120 battements par minute, Les proies, Que dios nos perdone, Une vie violente, Atomic Blonde / Revue de films

Publié le 29 Août 2017

120 battements par minute, Les proies, Que dios nos perdone, Une vie violente, Atomic Blonde / Revue de films

120 battements par minute de Romain Campillo

 

"Début des années 90. Alors que le sida tue depuis près de dix ans, les militants d'Act Up-Paris multiplient les actions pour lutter contre l'indifférence générale. Nouveau venu dans le groupe, Nathan va être bouleversé par la radicalité de Sean."

Avertissement : des scènes, des propos ou des images peuvent heurter la sensibilité des spectateurs
 
Le film raconte le combat salutaire d'Act Up qui militait pour la prévention alors que l'Etat français faisait le mort. On sait aujourd'hui à quel point on a perdu du temps, que beaucoup de gens sont morts alors qu'ils auraient ^pu être sauvés.
Il y a deux films dans 120 battements par minute et j'ai aimé les deux.
Un combat d'activistes, de gens motivés mais aussi désemparés face à la maladie. La naissance d'un mouvement et la façon dont il fonctionne et les divergences qui peuvent naître en son sein notamment au moment de l'affaire du sang contaminé.
 
Et une grande histoire d'amour, bouleversante. Une romance à l'ère du sida, une histoire qui ne connait pas de fin heureuse...
 
Act Up se retrouve face à un pays qu'il faut réveiller. Comment mobiliser les médias, les politiques, les pouvoirs publics, les laboratoires ? Les morts ne se comptent plus tandis qu'il ne se passe pas grand chose du côté des dirigeants. Des années de lutte et des années de morts... Ils continuent de militer et d'y croire alors que tout le monde les laisse tomber...
 
Act Up grandit et l'histoire d'amour de Sean et Nathan aussi. Sean est malade et avec lui on va suivre l'évolution de son sida, l'évolution des traitements... Sean est militant et ne lâche rien, il mettra en scène jusqu'à la dispersion de ses cendres... On accompagne Sean jusqu'au bout et c'est douloureux, très douloureux. Douloureux parce que c'est dur de voir un jeune homme qui meurt et qui souffre, douloureux parce que ça n'aurait pas dû se passer ainsi, c'est tellement injuste... En tant que spectatrice j'ai souffert physiquement, j'ai pleuré, j'ai eu mal au ventre, je voulais que ça s'arrête, comme dans la vie quand on est confronté à ce type de situations...
Je suis sortie épuisée de la salle mais consciente d'avoir vécu une expérience de cinéma pas comme les autres... Je l'aime tellement ce personnage de Sean, je n'ai même plus de mots pour dire à quel point il m'a touchée...
Un film nécessaire, un devoir de mémoire, un hommage... Magnifique et dur, bouleversant et passionnant...

 
Pourquoi j'y suis allée : pour le sujet
PS : j'ai du mal à comprendre pourquoi ce n'est pas Nahuel Pérez Biscayart (Sean) qui a eu le prix d'interprétation à Cannes.
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Les proies de Sofia Coppola

 

"En pleine guerre de Sécession, dans le Sud profond, les pensionnaires d'un internat de jeunes filles recueillent un soldat blessé du camp adverse. Alors qu'elles lui offrent refuge et pansent ses plaies, l'atmosphère se charge de tensions sexuelles et de dangereuses rivalités éclatent. Jusqu'à ce que des événements inattendus ne fassent voler en éclats interdits et tabous."

 

On assiste à des réactions diverses à l'arrivée du soldat blessé entre curiosité, haine, peur, fascination et désir. Sofia Coppola décrit bien le trouble qui s'empare des filles face à ce beau mâle. Ces filles cloitrées qui s'effarouchent de tout et de rien, leur sensualité qui s'éveille et qui réveille leur routine ennuyeuse. Chaque fille réagit différemment mais toutes ont un intérêt à se rapprocher du soldat. Quand a lui, il semble toutes les apprécier : celles qui le font sourire, celle qu'il admire, celle qui lui plait, celle qu'il a envie de séduire...

Jon tente de rester dans ce havre de paix mais les rivalités entre filles commencent à se faire sentir quel que soit leur âge. Est-ce qu'il joue sur tous les tableaux pour pouvoir rester ? Mais sont-elles vraiment des proies ? Qui est la proie de qui ?

Un joli film, des jolies femmes, de jolis costumes, de belles images mais il m'a manqué un souffle. Un film qui se laisse regarder sans déplaisir mais qui ne m'a pas touchée et qui manque de saveur.

Pourquoi j'y suis allée : pour la réalisatrice, le casting et le sujet

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Que dios nos perdone de Rodrigo Sorogoyen

 

"Madrid, été 2011. La ville, plongée en pleine crise économique, est confrontée à l’émergence du mouvement des « indignés » et à la visite imminente du Pape Benoît XVI.
C’est dans ce contexte hyper-tendu que l'improbable binôme que forment Alfaro et Velarde se retrouve en charge de l'enquête sur un serial-killer d’un genre bien particulier. Les deux inspecteurs, sous pression, sont de surcroît contraints d’agir dans la plus grande discrétion…
Une course contre la montre s’engage alors, qui progressivement les révèle à eux-mêmes ; sont-ils si différents du criminel qu'ils poursuivent ?"  Interdit aux moins de 12 ans avec avertissement

 

Un duo de flics qui fonctionne est un des éléments qui fait qu’un polar est réussi. Ici, d'un côté Javier, grande gueule, sanguin qui s’emporte trop vite quitte à se mettre à dos ses collègues, séducteur, à l’aise et acharné.

De l'autre côté Luis, taiseux, cérébral et bègue mais brillant, surnommé le Génie. Ce qui ne l’empêche pas de subir parfois les railleries de ses supérieurs.

 

Malgré leurs différences, ils réussissent à bien travailler ensemble sur cette enquête qui s’annonce difficile. Luis semble asocial mais reste concentré sur l’enquête. On sent la moiteur suinter de l’écran dans ce Madrid caniculaire et l’énervement monter au fur et à mesure des journées.

Luis cache un côté sombre ce qui fait de lui un personnage encore plus intéressant tout comme Javier cache une sensibilité qu’il a du mal à montrer. Leurs personnages vont évoluer tout au long de l'enquête tout comme leurs situations personnelles.

Tout comme les personnages de flics bien écrits, celui du serial killer n'est pas en reste.

L’enquête et la traque sont prenantes sur les images d'un Madrid contemporain, moderne et traditionnel, avec toujours en toile de fond, la croyance en dieu, l'Eglise... telle l'Espagne d'aujourd'hui...

La tension monte pour ne jamais redescendre jusqu’aux dernières images… Un polar réussi de bout en bout.

 

 

 

Pourquoi j'y suis allée : un polar espagnol, deux choses que j'aime passionnément
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Une vie violente de Thierry de Peretti

"Malgré la menace de mort qui pèse sur sa tête, Stéphane décide de retourner en Corse pour assister à l'enterrement de Christophe, son ami d'enfance et compagnon de lutte, assassiné la veille. C’est l’occasion pour lui de se rappeler les évènements qui l’ont vu passer, petit bourgeois cultivé de Bastia, de la délinquance au radicalisme politique et du radicalisme politique à la clandestinité. "

Thierry de Peretti nous entraine dans le milieu nationaliste corse, le militantisme et l'engagement politique de toute une partie de la population. On vit de près les tensions internes au sein des mouvements, les tensions entre les différents mouvements, les questions que se posent les jeunes corses. L'engagement politique est-il inévitable ?

Stéphane gravite dans un milieu engagé sans vraiment prendre parti puis, classique, un séjour en prison le fera changer d'avis.

Le film est parfois à la limite du documentaire et ça le rend passionnant surtout quand il nous explique le pourquoi des nationalistes. On peut être en désaccord mais difficile, en tout cas pour moi, de me dire qu'il n'y a pas de vrai dans ce qu'ils défendent...

Mais des conséquences résultent des actes, l'engagement se paie, parfois au prix fort, défendre des idées avec des mots n'est pas suffisant. Que ce soit le groupe ou l'individu, chacun doit assumer... Les larmes et le sang font partie de cette vie violente, la fatalité aussi... Qui se frotte à plus fort que soi aura du mal à échapper à son destin...
Un film fort sur une réalité contemporaine, une jeunesse en quête de sens...

Pourquoi j'y suis allée : pour le sujet et j'avais bien aimé Les Apaches, le précédent film du réalisateur

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Atomic Blonde de David Leitch

 

"L'agent Lorraine Broughton est une des meilleures espionne du Service de renseignement de Sa Majesté ; à la fois sensuelle et sauvage et prête à déployer toutes ses compétences pour rester en vie durant sa mission impossible. Envoyée seule à Berlin dans le but de livrer un dossier de la plus haute importance dans cette ville au climat instable, elle s'associe avec David Percival, le chef de station local, et commence alors un jeu d’espions des plus meurtriers."
Interdit aux moins de 12 ans
 
La période des deux Allemagne est toujours fascinante mais le film est hyper violent, à force c'est lassant et les scènes de bagarres sont trop longues.
Charlize Theron est sublime de chez sublime, je suis tombée amoureuse durant le film ! Le titre du film est parfait, elle est carrément atomique ! La bande son est savoureuse, toute la crème de la New Wave des années 80.
Mais Charlize Theron et la musique ne suffisent pas à faire un bon film. C'est un peu vain et vide et c'est dommage car ce ballet d'espions période guerre froide aurait pu être plus passionnant.
 
Pourquoi j'y suis allée : pour le fun

Rédigé par Carole Nipette

Publié dans #Sorties culturelles... de maman - critiques cinéma.

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