Sorties culturelles... de maman, critiques cinéma.

Vendredi 4 avril 2014 5 04 /04 /Avr /2014 06:58

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Bill Viola je suis fan depuis que j'ai vu quelques oeuvres à Londres il y a une bonne dizaine d'années. J'ai tout de suite ressenti quelque chose viscéral en regardant ses installations vidéos. C'est le genre d'artistes dont les oeuvres vous parlent et dont vous pouvez vous remémorer l'effet qu'ils vous font juste en entendant leur nom. C'est pareil avec Olafur Eliasson par exemple.

 

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Ascension

 

Je me suis donc précipitée au Grand Palais pour vivre l'exposition "Bill Viola", une retrospective inédite en France avec une vingtaine d'oeuvres.

Entre installations immenses et plus intimes c'est un voyage fantasmagorique et faisant appel à tous les sens, que j'ai fait durant presque deux heures. Une sorte d'état d'hypnose dans lequel on se sent vraiment bien.

 

 

Certaines de ses installations me font penser au cinéma fantastique des années 70/80 et à des réalisateurs comme Dario Argento. J'y trouve une similitude troublante qui me plait beaucoup.

 

 

C'est une expo qu'on peut revoir plusieurs fois en plusieurs temps car certaines vidéos durent jusqu'à 36mn et parfois on loupe le moment crucial en allant d'une pièce à l'autre. Notamment dans cet incroyable polyptique "Going Forth by Day" avec des univers différents autour du thème de l'eau. On peut même y aller avec des enfants pour le côté ludique et monumental. Après avoir vu l'expo, j'ai repéré les installations qui pourraient plaire à ma fille la prochaine fois.

 

 

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La première fois que j'ai entendu "Paris Seychelles" c'était sur Virgin Radio bien avant que l'album "Love" ne sorte et qu'on en parle partout ailleurs. J'ai tout de suite craqué sur la chanson et ce n'est qu'au bout de trois ou quatre écoutes que j'ai réalisé que c'était Julien Doré (la honte oui !). Puis l'album est sorti, je l'ai acheté le premier jour et écouté en boucle pendant des mois. Cet album est une pépite, je l'aime du début à la fin, toutes les chansons, ce qui est rare quand ça m'arrive.

J'étais fan de Julien Doré pendant La Nouvelle Star, fan de son titre avec Coeur de Pirate mais moins du premier album. "Love" m'a réconciliée avec l'artiste.

J'ai donc guetté les concerts à Paris et on a réussi à avoir des places. La chance que ce soit aux Folies Bergères, une salle à taille humaine.

 

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Il a la classe sur scène Julien Doré et beaucoup d'humour. Son groupe de musiciens aussi a la classe aussi bien musicalement que niveau look. Ils vont vraiment bien ensemble. On a adoré le concert avec ses passages originaux comme quand il fait venir une chorale de petites filles pour le refrain de "Platini" (j'adore cette chanson !) ou quand il chante "Femme like U" de K.Maro avec une énorme boule disco sur la tête.

 

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Julien Doré est un vrai showman, charmeur et drôle. Un super concert avec du Love dans toute la salle !

 

 

 

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Ballons coeurs, surprise du fan club lors du concert de Patrick Bruel

 

 

Quinze jours plus tard j'étais au Zénith pour revoir Patrick Bruel. Quelques changements par rapport au concert de l'an dernier mais c'est toujours aussi bien. J'adore toujours autant quand il prend position et là il a incité les gens à aller voter, a parlé des extrêmes et même des élections européennes à venir.

Belle innovation avec un mur de tweets pour mettre de l'ambiance avant le concert. J'ai joué le jeu bien entendu et j'ai réussi mon petit défi de faire passer mes trois tweets sur l'écran. On est à fond où on ne l'est pas ! On est joueuse où on ne l'est pas !

 

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J'avais prévu depuis longtemps d'aller à ce concert avec Isabelle puis j'ai eu deux places en plus et j'ai pu inviter d'autres fans proches de moi comme Sophie. Ces deux places nous ont donné droit à un accès backstage, suite et fin de la première rencontre pour le clip "Maux d'enfants". Il y avait pas mal de monde et Patrick Bruel a joué le jeu des saluts, photos etc alors qu'on le sentait vraiment très fatigué. Je n'ai pas bougé des coudes pour refaire une photo que j'avais déjà, j'ai laissé la place aux autres.

 

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Je n'ai pas pu aller à la soirée de lancement de clip "Maux d'enfants" mais je l'ai regardé en ligne sur le site dédié. Quand j'étais sur le tournage difficile d'imaginer le résultat mais j'ai reconnu quelques scènes. Le clip est réussi et émouvant sur le sujet du cyber harcèlement et par extension du harcèlement à l'école. Cest plus qu'un simple clip, c'est un objet d'utilité publique. On peut cliquer à certains moments pour lire les histoires des différents protagonistes. C'est très réaliste et ô combien flippant quand on est parent, mieux vaut être informé et vigilant.

A la fin du clip on trouve des conseils et surtout un renvoi sur l'Association E-Enfance, partenaire de Patrick Bruel pour la réalisation de ce film.

 

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Par Carole Nipette - Publié dans : Sorties culturelles... de maman, critiques cinéma.
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Samedi 29 mars 2014 6 29 /03 /Mars /2014 07:45

 

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La Cour de Babel de Julie Bertuccelli

 

"Ils viennent d’arriver en France. Ils sont Irlandais, Serbes, Brésiliens, Tunisiens, Chinois ou Sénégalais... Pendant un an, Julie Bertuccelli a filmé les échanges, les conflits et les joies de ce groupe de collégiens âgés de 11 à 15 ans, réunis dans une même classe d’accueil pour apprendre le français. Dans ce petit théâtre du monde s’expriment l’innocence, l’énergie et les contradictions de ces adolescents qui, animés par le même désir de changer de vie, remettent en cause beaucoup d’idées reçues sur la jeunesse et l’intégration et nous font espérer en l’avenir..."

 

Attention pépite !

Ce documentaire est un film qui raconte un quotidien que peu d'entre nous connaissent. Celui de collégiens d'origine étrangère en classe d'accueil. Classe qui leur permettra de se mettre à niveau en français et dans les autres matières pour intégrer petit à petit les classes du cursus régulier.

Ils viennent du monde entier et contrairement à beaucoup d'idées reçues, ils sont venus en France pour des raisons aussi différentes qu'intéressantes.

Qui peut croire que ce jeune Serbe a fui son pays pour échapper à la persécution néonazie, que cette jeune fille est venue pour devenir une femme libre, que cette autre veut avoir la chance de faire de vraies études, que ce garçon est là parce que sa mère a rencontré l'amour...

La vie de la classe rejoint la vie des enfants, l'enseignante se sert de leurs vécus et on écoute aussi les parents. Ces parents émouvants avec leurs doutes et leurs espoirs dans ce pays qui garde toujours une aura particulière (et pourtant la France n'est plus tant que ça la terre d'accueil qu'elle a été).

 

On se demande quels seront vraiment ces destins d'enfants, liés à ceux de leur famille dans la majorité des cas. On se rend compte à quel point ça peut être difficile et dur quand en plus il y a l'Instabilité de la vie des parents due notamment aux histoires de logement. J'ai été vraiment émue de voir partir une des élèves parce qu'on leur avait trouvé un appartement à Verdun. Tout comme la maitresse, on s'inquiète du suivi qu'elle aura ailleurs.

Et que c'est dur aussi pour cette autre dont on sent la famille qui finalement ne tient pas vraiment s'intégrer. L'intégrisme semble être la seule issue pour cette jeune fille qui s'en sortait pas mal à l'école...

Derrière la classe et l'enseignante il y a aussi l'impuissance face à la vie, les problèmes et les aspirations des uns et des autres.

 

Alors oui toutes les classes d'accueil ne se ressemblent pas et ça dépend de l'enseignant aussi, mais celle ci (Collège de la Grande aux Belles à Paris dans le 10e) en tout cas est une vraie bouffée d'oxygène, de celle qui redonne espoir en l'éducation française.

Un vrai bonheur que de voir ces enfants sourire, découvrir, en baver parfois. De voir leur courage et leur détermination souvent pour échapper à la vie qui leur était donnée avant d'arriver en France.

 

On sort de la salle avec la banane et plein d'espoir pour l'avenir !

 

ps : bon malheureusement depuis il y a eu les législatives et là tout à coup j'ai moins d'espoir en l'avenir...

 

 

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Wrong Cops de Quentin Dupieux

 

"Los Angeles 2014. Duke, un flic pourri et mélomane, deale de l’herbe et terrorise les passants. Ses collègues au commissariat : un obsédé sexuel, une flic maître chanteur, un chercheur de trésor au passé douteux, un borgne difforme se rêvant star de techno… Leur système fait de petites combines et de jeux d’influence se dérègle lorsque la dernière victime de Duke, un voisin laissé pour mort dans son coffre, se réveille."

 

Avertissement : des scènes, des propos ou des images peuvent heurter la sensibilité des spectateurs

 

Dès les premières notes de musique et les premières images du générique on sait qu'on est dans un film de Quentin Dupieux dont le style ne ressemble à aucun autre. Musique signée Mr Oizo alias Quentin Dupieux et qui un joue rôle important dans le film, elle est un personnage à part entière. On a grave envie de se lever de son siège pour bouger son corps d'ailleurs.

Bienvenue dans un monde où les flics sont des bad guys assortis d'abrutis qui servent un peu à rien, des Wrong Cops dans toute leur splendeur. C'est complètement absurde comme d'habitude et on a droit à quelques moments dingues comme la rencontre entre le flic delaer et mélomane avec un adolescent attardé joué à merveille par Marylin Manson dans un rôle à contre emploi.

Il y a des bonnes idées partout dans le film, de bons délires mais j'ai trouvé que ça n'explosait vraiment jamais. J'attendais toujours le moment de l'éclat de rire, le feu d'artifice mais le film reste sur le même ton. Drôle mais sans plus, dommage.

Par contre j'ai beaucoup aimé la mise en scène façon série B des années 70. Un film très sympa mais à qui il manque un petit quelque chose en plus.

 

 

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Les Gazelles de Mona Achache

 

"Marie et Eric, trentenaires en couple depuis le lycée, signent l'achat de leur premier appartement quand Marie est saisie d’un doute vertigineux. Sa rencontre avec un beau brun ténébreux va précipiter sa décision : elle quitte Eric pour plonger dans le grand bain du plaisir et de la liberté.

Mais elle va surtout se manger le fond de la piscine…

Et découvrir un monde sans pitié : à son âge, le célibat est vite perçu comme une tare suspecte.

Eclairée par des amitiés nouvelles, Marie va apprendre à envisager son célibat comme une chance d'où elle pourrait sortir plus forte, et enfin prête à être heureuse."

 

Les Gazelles aborde le célibat des trentenaires qu'elles soient séparées, divorcées, en attente du grand amour ou dépressives. Pas facile de voir tous les couples heureux autour de soi alors elles se lancent dans une course effrénée qui ressemble fort à une course dans le vide.

Des choses justes, l'humiliation de devoir quémander un hébergement ou de devoir retourner chez ses parents, le pathétisme des plans culs foireux, le mec qui dégaine tout le temps son smartphone pour shooter genre pire qu'une blogueuse... Des actrices que j'aime beaucoup comme Audrey Fleurot (la meilleure du film) et Joséphine de Meaux. Une Anne Brochet délirante en quadra déchainée qu'on a plaisir à retrouver dans un registre nouveau.

J'ai moins aimé Camille Chamoux et son personnage carrément tête à claques et Samuel Benchetrit assez inexistant dans son rôle de loser ado attardé. Difficile également de croire à ce casting de filles qui bossent dans une Agence Pôle Emploi...

 

J'ai passé un bon moment mais il y a quand même pas mal de clichés et de scènes attendues notamment pendant les soirées et à la fin un goût de déception malgré tout. Il manque un je ne sais quoi pour que ce soit un chouette film de copines. Je suis restée sur ma faim...

Par Carole Nipette - Publié dans : Sorties culturelles... de maman, critiques cinéma. - Communauté : Les films : outil de culture
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Jeudi 6 mars 2014 4 06 /03 /Mars /2014 17:02

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The Grand Budapest Hotel de Wes Anderson

 

"Le film retrace les aventures de Gustave H, l’homme aux clés d’or d’un célèbre hôtel européen de l’entre-deux-guerres et du garçon d’étage Zéro Moustafa, son allié le plus fidèle.

La recherche d’un tableau volé, oeuvre inestimable datant de la Renaissance et un conflit autour d’un important héritage familial forment la trame de cette histoire au coeur de la vieille Europe en pleine mutation."

 

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J'ai fait un merveilleux voyage en posant mes valises au Grand Budapest Hotel. J'ai vévu des aventures formidables en compagnie d'une brochette de personnages étonnants, attachants et drôles.

J'aime les films qui se passent dans les hôtels car chaque client a une histoire, son histoire dans l'Histoire.

Depuis Rushmore en 1999, le premier film que j'ai vu de Wes Anderson, je n'en n'ai raté aucun (sauf son tout premier Bottle Rocket mais j'ai de la chance finalement d'avoir encore ce film à découvrir !) et j'ai tout de suite succombé à sa folie douce si caractéristique et à ses personnages toujours différents de ce qu'on voit ailleurs.

Le style Wes Anderson est unique et je l'adore. Ses images à l'empreinte si particulère, ses histoires poétiques et savoureuses, sa façon de raconter les histoires.

 

Ici au Grand Budapest Hotel, on écoute une histoire dans l'histoire qui raconte une histoire. Une belle histoire d'amitié et de transmission dans un monde à part.

On est entrainé dans une aventure épique passionnante dont les images nous sont transmises à la façon de cartes postales vintage dont le charme traverse le temps et avec un art admirable de la symétrie.

On y voit la fin d'un âge d'or avec l'arrivée de la guerre et des occupants, la fin d'un monde superbement raconté et mis en image par Wes Anderson.

Une fresque à l'humour fin et raffiné tout à l'image de Gustave H. le concierge du Grand Budapest Hôtel divinement joué par Ralph Fiennes.

 

Wes Anderson nous offre un casting de génie et des interprétations de génie même pour les rôles qui durent 2 minutes, ils sont tous parfaits. Chaque apparition est une surprise voire une frustration que ça ne dure pas plus longtemps. Owen Wilson trois minutes et Billy Crystal cinq minutes, trop dur !

 

C'est merveilleux, c'est sublime, c'est émouvant, c'est une oeuvre d'art à part entière. Une apothéose de tous les films du réalisateur tellement le film est maîtrisé et parfait du début à la fin.

Je n'ai pas envie de discerter plus longtemps parce que The Grand Budapest Hotel ça se vit en live.

Ça se voit que j'ai adoré je pense...

 

 

 

 

 

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Gloria de Sebastián Lelio

 

"A 58 ans, Gloria se sent toujours jeune. Célibataire, elle fait de sa solitude une fête et passe ses nuits dans les dancings de Santiago. Quand elle rencontre Rodolfo, tout change. Elle tombe amoureuse et s’abandonne totalement à leur passion tumultueuse. Traversée tour à tour par l'espoir et les désillusions, ce qui pourrait la faire sombrer va au contraire lui permettre d'ouvrir un nouveau chapitre de sa vie"

 

Gloria a des enfants qui vivent leur vie dans laquelle une mère n'a plus tellement de place. Elle chante tout le temps, ce n'est pas le genre à se morfondre sur sa vie passée et son célibat. Elle croque la vie à pleines dents même à 58 ans. C'est pour cela qu'elle ne s'embarrasse d'aucun complexe quand elle rencontre Rodolfo, un homme qui lui donne envie de profiter. Mais l'amour n'est pas toujiurs facile quel que ce soit l'âge auquel on y succombe.

 

Gloria c'est l'histoire d'une femme qui ne cesse jamais de croire, qui ne cesse jamais d'espérer, qui prend ce que la vie lui donne même si c'est à ses dépends. C'est l'histoire d'une femme heureuse de vivre, probablement trop heureuse pour son amant manipulateur qui n'est pas de taille face à une femme comme Gloria.

 

C'est le portrait sans concessions d'une femme à la soixantaine épanouie.

J'ai rarement vu une actrice de cet âge se lâcher et s'abandonner autant dans un rôle. Peut être même jamais. Déjà le corps est plutôt tabou au cinéma après 40 ans, alors la sexualité des seniors n'en parlons pas.

Elle est démente cette Paulina Garcia et son prix d'interprétation à Berlin est plus que mérité.

La superbe scène finale donne envie de se lever de son siège pour danser avec Gloria !

 

 

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Bethleem de Yuval Adler

 

"2005. Bethlehem sud de Jérusalem. Sanfur, un jeune palestinien vit dans l'ombre de son frère Ibrahim un terroriste à la tête d'un réseau influent. Razi, un agent des services secrets israëliens qui recrute des informateurs dans les territoires occupés s'en fait un allié, lui offrant ce qui manque à sa vie, l'estime et la bienveillance d'un père. Tentant d'assurer son rôle tout en restant loyal envers son frère, Sanfur navigue comme il peut d'un camp à un autre, commettant des impairs. Les services secrets découvrent qu'il participe aux activités de son frère, plongeant Razi dans un profond dilemme : doit-il donner une seconde chance à son indic ou obéir aux ordres ?"

 

Le film a obtenu rien de moins que 6 Ophirs (l'équivalent de nos Césars) dont Meilleur Film, Meilleur Scénario et Meilleur Réalisateur. Le réalisateur est israélien et le scénariste Ali Waked est palestinien et cela se voit dans le film qui aborde le conflit israélo-palestinien sans jamais prendre parti ni d'un côté ni de l'autre. Le film est remarquable sur ce plan, il nous fait entrer dans un quotidien où le terrorisme, l'espionnage, la peur, la haine, les contrôles sont monnaie courante et tout le monde vit avec.

On y découvre les rapports compliqués entre les israéliens et les palestiniens, entre les agents et leurs espions, entre l'Autorité palestinienne et le Hamas, entre les palestiniens engagés et l'Autorité palestinienne, tout ça dans la ville de Bethleem, ville historiquement symbolique.

C'est la première fois que j'ai compris un peu mieux les rapports compliqués qu'entretient l'Autorité palestinienne avec le Hamas.

Il y a des scènes très fortes et très dures notamment sur les interventions de l'armée israélienne dans la ville, la tension insoutenable ne cesse de monter et on a l'impression de ne plus être dans un film mais bien dans la réalité.

 

Les deux acteurs principaux sont excellents dans les rôles d'un gamin paumé au coeur d'enjeux qui le dépassent et un agent déchiré entre son devoir et son attachement quasi paternel. Toute l'ambiguïté de leurs rapports est au coeur du film.

C'est raconté à la manière d'un polar avec du suspense. On ressent les émotions à fleur de peau de tous les protagonistes qui vivent dans un état de guerre permanent.

Ça raconte aussi le quotidien d'hommes désoeuvrés dont la vengeance contre l'occupant est au coeur de leur vie, on comprend l'embrigadement...

Comme le réalisateur, je ne prendrais pas parti, on voit bien que c'est compliqué des deux côtés. Un excellent film, vraiment dur, qui m'a bouleversée et plus...

 

 

 

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Week-ends de Anne Villacèque

 

"Un rien suffit parfois à gâcher un week-end à la campagne. Un simple malentendu sur un parking de supermarché, un mauvais réflexe, et voilà que tout se détraque. Rien ne va plus pour Christine. Jean la quitte. Ses amis de toujours, Sylvette et Ulrich, sont un peu moins ses amis. Tout fout le camp. Mais la vie est toujours pleine de surprises.

Amours et désamours dans la vie de deux couples, le temps des week-ends."

 

Je vais aller vite parce que je n'ai pas grand chose à sauver de ce film qui m'a horripilée à un point. Mauvais dialogues, mauvaises interprétations dans l'ensemble (même Karine Viard que j'adore ne m'a pas convaincue, mieux vaut la voir dans Lulu femme nue), photo moche, une voix off totalement inutile et des situations incroyables dans le sens négatif du terme. Tout semble faux, l'amitié, l'amour, les rapports parents enfants... Des meilleurs amis comme le couple incarné par Noémie Lvovsky et Ulrich Tukur, je n'en voudrais pour rien au monde, tu parles d'amis... Bon d'accord ça parle du temps qui passe et bla bla bla, mais à aucun moment je n'ai été touchée par cette histoire de séparation bref un film vain qui ne réussit pas à raconter une histoire crédible...

Par Carole Nipette - Publié dans : Sorties culturelles... de maman, critiques cinéma. - Communauté : Les films : outil de culture
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Mardi 25 février 2014 2 25 /02 /Fév /2014 09:30

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Lulu femme nue de Solveig Anspach

 

"À la suite d’un entretien d’embauche qui se passe mal, Lulu décide de ne pas rentrer chez elle et part en laissant son mari et ses trois enfants. Elle n’a rien prémédité, ça se passe très simplement. Elle s’octroie quelques jours de liberté, seule, sur la côte, sans autre projet que d’en profiter pleinement et sans culpabilité. En chemin, elle va croiser des gens qui sont, eux aussi, au bord du monde : un drôle d’oiseau couvé par ses frères, une vieille qui s’ennuie à mourir et une employée harcelée par sa patronne… "

 

Karin Viard exceptionnelle, ça oui elle l'est ! Elle est immense cette comédienne qui peut tout jouer avec un naturel toujours aussi confondant. Elle est ultra attachante dans ce rôle de femme et de mère un peu à l'ouest qui retrouve sa liberté et son insouciance. Elle souffle, elle respire à plein poumons sans mari, ni enfants sur le dos. Pour la première fois depuis longtemps, Lulu va prendre le temps de vivre et de penser à elle.

La rencontre avec un trio excentrique de frères va la déshiniber. Elle revit.

S'accorder une parenthèse sans se poser de questions, qui en est vraiment capable ? Lulu va jusqu'au bout de son délire et peu importe que sa famille ne comprenne pas. Elle se trouve une nouvelle famille de substitution pendant ces quelques jours hors de sa réalité.

Au fur et mesure de son "aventure" elle se retrouve et prend de l'assurance. Elle aide les autres en s'aidant soi-même finalement.

Un magnifique portrait de femme qui parlera à beaucoup. A toutes ces mères et épouses qui oublient qu'elles sont aussi des femmes à part entière et qu'elles peuvent exister par elles-mêmes tout en existant pour les siens.

Karin Viard exceptionnelle oui mais tous les interprètes du film le sont aussi. C'est un régal ! De Bouli Lanners en nounours tendre et comique à Corinne Masiero en patronne de bar perverse, de Pascal Demolon et Philippe Rebbot épiques dans les rôles de frères à Claude Gensac (toute mon enfance De Funès !) qui est encore un sacré personnage de cinéma à 86 ans !

 

 

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Ida de Pavel Pawlikowski

 

"Dans la Pologne des années 60, avant de prononcer ses voeux, Anna, jeune orpheline élevée au couvent, part à la rencontre de sa tante, seul membre de sa famille encore en vie qui lui révèle ses origines juives. Elle découvre alors un sombre secret de famille datant de l'occupation nazie."

 

L'atmosphère est froide et pesante au couvent où l'on découvre la jeune Ida qui se prépare à prononcer ses voeux. Le noir et blanc accentue forcément la déprime, normal car la vie est en couleurs. Ici c'est vrai que les couleurs de la vie des gens semblent se confondre avec le noir et blanc. Ida rencontre sa tante, une juge qui ne semble avoir peur de rien. Une femme seule qui mène sa vie avec une liberté rafraichissante compte tenu du contexte politique de la Pologne des années 60.

Ida qui a perdu ses parents alors qu'elle était enfant, apprend qu'elle est juive.

C'est destin d'une jeune fille sans histoires, au propre et au figuré, qui en l'espace de quelques jours va découvrir son passé, sa famille et se découvrir elle-même.

 

Les deux femmes vont partir sur les traces de leur famille juive cachée pendant la guerre dans une Pologne ouvertement antisémite et où beaucoup ont à se reprocher.

Cette "promenade" dans la campagne va réveler bien des secrets et des années après la guerre, la haine des juifs est toujours ancrée sur cette terre.

C'est la rencontre entre une fille orpheline et sa tante, entre une femme et son passé, entre une nonne et la vie à laquelle elle est prête à se soustraire.

Toutes ces rencontres manquées auxquelles la vie nous soumet parfois. Tous ces espoirs qui naissent et meurent presque aussi vite qu'ils sont apparus.

Ida raconte une histoire dure, sans concessions et en même temps on voit la jeune fille s'ouvrir un peu aux autres, découvrir le pouvoir de la musique sur les êtres. On se dit, quelle tristesse, si elle devient nonne elle ne pourra plus écouter de musique alors qu'elle semble vraiment heureuse.

Ida se pose des questions sur sa foi, sur son avenir, elle doute mais reste accrochée à son culte tout en expérimentant des nouveautés, on croirait qu'elle se fabrique des souvenirs.

Une fois le passé enterré, on espère. Jusqu'à la fin, je veux croire qu'elle ne choisira cet enfermement, cette renonciation (et pour le savoir il faudra aller voir le film...)

 

Un film bouleversant et dramatique, deux beaux portraits de femmes dans une époque sombre. Des images magnifiques, une mise en scène épurée qui renforce les émotions et transcende les êtres. Un drame existentiel tout en retenue et sobriété mais d'une force incroyable.

 

 

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Les Grandes Ondes (à l'Ouest) de Lionel Baier

 

"Avril 1974. Deux journalistes de la radio sont envoyés au Portugal pour réaliser un reportage sur l’entraide suisse dans ce pays. Bob, technicien proche de la retraite, les accompagne à bord de son fidèle combi VW. Mais sur place, rien ne se passe comme prévu : la tension est à son comble entre Julie, la féministe, et Cauvin le reporter de guerre roublard. La bonne volonté de Pelé, le jeune traducteur portugais, n’y fait rien : la petite équipe déclare forfait. Mais le vent de l’Histoire pousse le Combi VW en plein coeur de la Révolution des Oeillets, obligeant cette équipe de Pieds nickelés à prendre part, et corps, à cette folle nuit du 24 avril 1974."

 

Des journalistes de la radio suisse envoyés au Portugal pour satisfaire à de sombres exigences politiques, au départ je n'aurais pas misé un kopeck sur cette histoire. En fait, je n'avais pas lu le résumé avant d'aller voir le film, l'affiche, le casting et l'avis d'un ami m'ont décidée.

Et puis j'ai passé un sacré bon moment et j'ai énormément ri. C'est une vraie comédie originale et décalée, si c'est ça l'humour suisse je suis fan !

Cette joyeuse bande de personnages m'a complètement embarquée dans son combi plus vrai que nature. Entre un technicien maniaque, une jeune féministe libérée, un reporter mufle et orgueilleux, un jeune garçon sensible et touchant grand fan de Pagnol, les échanges sont parfois explosifs mais aussi émouvants.

On rit de ces quelques vérités bien envoyées sur la Suisse et les discours racistes d'un vieux portugais résonnent étrangement avec l'actualité suisse du moment sur les histoires d'immigration.

Le reportage est au point mort quand tout bascule avec la Révolution des Oeillets. L'équipe au complet prise dans la tourmente va se déchainer et se réveler. Cela donne une soirée d'anthologie à laquelle, je l'avoue, j'aurais bien participé dans ces conditions. Ah les années 70 !

 

Une histoire improbable et pleine de charme interprétée avec fantaisie. Allez-y, ça vous mettra la patate !

 

 

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La Belle et la Bête de Christophe Gans

 

"1810. Après le naufrage de ses navires, un marchand ruiné doit s’exiler à la campagne avec ses six enfants. Parmi eux se trouve Belle, la plus jeune de ses filles, joyeuse et pleine de grâce. Lors d’un éprouvant voyage, le Marchand découvre le domaine magique de la Bête qui le condamne à mort pour lui avoir volé une rose. Se sentant responsable du terrible sort qui s’abat sur sa famille, Belle décide de se sacrifier à la place de son père. Au château de la Bête, ce n’est pas la mort qui attend Belle, mais une vie étrange, où se mêlent les instants de féerie, d’allégresse et de mélancolie..."

 

La lumière s'éteint dans la salle et la voix du conteur s'élève dans le silence. Nous sommes bien installés, c'est comme si on se retrouvait pour la veillée au coin du feu avec une belle histoire. Dès les premiers mots, l'histoire nous embarque. Et quelle histoire. Un de ces contes épiques qui mêle aventure, romantisme, féérie, magie et imaginaire mystique.

Puis les mots se tranforment en images et c'est sublime. Des fresques grandioses avec un sens inoui du détail et du décor dans chaque scène. Les images alternent avec la voix et on est comme des gosses pour savoir la suite.

 

Cette nouvelle adaptation du célèbre conte est directement inspiré de l'histoire originale écrite par Gabrielle-Suzanne de Villeneuve en 1740. Quel plaisir de retrouver la "vraie" histoire de la Belle et la Bête avec tous les tenants et les aboutissants liés à chaque personnage. Cette version de Christophe Gans est la plus intéressante de toutes (même si j'aime bien celles de Disney et de Cocteau). Magie et suspense sont étroitement mêlés tout comme la nature et l'humain.

Le mélange entre la réalité et la mythologie est parfaitement restitué dans le film, les interactions entre les deux mondes sont d'un réalisme et d'une force incroyables. Les effets spéciaux sont plus que réussis.

C'est une histoire d'amours, l'amour d'un homme pour une femme, l'amour d'un père pour sa fille ou d'une fille pour son père, l'amour d'une Bête pour une Belle...

 

Un film envoutant, une belle oeuvre romanesque dans laquelle le grand spectacle rejoint l'intime enfoui au plus profond des êtres...

 

J'ai vu le film avec ma fille de 8 ans et c'est tout à fait adapté aux enfants de cet âge. Elle a évidemment craqué pour les petits chiens qui ressemblent à de gros Petshop vivants.

 

Par Carole Nipette - Publié dans : Sorties culturelles... de maman, critiques cinéma. - Communauté : Les films : outil de culture
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Vendredi 14 février 2014 5 14 /02 /Fév /2014 09:26

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Dallas Buyers Club de Jean-Marc Vallée

 

"1986, Dallas, Texas, une histoire vraie. Ron Woodroof a 35 ans, des bottes, un Stetson, c’est un cow-boy, un vrai. Sa vie : sexe, drogue et rodéo. Tout bascule quand, diagnostiqué séropositif, il lui reste 30 jours à vivre. Révolté par l’impuissance du corps médical, il recourt à des traitements alternatifs non officiels. Au fil du temps, il rassemble d’autres malades en quête de guérison : le Dallas Buyers Club est né. Mais son succès gêne, Ron doit s’engager dans une bataille contre les laboratoires et les autorités fédérales. C’est son combat pour une nouvelle cause… et pour sa propre vie."

 

Même si je  connais un peu l'histoire des débuts du sida dans les années 80 et que j'ai entendu parler du scandale de l'AZT, je ne savais pas que Ron Woodroof avait été un militant engagé contre l'industrie pharmaceutique et que son acharnement contre la toute puissante Food Drug Admnistration avait payé. Jean-Marc Vallée nous raconte une histoire vraie qui a compté dans le traitement du sida.

 

Dans le première partie du film, Ron Woodroof découvre sa maladie dans un Texas ultra macho. Le sida ce n'est que pour les homosexuels et la première phase par laquelle il va passer est celle du déni absolu. Les autres ne sont pas tendres avec un séropositif et l'homophobie va bon train. Ron lui même va subir les insultes et les bassesses, ce qu'il faisait probablement subir aux autres avant. Puis après la phase d'acceptation, il entre dans le processus de survie.

Après sa rencontre avec Rayon, séropositif, homo et travesti, il commence par delaer de l'AZT, le seul traitement disponible contre le sida. On en est au stade des traitements expérimentaux, les médecins tatonnent et naviguent à vue.

 

Mais Ron ne se satisfait pas de cette situation, il rencontre d'autres médecins d'un circuit parallèlle, s'intéresse à sa santé de plus et on voit l'émergence du discours sur la nourriture saine, pas de drogues, pas d'alcool, l'importance d'avoir une vie équilibrée pour lutter contre le sida. Un discours contradictoire avec le discours médical ambiant qui ne donne aux malades du sida qu'une faible espérance de vie.

Il fallait être sacrément fou ou visionnaire pour se lancer dans un business d'abonnements à un traitement médical. On peut dire qu'il est le premier à avoir eu l'idée de faire une "box" mensuelle ! Ron Woodroof vendait des médicaments et des vitamines, mais plus que ça, il vendait de l'espoir et ça a cartonné. En même temps ça restait un business dont on voit la dureté dans le film, Ron n'est pas un enfant de choeur.

 

Tout le monde a parlé des performances de Matthew Mc Conaughey et Jared Leto à juste titre. Ils sont formidables de justesse et n'en font pas trop. Ils "sont" tellement leurs personnages. Leurs histoires sont dramatiques mais il y a pas mal d'humour dans le film et les deux protagonistes y sont pour beaucoup.

 

Dallas Buyers Club est l'histoire d'une lutte pour la survie, une lutte pour avoir droit aux bons soins, une lutte contre un monopole, contre un establishment, une lutte pour l'humanité finalement... Une lutte qui aura permis à Ron de vivre 2557 jours au lieu de 30 et qui aura aidé au traitement du sida. Du très bon cinéma avec un intérêt historique évident.

 

 

 

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Tonnerre de Guillaume Brac

 

"Un rocker trop sentimental, une jeune femme indécise, un vieux père fantasque. Dans la petite ville de Tonnerre, les joies de l’amour ne durent qu’un temps. Une disparition aussi soudaine qu’inexpliquée et voici que la passion cède place à l’obsession."

 

J'étais contente de retrouver Vincent Macaigne que j'avais adoré dans "2 Automnes 3 Hivers". Encore une fois il est juste et attachant mais trop sur le même registre finalement.

Immersion dans le quotidien d'une petite ville de l'Yonne, Tonnerre, une ville où l'on ne court pas, où le temps semble s'être arrêté. J'ai lu partout des histoires de paysages magnifiés, j'ai trouvé toute cette neige et cette grisaille tellement déprimantes.

Le film parle d'amour avec un vague discours introspectif sur la célébrité et la création, sur la fidélité mais ça ne va jamais loin, dommage.

J'ai eu du mal à comprendre cette histoire d'amour qui vire à l'obession. Tous les protagonistes semblent paumés, c'est vraiment la confusion des sentiments. Je n'ai pas suivi ce Maxime, trop émotionnellement immature, dans son délire amoureux. J'avais envie de lui dire "Mais arrête, qu'est ce tu fous bon sang ?" La deuxième partie du film qui vire au polar est suprenante et pas aboutie.

Bizarrement j'ai plutôt aimé le film mais en sortant j'ai eu le vague sentiment d'avoir perdu mon temps. J'ai attendu quelque chose qui n'est pas venu, un souffle qui s'est perdu en route et au final ce Tonnerre est vain et ne m'a rien apporté...

 

 

 

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Un beau dimanche de Nicole Garcia

 

"Baptiste est un solitaire. Instituteur dans le sud de la France, il ne reste jamais plus d’un trimestre dans le même poste. A la veille d’un week-end, il hérite malgré lui de Mathias, un de ses élèves, oublié à la sortie de l’école par un père négligent. Mathias emmène Baptiste jusqu’à sa mère, Sandra. C’est une belle femme, qui après pas mal d’aventures, travaille sur une plage près de Montpellier. En une journée un charme opère entre eux trois, comme l’ébauche d’une famille pour ceux qui n’en ont pas. Ça ne dure pas. Sandra doit de l’argent, on la menace, elle doit se résoudre à un nouveau départ, une nouvelle fuite. Pour aider Sandra, Baptiste va devoir revenir aux origines de sa vie, à ce qu’il y a en lui de plus douloureux, de plus secret."

 

C'est beau une mère qui filme son enfant ! Je suis tombée sous le charme de Pierre Rochefort aussi bon comédien que beau et on sent que la caméra l'aime. Quand à Louise Bourgoin je l'aime aussi et elle ajoute une nuance de plus à son jeu, tout en finesse, de comédienne dans un registre dramatique.

 

Au début du film, l'instituteur fait irruption dans la vie d'un de ses élèves, le genre de choses que les profs font rarement. Que savent-ils vraiment des vies des enfants quand ils voient à peine les parents ? Baptiste se rend compte que ce n'est pas facile pour Mathias et il décide de l'aider sans réfléchir pas forcément convaincu mais il le fait quand même. Ce n'est que lorsqu'il rencontre Sandra la mère qu'on le sent plus impliqué. C'est la rencontre de deux âmes perdues et cabossées. Pour elle, il va revoir sa famille et régler ses comptes avec ceux qui lui ont fait du mal, ceux qui ne l'ont pas accepté comme il était, ceux qui l'ont traité comme une brebis galeuse.

Une famille bourgeoise bien comme il faut dans laquelle Sandra dénote mais c'est auprès d'elle qu'il trouve la compréhension dont l'ont privée ceux qui étaient censés l'aimer. Lui qui ne rentrait pas dans le rang il se range avec Sandra et son fils.

 

J'ai été trés émue par le couple formé de Baptiste et Sandra, Un beau dimanche est finalement une très belle comédie dramatique romantique.

 

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Jacky au Royaume des Filles de Riad Sattouf

 

"En république démocratique et populaire de Bubunne, les femmes ont le pouvoir, commandent et font la guerre, et les hommes portent le voile et s’occupent de leur foyer. Parmi eux, Jacky, un garçon de vingt ans, a le même fantasme inaccessible que tous les célibataires de son pays : épouser la Colonelle, fille de la dictatrice, et avoir plein de petites filles avec elle. Mais quand la Générale décide enfin d’organiser un grand bal pour trouver un mari à sa fille, les choses empirent pour Jacky : maltraité par sa belle-famille, il voit son rêve peu à peu lui échapper..."

 

J'étais très curieuse de voir le nouveau film de Riad Sattouf dont j'ai adoré Les Beaux Gosses.

Je dis qu'il en faut des couilles pour faire et sortir un film pareil dans notre époque perturbée. Dommage le film ne marche pas et clairement il ne peut pas plaire aux esprits obtus et enfermés dans quelque dogme que ce soit. L'effet miroir ferait mal...

En attendant j'ai passé un très bon moment avec un casting de dingue. Même des rôles de trois minutes nous offrent de belles surprises. Riad Sattouf a inventé un univers et un vocabulaire bien pensé. C'est un festival de nouveaux mots !

On se retrouve au pays de Bubunne, où le peuple habite dans un genre de kolkhoze mixé avec un stalag mixé avec un pays intégriste et une dictature militaire. Les habitants sont "nourris au grain" avec une bouillie qui arrive directement dans les cuisines et qu'ils avalent chaque jour sans poser de questions. Un parallèle avec la bouillie que nous déversent les médias ?

J'y ai vu un pamphlet contre tous les intégrismes, contre les traitemens infligés aux femmes et aux enfants dans certaines sociétés et contre la connerie aussi. Que tout soit traité par l'humour et la dérision fait que le ressenti est plus fort. Ce qui pourrait passer pour une vaste farce est en fait une dénonciation très intelligente. La prise de conscience est plus terrible même si l'on rit.

Vincent Lacoste est décidément parfait et son côté androgyne fait un malheur quand il se retrouve déguisé en fille.

Par Carole Nipette - Publié dans : Sorties culturelles... de maman, critiques cinéma. - Communauté : Les films : outil de culture
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Mardi 28 janvier 2014 2 28 /01 /Jan /2014 06:12

 

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Synopsis

 

"Inspiré par le fameux concepteur d’avions Giovanni Caproni, Jiro rêve de voler et de dessiner de magnifiques avions. Sa mauvaise vue l’empêche de devenir pilote mais il se fait engager dans le département aéronautique d’une importante entreprise d’ingénierie en 1927. Son génie l’impose rapidement comme l’un des plus grands ingénieurs du monde.

Le Vent se lève raconte une grande partie de sa vie et dépeint les événements historiques clés qui ont profondément influencé le cours de son existence, dont le séisme de Kanto en 1923, la Grande Dépression, l’épidémie de tuberculose et l’entrée en guerre du Japon. Jiro connaîtra l’amour avec Nahoko et l’amitié avec son collègue Honjo. Inventeur extraordinaire, il fera entrer l’aviation dans une ère nouvelle."

 

"Le vent se lève, il faut tenter de vivre..." Cette phrase, extraite d'un poème de Paul Valéry "Le cimetière marin" est le leitmotiv du film. Elle résonne comme un mantra, une ode à la vie, l'espoir que l'on met à vivre.

Le film s'ouvre sur une scène symbolique d'un rêve partagé. Jiro rêve et se retrouve dans celui de Caproni. Avoir un rêve c'est beau et le partager c'est magique. Lors de ce rêve Caproni va dire à Jiro "Les avions sont des rêves merveilleux, ils ne devraient jamais servir à faire la guerre". Et pourtant toute l'ingéniosité de Jiro va servir à fabriquer des avions de chasse, quelle ironie.

 

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Jiro est un jeune homme altruiste et d'une générosité sans pareille, n'hésitant jamais à aider son prochain en difficulté ou ses collègues de travail. Il passe sa vie à rêver de voler avec des avions qu'il aura imaginé. Il rêve au propre et au figuré et donne tout ce qu'il a pour son métier d'ingénieur en aéronautique.

Toute la première partie du film, Miyazaki prend le temps et s'attarde sur son héros, ses aspirations et sa passion. Jiro rêve, on rêve avec lui, on s'évade et on s'envole dans les airs tout en traversant des périodes difficiles de l'histoire du Japon.

 

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La deuxième partie est plus romantique et apporte au film une dimension encore plus poétique. Une histoire d'amour tragique qui gagne en intensité au fur et à mesur que Jiro se rapproche de son rêve. Sa passion semble pourtant plus forte, elle vire à l'obsession et c'est là qu'il met enfin au point son avion parfait, le fameux Chasseur Zéro (que tous les fans de Pappy Boyington connaissent par coeur).

Il y d'autres choses encore sur l'engagement, sur la guerre, sur la liberté...

 

Le Vent se lève est un magnifique film testament de son auteur et esthétiquement on est ébloui encore plus que d'habitude par la beauté des images. La musique est sublime. J'ai bien aimé retrouver une figure connue des films de Miyazaki avec le visage de Castorp (nom du personnage pris chez Thomas Mann) qui ressemble à celui de la sorcière du Voyage de Chihiro ou de la chef de bande du Château dans le ciel ou encore de Sophie en vieillarde dans Le Château ambulant. Et il y en a d'autres des similitudes ou des références à toute la filmographie d'Hayao Miyazaki. Il faudrait revoir le film plusieurs fois pour tout retrouver !

 

Une phrase résonne encore en moi "L'atteinte à la vie privée est indigne d'un état moderne". A méditer surtout aujourd'hui n'est ce pas ?

 

 

Par contre le film n'est pas vraiment adapté aux plus petits. Je dirais qu'à partir de 8 ans c'est bien et encore l'enfant ne comprendra pas tout. Nina m'a dit avoir beaucoup aimé, surtout l'histoire d'amour, mais je pense qu'elle a trouvé le temps un peu long quand même notamment au début. En tout cas, le film a occasionné beaucoup de questions et nous avons eu de longues discussions sur des sujets aussi variés mais un peu tristes comme les tremblements de terre, la tuberculose, la guerre, le sacrifice par amour...

 

 

Voilà c'est fini en j'ai presque les larmes aux yeux en repensant au film, à la carrière de Miyazaki, à tous ces films magnifiques qu'il nous a donné, à toutes ses émotions suscitées depuis tant d'années...

 

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Par Carole Nipette - Publié dans : Sorties culturelles... de maman, critiques cinéma. - Communauté : Les films : outil de culture
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Lundi 6 janvier 2014 1 06 /01 /Jan /2014 09:00

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Suzanne de Katell Quillévéré

 

"Fille-mère à l'adolescence, Suzanne vit avec son père routier et sa sœur dont elle est inséparable. Sa vie bascule lorsqu'elle tombe amoureuse de Julien, petit malfrat qui l'entraine dans sa dérive. S'ensuit la cavale, la prison, l'amour fou qu'elle poursuit jusqu'à tout abandonner derrière elle..."

 

Suzanne est un film sombre et silencieux à l'image de son héroïne. Suzanne vit et grandit et on le sentiment qu'elle est parfois transparente, qu'elle subit plutôt qu'elle ne choisit.

On peut se demander si l'absence de sa mère, y est pour quelque chose mais jamais le film ne tombe dans une explication psychologique facile. Suzanne avance mais fait du sur place. Tout est arrivé trop tôt pour elle, la mort de sa mère, sa maternité, son entrée dans le monde du travail...

Lorsqu'elle tombe amoureuse de Julien qui va l'entrainer dans sa chute, on a du mal à comprendre qu'elle plaque tout pour lui. Mais c'est probablement la première fois qu'elle se sent en vie, libre et en vie. Tellement en vie que peu importe les conséquences de ses actes, pour elle, pour ses proches qui n'existent plus. Une descente aux enfers choisie ?

Suzanne c'est un beau portrait de fille et femme qui cherche sa place sans la trouver vraiment, un portrait déprimant d'une génération paumée qui vit de petits boulots et de combines. Comme le disait la réalisatrice "Des Suzanne il y en a plein les prisons de France" et oui, le destin de Suzanne est d'une banalité terrifiante.

Le film se termine par une petite note d'espoir, infime mais présente, la seule bouffée d'air frais en 1h30, on y croit...

 

Sara Forestier interprète Suzanne avec une sobriété émouvante, elle parle très peu dans le film mais fait tout passer sur son visage. François Damiens est touchant dans un registre dramatique dans lequel on n'a pas l'habitude de le voir et Adèle Haenel dans le rôle de la soeur de Suzanne est remarquable, sa fraicheur et sa spontanéité donnent au film les notes les plus joyeuses.

 

 

 

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2 Automnes 3 Hivers de Sébastien Betbeder

 

"A 33 ans, Arman a décidé de changer de vie. Pour commencer, il court. C’est un bon début. Amélie poursuit la sienne (de vie) et court, elle aussi. La première rencontre est un choc. La seconde sera un coup de couteau en plein cœur."

 

La très bonne surprise de cette fin d'année vient d'un film sans stars, sans artifices et qui malheureusement bénéficie d'une toute petite sortie en salles.

J'ai eu le sourire aux lèvres quasiment tout le film, même les moments dramatiques sont amenés avec humour.

En 1h20, Sébastien Betbeder réussit à dresser un portrait complet, attachant et intelligent de la génération contemporaine des trentenaires. Amour, travail, études, rapport à la famille, art, mal être, sexualité, désir d'enfant et même la maladie (ici l'AVC mais ça aurait pu être autre chose) qui touchent de plus en plus de jeunes.

Il y a multitude de choses de la vie de tous les jours pas forcément intéressantes mais la force du film est de nous les rendre passionnantes.

Cerise sur le gâteau pour les parisiens ou ceux qui connaissent la ville (ceux qui n'en sont pas pourront faire le reproche je sais...), le film est très en phase avec la réalité parisienne puisque c'est la ville des personnages. Noms de rue, de restaurants, de cinémas, de cafés, de supermarchés, on sourit forcément, on se reconnait encore plus. C'est aussi le Paris où l'on recontre des gens perdus de vue au coin de la rue.

(Et puis Michel Delpech, ceux qui savent comprendront...)

 

2 Automnes 3 Hivers est un fim simple, drôle et touchant très ancré dans le réel et j'ai vraiment craqué pour le style, les histoires, l'humour, les acteurs.

On se laisse prendre au charme de la voix de Vincent Macaigne, irrésistible narrateur du film, au charme lunaire de Bastien Bouillon et au charme tout en douceur de Maud Wyler.

 

 

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Casse-tête chinois de Cédric Klapisch

 

"Xavier a maintenant 40 ans. On le retrouve avec Wendy, Isabelle et Martine quinze ans après L’Auberge Espagnole et dix ans après Les Poupées russes. La vie de Xavier ne s’est pas forcément rangée et tout semble même devenir de plus en plus compliqué. Désormais père de deux enfants, son virus du voyage l’entraîne cette fois à New York, au beau milieu de Chinatown. Dans un joyeux bordel, Xavier cherche sa place en tant que fils, en tant que père… en tant qu’homme en fait !"

 

Dans l'ensemble je n'ai pas boudé mon plaisir, j'aime toujours autant Romain Duris et sa bande de copines mais je ne me suis pas retrouvée dans ces interrogations de quarantenaires finalement. Et j'ai trouvé qu'il y a avait trop de clichés comme par exemple le personnage de Cécile de France qui en fait un peu beaucoup trop, l'avocat New-yorkais, la scène chinoise et d'autres... Kelly Reilly a probablement les plus beaux yeux du monde mais sa prestation est la moins convaincante.

On retrouve des "trucs" de mise en scène de Klapisch et on découvre sa vision de New-York à travers les yeux de Xavier. De bonnes idées comme les dialogues avec les philosophes allemands, de la bonne humeur et de belles images de New-York. Des thèmes contemporains comme la famille recomposée, l'homoparentalité, la mid-life crisis abordés avec humour et tendresse. Un film sur le temps qui passe et le "qui suis-je, où vais-je...".

Un bon moment, on rigole et ça détend bien sans être génial.

 

 

Par Carole Nipette - Publié dans : Sorties culturelles... de maman, critiques cinéma. - Communauté : Les films : outil de culture
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Mardi 24 décembre 2013 2 24 /12 /Déc /2013 16:00

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Zulu de Jérôme Salle

 

"Dans une Afrique du Sud encore hantée par l'apartheid, deux policiers, un noir, un blanc, pourchassent le meurtrier sauvage d'une jeune adolescente. Des Townships de Capetown aux luxueuses villas du bord de mer, cette enquête va bouleverser la vie des deux hommes et les contraindre à affronter leurs démons intérieurs."

Interdit aux moins de 12 ans avec avertissement

 

Je n'ai pas lu "Zulu" de Caryl Férey dont le film est une adaptation mais j'ai lu "Mapuche" et je sais de quoi l'auteur est capable niveau imbrication des histoires et violence. J'ai retrouvé des similitudes dans la façon de raconter.

 

Zulu est un film intense et prenant du début à la fin. Deux histoires se rejoignent, l'enquête sur le meurtre de la jeune fille blanche et la disparition de jeunes enfants noirs des townships dont tout le monde se fout ou presque. Deux histoires qui vont rejoindre les histoires personnelles chargées des deux flics et l'histoire de l'Afrique du Sud par extension.

Tous les ingrédients du polar sont réunis, flics à problèmes, femme fatale, salauds ignobles, prostituées... et le suspense est au rendez-vous.

Le film est violent oui mais pas autant que la réalité, c'est un fait. L'Afrique du Sud peine encore à gérer ses problèmes et l'héritage de Nelson Mandela. Le problème des tonwships est loin d'être réglé.

Zulu aborde aussi le thème de la vengeance, de la foi en la justice. Etre meilleur que ses bourreaux ou que des assassins, est ce vraiment si facile ?

Et comment ne pas admirer la performance d'Orlando Bloom qui prouve qu'il est un excellent acteur dans un registre beaucoup plus dur que ce dans quoi on a l'habitude de le voir. J'espère que d'autres metteurs en scène verront son potentiel.

 

 

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Les garçons et Guillaume, à table ! de Guillaume Gallienne

 

 

"Le premier souvenir que j’ai de ma mère c’est quand j’avais quatre ou cinq ans. Elle nous appelle, mes deux frères et moi, pour le dîner en disant : "Les garçons et Guillaume, à table !" et la dernière fois que je lui ai parlé au téléphone, elle raccroche en me disant : "Je t’embrasse ma chérie" ; eh bien disons qu’entre ces deux phrases, il y a quelques malentendus."

 

Je n'ai malheureusement pas vu la pièce du même nom, le succès fut phénoménal et les places se sont arrachées. Et j'ai même eu la chance d'être totalement vierge de cette histoire, la surprise a donc été totale au cinéma et je ne spoilerai pas ici.

Niveau comédie, c'est une vraie réussite, j'ai ri mais j'ai ri tellement l'univers dans lequel a grandi Guillaume Gallienne me parle. Les scènes en Espagne et les remakes de Sissi c'est pour moi !

Il est tellement doué en mimiques et arrive à tout montrer sur son visage, quel talent ! Sans parler du rôle de sa propre mère qu'il incarne à la perfection. J'ai adoré ce personnage de femme trash et distinguée à la fois, je bvuvais du petit lait.

On rit beaucoup mais surtout parce que Guillaume Gallienne a de l'humour et du recul par rapport à ce qu'il a vécu et ça n'était pas drôle tous les jours.

Il livre une magnifique réflexion sur la place qu'on occupe dans une famille, sur la construction d'une personnalité, sur le poids de la famille et de la société quand on ne rentre pas dans le moule préconçu.

C'est aussi une belle déclaration d'amour aux femmes en général, à la mère en particulier. Les mots qu'il dit à sa mère à la fin m'ont fait pleurer et sont parmi les plus beaux que j'ai jamais entendu sur le sujet.

Un film thérapie qui parle à tout le monde et qui donne une formidable leçon d'humanité.

 

 

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La Jalousie de Philippe Garrel

 

"Louis quitte Clotilde avec qui il a eu un enfant pour Claudia. Louis et Claudia font du théâtre. L'un enchaîne les rôles tandis que l'autre ne joue pas. Claudia aime Louis, mais elle a peur qu'il la quitte. Un soir, elle fait la rencontre d'un architecte qui lui propose du travail. Louis aime Claudia, mais maintenant c'est lui qui a peur qu'elle le quitte... Et au milieu, il y a Charlotte, la fille de Louis."

 

Le film se concentre sur les relations amoureuses de Louis et Claudia et en même temps je trouve que l'amour est peu présent.

Parti pris de filmer l'histoire sans qu'on puisse la dater, difficile de dire à quelle époque se passe le film, c'est étrange. Décors vieillots, pas de trace de modernité (téléphones portables par ex...)... J'imagine que c'est pour laisser la place à l'histoire mais comme il ne se passe pas grand chose c'est loupé.

C'est un film sombre renforcé par le noir et blanc, les seules notes de joie viennent de la petite fille.

Le film s'appelle "La Jalousie" et je n'ai pas vu le sujet traité.

Pour moi, malgré la belle présence de Louis Garrel, le film est vain et ne sert à rien. Pas de passion, pas de sentiments qui sont censés nous bouleverser comme dans toute histoire d'amour, des scènes totalement inutiles et la fin atteint des sommets de ridicule...

Par Carole Nipette - Publié dans : Sorties culturelles... de maman, critiques cinéma. - Communauté : Les films : outil de culture
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Dimanche 17 novembre 2013 7 17 /11 /Nov /2013 07:57

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Gravity d'Alfonso Cuarón

 

"Pour sa première expédition à bord d'une navette spatiale, le docteur Ryan Stone, brillante experte en ingénierie médicale, accompagne l'astronaute chevronné Matt Kowalsky. Mais alors qu'il s'agit apparemment d'une banale sortie dans l'espace, une catastrophe se produit. Lorsque la navette est pulvérisée, Stone et Kowalsky se retrouvent totalement seuls, livrés à eux-mêmes dans l'univers et vont tout tenter pour rentrer sur terre..."

 

Filmer un huit clos étouffant dans l'espace il fallait le faire ! Malgré l'immensité infinie de l'espace Alfonso Cuaron a réussi à créer un climat incroyable de proximité avec ses personnages.

C'est superbement filmé, un véritable ballet aérien, des scènes démentes de chaos destructeur et l'image éternelle de la terre vue des étoiles.

 

Le suspense est haletant tout comme l'est la respiration dans les casques quand le coeur palpite à 200 à l'heure.

C'est un film sur le sens de la vie et de la mort, l'histoire d'une naissance, d'une renaissance. Ce magnifique plan de Sandra Bullock en position foetale dans la capsule est d'une symbolisme puissant. C'est une histoire de survie, une histoire universelle finalement...

Je n'ai pas envie d'en raconter plus mais j'ai adoré être dans cet espace comme on ne l'avait encore jamais vu au cinéma...

 

Par contre, je crois que je n'arriverai jamais à me faire à ces lunettes 3D dont je sens physiquement la présence sur mon nez et mon visage, toujours ce filtre entre moi et le film qui m'empêche d'être à 100% dedans. Sans parler des couleurs ternes...

J'aime l'effet 3D mais pas les lunettes...

 

 

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9 mois ferme d'Albert Dupontel

 

"Ariane Felder est enceinte ! C'est d'autant plus surprenant que c'est une jeune juge aux mœurs strictes et une célibataire endurcie. Mais ce qui est encore plus surprenant, c'est que d'après les tests de paternité, le père de l'enfant n'est autre que Bob, un criminel poursuivi pour une atroce agression ! Ariane, qui ne se souvient de rien, tente alors de comprendre ce qui a bien pu se passer et ce qui l'attend..."

 

Hilarant, pas du tout politiquement correct comme j'aime. Albert Dupontel est en grande forme et il en profite pour égratigner le milieu de la justice et de la police tout en délivrant une belle réflexion sur la maternité.

J'ai beaucoup ri mais pas uniquement. L'émotion m'a gagnée aussi, cette rencontre entre deux écorchés m'a touchée, leurs échanges de regards et la compassion qui s'en dégage est bouleversante.

Sandrine Kiberlain décidément vraiment excellente dans les rôles comiques traverse le film avec un naturel déconcertant. Un film original du début à la fin qui fait du bien !

 

 

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Un Château en Italie de Valeria Bruni Tedeschi

 

"Louise rencontre Nathan, ses rêves ressurgissent. C’est aussi l’histoire de son frère malade et de leur mère, d’un destin : celui d’une grande famille de la bourgeoisie industrielle italienne. L’histoire d’une famille qui se désagrège, d’un monde qui se termine et d’un amour qui commence."

 

De grandes scènes comiques et un sens de la dérision que Valeria Bruni Tedeschi sait utiliser.

Tout y passe, réflexions sur le métier d'acteur, la richesse, la religion... et tout le monde en prend pour son grade.

C'est un film autobiographique mais dans un espace temps qui ne l'est pas, l'histoire d'amour avec Louis Garrel prend une autre dimension et on se demande où est la soeur, d'autant plus que la mère qui joue son propre rôle lui ressemble comme deux gouttes d'eau.

Ils sont parfois agaçants ces aristocrates déchus, ces enfants gâtés hystériques qu'on a envie de remettre dans la réalité et de calmer. Je me suis néanmoins posée la question sur ces rapports limites incestueux entre frère et soeur.

Un film barré mais attachant sur une famille un peu barrée mais attachante.

 

 

 

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Quai d'Orsay de Bertrand Tavernier

 

"Le jeune Arthur Vlaminck, jeune diplômé de l’ENA, est embauché en tant que chargé du “langage” au ministère des Affaires Étrangères. En clair, il doit écrire les discours du ministre ! Mais encore faut-il apprendre à composer avec la susceptibilité et l’entourage du prince, se faire une place entre le directeur de cabinet et les conseillers qui gravitent dans un Quai d’Orsay où le stress, l’ambition et les coups fourrés ne sont pas rares..."

 

Le film est adapté de la bande dessinée du même nom de Christophe Blain et Abel Lanzac dont le personnage du ministre est inspiré par Dominique de Villepin. Je n'ai pas lu la BD, je ne vais donc pas comparer ou critiquer mais juste parler du film.

 

J'ai passé un très bon moment, c'est drôle et la mise en scène au couteau de Bertrand Tavernier fait mouche.

Cette immersion dans un ministère est intéressante et passionnante à plus d'un titre. On imagine bien le nombre incalculable d'employés, de conseillers, de chargés de mission occultes dont on se demande s'ils servent tous à quelque chose, les relations de pouvoir qui s'instaurent à tous les étages et surtout l'importance du langage et des discours.

Le film est un festival de vocabulaire et le temps passé à produire un discours peut faire peur mais le moindre de mot de travers peut mener à une crise diplomatique.

Au début on se demande à quoi sert le ministre, on frise la caricature mais au final le personnage se révèle un fin stratège qui paye de sa personne pour défendre les cause auxquelles il croit.

Après avoir vu le film, vous ne regarderez plus vos Stabilo du même oeil !

Par Carole Nipette - Publié dans : Sorties culturelles... de maman, critiques cinéma. - Communauté : Les films : outil de culture
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Mardi 22 octobre 2013 2 22 /10 /Oct /2013 07:03

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Blue Jasmine de Woody Allen

 

"Alors qu’elle voit sa vie voler en éclat suite à la banqueroute de son mari escroc, Jasmine quitte son New York raffiné et mondain pour San Francisco et s’installe dans le modeste appartement de sa soeur Ginger afin de se reconstruire..."

 

Pas évident de parler du film en lui-même parce que le film est un personnage, le reste semble accessoire à côté. C'est donc l'histoire de Jasmine porté incroyablement bien à l'écran par Cate Blanchett dans un de ses plus grands rôles si ce n'est le plus grand. Elle est Jasmine de bout en bout. Jasmine, une femme à l'ouest mais qui essaie quand même de remonter la pente. A l'ouest finalement elle l'a toujours été, laissant la vie s'écouler sans montrer ses émotions, jouant son rôle à la perfection, dépensant l'argent de son mari sans se poser de questions. Elle a du courage oui et s'adapte pas si mal à ses nouvelles conditions de vie, laissant tout de même son égoïsme gérer le quotidien. Jasmine, paumée et complexe, trop paumée pour arriver à affronter la vie sans dommages colatéraux...

J'ai bien aimé le film mais Cate Blanchett est le film même si pas de doute, on est bien dans un film de Woody Allen, sur le ton et dans la forme.

 

 

 

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Elle s'en va d'Emmanuelle Bercot

 

"Bettie, la soixantaine, se voit soudain abandonnée par son amant et en péril financier avec le restaurant familial. Que faire de sa vie ? Elle prend sa voiture, croyant faire le tour du pâté de maison. Ce sera une échappée. Au fil de la route : des rencontres de hasard, un gala d’ex-miss France, le lien renoué avec sa fille, la découverte de son petit-fils, et peut-être l’amour au bout du voyage… Un horizon s’ouvre à elle."

 

Tout comme dans Blue Jasmine, le film est porté par une actrice et quelle actrice. Catherine Deneuve superbe, émouvante et totalement crédible dans ce rôle de soixantenaire qui se remet en questions. Totalement lucide sur ce qu'elle a raté notamment ses relations avec sa fille et son petit-fils. Son voyage sera l'occasion de renouer certains liens même si pour Bettie, être grand-mère n'est pas naturel tout comme n'était pas naturel le fait d'être mère.

Quelques belles scènes au hasard de ses rencontres plus ou moins sympathiques et c'est là que le film pèche parfois, une galerie de personnages un peu trop clichés jalonnent la route de Bettie.

Un joli numéro amoureux entre Catherine Deneuve et Gérard Garouste qui montre que l'amour n'a pas d'âge et les belles histoires non plus.

 

 

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Machete Kills de Roberto Rodriguez

 

Interdit aux moins de 12 ans

 

"Le président des Etats-Unis confie une mission suicide à Machete : sauver le pays d'un redoutable chef de cartel mexicain, qui menace d'envoyer un missile nucléaire sur le sol américain."

 

Un film au je ne sais pas "combientième" degré, à prendre sans se prendre la tête. Un divertissement fou comme je les aime, juste du plaisir de l'instant même si le discours derrière la parodie est intéressant.

J'ai aimé les suprises de casting à chaque scène, un festival d'interprétations plus dingues les unes que les autres notamment Antonio Banderas toujours excellent quand il joue les déjantés sans parler de Mel Gibson délirant. Impossible de les citer tous tellement il y en a. Les jolies filles ne font pas long feu, les méchants sont vraiment retors, les effets spéciaux ne lésinent pas sur le gore, âmes sensibles s'abstenir mais on peu aussi fermer les yeux.

Je n'ai pas vu "Machete" le premier opus sorti en 2010, je ne peux comparer mais j'ai adoré la façon abrupte de s'exprimer de l'anti héros Machete et impossible de ne pas rire en entendant "Machete don't tweete" !

A voir si on est fan de Roberto Rodriguez, du gore rigolo et de l'absurde déjanté.


Par Carole Nipette - Publié dans : Sorties culturelles... de maman, critiques cinéma. - Communauté : Les films : outil de culture
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