The Bling Ring, Le Passé, Mud, Stoker, Ginger et Rosa, La Cage Dorée / Revue de films

Publié le 15 Juin 2013

J'ai pris du retard dans mes chroniques de films et je n'ai pas pu aller au cinéma comme j'aurais voulu. Une revue de films en accéléré !

 

 

The-Bling-Ring-affiche.jpg

 

The Bling Ring de Sofia Coppola


"À Los Angeles, un groupe d’adolescents fascinés par les people et l’univers des marques traque, via Internet, l’agenda des célébrités pour cambrioler leurs résidences. Ils subtiliseront pour plus de 3 millions de dollars d’objets de luxe: bijoux, vêtements, chaussures, etc. Parmi leurs victimes, on trouve Paris Hilton, Orlando Bloom et Rachel Bilson. Les médias ont surnommé ce gang le Bling Ring."

 

Pour raconter cette hsitoire, Sofia Coppola s'est inspiré de l'article que le magazine Vanity Fair a consacré au sujet "The suspects wore Louboutins". Article détaillé sur l'affaire et dont on retrouve les citations des protagonistes dans le film.

 

Impression générale, le film est très sympa mais je suis restée sur ma faim. Cela m'a manqué que les personnages des ados ne soient pas plus fouillés que ça et que dire de leurs parents, sauf pour la mère de Nicki.

Le film montre bien la vacuité des vies des uns et des autres, le vide de leurs existences et l'attrait tellement énorme pour les people et leur vie. Les filles admirent les garde-robes des stars et veulent porter leurs affaires, quoi de plus simple que d'aller se servir direct chez elles. On se demande d'ailleurs comment celà est possible que des maisons de stars soient aussi mal sécurisées mais c'est bien arrivé en réalité donc crédible.

Si montrer le vide était le but c'est réussi mais ça ne m'a pas suffit. Après, la réflexion sur la société d'aujourd'hui sur ces jeunes avides de célébrité qui partagent tout sur les réseaux sociaux (du pain béni pour les enquêteurs !), cet aspect là est intéressant mais plus suggéré qu'expliqué. Cette jeunesse désoeuvrée qui n'a aucun projet d'envergure et qui n'a même pas conscience de ses actes. Une des scènes les plus réussies du film c'est au moment des arrestations, le contraste total entre l'insconscience justement et la prise de conscience sur le moment que ça va peut être mal se terminer pour eux.

Au final un film pas désagréable, surtout que le casting de filles est extra, mais dont j'attendais un peu plus.

 

 

Le-Passe-affiche.jpg

 

Le Passé d'Asghar Farhadi

 

"Après quatre années de séparation, Ahmad arrive à Paris depuis Téhéran, à la demande de Marie, son épouse française, pour procéder aux formalités de leur divorce. Lors de son bref séjour, Ahmad découvre la relation conflictuelle que Marie entretient avec sa fille, Lucie. Les efforts d'Ahmad pour tenter d'améliorer cette relation lèveront le voile sur un secret du passé."

 

Les retrouvailles compliquées entre une femme et son ex mari revenu en France pour régler le divorce, les rapports compliqués entre une mère et son ado de fille, les relations compliquées entre une femme et son amant, le futur père de son enfant...

D'emblée je vous le dis, j'ai aimé le film mais je ne suis pas dans le délire dithyrambique de 90% des gens qui l'ont vu. J'ai trouvé l'ambiance trop glauque et trop plombante, jamais un sourire, jamais de lumière, jamais d'espoir, au bout d'un moment ce trop plein de noirceur m'a ennuyée.

La parabole de l'homme du passé qui vient sauver les histoires du présent m'a semblée parfois un peu trop évidente. Je dis que j'ai aimé parce que je n'ai pas détesté mais en fait j'ai moyen accroché à l'histoire, trop c'est trop...

 

 

Mud-affiche.jpg

 

Mud de Jeff Nichols

 

"Ellis et Neckbone, 14 ans, découvrent lors d’une de leurs escapades quotidiennes, un homme réfugié sur une île au milieu du Mississipi. C’est Mud : un serpent tatoué sur le bras, un flingue et une chemise porte-bonheur. Mud, c’est aussi un homme qui croit en l’amour, une croyance à laquelle Ellis a désespérément besoin de se raccrocher pour tenter d’oublier les tensions quotidiennes entre ses parents. Très vite, Mud met les deux adolescents à contribution pour réparer un bateau qui lui permettra de quitter l’île. Difficile cependant pour les garçons de déceler le vrai du faux dans les paroles de Mud. A-t-il vraiment tué un homme, est-il poursuivi par la justice, par des chasseurs de primes ? Et qui est donc cette fille mystérieuse qui vient de débarquer dans leur petite ville de l’Arkansas ?"

 

Le bon film initiatique à l'américaine et je dis ça pas du tout d'une manière péjorative. C'est un genre dont regorge le cinéma US et Mud est réussi. Un film plein de tendresse pour des écorchés de la vie comme je les aime. Matthew Mc Conaughey est un de mes acteurs chouchous, un vrai caméléon, il est excellent dans le rôle de Mud qui lui va comme un gant.

J'ai aimé tout ce qui touche aux rapports parents-enfants, un couple en pleine crise et la façon dont ça rejaiilit sur l'enfant en parallèle de son histoire avec Mud et dont les actes sont forcément conditionnés par ce qu'il vit au quotidien chez lui. J'ai aimé la description de cette petite communauté qui vit au bord du fleuve, ces gamins de 14 ans qui en connaissent déjà un rayon sur la vie, ces gamins attirés par l'aventure et qui ont la sensation de vivre un truc hors du commun. Qu'ils sont attachants les deux jeunes comédiens, tellement naturels quand ils s'émerveillent d'une histoire d'amour, un amour auquel ils croient, l'amour qui représente l'avenir.

Emouvant ce Mud qui poursuit une chimère au détriment de sa propre vie.

Plaisir de retrouver Sam Shepard dans un rôle jouissif sur la fin.

Mud, la vraie bonne surprise de ma revue de films !

 

 

Stoker-affiche.jpg

 

Stoker de Park Chan-Wook

 

"A la mort de son père dans un étrange accident de voiture, India, une adolescente, assiste au retour de son oncle, un homme mystérieux dont elle ignorait l’existence, et qui s’installe avec elle et sa mère. India commence à soupçonner que les motivations de cet homme charmeur ne sont pas sans arrière-pensées et ne tarde pas à ressentir pour lui des sentiments mêlés de méfiance et d’attirance."

 

Ambiance thriller et suspense, personnages névrosés au possible dont un prédateur dans toute sa splendeur, décor froid huis clos glaçant, tous les ingrédients étaient réunis pour que je sois à fond dedans. Et pourtant à la faim, je suis ressortie perturbée de ne pas avoir été totalement emmenée. Je préfère Park Chan-Wook dans sa filmographie coréenne. C'est pas mal mais j'attendais tellement de vibrer plus.

Et puis Nicole Kidman ce n'est plus possible. Cette actrice, dont je ne suis pas fan à la base mais dont je reconnais qu'elle a souvent été talentueuse au cinéma, est devenue un vrai gâchis. Botox et cie ça ne marche pas au cinéma. Et elle roule des yeux car il n'y a que ça qui est vivant dans son visage, c'est insupportable. Du coup ça m'a un peu gâché le film tellement elle n'est pas crédible.

Verdict final, pas mal mais aurait pu mieux faire.

 

 

Ginger-et-Rosa-affiche.jpg

 

Ginger et Rosa de Sally Potter

 

"A Londres dans les années 60, Ginger et Rosa, deux ados inséparables, vivent ce moment unique du passage de l'enfance à l'âge adulte. Entre parano de la guerre froide et apprentissage de la liberté, révolution sexuelle et féminisme politique, blue jeans délavés et rock contestataire, cigarettes et premiers baisers, elles entrent en rébellion contre leurs mères, pour finir par se déchirer, irrémédiablement."

 

Les amitiés adolescentes, tout ce qu'on partage comme la première cigarette, les premiers amours, les coalitions contre les parents... Ginger et Rosa se connaissent depuis le jour de leur naissance et sont comme deux soeurs. Dans un contexte de guerre froide et de manifs anti-nucléaire, elles avancent dans la vie en se cherchant des causes à défendre, l'adolescence romantique est bien rendue, celle où on l'on découvre des auteurs, des poètes, le militantisme...

La première partie est centrée sur la relation très forte entre les deux filles (superbes Elle Fanning et Alice Englert qui pour la petite histoire est la fille de Jane Campion).

Dans un monde inquiétant chacune tente de trouver sa voie et petit à petit les deux filles s'éloignent puis deviennent moins proches tandis que les parents de Ginger se séparent. Chacune vit cette histoire de séparation à sa façon et c'est là que les choses s'enveniment...

Le film montre toute la difficulté de l'adolescent dans sa quête de trouver un sens à sa vie, de trouver sa place au côté des adultes. Rosa rêve d'amour éternel en réponse à celui détruit de ses parents quand elle était toute petite et Ginger tente de se construire auprès d'un père qui prône la liberté mais qui en fait est d'un égoisme primaire.

C'est aussi une réflexion intéressante sur la condition des femmes dans les années 60, qu'elles travailent où qu'elles soient mères au foyer, on pense à Mad Men et pas uniquement parce que Christina Hendricks joue le rôle d'une femme qui a renoncé à ses rêves pour son foyer.

Un film juste et plutôt réussi mais à qui il manque une toute petite étincelle pour se dire que c'était parfait.

 

 

la-cage-doree-affiche.jpg

 

La cage dorée de Ruben Alves

 

"Dans les beaux quartiers de Paris, Maria et José Ribeiro vivent depuis bientôt trente ans au rez-de-chaussée d’un bel immeuble haussmannien, dans leur chère petite loge. Ce couple d’immigrés portugais fait l’unanimité dans le quartier : Maria, excellente concierge, et José, chef de chantier hors pair, sont devenus au fil du temps indispensables à la vie quotidienne de tous ceux qui les entourent. Tant appréciés et si bien intégrés que, le jour où on leur offre leur rêve, rentrer au Portugal dans les meilleures conditions, personne ne veut laisser partir les Ribeiro, si dévoués et si discrets. Jusqu’où seront capables d’aller leur famille, les voisins, et leurs patrons pour les retenir ? Et après tout, Maria et José ont-ils vraiment envie de quitter la France et d’abandonner leur si précieuse cage dorée ?"

 

J'avais besoin d'aller voir un film divertissant pour me changer les idées. Ce fut un excellent choix que cette Cage Dorée. Drôle et touchant à la fois, le film décrit bien les rapports entre des gens trop gentils et le reste qui en profite. Bizarrement ça m'a fait penser à moi avant que je change et que j'accepte de faire les choses par envie et non plus uniquement pour faire plaisir et surtout quand je n'osais pas dire non. Ces relations insidieuses qui s'installement parce qu'on n'ose pas déplaire ou qu'on veut beaucoup plaire au détriment de ses propres sentiments.

On a également un aperçu des traditions familiales pesantes, ici la communauté portugaise mais on peut transcrire tout ça ailleurs.

On rigole vraiment beaucoup ce qui ne gâche rien. Un vrai bon moment !

Rédigé par Carole Nipette

Publié dans #Sorties culturelles... de maman - critiques cinéma.

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article

circuit sud marocain 19/06/2013 16:50


Salut, Plein de jolies choses sur ce blog . Un joli moment de passer sur ce site .
merci pour ce magnifique partage…

LMO 16/06/2013 19:16


Heureuse que tu aies aimé Mud! :D


Pour le Passé, je rejoins ton avis. Très beau mais très très plombant...

Carole Nipette 16/06/2013 23:09



Mais qui n'aime pas Mud ? :)



Xtinette 15/06/2013 21:41


En lisant toutes les bonnes critiques sur Mud je suis tentée mais, mais, mais... je n'ai pas aimé la bande annonce... Est-elle représentative du film ? Bises !

Carole Nipette 15/06/2013 21:48



Je n'ai jamais vu la bande annonce donc je ne peux te dire !



madeleine 15/06/2013 14:53


Merci pour cette revue. Par hasard, j'ai eu l'occasion de voir le passé et ai le même avis que toi.


bon WE

Carole Nipette 16/06/2013 23:11



Pourtant ce film récolte toutes les louanges et je trouve ça exagéré !



chocoladdict 15/06/2013 12:08


j'ai bien aimé le passé et j'ai entendu beaucoup de bien de Mud par plusieurs personnes dont l'homme mais pas eu le temps...mon prochain film sera celui avec Fanny Ardent (j'ai oublié le titre)
encore chaudement conseillé par mon cher et tendre qui l'a vu en avant première

Carole Nipette 16/06/2013 23:11



Le film dont tu parles me tente aussi car j'adore Laurent Laffite !