caché lassait sur la longueur... très franchement j'ai beaucoup
ri, ce qui n'est pas très  fréquent en ce qui me concerne dans une salle de ciné... j'en parle plus longuement dans la semaine


quant à holly motors, par contre je te rejoins pas mal... il y avait eu un tel orgasme général lors de la présentation du film à Cannes que je ne pouvais pas ne pas y aller, mais en étant
persuadé que ce film allait totalement m'agacer tant c'est tout ce que je n'aime pas au cinéma...or, en fait je n'ai jamais été enervé, et j'ai meme trouvé quelques scènes ( celle avec kylie
minogue ou celle quand il ramène sa fille d'une boum) très belles, mais l'ensemble forme quand meme un truc très prétentieux et bien vain...le pote avec qui j'étais (moins cinéphile que moi)
s'est très vite endormi, de telle sorte que j'ai entendu, en plus des bruits de moteur de la limousine, les bruits de ses ronflements..


quant à summertime, j'avais des places pour voir le film, mais alors meme que le réal vit dans la banlieue lyonnaise, il n'est presque pas diffusé ou à des heures indues...dommage...


bonne fin de we à toi

Carole Nipette 16/07/2012 00:00



Merci :)


Holy Motors, d'accord avec toi sur la scène avec Kylie, peut être la plus belle du film par contre lui je l'ai trouvé mauvais dans la voiture avec "sa" fille, je n'y ai pas cru... dans ma salle
d'environ 120 place, une quinzaine de personnes sont sorties...


Dommage pour Summertime mais même à Paris, la sortie était plutôt confidentielle...



Michèle 15/07/2012 17:36


Vu Une seconde femme, j'en suis ressortie assez chamboulée et bourleversée.  

Carole Nipette 16/07/2012 00:01



il y a de quoi...