La Isla Minima, Microbe et Gasoil, Daddy Cool, La Femme au tableau [Revue de films]

Publié le 24 Juillet 2015

La Isla Minima, Microbe et Gasoil, Daddy Cool, La Femme au tableau [Revue de films]

La Isla Minima de Alberto Rodriguez


"Deux flics que tout oppose, dans l'Espagne post-franquiste des années 1980, sont envoyés dans une petite ville d'Andalousie  pour enquêter sur l'assassinat sauvage de deux adolescentes pendant les fêtes locales. Au coeur des marécages de cette région encore ancrée dans le passé, parfois jusqu'à l'absurde et où règne la loi du silence,  ils vont devoir surmonter leurs différences pour démasquer le tueur."

Avertissement : des scènes, des propos ou des images peuvent heurter la sensibilité des spectateurs

 

Je n'ai pas lu toutes les critiques mais j'ai vu passer partout des phrases de comparaison du film avec la série américaine True Detective. Je suis allée voir le film uniquement sur l'affiche en sachant que c'était un polar espagnol. Effectivement pendant deux minutes au début j'ai ressenti une ambiance à la True Detective saison mais ça s'est arrêté là. J'ai très vite évacué ce sentiment diffus.

L'histoire se passe dans l'Espagne post Franco, dans une société où les anciens franquistes se sont fondus dans la masse sans pour autant avoir complètement changé. On découvre d'ailleurs qu'ils se reconnaissent grâce à une poignée de main très particulière et que l'entraide est toujours d'actualité entre anciens comptriotes.

Malgré les images absolument sublimes, notamment les plans filmés en hauteur, le glauque des situations n'est jamais loin. On est dans un polar sombre mais totalement envoutant. C'est d'ailleurs bien flippant par moment. Rechercher un meurtrier dans des étendues désertes et marécageuses fait bien marcher le suspense. Sans parler des habitants du village qui semblent tous avoir quelque chose à cacher où à se reprocher.

Le duo de flics est bien posé. Un futur jeune papa déterminé et un plus âgé, ancien franquiste avec un lourd secret. Ils se complètent et malgré leurs divergences sur la façon d'enquêter on assiste à un beau duo soudé et attachant. Les deux acteurs sont excellents.

Un très bon et beau polar espagnol qui dégage une force tranquille mais percutante.

 

Ps : j'aime décidément beaucoup les films qui ont le tube de Baccara "I can Boogie" dans leur bande originale. Rememer La solitude des nombres premiers.

 

Pourquoi j'y suis allée : Un polar en espagnol, deux choses que j'adore :)

 

La Isla Minima, Microbe et Gasoil, Daddy Cool, La Femme au tableau [Revue de films]

Microbe et Gasoil de Michel Gondry

 

"Les aventures débridées de deux ados un peu à la marge : le petit "Microbe" et l'inventif "Gasoil". Alors que les grandes vacances approchent, les deux amis n'ont aucune envie de passer deux mois avec leur famille. A l'aide d'un moteur de tondeuse et de planches de bois, ils décident donc de fabriquer leur propre "voiture" et de partir à l'aventure sur les routes de France..."

 

C'est un road movie comme je les aime. De l'inventivité, de la débrouillardise, des aventures flippantes et angoissantes, un duo qui se découvre encore plus. Mais ce qui est plus original que d'habitude c'est que les protagonistes sont de jeunes adolescents.

On ne sait pas quand l'action a lieu même s'il y a des iPhone mais il me semble avoir lu que c'est voulu de la part de Michel Gondry qui a fait appel à ses souvenirs de jeunesse pour ce film qui dénote avec sa filmographie habituelle. J'ai eu plus le sentiment que ces ados appartenaient à une époque révolue (genre la mienne !). J'ai du mal à imaginer qu'aujourd'hui deux potes de 14 ans puissent faire ce genre de road trip, notre société a vraiment perdu en insouciance. Sans compter que deux gamins qui s'en vont en cachette feraient probablement déclencher douze alertes rouges sur le territoire.

Il y a beaucoup de poésie, d'humour, de charme et de liberté dans cette comédie dramatique qui apporte un vent de fraicheur et de spontanéité. Microbe et Gasoil est aussi la rencontre entre deux garçons un peu à la marge dans leur environnement social et/ou familial, deux garçons qui malgré les différences vont se rapprocher et s'apporter beaucoup mutuellement.

Un film emprunt de nostalgie et de rêves, une belle image de l'adolescence et qu'on peut tout à fait voir avec ses enfants pré-ados.

 

Pourquoi j'y suis allée : parce que ça avait l'air cool et Michel Gondry

 

La Isla Minima, Microbe et Gasoil, Daddy Cool, La Femme au tableau [Revue de films]

La femme au tableau de Simon Curtis

 

"Lorsqu’il fait la connaissance de Maria Altmann, un jeune avocat de Los Angeles est loin de se douter de ce qui l’attend… Cette septuagénaire excentrique lui confie une mission des plus sidérantes : l’aider à récupérer l’un des plus célèbres tableaux de Gustav Klimt, exposé dans le plus grand musée d’Autriche, dont elle assure que celui-ci appartenait à sa famille ! D’abord sceptique, le jeune avocat se laisse convaincre par cette attachante vieille dame tandis que celle-ci lui raconte sa jeunesse tourmentée, l’invasion nazi, la spoliation des tableaux de sa famille, jusqu’à sa fuite aux Etats-Unis..."

 

Une réalisation et une narration classique mais qui n'empêchent que l'on se laisse totalement emportée par cette histoire incroyable. Ce tableau que l'on connait par coeur prend un autre sens, une autre dimension et a une sacrée histoire.

Tout le monde a dit qu'Helen Mirren était formidable et oui elle l'est ! Elle incarne une femme déterminée mais dont le passé va venir troubler cette démarche de récupération. Ce tableau familial est le souvenir inaltérable de tout ce que sa famille a vécu pendant l'occupation nazie. D'ailleurs, on voit souvent l'Allemagne nazie au cinéma, plus rarement la situation autrichienne et le film est aussi à ce point intéressant.

A travers l'histoire de ce tableau c'est toute la problématique de la spoliation des biens juifs pendant la guerre qui est en filigrane. On saisit bien la complexité de la chose mais aussi l'affectif et la demande de justice qui y sont liées.

C'est passionnant et émouvant même si parfois le côté administratif de l'histoire est un peu trop fréquent.

 

Pourquoi j'y suis allée : pour l'histoire avant tout

 

La Isla Minima, Microbe et Gasoil, Daddy Cool, La Femme au tableau [Revue de films]

Daddy Cool de Maya Forbes

 

"Entre fous rires et crises de larmes, Cameron Stuart ne sait plus où donner de la tête. Diagnostiqué bipolaire, Cameron suit un traitement dans le but de reconquérir sa femme Maggie et de réintégrer le cocon familial qu’ils forment avec leurs deux filles. Mais lorsque Maggie décide de quitter Boston pour partir à New-York reprendre ses études, la jeune femme n'a pas d'autre choix que de confier la garde de ses enfants à ce père pas tout à fait comme les autres."

 

C'est un film qui mèle les souvenirs de jeunesse de la réalistatrice avec une vision de cette état toujours mal connu, la bipolarité. Il faut également se remettre dans le contexte des années 70 où l'en en parlait beaucoup moins qu'aujourd'hui. J'avais vu sur le même sujet "Mr Jones" avec Richard Gere mais Daddy Cool reste concentré surtout sur la vision des enfants et ce qu'ils vivent pendant que leur père se débat avec ses émotions.

Mark Ruffalo est très attachant dans ce rôle de père, entre papa poule et père indigne.

Finalement ce que les filles vivent de leur enfance n'est pas formaté et ne ressemble à rien. C'est aussi ça qui construit un adulte. On voit bien que c'est dur pour les petites filles, qu'elles ont parfois peur mais on sent la richesse de ce qu'elles vivent quand ce Daddy Cool arrive à donner à leur monde une profondeur unique. Les filles réussissent à en faire une force.

Un joli film plein d'espoir qui raconte une différence avec bienveillance.

 

Un film que je suis allée voir avec Nina et en VO. On y arrive petit à petit même si de prime abord elle préfère le franças, un cap est passé. Elle se rend compte aussi qu'avec la VO elle peut avoir accès à des films un peu plus élaborés que les Vacances de Ducobu. Avant le film, je le lui avais brièvement expliquiée ce qu'était la bipolarité. Elle a beaucoup et nous avons pu continuer la discussion ensuite.

 

Pourquoi j'y suis allée : Pour Mark Ruffalo et l'histoire

 

Rédigé par Carole Nipette

Publié dans #Sorties culturelles... de maman - critiques cinéma.

Commenter cet article

Fanny 29/07/2015 11:18

Merci pour l'avis sur Microbe et Gasoil, après l'avoir lu j'ai emmené mon fils de 10 ans le voir et franc succès !

Xtinette 26/07/2015 11:57

Le premier film me tente beaucoup ; en plus on revient tout juste d'Espagne. Le Gondry aussi parce que j'aime beaucoup ses films et leur poésie... Merci pour ces revues !