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Sorties culturelles... de maman, critiques cinéma.

Jeudi 2 mai 2013 4 02 /05 /Mai /2013 07:30

 

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"Un film léger parlant de choses graves vaut mieux qu'un film grave parlant de choses légères". Jacques Demy

 

Une exposition sur l'univers enchanté de Jacques Demy, quelle bonne idée. Quand j'étais plus jeune j'étais réfractaire à son cinéma sans le connaître, me méfiant du côté chanté de la chose. En vérité les comédies musicles m'ennuyaient parce que je trouvais que les morceaux chantés coupaient l'histoire. C'était il y fort fort longtemps et j'ai bien changé depuis. Quand j'ai découvert "Les demoiselles de Rochefort" ce fut un choc et j'ai fini par apprendre par coeur toutes les chansons du film tellement j'étais à fond.

Bien évidemment Jacques Demy ce n'est pas que "Les demoiselles" mais il a fallu commencer par quelque chose. Nina, elle l'a découvert, bien plus jeune que je ne l'étais, avec "Peau d'Ane".

 

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L'exposition permet de se plonger dans la vie du cinéaste, dans ses racines, ses inspirations et dans ses films. Grâce à la complicité et la générosité d’Agnès Varda, de Rosalie Varda et Mathieu Demy, l’accès aux archives du cinéaste a permis de montrer des trésors comme des photos, des scénarios inédits, des dessins et maquettes, des photographies et même des peintures de Jacques Demy.

 

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Le parcours de l'expo permet d'aborder tous les films de Demy à travers des thèmes ou des époques de sa vie. On y découvre qu'il a réalisé son premier dessin animé en couleurs à l'âge de 13 ans, sa grande histoire d'amour avec sa ville natale de Nantes, ses influences comme Jean Cocteau.

Des décors de films sont reconstitués, c'est la partie la plus colorée de l'expo ! On se promène Rue des Demoiselles ou Rue des Parapluies dans lesquelles on admire de sublimes photos de tournage de Catherine Deneuve ou les fameux papiers peints des Parapluies de Cherbourg.

 

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   Catherine Deneuve et Nino Castelnuovo, sur le tournage du film Les Parapluies de Cherbourg, de Jacques

Demy en 1963. Photographie Leo Weisse © 1993 – Ciné-Tamaris


J'ai souri en lisant le télégramme de félicitations envoyé par François Truffaut quand Jacques Demy a reçu la Palme d'Or pour les parapluies, j'ai écouté les séances de travail de Michel Legrand, j'ai été émue avec la présence tout au long de l'expo des photos d'Agnès Varda, mes yeux ont brillé devant les robes de Peau d'Ane, créations originales faites pour l'exposition. Et tous les enfants étaient scotchés par la vraie Peau d'Ane !

 

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Un parcours jeune public a été pensé avec une brochure spéciale et une signalétique facile à trouver. Les enfants suivent le pictogramme de la Fée des Lilas et les étoiles qu'elle a semé dans l'exposition. Quelques tablettes numériques permettent de découvrir des jeux interactifs.

 

Après l'expo Nina a fait un chouette atelier "Kinokid" où elle a reconstitué son propre parcours de l'exposition. "Kinokid" c'est une visite de l'exposition suivie d'un atelier où chaque enfant choisit ses éléments préférés dans l'œuvre de Jacques Demy et réalise son propre petit catalogue de l'exposition.

 

Elle aussi a apprécié l'exposition, les robes mais aussi les décors et l'univers. Elle ne connait que Peau d'Ane et les Demoiselles de Rochefort mais elle m'a demandé Les Parapluies de Cherbourg.

 

 

Le monde enchanté de Jacques Demy, un beau voyage dans un univers cinématographique pas comme les autres ! Avec autour de l'exposition, ateliers, rencontres et projection de tous les films de Jacques Demy.

 

Infos pratiques

www.cinematheque.fr

Plein tarif 10€ / TR 8€ / - 18 ans 5€ / Forfait expo + film ou expo + musée : 12€ / Libre pass : accès libre.

Offre famille : 2 adultes + 2 enfants 24 €.

 

Merci à Wondercity pour ce bon plan expo + atelier !

Par Carole Nipette - Publié dans : Sorties culturelles... de maman, critiques cinéma. - Communauté : Les films : outil de culture
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Jeudi 18 avril 2013 4 18 /04 /Avr /2013 12:00

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The Grandmaster réalisé par Wong Kar Wai


"Chine, 1936. Ip Man, maître légendaire de Wing Chun (un des divers styles de kung-fu) et futur mentor de Bruce lee, mène une vie prospère à Foshan où il partage son temps entre sa famille et les arts-martiaux. Le film va suivre son parcours jusque dans les années 50 où il finira comme enseignant de kung-fu à Hong Kong. Sur fond de guerre sino-japonaise, son destin rejoint celui d'autres grands maîtres de cette discipline ancestrale dont la transmission est un des éléments importants."

 

Grandiose, magistral, envoutant... J'ai adoré The Grandmaster.

Je suis assez fan des films d'arts martiaux parce que ce sont de véritables chorégraphies quand c'est bien fait. Avec The Grandmaster c'est une chorégraphie de haut niveau à laquelle j'ai assisté. Wong Kar Wai filme ses combats avec un esthétisme qui se rapproche de la peinture, on y voit des tableaux vivants d'une beauté incroyable. De magnifiques arrêts sur image qui scotchent, des ballets de kung-fu virtuoses interprétés par des acteurs habités qui ont eu des années de préparation pour parfaire leur rôle.

Le doux sourire de Tony Leung et le regard intense de Zhang Ziyi nous suivent tout au long du film comme deux piliers sur lesquels se poser.

 

Le film nous emmène dans l'histoire ancestrale du kung-fu qui s'inscrit dans l'histoire contemporaine avec la guerre sino-japonaise en toile de fond. On touche de près à cette discipline qui est tout aussi physique que mentale. Le combat physique n'est pas systématique dans un affrontement entre deux maîtres de kung-fu. Impossible de tout retenir mais c'est déjà un bon début pour qui veut comprendre les règles et les bases du kung-fu et pour qui veut comprendre toute la philosophie qu'il y a derrière.

The Grandmaster raconte des destins croisés de personnages qui sont tous liés par l'amour de leur art. C'est un film philosophique sur l'importance de la transmission, de l'honneur, de l'héritage et qui distille savamment des enseignements magistraux. "Ce que tu ne voies pas, existe quand même", phrase sur laquelle on pourrait disserter des heures, qui s'applique à toutes les époques, à toutes sociétés et qui fait partie de l'essence du kung-fu.

 

Comme dans tous les films de Wong Kar Wai, la musique y tient une place importante. Elle se fait envoutante et magique. En quand on entend à la fin, celle inoubliable du "Deborah's Theme" empruntée à Ennio Moricone dans "Il était une fois en Amérique", on se dit que c'est logique. Il y a du Sergio Leone quelque part dans Wong Kar Wai...

 

 

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Effets secondaires réalisé par Steven Soderbergh

 

"Bien que son époux soit enfin sorti de prison après avoir purgé une peine de quatre ans pour délit d'initiés, Emily Taylor, employée dans une boîte de publicité de Manhattan, continue à souffrir de dépression. Lorsqu'elle attente à sa vie, le psychiatre Jonathan Banks lui prescrit un antidépresseur au stade expérimental, l'Ablixa, sur les conseils de l'ex-thérapeute de la jeune femme. Or, sous l'effet de ce médicament, Emily commet un acte violent... Qui est le vrai coupable ?"

 

Le film joue sur deux tableaux. Un thriller avec enquête et rebondissements et une chronique de société sur la dépendance aux médicaments et tout ce qui va avec. Un sujet pas souvent abordé au cinéma.

On suit Emily, jeune femme fragile dans le parcours classique d'une dépression : tentative de suicide, consultations chez le psy, prescriptions d'antidépresseurs, rechutes, nouveaux médicaments. Parallèment on voit les rapports entre les médecins et les laboratoires dans une société où tout le monde prend des médicaments, où la publicité pour une vie meilleure passe par la médecine. Steven Soderbergh nous entraine dans la spirale infernale de ces médicaments qui coupent les gens de leurs émotions.

Puis le film bascule dans le thriller et le spectateur se pose toutes les questions qu'il faut se poser sur ces médicaments, sur les docteurs qui cautionnent le système, sur un mal de notre société contemporaine.

Qui est coupable, Emily, les médicaments, le docteur qui prescrit, la société ?

Mais les apparences sont parfois trompeuses et Steven Soderbergh brouille les pistes comme les médicaments brouillent le cerveau. C'est brillant, j'étais à fond avec mes questions, mes doutes et mes réponses.

Effets secondaires est un excellent thriller social, intelligent, soigné et remarquablement mis en scène.

 

 

 

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Quartet réalisé par Dustin Hoffman

 

"À Beecham House, paisible pension au cœur de la campagne anglaise qui accueille des musiciens et chanteurs d’opéra à la retraite, le bruit court qu’une nouvelle pensionnaire arriverait sous peu. Et ce serait une diva ! Pour Reginald, Wilfred et Cissy, le choc est grand lorsqu’ils voient débarquer l’impétueuse Jean Horton, avec laquelle ils triomphaient sur les scènes internationales des années auparavant. L’ambition de Jean et son ego démesuré avaient alors ruiné leur amitié et mis un terme au mariage qui la liait à Reginald. Malgré les vieilles blessures, Reginald, Wilfred et Cissy mettront tout en œuvre pour convaincre Jean de reformer leur célèbre quatuor à l’occasion du gala annuel de Beecham House..."

 

J'ai passé un bon moment, c'est sympathique et bien joué, un film tendre et joyeux. Entendre des grands airs d'opéra pendant tout le film ajoute au plaisir que l'on peut prendre à ce film so british dans son humour et son ambiance "tea time". Même si tout paraît un peu trop téléphoné et sans suprises sur les intrigues du scénario.

Par contre, c'est un film qui m'a pas mal dérangée parce que ça se passe dans une maison de retraite et que ça fait cogiter sur la vieillesse et la fin de vie. Dérangée dans le sens où ça n'est pas agréable de se prendre ça en pleine face, toute réalité que cela représente. Le message que la vie est belle jusqu'au dernier souffle et qu'il y a toujours du bon à prendre passe bien mais n'empêche le corps qui ne suit pas ça fait mal...

Comme dirait Bette Davis citée dans le film "Vieillir n'est pas pour les mauviettes", je crois bien que j'en suis une là !

Par Carole Nipette - Publié dans : Sorties culturelles... de maman, critiques cinéma. - Communauté : Les films : outil de culture
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Vendredi 12 avril 2013 5 12 /04 /Avr /2013 15:30

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Je l'attendais avec impatience cette exposition qui vient de démarrer à la cité de la Musique. J'y suis déjà allée deux fois. La musique fait partie du film à part entière. Quand je vais au cinéma mon émotion est souvent décuplée par la musique et entendre un air connu qu'on aime rend le moment encore plus fort. J'ai même souvent envie de chanter et de danser dans la salle en fonction de la musique !

 

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Résumé de l'expo extrait du site de la Cité de la Musique

 

"L’exposition "Musique et cinéma, le mariage du siècle ?" a l’ambition de dévoiler ce qui se joue dans cette rencontre sensible entre deux arts. Destinée à tous les publics, aux cinéphiles comme aux mélomanes, elle est l’occasion de se plonger dans les coulisses de la fabrication des grands films qui ont marqué l’histoire du cinéma, en rendant perceptible le rôle de la musique dans leur élaboration.

Le parcours de l’exposition démontre le rôle que peut jouer la musique à toutes les étapes de la fabrication d’un film, dès sa conception. Tout au long de l'exposition, plus de cent extraits de films projetés dans de petites salles dialoguent avec des œuvres de natures très diverses : interviews, extraits sonores, photos, pochettes de disques, instruments, documents de tournage sont réunis pour dévoiler la façon dont la musique renforce le pouvoir d'évocation du 7e art. Des modules interactifs offrent également aux visiteurs une approche sensible et pédagogique de la musique au cinéma."

 

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J'ai adoré me retrouver dans une ambiance feutrée de cinéma et de musique avec une superbe scénographie qui reprend beaucoup de codes du cinéma comme un couloir de travelling, des écrans, des fauteuils, des caméras...

 

J'ai aimé entendre Michel Deville parler de la façon dont il choisit ses musiques de films, c'est passionnant. Tout comme le témoignage de Martin Scorcese sur sa façon d'utiliser des grands airs d'opéra dans Raging Bull. Je pourrais revoir le film avec une autre approche.

J'ai aimé le retour historique sur les musiques d'accompagnement du muet quand les musiciens étaient dans la salle avec le public. Une expérience géniale que j'ai vécu lors de cycles événementiels à la cité de la Musique justement.

 

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J'ai aimé rester des heures assise dans les fameux fauteuils de cinéma pour écouter des musiques de films célébres tout en regardant les extraits ou regader l'enchaînement de plus d'une heure d'extraits dans la salle de projection.

J'ai redécouvert un film comme India Song qui n'est doublé qu'en voix off pour laisser toute la place à la musique, choix assumé par Marguerite Duras. On aime ou pas ce résultat étrange où des acteurs jouent sans parler.

 

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Je me suis arrêtée sur des duos célèbres réalisateur/compositeur comme David Lynch et Angelo Badalamenti (Ah Twin Peaks), Steven Spielberg et John Williams, Jacques Audiard et Alexandre Desplat, David Lean et Maurice Jarre, ou encore Claude Lelouch avec Francis Lai. Emouvant Jean-Louis Trintignant qui parle d'état de grâce pendant le tournage de Un Homme et une femme, grâce à la musique sur laquelle les acteurs ont pu jouer à leur guise.

 

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Pendant la visite on est baigné par des dizaines de musiques célèbres dont les génériques sont projetés sur un écran géant avec des films comme Edward aux Mains d'argent,Taxi Driver, Le Guépard, Drive, L'arnaque, Le Mépris... le jeu est de les reconnaître !

 

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J'ai aimé joué avec une table de mixage pour isoler le son, les paroles, la musique.

J'ai aimé joué avec le juke box qui présente un mur de couvertures de 45 tours avec des BO qui ont été de grands succès. On y retrouve La Boum, Le Lauréat, Jules et Jim, La Fièvre du samedi soir...

 

L'exposition est très riche et il faut prendre le temps d'écouter tout ce qui est proposé car c'est souvent inédit et vraiment intéressant. Je ne peux pas parler de tout mais si vous aimez le cinéma tout simplement, une expo à voir absolument !

 

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Jusqu'au 13 août à la cité de la Musique.

Entrée 9€ avec accès aux collections permanentes du Musée.

Horaires et infos sur le site

 

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Par Carole Nipette - Publié dans : Sorties culturelles... de maman, critiques cinéma. - Communauté : Les films : outil de culture
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Dimanche 7 avril 2013 7 07 /04 /Avr /2013 15:26

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Mystery réalisé par Lou Ye

 

Impossible de trouver un résumé du film qui ne dévoile pas l'histoire. Heureusement que je n'avais rien lu sur le sujet, ce qui m'a permis d'être à fond dedans. Peu de gens savent résumer des films sans spoiler sur internet, c'est dommage...

 

Du coup pas de résumé, le début de mon avis peut en être un qui suffise à donner envie d'aller le voir...

 

Mystery est un film sur la Chine d'aujourd'hui entre thriller et chronique sociale. J'ai accroché aux deux aspects.

Le film commence par une scène d'accident d'une violence percutante d'une part à cause de l'impact physique, d'autre part à cause des réactions des conducteurs. Puis on passe à la vie d'une famille tranquille en apparence, on entre dans la douceur et le quotidien d'une couple classique avec un enfant. En parallèle avec l'accident, tout va voler en éclats dès que la femme va découvrir la double vie de son mari.

 

J'ai vraiment aimé la façon dont le scénario est composé. Pendant tout le film on se doute qu'il y a un rapport avec la première scène de l'accident mais sans comprendre comment tout ça va s'agencer. Du coup il y a un suspense assez fort car on sait que c'est lié mais on ne s'attend pas à tout ce qu'on va découvrir et toutes les conséquences de l'accident sur la vie de tous les protagonistes. J'ai imaginé moi même divers scénarios au cours du film mais sans deviner le vrai.

Entre l'enquête policière qui piétine et qui devient corrompue et les réactions des femmes trompées, le film avance sur une corde raide et ne laisse pas le spectateur passif dans son fauteuil. La tension monte au fur et à mesure et on attend le drame qui ne vient pas forcément toujours.

 

C'est banal de dire que les conséquences de nos actes peuvent être terribles mais Mystery est une illustration parfaite de la spirale infernale dans laquelle on peut se retrouver.

J'ai beaucoup aimé ce film, les interprètes et le climat qui s'en dégage.


 

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Les amants passagers réalisé par Pedro Almodovar

 

"Huis clos dans un A3401 de la compagnie Península en route pour Mexico, dans l'attente d'un atterrissage d'urgence suite à un problème technique... Les passagers et membres d'équipage pensent vivre leurs dernières heures. Pendant que la seconde classe est endormie, l'équipage va tout faire pour que les passagers de première classe se sentent bien..."

 

Dès le générique du début, nous sommes prévenus, ce que nous allons voir est complètement fictif et ne reflète en rien la réalité. J'ai envie de dire "quel dommage" !

 

Inconditionnelle d'Almodovar je suis et inconditionnelle d'Almodovar je reste ! Je l'aime dans le drame et dans la comédie et aucun genre n'est supérieur à l'autre quand il s'agit d'émotions. J'adore l'humour d'Almodovar et ses références.

Les Amants passagers est une comédie purement jouissive dont on se délecte avec plein d'arrières pensées parce que ça fait du bien tout simplement. On boit, on se détend, tout le monde couche avec tout le monde ou presque, c'est l'extase à tous les niveaux et c'est totalement décomplexé.

Même si la crise que subit actuellement l'Espagne est en toile de fond, on sent que tout le monde a envie de se lâcher du réalisateur aux acteurs.

Un film à voir pour rire et se changer les idées, attention personnes trop coincées, s'abstenir !

Ha ha, j'imagine les crises cardiaques si ce film était projeté lors de certaines manifestations qui font beaucoup de bruit ces derniers temps... je sais je suis cruelle !

 

 

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A la merveille réalisé par Terrence Malick

 

"Même s’ils se sont connus sur le tard, la passion qu’ont vécue Neil et Marina à la Merveille - Le Mont-Saint-Michel - efface les années perdues. Neil est certain d’avoir trouvé la femme de sa vie. Belle, pleine d’humour, originaire d’Ukraine, Marina est divorcée et mère d’une fillette de 10 ans, Tatiana.

Désormais, le couple est installé dans l’Oklahoma. Leur relation s’est fragilisée : Marina se sent piégée. Dans cette petite communauté américaine, elle cherche conseil auprès d’un autre expatrié, un prêtre catholique nommé Quintana. L’homme a ses propres problèmes : il doute de sa vocation…"

 

Encore une fois, impossible de trouver un résumé du film sur le net, j'ai coupé de quelques lignes le résumé officiel, d'ailleurs moi même je serais incapable de faire un résumé cohérent...

C'est un film sur l'amour, l'amour qui nait, l'amour qui meurt, l'amour qui dure ou ne dure pas... Terrence Malick explore toutes les émotions qui composent une histoire d'amour et essaie de toucher à l'essence même du sentiment amoureux. Le début quand on prend le temps à deux, quand plus rien d'autre ne compte, quand regarder le ciel est un moment de pur bonheur, quand l'état amoureux est l'état de vie. Puis l'arrivée des subtils changements qui montrent que l'amour n'est plus au centre, qui font se questionner l'un ou l'autre ou les deux, le moment où l'on sort de sa bulle pour se confronter au quotidien et à la réalité moins belle que dans nos rêves... Tout cela est dans "A la merveille".

 

J'ai vécu le film comme une symphonie et une réfléxion philosophique sur l'amour en me laissant bercer et porter par les images et la musique.

 

Mais pour une fois, et ça me fait mal de le dire parce j'aime passionnément les films de Terrence Malick, je n'ai pas été sensible à la mise en scène de cette symphonie cinématographique. Les images oui, la musique oui mais le fond non. Cette façon de narrer l'histoire en voix off sans vraiment raconter m'a laissée froide. Sans parler du fait que je n'ai pas du tout été sensible à la crise existentielle religieuse du prêtre incarné par Javier Bardem. Cette partie m'a trop fait penser à "The Tree of life" que j'avais adoré mais du coup j'ai trouvé que ça faisait trop...

Il y a beaucoup de belles choses dans le film mais je ne suis pas ressortie de la salle transportée comme d'habitude...

 

Par Carole Nipette - Publié dans : Sorties culturelles... de maman, critiques cinéma. - Communauté : Les films : outil de culture
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Vendredi 29 mars 2013 5 29 /03 /Mars /2013 11:41

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J'avais dit mon émotion d'avoir entre les mains le premier roman de Aude Le Corff que j'ai d'abord connu sous le pseudo de Aude Nectar. Une belle rencontre issue de la blogosphère. Et puis on a pas mal de points en commun quand on parle de cinéma.

 

 

 

Résumé tiré de la quatrième de couverture

 

"Un professeur de français à la retraite est intrigué par une fillette qui habite son immeuble. Chaque soir, après l’école, Manon se réfugie dans le jardin. Assise sous le bouleau, elle parle aux chats et aux fourmis, quand elle n’est pas plongée dans un livre. Depuis quelques mois, sa mère semble avoir disparu.

Brisant la routine et sa solitude, Anatole finit par l’approcher. C’est autour de la lecture du Petit Prince qu’ils échangent leurs premières confidences.

En côtoyant Manon, le vieil homme va rencontrer d’autres voisins : Sophie, une femme singulière qui le met mal à l’aise, et Pierre, le père de la fillette. C’est tous ensemble qu’ils entreprendront un voyage inattendu jusqu’au Maroc."

 

Je ne suis pas une pro des critiques de livre, je suis plus à l'aise pour parler des films mais je vais faire de mon mieux.

 

Le test des premières pages a été concluant. Un style fluide, une histoire qui prend dès le début, ouf je me suis lancée dans la lecture sans me forcer. C'est toujours délicat de juger le travail d'une personne qu'on connaît et qu'on apprécie.

J'ai tout de suite accroché à l'histoire. Une petite fille de 8 ans, une maman absente, un vieil homme seul, une belle  rencontre pleine de surprises comme la vie sait nous en offrir, autant d'ingrédients qui m'ont touchée.

 

Tout en douceur et en poésie Aude Le Corff décortique les sentiments qui agitent ses personnages mais dans lesquels tout le monde pourra se retrouver : un enfant en manque d'amour et d'attention, la solitude de la vieillesse, le couple à l'épreuve de difficultés de la vie... Elle aborde des thèmes comme la quête de l'identité, le droit à la différence, la difficulté de se reconstruire après une fausse couche, l'amitié intergénérationnelle... Je ne veux pas trop dévoiler de l'histoire donc je ne donne pas tous les détails. J'ai beaucoup souri lorsque j'ai reconnu certains détails inspirés par les réseaux sociaux par exemple mais j'ai aussi eu plusieurs fois les larmes aux yeux.

 

A travers le classique voyage dans lequel on part pour mieux revenir, le voyage qui nous change durablement, qui réveille notre conscience, "Les arbres voyagent la nuit" est au final une belle leçon d'espoir. Rien n'est jamais perdu, il faut y croire et s'en donner les moyens aussi.

Par Carole Nipette - Publié dans : Sorties culturelles... de maman, critiques cinéma. - Communauté : Femmes actuelles
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Jeudi 21 mars 2013 4 21 /03 /Mars /2013 13:32

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Cloud Atlas réalisé par Lana Wachoswki, Andy Wachowski et Tom Tykwer

 

Résumé. "À travers une histoire qui se déroule sur cinq siècles dans plusieurs espaces temps, des êtres se croisent et se retrouvent d’une vie à l’autre, naissant et renaissant successivement… Tandis que leurs décisions ont des conséquences sur leur parcours, dans le passé, le présent et l’avenir lointain, un tueur devient un héros et un seul acte de générosité suffit à entraîner des répercussions pendant plusieurs siècles et à provoquer une révolution. Tout, absolument tout, est lié."

 

Il faut quelques minutes pour comprendre ce qui nous attend pendant les 2h40 du film mais dès que l'on a saisi les différents époques, leurs histoires et leurs personnages c'est parti ! Parti pour un grand film romanesque qui ne m'a pas lâchée jusqu'à la fin.

Cloud Atlas c'est tout le cinéma que j'aime notamment ce mélange des genres entre philosophie, science-fiction et histoires d'amour. Mais aussi la diversité des scénarios, chaque histoire pourrait faire un film en soi, le suspense, la dimension universelle. On peut entrer ou non dans le débat philosophique "tout est lié", "tout arrive pour une raison" mais comme j'ai toujours pensé que le hasard n'existait pas, Cloud Atlas me parle encore plus.

 

J'ai adoré, j'ai envie de le revoir et je suis sortie de la salle planant dans les nuages, c'est le cas de le dire. Le film met dans un état second entre ciel et terre. J'ai aimé tellement de choses que je ne sais pas par où commencer. La révélation et le combat de Sonmi pour la sauvegarde de l'humanité et le défi à l'ordre supposé naturel établi par ceux qui veulent garder le pouvoir. L'histoire d'amour magnifique de Robert Frobisher pour Rufus Sixsmith et dont les lettres m'ont fait chavirer, l'enquête de Luisa Rey style 70's, l'apport comique de l'histoire de l'éditeur Timothy Cavendish, le nouveau langage parlé dans le futur, les décors, les costumes, la musique, les sentiments, les destins liés... tout en fait.

 

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Le casting est formidable et moi qui ne suis pas forcément une grande fan de Tom Hanks j'ai été scotchée par ses interprétations, il est exceptionnel du début à la fin. J'ai encore plus succombé au charme naturel et à la finesse de Ben Whishaw (le nouveau Q dans James Bond et le héros de la série The Hour), ce jeune homme est à suivre de près. Mais tout le monde est génial, de Halle Berry à Hugh Grant, de Hugo Weaver à Jim Broadbent, de Jim Sturgess à Donna Bae... je ne peux citer tout le monde mais même les petits rôles de 2 minutes sont au top.

 

 

Un tout petit bémol, certains maquillages sont trop visibles mais le jeu est de reconnaître qui est qui parmi les différents acteurs qui interprètent plusieurs rôles. La surprise est parfois de taille.

 

Je termine sur cette phrase extraite du film, tirée de l'histoire qui m'a le plus bouleversée, celle de Robert Frobisher et Sixsmith : " I believe there is a another world waiting for us, Sixsmith. A better world. And I'll be waiting for you there." Merci Wikiquote qui permet de se replonger dans les dialogues du film. D'ailleurs Cloud Atlas c'est typiquement le genre de film pour lequel j'ai envie de passer du temps sur le net à lire, à chercher les détails, à échanger avec d'autres, à apaiser ma soif par d'autres biais que celui de l'écran.

 

Là tout de suite j'ai envie de me replonger dans le film, vivement la sortie en DVD...

 

 

 

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The Place Beyond the Pines réalisé par Derek Cianfrance

 

Résumé. "Cascadeur à moto, Luke est réputé pour son spectaculaire numéro du "globe de la mort". Quand son spectacle itinérant revient à Schenectady, dans l’État de New York, il découvre que Romina, avec qui il avait eu une aventure, vient de donner naissance à son fils… Pour subvenir aux besoins de ceux qui sont désormais sa famille, Luke quitte le spectacle et commet une série de braquages. Chaque fois, ses talents de pilote hors pair lui permettent de s’échapper. Mais Luke va bientôt croiser la route d’un policier ambitieux, Avery Cross, décidé à s’élever rapidement dans sa hiérarchie gangrenée par la corruption…"

 

Un homme (envoutant Ryan Gosling) qui n'a rien demandé apprend un jour qu'il est père. La mère a pourtant refait sa vie et plus ou moins tiré un trait sur cette histoire mais lui se découvre un instinct paternel fort dans un rôle qu'il n'aurait pas imaginé. Un autre (Bradley Cooper tout en finesse) n'arrive plus à assumer son rôle de père et cela va le poursuivre longtemps. Des fils qui se posent beaucoup de questions sur leurs pères, des fils qui ont un compte à régler avec leurs pères...

The Place Beyond the Pines tourne autour de la paternité, de la filiation, des racines et de ce fameux "la faute du père rejaillira sur le fils". Il y a plusieurs histoires, plusieurs époques, plusieurs destins. Sans spoiler le film et même si on se doute de certaines choses dans la dernière partie, on est pris par les introspections qui agitent les personnages. Comment un père devient de plus en plus violent au fur et à mesure que grandit son amour pour son fils, comment un autre fait semblant, comment une mère tente de faire le bon choix (incroyable Eva Mendes), comment un fils se construit sans figure paternelle...

Quelques longueurs notamment sur l'histoire de corruption qui est survolée et qui du coup est moins forte que le reste du fim mais j'ai beaucoup aimé. Entre drame psychologique et tragédie, Derek Cianfrance a fait un film magnétisant, dont le casting parfait ajoute au plaisir que j'ai pris à le voir.

 

Merci à AlloCiné pour ce film que j'ai vu dans le cadre d'une avant première du Club 300.

 

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40 ans mode d'emploi réalisé par Judd Apatow

 

Résumé. "Marié depuis des années, Pete est le seul homme de la maison : il vit entouré de sa femme Debbie et de leurs filles Charlotte et Sadie, âgées de 8 et 13 ans. Alors que sa maison de disques indépendante bat de l'aile, avec Debbie, ils doivent trouver les moyens de lâcher prise et de profiter du reste de leur vie… avant de s'entretuer."

 

La fameuse crise de la quarantaine, ce moment charnière où il arrive que l'on se remette en question, que l'on ne sache plus quelles sont les priorités ni comment avancer. Forcément le film parlera aux quarantenaires et plus, à ceux qui sont en couple depuis longtemps, ceux qui ont des enfants ou des rapports compliqués avec leurs parents... Finalement il parlera à pas mal de gens et pas uniquement à ceux qui ont 40 ans.

On suit Debbie et Pete dans leurs relations amoureuses, au travail, avec leurs enfants et il y a souvent un air de déjà vu. Je ne vous dirais pas dans quelles scènes je me suis grave reconnue, mon homme aussi, mais le fait est que oui c'est troublant parfois.

Au moins deux scènes cultes pour moi, deux scènes qui se suivent dans le film. Deux confrontations, l'une entre parents devant la directrice d'école et l'autre entre une employée soupçonnée de vol et sa patronne. Enorme ! Melissa Mc Cathy d'un côté et Charlyne Yi de l"autre réussissent un tour de force en deux minutes. Deux scènes que j'ai envie d'apprendre par coeur surtout la deuxième que je rejoue déjà à la maison pour faire marrer mon chéri !

 

Un film drôle et sincère, un vrai bon moment malgré quelques petites longueurs...

Par Carole Nipette - Publié dans : Sorties culturelles... de maman, critiques cinéma. - Communauté : Femmes actuelles
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Vendredi 15 mars 2013 5 15 /03 /Mars /2013 13:15

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No réalisé par Pablo  Larraín

 

Résumé. "Lorsque le dictateur chilien Augusto Pinochet, face à la pression internationale consent à un référendum sur sa présidence en 1988, les dirigeants de l'opposition persuadent un jeune et brillant publicitaire, René Saavedra, d’être le fer de lance de leur campagne. Avec peu de moyens et sous la surveillance constante des hommes de Pinochet, Saavedra et son équipe conçoivent un plan audacieux pour remporter le référendum et libérer leur pays de l’oppression."

 

J'avais un peu oublié mon histoire sur la fin de Pinochet. Notamment ce référendum. Forcément on ne retient que les horreurs commises sous son régime et j'avais déjà adoré le précédent film de Pablo Larraín "Santiago 73, post portem". Film qui retrace le changement radical du Chili après le coup d'Etat de Pinochet et son armée. Finalement Pablo Larraín a filmé le début et la fin de Pinochet avec ces deux films.

 

No est un film passionnant qui montre l'élaboration d'une campagne politique pour la télévision. Mais pas n'importe quelle campagne et pas n'importe quel contexte. Une campagne dont l'enjeu est historique pour le pays et pour le monde entier. Une campagne qui va redonner de l'espoir à tout un peuple, une campagne qui aura le pouvoir de renverser un dictateur sans guerre ni violence.

Le constat de départ est terrible. Quel est l'intérêt de faire un référendum alors que le pouvoir en place peut truquer les élections ou faire de l'intimidation ? Tout le monde se pose la question même le jeune publicitaire talentueux qui va accepter de driver la campagne. Mais le simple fait de pouvoir enfin s'exprimer après des années de censure va motiver et galvaniser les partisans du non.

Difficile aussi de mettre tout le monde d'accord dans l'opposition sur le comment s'y prendre. En nous emmenant dans les dessous d'une campagne politique, le réalisateur démontre la difficulté de passer du "chacun pour soi" à l'intérêt collectif, une réflexion universelle sur le sujet.

 

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C'est passionnant de voir comment les deux camps construisent l'image de Pinochet ou la déconstruisent, passionnant de voir toutes les ficelles. Et le vrai contraste entre le régime de l'horreur et une réalité économique bien plus agréable qu'avant font que le combat contre la dictature n'est pas gagné d'avance comme on pourrait le croire.

 

Il y a beaucoup de suspense dans No et pourtant l'on connait le résultat. Mais ce n'est pas parce que la campagne est autorisée qu'elle peut se faire à la loyale. Intimidations, menaces, tournage clandestin, il aura fallu du courage et une motivation à toute épreuve pour réussir. J'ai beaucoup aimé la relation de René Saavedra (Gael García Bernal toujours impeccable, engagé et à croquer) avec son patron, soutien du régime Pinochet, un rapport de force subtil et respecteux.

 

Le film est jouissif et prenant parce qu'il décrit avec brio cette campagne publicitaire qui fait avancer le monde et nous montre comment le monde change. J'ai vibré avec la foule, j'ai eu le sentiment de vivre ce moment par procuration. Aller voir No c'est assister à la naissance d'une démocratie, c'est énorme !

 

 


 

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Spring Breakers réalisé par Harmony Korine

 

Résumé. "Pour financer leur Spring Break, quatre filles aussi fauchées que sexy décident de braquer un fast-food. Et ce n’est que le début… Lors d’une fête dans une chambre de motel, la soirée dérape et les filles sont embarquées par la police. En bikini et avec une gueule de bois d’enfer, elles se retrouvent devant le juge, mais contre toute attente leur caution est payée par Alien, un malfrat local qui les prend sous son aile…"

 

Quand je suis sortie de la salle j'étais un peu hébétée, abrutie même on va dire par la musique et le montage du film. Je ne savais pas trop quoi penser, si j'avais vraiment aimé ou pas du tout. Plusieurs jours après, je n'ai ni adoré, ni détesté. Un sentiment entre les deux entre agacement et admiration.

Un film stressant à cause de la musique ponctuée toutes les deux minutes par le bruit d'un pistolet qu'on recharge. J'ai imaginé du drame tout au long, drame qui n'a pas forcément lieu quand on s'y attend.

J'ai déjà vu des dizaines de reportages sur ce fameux "Spring Break" qui fait délirer une partie de la jeunesse américaine et ce n'est pas beau à voir, carrément dangereux pour certains. Le film d'Harmony Korine montre bien les excès de ces fêtes mais surtout, et c'est fascinant, le côté totalement décomplexé des jeunes participants. C'est toujours tendu dans le film mais au final rien de très méchant et tout ce qui arrive n'est pas forcément lié au Spring Break en tant que tel.

 

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Les jeunes filles ont soif de liberté et d'ailleurs, elles tentent d'échapper à une réalité mortellement ennuyeuse pour les unes, puritaine pour les autres. Partir au Spring Break n'est qu'un prétexte.

La jeune Faith, qui veut s'évader mais pas non plus à n'importe quel prix, montre bien les tourments qui assaillent une jeune fille quand elle se retrouve dans une situation qui lui échappe. L'envie de se faire quelques sensations mais aussi la peur que ça tourne mal, peur qui prend le dessus sur le reste. J'ai trouvé Selena Gomez très émouvante dans ce rôle.

On retrouve le thème des gamines fascinées par l'argent et les bad boys dont James Franco en  incarne une image saisissante entre attraction / répulsion. Des gamines qui aiment se sentir désirées et jouer avec le pouvoir.

Spring Breakers est aussi un film sur les aspirations d'une jeunesse en quête de sens et de prise de conscience du monde qui l'entoure. Agaçant parfois dans sa mise en scène mais non dénué de poésie...

Par Carole Nipette - Publié dans : Sorties culturelles... de maman, critiques cinéma. - Communauté : Les films : outil de culture
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Vendredi 8 mars 2013 5 08 /03 /Mars /2013 07:32

Trois films qui n'entrent pas que dans la catégorie jeune public mais que je j'ai tous vus avec Nina à se demande insistante.

 

 

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Au bout du conte réalisé par Agnès Jaoui

 

"Il était une fois une jeune fille qui croyait au grand amour, aux signes, et au destin ; une femme qui rêvait d’être comédienne et désespérait d’y arriver un jour ; un jeune homme qui croyait en son talent de compositeur mais ne croyait pas beaucoup en lui. Il était une fois une petite fille qui croyait en Dieu. Il était une fois un homme qui ne croyait en rien jusqu’au jour où une voyante lui donna la date de sa mort et que, à son corps défendant, il se mit à y croire."

 

Beaucoup d'histoires dans ce film où tout s'emboîte comme dans un puzzle. Un film qui parle d'amour, de celui qu'on cherche, de celui qu'on trouve sans le chercher, de celui qui se termine, de celui qui fait mal.

Parfois les images se troublent comme les sentiments des personnages.

Il y a énormément de choses dans le film, les relations humaines décortiquées à la façon Bacri-Jaoui toujours justes et mâtinées d'humour. Ces histoires dans lesquelles on s'embarque sans être vraiment dedans, les relations avec les ex entre agacement et savoir qu'on peut compter sur eux qui nous connaissent, ces enfants qu'on ne sait pas toujours comment gérer, ces donneurs de leçons qui savent tout mieux que les autres...

Tout ça est raconté avec les ingrédients d'un conte savamment distillés tout au long de l'histoire, plus ou moins évidents mais on y retrouve princesses et princes charmants et moins charmants, méchante mère-belle-mère, une chaussure oubliée, une pomme, la forêt...

 

Un duo d'acteurs qui me touche toujours autant et me fait rire encore plus, Jean-Pierre Bacri et Agnès Jaoui sont excellents et les dialogues nous régalent. Mon bonus surprise du film, retrouver la belle présence à l'écran de Clément Roussier que j'ai adoré dans la série "Ainsi soient-ils" diffusé sur Arte.

J'ai ri, j'ai été émue, j'ai passé un excellent moment dans ce conte des temps modernes.

 

Nina a aimé elle aussi et surtout qu'il y ait une petite Nina dans le film. C'est marrant car la Nina du film est obsédée par la religion et la mienne en parle tout le temps en ce moment. Elle a aimé les images façon peinture.

Sa première phrase à la fin "Toutes les histoires de grand, elles se finissent mal..." On a du coup discuté parce qu'elle s'est focalisée sur une histoire et n'a pas nuancé sa réaction. Evidemment qu'elle n'a pas tout compris au film mais elle a saisi pas mal de choses et ça me plait de pouvoir aborder certains sujets différemment avec elle.

 

 

 

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Boule et Bill réalisé par Alexandre Charlot et Franck Magnier

 

"Tout commence à la SPA. Un jeune cocker se morfond dans sa cage. Il ne trouve pas les maîtres de ses rêves. Soudain, apparaît un petit garçon, aussi roux que lui. Qui se ressemble s'assemble : c'est le coup de foudre. Pour Boule et Bill, c'est le début d'une grande amitié. Pour les parents, c'est le début des ennuis… Et c'est parti pour une grande aventure en famille !"

 

Ne cherchez pas le petit garçon espiègle de la bande dessinée, il s'est transformé en petit garçon sans charisme et amorphe dans le film. Dire qu'il a fallu un an pour le trouver, au secours... Il n'est ni attachant ni touchant ce gamin, une belle erreur de casting, ce n'est pas la seule malheureusement.

D'ailleurs il n'y a rien à chercher parce que c'est un film où il n'y a rien. Ni humour, ni intérêt.

Le film se passe en 1976, je me suis dit "chouette, je vais y retrouver mon enfance". En effet mon enfance résumée à deux clichés : une paire de Kickers et des cartables Tann's bien en évidence.

Dans le genre clichés, les dialogues entre la tortue et le chien sont consternants sans parle de la musique ringarde qui les accompagne. Tellement d'invraisemblances qui n'ont fait que m'énerver encore plus : les décors éxtérieurs ne cadrent pas avec la tour et le chantier tout autour. Par exemple, ils sont censés habiter au milieu de nulle part en banlieue et le gamin se retrouve dans une école parisienne, dans un quartier avec ses petites rues pavées, mais bien sûr.

J'aurais voulu sauver Marina Foïs mais on dirait qu'elle s'est adaptée au ton du film et qu'elle se retient tout le temps, vraiment dommage. Elle est en dessous de son niveau habituel.

On l'aura compris j'ai trouvé le film nul et il y a bien longtemps que je n'avais vu un tel navet au cinéma.

 

Pour finir sur une note positive on va dire que c'est un film pour les enfants qui aiment les chiens. Il est mignon le cocker. Et que Nina a bien aimé, elle trouve mon avis trop dur !

 

 

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Sublimes créatures réalisé par Richard LaGravenese

 

"Ethan Wate, un jeune lycéen, mène une existence ennuyeuse dans une petite ville du sud des Etats-Unis. Mais des phénomènes inexplicables se produisent, coïncidant avec l’arrivée d’une nouvelle élève : Léna Duchannes.
Malgré la suspicion et l’antipathie du reste de la ville envers Léna, Ethan est intrigué par cette mystérieuse jeune fille et se rapproche d’elle. Il découvre que Lena est une enchanteresse, un être doué de pouvoirs surnaturels et dont la famille cache un terrible secret.
Malgré l’attirance qu’ils éprouvent l’un pour l’autre, ils vont devoir faire face à une grande épreuve : comme tous ceux de sa famille, Lena saura à ses seize ans si elle est vouée aux forces bénéfiques de la lumière, ou à la puissance maléfique des ténèbres…"

 

Je n'ai pas trop grand chose à dire sur le film en fait. Pas spécialement intéressant, histoire vue et revue et un couple d'adolescents pas très charismatiques. C'est gentil quoi. Un aspect intéressant sur ces petites villes américaines au milieu de nulle part où le salut ne vient que du départ et une belle attaque de la bigoterie.

Mais je préfère mille fois un teen movie en mode comédie ou carrément le premier Twilight, au moins il y a des vampires !

 

Nina quand à elle a beaucoup aimé et a trouvé la fin un peu triste. Pas du tout eu peur des histoires de sorcières, comme je l'ai dit c'est gentil. Sa question "Il y aura un Sublimes Créatures 2 ?" !

Par Carole Nipette - Publié dans : Sorties culturelles... de maman, critiques cinéma. - Communauté : Les films : outil de culture
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Samedi 2 mars 2013 6 02 /03 /Mars /2013 07:52

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Syngué Sabour, Pierre de patience de Atiq Rahimi

 

"En Afghanistan, une jeune femme veille inlassablement sur son mari, dans le coma après avoir reçu une balle dans la nuque. Elle ne sait même pas si il peut l’entendre, la sentir, la voir, ou même s’il est conscient. Dehors, dans Kaboul, les combats continuent. La femme met ses enfants en sécurité à l'autre bout de la ville, dans une maison close tenue par sa tante. Mais elle revient chaque jour pour s'occuper de son époux. Elle est alors forcée à l'amour par un jeune combattant. Contre toute attente, elle se révèle, prend conscience de son corps, libère sa parole pour confier à son mari ses souvenirs, ses désirs les plus intimes... L'homme gisant devient alors, malgré lui, sa "syngué sabour", sa pierre de patience - cette pierre magique que l'on pose devant soi pour lui souffler tous ses secrets, ses malheurs, ses souffrances... Jusqu'à ce qu'elle éclate !"

 

Atiq Rahimi, Prix Goncourt en 2008, a adapté lui même son roman. Un premier bon point pour ce film puisqu'il savait exactement où mener son personnage principal.

Dès le début, la sublime et douée Golshifeth Farahani, installe son personnage avec une intensité rare. La femme est inquiète, concernée par le sort de son mari, on craint avec elle pour son avenir. On sent la détresse d'une femme seule avec ses enfants qui se raccroche à son mari comateux impuissant mais c'est tout ce qui lui reste. Elle ne se résoud pas à le laisser malgré le danger permanent auquel elle doit faire face. Un sacré caractère qui affronte les situations au fur et à mesure qu'elles se présentent.

 

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Dès qu'elle commence à parler, à se livrer, elle comprend à quel point cette parole enfouie depuis trop longtemps est libératrice. Plus rien ne compte, il faut qu'elle parle, cela devient un besoin vital.

Une femme docile et soumise, à priori, qui d'habitude n'a pas voix au chapitre et qui enfin se sent libre de parler. Une situation à l'inverse des choses dans une société où l'homme est tout puissant.

Elle parle de tout et même de sexualité, le sujet tabou dans le couple par excellence. Elle en parle, elle le vit et elle s'ouvre à la sensualité, elle se découvre elle-même et nous finissons par découvrir une femme pas si soumise qu'on pourrait le croire.

 

Les images et la photo sont sublimes, j'ai adoré la façon dont sont filmées les scènes de combats de caille où l'on voit une foule d'homme réunie. Surréalistes tableaux vivants que ces moments qui contrastent avec le reste du film en mode huit clos.

Un film magnifique, puissant, bouleversant qui dresse le portrait d'une femme afghane mais qui est universel. Toutes les femmes s'y retrouvent, toute cette parole qui jaillit est familière.

 

 

 

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Elefante Blanco de Pablo Trapero

 

"Le "bidonville de la Vierge" dans la banlieue de Buenos Aires. Julian et Nicolas, deux prêtres et amis de longue date, œuvrent pour aider la population. Julian se sert de ses relations politiques pour superviser la construction d’un hôpital. Nicolas le rejoint après l’échec d’un projet qu’il menait dans la jungle. Profondément choqué, il trouve un peu de réconfort auprès de Luciana, une jeune assistante sociale, athée et séduisante. Alors que la foi de Nicolas s’ébranle, les tensions et la violence entre les cartels dans le bidonville augmentent. Quand le ministère ordonne l’arrêt des travaux de l’hôpital, c’est l’étincelle qui met le feu aux poudres."

 

Au début du film, j'ai eu du mal à croire qu'on était en Argentine où je n'imaginais pas qu'il y ait les mêmes bidonvilles qu'au Brésil. Cette réalité là est moins souvent montrée au cinéma que la grande Buenos Aires et son style de vie à l'européene.

Réalité tellement dure que l'engagement de ces prêtres et autres travailleurs sociaux dans ces quartiers en perdition est encore plus fort. Elefante Blanco nous montre la foi dans ce qu'elle a de plus beau, l'engagement humain solidaire. Pas de bigoterie à outrance, une croyance en Dieu qui croit d'abord à l'être humain et qui y met tous ses espoirs même si on a tendance à penser qu'un drogué récidiviste est fichu d'avance.

J'ai bien aimé ce traitement qui donne une image posée et intéressante d'une religion. Loin des tracas qui agitent les religieux de tous bords aujourd'hui.

Nicolas, incarné par un Jérémie Rénier excellent, jeune père fougueux, prend les choses trop à coeur sans réussir à trouver le détachement nécessaire pour gérer les situations d'injustice ou de violence. Le film parle d'implication, pose les questions du comment faire taire ses intérêts personnels avant ceux de la communauté, comment et pourquoi s'oublier pour le bien d'autrui... Partir et laisser les gens se démerder serait si facile, la situation est tellement pourrie...

 

Le gros défaut du film est de partir dans tous les sens, d'aborder trop d'histoires en même temps ce qui laisse un sentiment d'inachevé à la fin. C'est un film sur la foi, mais aussi sur la transmission, sur la vie d'un bidonville avec ses régles et ses limites, sur l'hypocrisie des pouvoirs publics, sur le sens qu'on donne à sa vie...

Mais ceci n'empêche que j'étais dedans et que j'ai apprécié le film.

 

 

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Flight de Robert Zemeckis

 

"Whip Whitaker, pilote de ligne chevronné, réussit miraculeusement à faire atterrir son avion en catastrophe après un accident en plein ciel… L’enquête qui suit fait naître de nombreuses interrogations… Que s’est-il réellement passé à bord du vol 227 ? Salué comme un héros après le crash, Whip va soudain voir sa vie entière être exposée en pleine lumière."

 

Denzel Washington est mon dieu, je l'aime depuis que j'ai vu Glory en 1989. Son interprétation m'avait bouleversée et marquée pour toujours. C'est un sacré acteur et même s'il n'a pas toujours joué dans de très bons films, le voir sur un écran de cinéma est toujours un plaisir pour moi. Voilà pourquoi je suis allée voir Flight.

 

J'ai été à fond la première demi-heure, toute la partie de l'accident, avant, pendant, après. C'est bien filmé, super suspense, on s'y croit et la prochaine fois que je monte en avion, s'il y a des turbulences je serais encore plus paniquée que d'habitude. Bravo, c'est réussi !

Puis le film se concentre sur la personnalité du pilote er aborde le gros sujet de l'alcoolisme. Celui qui détruit tout ce qui bouge autour de soi, celui qui fait perdre le fil de sa vie, celui qu'on ne veut pas reconnaître malgré le constat sans appel. Denzel Washington est extra, il montre bien les turpitudes et les tourments que son personnage rencontre mais le film ne peut s'empêcher de traiter le sujet comme d'habitude. L'alcoolique qui ne veut pas l'admettre, qui commet le pire, qui traite mal sa famille, qui joue les victimes, qui replonge quand on croit qu'il en sort et qui va devoir payer pour être rédempté. C'est dommage, j'ai été un peu déçue du coup que ça prenne une tournure très classique sur le sujet.

Pas un mauvais film mais je m'attendais à plus fort.

Par Carole Nipette - Publié dans : Sorties culturelles... de maman, critiques cinéma. - Communauté : Femmes actuelles
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Mardi 19 février 2013 2 19 /02 /Fév /2013 06:56

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Django Unchained de Quentin Tarantino


Synopsis. "En 1858, dans le Sud des États-Unis, quelque temps avant la guerre de Sécession, un ancien dentiste allemand reconverti en chasseur de primes, le Dr King Schultz libère Django, un esclave. Il le forme afin qu'il puisse l'assister dans une mission, puis pour le remercier décide de l'aider à libérer sa femme des mains de Calvin Candie, un riche et impitoyable propriétaire terrien du Mississippi."

Interdit aux moins de 12 ans

 

J'adore cette sensation de sentir dès le générique de début que je suis dans un film de Tarantino. La caméra, l'image, la musique.

Des films qui traitent vraiment de l'esclavage et de ses horreurs il y en a peu, étonnant d'ailleurs qu'une si importante partie de l'histoire américaine soit autant ignorée du cinéma (honte ? difficulté de revenir sur ce passé peu glorieux ?). On a eu Amistad de Steven Spielberg, excellent film avec un traitement relativement classique.

Et maintenant il y a la marque de Quentin Tarantino qui a réussi l'exploit de faire un western avec l'esclavage en toile de fond. Les cow-boys sont bien là et les indiens ont la peau encore plus foncée.

Evidemment c'est dur, même aujourd'hui on a du mal à croire que cette injustice et cette aberration ait eue lieu avec la bénédiction d'une grande partie de la population. Tarantino a toujours eu sa façon de montrer et de filmer la violence, quand c'est dans Kill Bill ça ne me fait pas grand chose mais là j'ai eu du mal et j'ai dû garder les yeux fermés durant deux scènes insupportables.

Hormis cette violence trop forte pour la petite nature que je suis, le film est remarquable dans sa façon de montrer les rapports tendancieux qui liaient les maîtres et les esclaves. Ces relations sado-masochistes où l'on sent parfois une pointe d'affection ou de respect, liées à la survie où à l'asservissement. Ces relations d'esclave à esclave aussi, cette hiérarchie qui s'installe entre les noirs eux-mêmes.

 

Le film est aussi une belle et tendre histoire d'amour, l'amour pur et durable qui naît au coeur de la tourmente et de l'horreur, l'amour qu'on ne peut enlever aux deux êtres à qui on a tout pris. Cet amour qui peut soulever des montagnes, celui qui maintient en vie quoi qu'il arrive.

 

Django Unchained est un festival d'excellents comédiens et j'étais tellement dedans que je n'ai pas reconnu Samuel L. Jackson, exceptionnel dans le rôle de ce vieil esclave pire que ses maîtres. J'ai eu un flash trois jours après, c'est pour dire. A ma décharge, je n'avais rien lu sur le film, rien vu, même pas une bande annonce, j'y suis allée quasi vierge de toute info.

Un grand film de Tarantino pour moi, sans aucun doute et tellement jouissif sur la dernière partie, l'explosion d'une justice sans états d'âme pas forcément politiquement correcte mais tellement bonne pour le moral ! Cela se voit que j'ai adoré n'est ce pas ?!

 


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Wadjda de Haifaa al-Mansour

 

"Synopsis. Wadjda, douze ans, habite dans une banlieue de Riyad, capitale de l'Arabie Saoudite. Bien qu'elle grandisse dans un milieu conservateur, c'est une fille pleine de vie qui porte jeans et baskets, écoute du rock et ne rêve que d'une chose : s'acheter le beau vélo vert qui lui permettra de faire la course avec son ami Abdallah. Mais au royaume wahhabite, les bicyclettes sont réservées aux hommes car elles constituent une menace pour la vertu des jeunes filles... Wadjda va pourtant tout faire pour avoir son vélo..."

 

Avant même de voir le film, on en parlait beaucoup parce que c'est le premier film tourné en Arabie Saoudite et par une femme de surcroît, la seule réalisatrice du pays. Les cinémas sont illégaux dans ce pays, ça fait envie.

Wadjda est un film essentiel parce que d'une part c'est un excellent film, tout en finesse sur un sujet délicat et d'autre part c'est aussi une oeuvre documentaire sur la façon dont ça se passe pour les femmes dans ce pays.

 

Je ne suis jamais allée en Arabie Saoudite et d'ailleurs je ne connais pas grand chose de ce pays à part les "on dit"... Pourtant je ne m'en faisais pas une image aussi radicale que celle que montre le film. J'imaginais ce pays plus moderne que d'autres, mais non les femmes sont invisibles et n'ont pas voix au chapitre, les hommes sont polygames quand ça les arrange. Les rues sont désertes, les gens et surtout les femmes vivent à l'intérieur ou sont voilées des pieds à la tête quand elles doivent sortir. Un ami qui revient d'Oman a trouvé que le film était totalement conforme à la réalité de la région et un pays où les femmes n'existent pas, ça l'a marqué lui aussi.

 

Mais attention, aucune violence dans le film. C'est mon côté femme occidentale libre qui s'offusque et qui est choqué. La réalisatrice montre ce quotidien sans juger, sans révolte. Elle y montre par contre la tristesse d'une femme trompée, la tristesse d'une enfant fille qui sait qu'elle compte moins qu'un garçon aux yeux de son père. Elle y montre une certaine fatalité à accepter son sort tout en tentant d'être heureux malgré tout. Et cette religion qui est tout le temps là, ces non-dits, cette hypocrisie...

Le film dépeint, à travers l'histoire de Wadjda qui rêve d'un vélo, le quotidien des femmes et des filles. C'est marrant ce contraste intérieur/extérieur. Leur seule liberté, c'est entre les quatre murs de leur appartement qu'elles la trouvent, c'est enfermées qu'elles sont libres. Libres de s'habiller comme elles le souhaitent, libres d'écouter de la musique en anglais, libres de chanter, libres de rêver...

 

Wadjda incarne l'espoir, pas étonnant qu'elle rêve de ce vélo, symbole de liberté lui aussi. Son amitié avec un jeune garçon de son âge est pourtant entâchée par les histoires de mariage arrangés mais on a envie d'y croire qu'ils pourront se marier par amour s'ils le souhaitent. On a envie de croire que ce jeune garçon qui aide Wadjda à faire du vélo sera d'une génération nouvelle qui accordera plus de libertés aux femmes. On a envie de croire que toutes ces jeunes filles réussiront à se faire entendre, à faire entendre une autre voix dans le pays. Certaines tentent déjà par tous les moyens de vivre seon leurs désirs, souvent à leurs dépens mais elles essaient... Le film se termine sur une toute petite note d'espoir et j'ai envie d'y croire...

Un très beau film, remarquablement joué par tous les acteurs, des adultes aux enfants.

 

 

 

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Tu honoreras ta mère et ta mère de Brigitte Roüan

 

 

Synopsis. "Tout va bien se passer, avait promis le médecin en accouchant Jo. Mais une quarantaine d’années et quatre fils plus tard, rien ne se passe vraiment comme prévu en ce mois d’août : alors qu’elle vient d’arriver sur le sol grec pour organiser son traditionnel festival avec sa tribu, Jo apprend que celui-ci est annulé, crise économique oblige. L’heure semble être à la tragédie mais l’instinct maternel en étendard, elle monte au front, prête à soulever des montagnes pour le "bonheur" de ses petits.

Entre chamailleries, coups du sang et du sort, cet été là ne ressemblera à aucun autre."

 

J'adore le titre détourné d'un célèbre commandement sans compter que ça me fait penser à l'époque des blagues "ta mère en tongs" où les barres de rire étaient quotidiennes.

Dès le début j'ai rigolé même si je conçois que la blague de la subvention de CulturesFrance (Institut Français aujourd'hui) peut être encore plus drôle quand on connait les coulisses du milieu culturel.

Cette immense tribu qui se réunit pour les vacances sous le soleil grec est à mon sens vraiment représentative des questionnements qui agitent les familles. Brigitte Roüan a un vrai talent d'observation de ses contemporains.

Cela faisait longtemps que je n'avais pas autant ri avec une comédie française, un rire qui vient d'un film où c'est un peu le bazar dans le bon sens du terme, comme j'aime.

Les rapports des ados avec leurs parents, ah mais c'est tellement ça quand ils passent en deux minutes du "je t'aime" à "j'te déteste" ou encore la jalousie entre un petit garçon et son bébé de frère qui donne lieu à une scène hilarante proche de la réalité. Les questionnements des mères d'ado qui grandissent, comment accpeter leur émancipation encore un sujet dans lequel beaucoup de parents vont de reconnaître. Les rapports entre les enfants d'une fratrie, l'ainé, le cadet, ceux du milieu qui peinent à trouver leur place, quelle place on leur donne...

 

Bien entendu, les rapports de la "reine-mère" avec ses quatre fils sous-tendent tout le récit. Nicole Garcia a un mal fou à lâcher prise alors même que ses enfants sont eux-même parents. On assiste à un festival de mère juive, mère poule, mère castratrice mais mère aimante désemparée qui dit "Je peux t'aider quand même, je suis ta mère"... Phrase qui résonne en moi parce que ma fille n'a que 7 ans et pourtant je le dis déjà... J'ai bien aimé l'ambivalence de ces "grands garçons" qui trouvent leur mère étouffante mais qui ne peuvent s'empêcher de laisser le cordon en place qu'il soit matériel ou affectif.

Peut on vraiment un jour finir son job de mère ? Je ne sais pas si le film répond à la question et je ne sais pas si on peut y répondre d'ailleurs ! (ou si on a envie de connaître la réponse...)

 

Un film très agréable au casting sympathique, une bonne comédie et une très belle réflexion sur la maternité dans son ensemble.

Par Carole Nipette - Publié dans : Sorties culturelles... de maman, critiques cinéma. - Communauté : Les films : outil de culture
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