Sorties culturelles... de maman, critiques cinéma.

Mardi 14 octobre 2014 2 14 /10 /Oct /2014 07:01

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Mommy de Xavier Dolan

Avec Antoine-Olivier Pilon, Anne Dorval, Suzanne Clément...

 

"Une veuve mono-parentale hérite de la garde de son fils, un adolescent TDAH impulsif et violent. Au coeur de leurs emportements et difficultés, ils tentent de joindre les deux bouts, notamment grâce à l’aide inattendue de l’énigmatique voisine d’en face, Kyla. Tous les trois, ils retrouvent une forme d’équilibre et, bientôt, d’espoir."

 

Dès le début, on tombe sous le charme de cette mère, aux accents de vulgarité si naturelle. Anne Dorval dans le rôle de Diane crève l'écran et le mot est faible.

 

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Xavier Dolan du haut de ses 25 ans a un sacré talent pour parler des relations humaines et ce depuis son premier film "J'ai tué ma mère". Pour en parler mais aussi pour les filmer. Ici la caméra est intime et proche des personnages, on ressent au plus près tout ce qu'ils nous envoient comme décharges émotionnelles. La façon de filmer rend le film encore plus fort. 

 

Mommy est un film universel sur un sujet tout aussi universel, l'amour maternel. On retrouve une mère face à ses responsabilités devant son fils Steve, qui déborde d'énergie et qui devient régulièrement totalement incontrolable, l'effet TDAH.

Ils ont des rapports compliqués qui passent par la violence qu'elle soit physique ou verbale qui fait parfois se demander si la mère et le fils ne sont pas toxiques l'un pour l'autre. Leur petit duo va prendre un sacrée bouffée d'air frais avec l'apparition de leur voisine Kyla, une enseignante en congés sabbatique.

D'elle, on ne saura pas grand chose si ce n'est qu'elle begaie suite à un choc que l'on suppose être dû à la perte d'un enfant. Kyla, rentre dans la vie de Diane et Steve et réapprend à se laisser aller au contact de ce drôle de couple qui prend la vie comme elle vient.

Magiques, émouvantes, passionnées les relations entre ces trois là dépotent mais le fragile équilibe reste menacé, on s'attend toujours à ce que Steve pète un cable. Et quand tout semble aller pour le mieux, c'est le passé de Steve qui les rattrape tous. Comme un engrenage...

 

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La vie brute de décoffrage comme on dit et Xavier Dolan ne s'embarrasse pas de faux sentiments et décrit les relations humaines dans ce qu'elles ont de plus fort, les gens avec leurs faiblesses et leurs doutes, avec honnêteté et simplicité.

 

Diane, une mère marquée par les épreuves et qui continue à avancer en gardant le sourire, qui se bat pour son fils envers et contre tout et tous et dont l'amour maternel est rudement mis à l'épreuve. Cet attachement très fort et fusionnel à son fils nous fait vibrer, nous émeut à un point...

 

Pas évident cette ambivalence que ressentent tous les parents mais qui est encore plus marquée quand on a un enfant différent. Vivre avec, assumer encore et toujours jusqu'à quand ?

 

Mommy c'est un film d'amour maternel qui remue par tous les pores de la peau, qui fait trembler, pleurer et dont on sort vidé mais conscient d'avoir vécu une expérience de cinéma intense et bouleversante. Malgré la dureté du sujet, le film ne manque pas d'humour, mais souvent politiquement incorrect comme dans le cinéma de Dolan en général. J'adore.

 

La caméra élargit rarement le champ et quand elle le fait cela donne des scènes sublimes de skate-board où l'on sent Steve libre et libéré. Il y a aussi cette magnifique séquence rêvée. Des scènes comme des respirations...

 

Une phrase prononcée au début est pour moi le fil rouge du film "Ce n'est pas parce qu'on aime quelqu'un qu'on peut le sauver". Mommy est du point de vue de cette optique, un grand film d'amour.

 

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Mommy aurait largement mérité la Palme d'Or mais aussi et surtout un prix d'interprétation collectif. Anne Dorval est bouleversante de justesse, le jeune Antoine Olivier Pilon explose dans ce premier grand rôle à l'écran et Suzanne Clément est toute aussi parfaite. Ces trois là nous prennent aux tripes du début à la fin. Xavier Dolan est sans conteste un directeur d'acteur de génie.

Il est bien parti pour trouver avec Mommy le succès populaire qu'il mérite ! C'est tout le mal que je lui souhaite à mon jeune chouchou du cinéma contemporain.

 

 

Pourquoi j'y suis allée : parce que je suis tombée amoureuse du cinéma de Xavier Dolan depuis le jour où je suis allée au ciné voir "J'ai tué ma mère" et que depuis, 4 films plus tard, je n'ai jamais été déçue. Il y a des cinéastes qui vous parlent plus que d'autres, qui s'adressent à tout votre moi intérieur, à votre mode de pensée, à ce qui vous définit en tant que personne... Xavier Dolan en fait partie.

 

 

 

Tous mes avis depuis 2009

 

J'ai tué ma mère

Les amours imaginaires

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Laurence Anyways

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Par Carole Nipette - Publié dans : Sorties culturelles... de maman, critiques cinéma. - Communauté : Les films : outil de culture
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Mardi 7 octobre 2014 2 07 /10 /Oct /2014 06:55

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Saint Laurent de Bertrand Bonello

 

"1967 - 1976. La rencontre de l'un des plus grands couturiers de tous les temps avec une décennie libre. Aucun des deux n’en sortira intact."

 

Une décennie sur une vie, mais une décennie qui aura compté et qui suffit à dépeindre le personnage de Yves Saint Laurent dans toute sa complexité mais surtout dans toute son humanité. Peu m'importe que tout ne soit pas exactement comme dans la réalité, ce qui reste du film c'est bien l'image d'un créateur visionnaire, d'un homme curieux amateur de belles choses et avide d'expériences.

Bertrand Bonello a donné une humanité incroyable à Yves Saint Laurent, magnifiée par l'interprétation toute en finesse de Gaspard Ulliel.

Le film est esthétiquement sublime tout autant que la mise en scène.

 

La scène de rencontre et de séduction, en boite de nuit, entre Saint Laurent et Jacques de Bascher restera gravée dans ma mémoire. Un peu de Kubrick avec la touche Bonello, un grand moment de cinéma.

 

Tout y est dans cette version condensée de la vie de Saint Laurent : la vie d'un atelier de couture, la transformation de la femme par le grand couturier, les histoires d'amour, la gestion de l'entreprise et de la marque, l'inspiration, la fragilité du personnage, son amour de l'art...

 

J'ai adoré me plonger dans cet univers de création, du monde de la nuit des années 70 (Le Sept, Le Palace). J'ai adoré le film et tout le casting. Je n'ai pas vu la version de Jalil Lespert mais je n'ai plus vraiment envie de la voir maintenant...

 

Pourquoi j'y suis allée : parce qu'après "L'Apollonide, Souvenirs de la maison close" que j'ai adoré je voulais voir ce que Bertrand Bonello avait fait de l'icône Saint Laurent avec sa sensibilité.

 

 

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3 coeurs de Benoit Jacquot

 

"Dans une ville de province, une nuit, Marc rencontre Sylvie alors qu’il a raté le train pour retourner à Paris. Ils errent dans les rues jusqu’au matin, parlant de tout sauf d’eux-mêmes, dans un accord rare. Quand Marc prend le premier train, il donne à Sylvie un rendez-vous, à Paris, quelques jours après. Ils ne savent rien l’un de l’autre. Sylvie ira à ce rendez-vous, et Marc, par malheur, non. Il la cherchera et trouvera une autre, Sophie, sans savoir qu’elle est la sœur de Sylvie…"

 

Très beau début et très belle rencontre au bout de la nuit de deux êtres qui semblent faits l'un pour l'autre. Puis l'histoire devient plus conventionnelle quand Marc rencontre Sophie (Marc et Sophie, fallait le trouver quand même, bref...). Puis Marc se rend compte que Sophie est la soeur de son âme-soeur et l'on suit un homme qui perd pied tout en restant debout et en allant au bout de cette histoire condamnée d'avance.

J'ai beaucoup aimé le début et puis je ne suis pas entrée dans l'histoire à laquelle je ne croyais plus. Tout ça pour ça... Je suis restée sur ma faim avec l'impression de beaucoup de temps perdu dans cette histoire d'amour où les gens font des choix par défaut...

 

Pourquoi j'y suis allée : pour Charlotte Gainsbourg et Benoit Poelvoorde et parce que la bande annonce m'avait attirée

 

 

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Elle l'adore de Jeanne Herry

 

"Muriel est esthéticienne. Elle est bavarde, un peu menteuse, elle aime raconter des histoires souvent farfelues. Depuis 20 ans, Muriel est aussi la première fan du chanteur à succès Vincent Lacroix. Avec ses chansons et ses concerts, il occupe presque toute sa vie.

Lorsqu'une nuit Vincent, son idole, sonne à la porte de Muriel, sa vie bascule. Elle est entrainée dans une histoire qu’elle n’aurait pas osé inventer."

 

"Elle l'adore" est une fable contemporaine pas toujours crédible mais on est au cinéma et ce qui compte ce n'est pas forcément le pourquoi mais le comment...

On entre dans le vie pas toujours palpitante d'une star, entre les signatures de courrier aux fans et les obligations médiatiques. Une star avec ses problèmes et ses histoires de coeur compliquées comme le commun des mortels.

 

Sandrine Kiberlain, décidément en pleine forme dans le cinéma français depuis quelques années, toujours aussi à l'aise que ce soit dans le drame ou la comédie. Le film n'est pas vraiment une comédie mais le couple de policiers est d'un ressort comique certain.

Muriel rencontre son idole et s'échappe pendant un temps de sa vie réglée et calme, comme si elle jouait le rôle de sa vie; elle qui d'habitude la fantasme à coups d'anecdotes inspirées de son quotidien banal.

 

Au final, un polar original et sympathique et même si ce n'est pas un grand film j'ai passé un bon moment, c'est souvent largement suffisant ! Puis je me réjouis assez quand un film ne joue pas dans les codes de la morale habituelle.

 

Pourquoi j'y suis allée : Pour Sandrine Kiberlain et Laurent Lafitte et parce que je pensais que c'était une comédie !

 

 

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Bodybuilder de Roshdy Zem

 

"À Lyon, Antoine, vingt ans, s’est mis à dos une bande de petites frappes à qui il doit de l’argent. Fatigués de ses trafics en tous genres, sa mère et son grand frère décident de l’envoyer à Saint-Etienne chez son père, Vincent, qu’il n’a pas revu depuis plusieurs années. À son arrivée, Antoine découvre que Vincent tient une salle de musculation, qu’il s’est mis au culturisme et qu’il se prépare intensivement pour un concours de bodybuilding. Les retrouvailles entre le père et le fils, que tout oppose, sont difficiles et tendues. Vincent va tout de même accepter qu’Antoine travaille pour lui afin de l’aider à se sortir du pétrin dans lequel il s’est mis. De son côté, Antoine va progressivement apprendre à découvrir et respecter la vie que son père a choisie."

 

Deux films dans le film : les retrouvailles tendues entre un père et un fils qui ne se sont jamais vraiment connus et une plongée au coeur de cette discipline particulière qu'est le culturisme.

 

On entre dans le rituel et la routine du bodybuilder qui s'astreint à une discipline de fer notamment les mois qui précèdent une compétition. Une discipline qui ne peut souffir d'aucun manquement et qui malgré l'addiction (aux compléments alimentaires ou à l'exercice) défend des valeurs intéressantes au sein d'une famille choisie. Roshdy Zem filme ce milieu avec beaucoup de tendresse.

 

Il n'est pas vraiment sympathique ce ptit con d'Antoine, s'empêtrant dans ses conneries. Il est long à la détente malgré la gentillesse des gens qui l'entourent. Il prend son temps pour se mettre du plomb dans la tête...

Sa rencontre avec un père qu'il connait à peine et dont il s'est fait une image de lâcheur sera explosive et salutaire. Un père simple, d'un flegmatisme réaliste, qui ne lâche pas au contraire, qui croit en ce qu'il fait. Un père qui n'a pas cherché à tout prix ce qu'un enfant n'a pas pu ou su lui donner. Un père qui estime ne pas à avoir à s'excuser pour son absence.

J'ai trouvé intéressant de se poser des questions et de réféchir autour de cette relation somme toute banale aujourd'hui. Il est toujours facile de blâmer ses parents parce qu'on y arrive pas, parce que l'on stagne; on le sait bien que c'est toujours la faute des parents, la société nous le rabâche, pourtant je pense qu'un adulte qui ne prend pas la distance nécessaire avec ses parents est condamné à être malheureux et ça n'a rien à voir avec l'amour que chacun se porte.

 

Un très joli film qui ne sombre jamais dans le pathos ou la facilité et qui réussit à émouvoir sans fioritures. Une vraie belle surprise.

Roshdy Zem, en ancienne star des podiums reconverti en prof de culturisme est drôle et émouvant.

 

Pourquoi j'y suis allée : parce j'ai tendance à faire confiance à Roshdy Zem, parce que le sujet était original.

Par Carole Nipette - Publié dans : Sorties culturelles... de maman, critiques cinéma. - Communauté : Les films : outil de culture
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Dimanche 14 septembre 2014 7 14 /09 /Sep /2014 09:45

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Party Girl de Marie Amachoukeli, Claire Burger et Samuel Theis

 

"Angélique a soixante ans. Elle aime encore la fête, elle aime encore les hommes. La nuit, pour gagner sa vie, elle les fait boire dans un cabaret à la frontière allemande. Avec le temps, les clients se font plus rares. Mais Michel, son habitué, est toujours amoureux d’elle. Un jour, il lui propose de l’épouser."

 

J'ai eu du mal à entrer dans le film. Les premières minutes dans l'ambiance glauque d'un cabaret pas très stylé avec une bande son atroce (que j'ai détesté sur cette première scène) et les plans fixes sur une Angélique pathétique m'ont fait me demander ce que je faisais là.

 

Et puis très vite, le charme a opéré et je me suis laissée embarquer à fond par le personnage de cette femme atypique, menant sa vie sans donner l'impression de se soucier du lendemain et ne voulant pas être enfermée ni dans un rôle de mère, ni dans celui d'une épouse. Une très forte personnalité cette Angélique Litzenburger, un caractère bien trempé dont on sent que la vie ne lui a pas toujours fait de cadeaux. Mais en même temps, ne serait-ce pas de sa faute ? N'est-elle entièrement responsable ? Chacun interprétera selon son vécu ou ses convictions...

 

Tous les comédiens sont amateurs ou jouent leur propres rôles dans ce film inspiré de la vie même d'Angélique Litzenburger, la mère d'un des réalisateurs, Samuel Theis. Il y a mélange de réalité et de fiction mais la réalité qui en ressort est bouleversante. On sent tout l'amour et la compassion d'un fils pour une mère mais qui ne peut pas non plus accepter qu'elle n'en fasse qu'à sa tête encore et toujours.

 

J'ai été plus qu'émue à de nombreux moments et même si j'ai parfois extrapolé, le personnage d'Angélique a de nombreux points communs avec ma mère, du coup j'ai ressenti le film à l'intérieur de ma chair. Je n'ai pas toujours eu de la sympathie pour ce personnage un peu trop paumé pour moi, je n'arriverai jamais à comprendre pourquoi les gens qui ne veulent aucune contrainte ou aucun compte à rendre s'obstinent à faire des enfants et pas qu'un peu... Question d'éducation, de milieu social, d'inconscience générale, de place dans la société ? Je n'ai pas la réponse...

 

Party Girl est une peinture sociale très juste tout autant qu'un très beau film sur le doute, l'espérance et plus simplement sur la vie qu'on se choisit, celle qu'on assume envers et contre tout. Un film sur la liberté...

 

Pourquoi j'y suis allée : par curiosité pour le film qui a obtenu la Caméro d'Or au dernier Festival de Cannes.

 

Ps : autant j'ai detesté le premier morceau musical du film, autant j'ai adore le dernier qui reste en tête "Party Girl" de Chinawonan, un bijou.

 

 

 

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Hippocrate de Thomas Lilti

 

"Benjamin va devenir un grand médecin, il en est certain. Mais pour son premier stage d’interne dans le service de son père, rien ne se passe comme prévu. La pratique se révèle plus rude que la théorie. La responsabilité est écrasante, son père est aux abonnés absents et son co-interne, Abdel, est un médecin étranger plus expérimenté que lui. Benjamin va se confronter brutalement à ses limites, à ses peurs, celles de ses patients, des familles, des médecins, et du personnel. Son initiation commence."

 

Même si le film est vendu comme une comédie, je trouve que c'est un peu vite résumer le propos. On rigole un peu oui mais je ne qualifierais pas le film de comédie. C'est même plutôt triste sur le fond tant la vie d'un hopital est compliquée et pas uniquement du point de vue des gens qui meurent ou qui souffrent. Le film donne une mauvaise image des hopitaux publics et j'ai comme l'impression que c'est très proche de la réalité. Je n'ai pas lu d'avis d'infirmières ou de médecins mais en tant qu'utilisatrice, je me suis souvent demandée comment on atteint des prix aussi délirants que celui d'une chambre par jour.

 

Le manque criant de personnel, de matériel, vu les différentes manifestations régulières de la profession, on ne peut que le croire. Les méthodes parfois inhumaines de certains docteurs qui pensent rentabilité et cahier des charges avant souffrance du patient, ça aussi j'y crois. On sait tous que les médecins, malgrè leurs compétences, ne sont pas tous aussi doués en terme de relations humaines.

 

Le film montre aussi la situation difficile de tous ces médecins étrangers qui viennent en France et qui doivent refaire leurs preuves et sont traités en dessous de leurs compétences. Et il y en a de plus en plus, vue la pénurie de médecins en France.

 

J'ai bien aimé le film qui me semble bien dépeindre la situation des hopitaux publics d'aujourd'hui. On y voit aussi un peu la vie des internes, les rivalités, les doutes, les galères des tours de gardes...

Rien à voir avec Grey's Anatomy of course, c'est moins glamour et moins dramatique mais sûrement plus proche de la réalité française. Un film intéressant à la limite du documentaire dans ses propos.

 

 

Pourquoi j'y suis allée : parce que j'adore Vincent Lacoste et que le sujet m'intéressait.

Par Carole Nipette - Publié dans : Sorties culturelles... de maman, critiques cinéma. - Communauté : Les films : outil de culture
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Jeudi 14 août 2014 4 14 /08 /Août /2014 09:45

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Detective Dee II, La légende du dragon des mers de Tsui Hark

 

"L’impératrice Wu règne sur la dynastie Tang aux côtés de l’empereur Gaozong. Elle envoie sa flotte vers l’empire Baekje afin de soutenir cet allié de longue date, envahi par le belliqueux empire Buyeo. Mais, juste après leur départ, les navires sont attaqués par une mystérieuse et gigantesque créature surgie du fond des mers. Les habitants de Luoyang, la capitale orientale, pensent qu’il s’agit d’un dragon des mers. Afin d’apaiser ce dernier, la courtisane Yin, "la plus belle fleur de Luoyang", est choisie pour être enfermée dans le Temple du Dragon des Mers ; en fait une punition qui lui est infligée pour avoir refusé les avances de riches notables. L’impératrice Wu ordonne à Yuchi Zhenjin, le Commissaire en chef du Temple Suprême, d’enquêter sur l’acte de sabotage dont la flotte a été victime. Dee Renjie arrive à Luoyang le même jour pour prendre ses fonctions de magistrat au Temple suprême. Son poste englobe les fonctions de détective, juge et bourreau..."

 

L'histoire de Detective Dee II se déroule quand il était jeune, avant son aventure dans Detective Dee, le mystère de la flamme fantôme, le premier film sorti en 2011. L'acteur a changé mais cela ne gène en rien la compréhension de l'histoire, pas besoin d'avoir vu le prédcédent pour suivre Detective Dee II. Même si je ne saurais vous conseiller de le voir aussi tellement c'est bien !

 

Dès les premières images on est saisi par la grandeur de la mise en scène de Tsui Hark. C'est un festival de tableaux géants avec mille et un détails. Il a brillament recréé la Chine impériale, c'est grandiose.

 

On retrouve, comme toujours dans le cinéma de Tsui Hark, ces moments de pure poésie dans les scènes d'action les plus incroyables. Dans Detective Dee II (tout comme dans le premier) il y complots, trahisons, action, romantisme, effets spéciaux, des armes et des attaques toujours plus dingues entre magie et réel.

Mais aussi une histoire d'amour digne de la Belle et la Bête.

 

Il y a tellement de choses dans le film, l'histoire est d'une richesse infinie que ce soit au niveau de l'enquête, des personnages, des mystères, de la complexité de la Chine impériale et des territoires, des luttes pour le pouvoir... Fascinante impératrice Wu qui règne d'une main de fer sur ses sujets, une femme au pouvoir ce n'était pas si commun (ça ne l'est toujours pas trop aujourd'hui !).

 

 

Le calme et la zénitude de Dee sont réjouissants et donnent au personnage ce truc en plus qui fait qu'on adore ce détéctive hors du commun. Dee est de la race des héros, un nouveau genre de super héros et j'espère que Tsui Hark nous offrira encore de ses aventures inouies et passionnantes.

 

Des dizaines de scènes sublimes dans le film parmi lesquelles je retiendrais une chevauchée fantastique sur l'eau et un immense dragon qui survole un bateau, image qui fait écho à une autre dans le premier Detective Dee où un Bouddha géant tombe sur un temple.

Fou, démésuré, énorme, jouissif, puissant, intelligent, du cinéma dans toute sa splendeur.

 

 

En résumé, j'ai adoré, j'ai kiffé, mon cerveau a hurlé de joie ! En vrai je pourrais en parler pendant des heures mais le mieux est d'aller voir de vos propres yeux ! Un des meilleurs films que j'ai vu en 2014 jusqu'à présent.

 

Pourquoi j'y suis allée : parce que je suis fan absolue des films de Tsui Hark, parce que j'ai adoré Detective Dee le premier.

 

Ps : je ne l'ai pas vu en 3D car la salle ne le proposait pas mais à lire tous les avis enthousiastes, j'ai très envie de le revoir avec les lunettes !

 

 

 

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Lucy de Luc Besson

 

Avertissement : des scènes, des propos ou des images peuvent heurter la sensibilité des spectateurs

 

"A la suite de circonstances indépendantes de sa volonté, une jeune étudiante voit ses capacités intellectuelles se développer à l’infini. Elle "colonise" son cerveau, et acquiert des pouvoirs illimités."

 

Le sujet me tentait vraiment mais quand j'ai vu la durée du film en achetant mon billet j'ai tiqué en pensant qu'1h30 générique compris, ça faisait léger pour explorer quelque chose d'aussi intense que l'utilisation de son cerveau à taux plein.

J'ai eu raison de me méfier car le film est très rapide et on reste sur sa faim. Lucy est un film d'action, pas de doute, avec des scènes de gunfight, de poursuites, de bagarres...

C'est aussi de la pure science fiction et j'ai regretté que tout ce qui se passe autour du cerveau soit juste une histoire de pouvoirs décuplés et de transformation d'une jeune femme "normale" en super super héroïne. Il y a des tentatives d'aller plus loin, d'explorer la conscience, la connaissance mais ce n'est pas assez creusé sans parler des incohérences totales dans le scénario et le manque de nuances dans les messages qui passent tout au long du film. Non mais ces images d'animaux au début, j'ai trouvé ça tellement niais et stupide... Et puis toutes ces scènes de destruction, de voitures fracassées, trop c'est trop.

 

Heureusement il y a Scarlett Johansson qui elle s'en sort très bien et c'est un peu la seule tellement les autres personnages sont caricaturaux. Elle sauve le film.

Lucy avait un énorme potentiel mais pour moi c'est foiré.

 

Pourquoi j'y suis allée : parce que Scarlett Johansson et parce que le sujet du film était tentant.

Par Carole Nipette - Publié dans : Sorties culturelles... de maman, critiques cinéma. - Communauté : Les films : outil de culture
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Mardi 29 juillet 2014 2 29 /07 /Juil /2014 06:53

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Blue Ruin de Jéremy Saulnier

 

"Dwight Evans est un mystérieux vagabond dont la vie en marge de la société va se retrouver bouleversée par la libération d’un meurtrier.

Il va être entrainé dans une spirale de violence dont personne ne sortira indemne..."

 

Quelques minutes suffisent pour appréhender la dure réalité d'un SDF qui dort dans sa voiture et se débrouille comme il peut pour manger et se laver. On comprend que l'homme n'a pas toujours été à la rue. Il est organisé et méthodique pour survivre ce qui ne sera pas toujours le cas par la suite.

Lorqu'il apprend la libération du meurtrier de ses parents, son univers bascule. Animé par un esprit de vengeance, il fonce tête baissée en s'imaginant que ça va marcher comme il le faut, que sa façon de rendre la justice est justifiée.

Blue Ruin c'est l'épopée solitaire et vengeresse d'un homme ordinaire qui devient un meurtrier et va devoir assumer les conséquences de ses actes, conséquences qui pourraient affecter la famille qu'il lui reste.

 

On pensait cet homme faible et misérable, il va se montrer capable de ressources insoupçonnées pour défendre sa vie et plus.

Il fait face à une bande de prédateurs forcenés et il va se rendre compte que tuer n'est pas évident même quand on est motivé. Dwight est un anti-héros qui devient sympathique au fur et à mesure qu'il commet de grosses bourdes. On s'imagine à sa place. Comment se transforme t'on en tueur d'enfoirés (car oui les gens à qui il a affaire sont de sombres connards) sans préparation ni matériel ? Comment assume t'on la décision de tuer pour de vrai ?

 

Une histoire de vengeance classique pas du tout mise en scène de façon classique. Un anti-héros capable de tout et des situations bourrées d'humour noir. Blue Ruin est un film qui ne paye pas de mine avec un réalisateur et des acteurs inconnus mais à découvrir car c'est un ovni dans la production actuelle et il apporte un soufle nouveau au genre.

 

Pourquoi j'y suis allée : parce que j'aime les polars, parce que le côté inconnu et ovni m'attire toujours et aussi parce que le film était précédé d'une très bonne rumeur.

 

 

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Two faces of january de Hossein Amini

 

1962. Un couple de touristes américains très élégants, le charismatique Chester MacFarland et sa jeune épouse Colette, arrive à Athènes. À l’Acropole, ils rencontrent Rydal, jeune guide américain parlant grec, arnaqueur de touristes à l’occasion. Séduit par la beauté de Colette et impressionné par la fortune de Chester, Rydal accepte sans hésiter leur invitation à dîner. Les McFarland se révèlent moins lisses qu’il n’y paraît : le luxe et leur raffinement cachent bien mal leur part d’ombre."

 

On tombe tout de suite sous le charme de l'atmosphère des vieilles pierres grecques, des allures et des costumes, des hommes à chapeaux, de la moiteur de l'été et de l'indol'ence des touristes. La classe et le style des années 60 comme je les aime.

Un trio uni par des liens fragiles qui semblent se déliter dans la chaleur et l'urgence des situations. Qui est l'intrus dans le trio, qui manipule qui ?

Le film est adapté d'un roman de Patricia Highsmith et on lui retrouve des airs d'autres adaptations cinématographiques comme Plein Soleil et Le talentueux Mr Ripley. Encore une histoire de trio qui tourne mal.

 

Le trio doit prendre la fuite et on passe des belles images d'Epinal au cauchemar complet. Le businessman propre sur lui perd pied, le vernis s'écaille. Le beau gosse ne perd jamais de vue l'argent qu'il peut se faire jusqu'à se perdre lui même (et moi je me perds dans le regard ténébreux d'Oscar Isaac...).

Un road movie dans la chaleur de la nuit avec ses enchaînements de galères et de drames, de trahisons et de jalousies. Une confrontation entre deux hommes sur le shéma attraction/fascination/haine.

 

The two faces of January a le charme des polars hitchcokiens mais il lui manque un tout petit peu plus de saveur. J'ai passé un bon moment mais je m'attendais à plus d'émotions.

 

Pourquoi j'y suis allée : parce que le casting d'acteurs que j'aime beaucoup, parce que l'époque des années 60 et parce que Patricia Highsmith.

 

 

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Fastlife de Thomas Ngijol

 

"Fastlife : aller toujours plus loin, plus vite, pour briller aux yeux des autres : telle est la devise de Franklin. Franklin est un trentenaire mégalomane obnubilé par l’envie de briller à n’importe quel prix. Il devra choisir entre devenir un homme ou continuer à vivre la Fastlife."

 

Pathétique l'ancienne gloire qui essaie de revenir et de monopoliser l'attention. Même si on sait que c'est dur d'avoir été sous les feux de la rampe, le personnage est tellement antipathique qu'on se dit qu'il n'a que ce qu'il mérite.

Franklin se la joue, il est fier et arrogant, pour résumer c'est un gros lourd. Il finit par pèter les plombs et se grille partout, on se demande comment il peut être aussi con jusqu'au bout, rien ne semble l'ébranler.

Il orchestre sa descente avec tellement de brio, on assiste médusés au spectacle.

C'est plus fort que lui, il tente de faire des efforts et sa nature reprend le dessus même quand on y croyait enfin.

Quelques bons mots sur le milieu people, le milieu du rap, un Olivier Marchal à contre emploi, excellent qui sert un discours de société bien pensé.

Ce qui m'a fascinée c'est que Thomas Ngijol garde jusqu'au bout son personnage odieux sans jamais le trahir. Mais à force, je n'ai pas réussi à voir où il voulait en venir. Même si j'ai beaucoup ri, le film tourne en rond, pas vraiment de message, juste du divertissement. C'est déjà pas mal mais j'aurais voulu un peu plus...

 

 

Pourquoi j'y suis allée : parce que j'étais curieuse de voir le travail de Thomas Ngijol, parce que je voulais voir une comédie.

 

 

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L'homme qu'on aimait trop d'André Téchiné

 

"1976. Après l’échec de son mariage, Agnès Le Roux rentre d’Afrique et retrouve sa mère, Renée, propriétaire du casino Le Palais de la Méditerranée à Nice. La jeune femme tombe amoureuse de l’homme de confiance de Renée, Maurice Agnelet, un avocat de dix ans son aîné. Maurice a d’autres liaisons. Agnès l’aime à la folie. Actionnaire du Palais de la Méditerranée, Agnès veut vendre sa part de l’héritage familial pour voler de ses propres ailes. Une partie truquée siphonne les caisses de la salle de jeux. On menace Renée. Derrière ces manœuvres guerrières plane l’ombre de la mafia et de Fratoni le patron du casino concurrent qui veut prendre le contrôle du Palais de la Méditerranée. Tombé en disgrâce auprès de Renée, Maurice met en relation Agnès avec Fratoni qui lui offre trois millions de francs pour qu’elle vote contre sa mère. Agnès accepte le marché. Renée perd le contrôle du casino. Agnès supporte mal sa propre trahison. Maurice s’éloigne. Après une tentative de suicide, la jeune femme disparaît à la Toussaint 1977. On ne retrouvera jamais son corps. Trente ans après, Maurice Agnelet demeure l’éternel suspect de ce crime sans preuve ni cadavre. Convaincue de sa culpabilité, Renée se bat pour qu’il soit condamné…"

 

On peut raconter toute l'histoire, c'est celle d'un fait divers qui continue de faire couler de l'encre plus de 30 ans après. Affaire non résolue et toujours en cours devant la justice. Je ne me souvenais pas du tout de l'affaire et je n'avais pas lu le résumé du film avant d'y aller. Mon regard était plutôt vierge du coup et j'aime beaucoup la façon dont André Téchiné a dépeint les protagonistes de cette triste histoire. Il se concentre sur les trois personnages principaux, Renée Le Roux propriétaire d'un casino, sa fille Agnès Le Roux (elle a des frères et soeurs mais le film n'en parle pas) et Maurice Agnelet, jeune avocat ambitieux.

Les interprétations de Catherine Deneuve, Adèle Haenel et Guillaume Canet sont justes et ils n'en font jamais trop ni pas assez.

 

On plonge dans l'univers des casinos et dans les luttes intestines, la concurrence sauvage et les supposées magouilles de la mafia. Maurice est un jeune avocat aux dents longues, on se demande où il veut en venir et quelles sont ses ambitions dès le départ. Il manigance sans succès pour devenir directeur du casino car Renée Le Roux est bien la seule qui ne se laisse pas amadouer par Maurice.

C'est la classique histoire d'une fille de famille en manque de repères affectifs qui tombe amoureuse du mauvais garçon.
Agnès et froide et déterminée et semble vouloir faire payer à sa mère un manque d'attention. Elle est tellement aveuglée par son amour qu'elle en devient pathétique et faible. Déjà très fragile elle touche à la folie, de celle des passions à sens unique. 

Ce n'est plus de l'amour mais de la désolation... Maurice est il un salaud alors qu'il annonce la couleur dès le départ à Agnès en ne mentant pas sur ses maîtressses par exemple ?

Cela semble l'histoire d'un abus de faiblesse caractérisé mais qui peut assurer sans preuves que la disparition d'Agnès est imputable à Maurice ? En sortant du film, chacun peut se faire sa propre opinion et perso, je n'arrive pas à me dire que le coupable est si évident et pourtant tout l'accuse...

 

L'instinct d'une mère est il fiable ? Et que penser de Renée Le Roux qui semble beaucoup plus s'occuper de sa fille morte que de son vivant...

Le film d'André Téchiné est une formidable et passionnante étude de personnages, maitrisé de bout en bout et d'une grande finesse.

 

Pourquoi j'y suis allée : parce que c'est un film de Téchiné, parce que les acteurs.

 

Par Carole Nipette - Publié dans : Sorties culturelles... de maman, critiques cinéma. - Communauté : Les films : outil de culture
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Mercredi 25 juin 2014 3 25 /06 /Juin /2014 07:11

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Black Coal de Diao Yinan

 

"En 1999, un employé d’une carrière minière est assassiné et son corps dispersé aux quatre coins de la Mandchourie. L’inspecteur Zhang mène l’enquête, mais doit rapidement abandonner après avoir été blessé lors de l’interpellation des principaux suspects.

Cinq ans plus tard, deux nouveaux meurtres sont commis dans la région, tous deux liés à l’épouse de la première victime. Devenu agent de sécurité, Zhang décide de reprendre du service. Son enquête l’amène à se rapprocher dangereusement de la mystérieuse jeune femme."

 

Pas facile de parler de ce film sans raconter mais clairement si j'étais dans la position de celle qui ne l'a pas vu, je détesterai qu'on me dévoile certaines choses qui font tout le sel de Black Coal. Je dois dire d'ailleurs que la bande annonce n'est pas forcément représentative du film et peut induire en erreur que ce qu'on va voir. Ce n'est pas tant sur l'histoire, la traque d'un serial killer, que sur la façon dont l'enquête est menée, les imbrications entre les personnages et les rebondissements qui ponctuent le film. Le réalisateur nous entraîne brillamment sur différents chemins tout en dépeignant une Chine moderne dure et sans concessions. La condition de la femme par exemple, entre mysoginie au travail et machisme à la maison.

 

C'est un polar, un film noir dans lequel meurtres sanglants et suspense sont au rendez-vous tout comme l'histoire d'amour avec la femme mystérieuse et inaccessible. L'enquête tient en haleine jusqu'au bout, le personnage de l'inspecteur est étonnant. La mise en scène est sobre mais efficace avec une atmosphère angoissante, des scènes de nuit dignes des plus grands polars.

 

Le final est magique et tellement inattendu, une grande scène de cinéma...

 

L'Ours d'Or obtenu au festival du film de Berlin est largement mérité.

 

 

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Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire de Felix Herngren

 

"Le jour de son 100ème anniversaire, un homme s'échappe de sa maison de retraite pour une cavale rocambolesque, certain qu'il n'est pas trop tard pour tout recommencer à zéro. Débute alors une aventure inattendue aux côtés d'un escroc, d'un vendeur de hot-dogs, d'une rousse et d'un éléphant..."

 

Je n'ai pas lu le livre donc aucune comparaison mais une chose est sûre, j'ai passé un excellent moment avec le film.

Mais qui est donc Allan, ce centenaire qui a le contact si facile ? Au fur et à mesure du film on va découvrir la vie de dingue qu'il a eue parsemée de hasards heureux ou de rencontres insolites. Un destin hors du commun et délirant qui croise de grands moments de l'histoire du vingtième siècle. On plonge dans son passé tout en suivant ses aventures rocambolesques et abracadabrantes qui lui arrivent dès qu'il met le pied hors de sa maison de retraite.

Tout est incroyable et absurde mais en même temps tellement naturel par la façon dont arrivent les choses. Il se passe des choses dingues tout au long et pourtant le film prend son temps et donne l'impression de se dérouler calmement. J'ai adoré le contraste entre les événements et le rythme plutôt cool.

Tous les personnages qui gravitent autour d'Allan sont décalés et drôles avec une mention spéciale pour le policier qui mène l'enquête sur sa disparition. Son flegme et son côté "je fais à mon rythme comme je le sens" font mouche à chaqua apparition, énorme !

C'est un film complètement loufoque et hilarant duquel je suis ressortie avec la banane, le genre de film qui donne une pèche folle et qui rend heureux tout simplement.

 

 

Par Carole Nipette - Publié dans : Sorties culturelles... de maman, critiques cinéma.
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Lundi 9 juin 2014 1 09 /06 /Juin /2014 07:06

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Maps to the Stars de David Cronenberg

 

Interdit aux moins de 12 ans


"A Hollywood, la ville des rêves, se télescopent les étoiles : Benjie, 13 ans et déjà star; son père, Sanford Weiss, auteur à succès et coach des célébrités; sa cliente, la belle Havana Segrand, qu’il aide à se réaliser en tant que femme et actrice.

La capitale du Cinéma promet aussi le bonheur sur pellicule et papier glacé à ceux qui tentent de rejoindre les étoiles: Agatha, une jeune fille devenue, à peine débarquée, l’assistante d’Havana et le séduisant chauffeur de limousine avec lequel elle se lie, Jerome Fontana, qui aspire à la célébrité.

Mais alors, pourquoi dit-on qu’Hollywood est la ville des vices et des névroses, des incestes et des jalousies ? La ville des rêves fait revivre les fantômes et promet surtout le déchainement des pulsions et l’odeur du sang."

 

On apprend rien de nouveau sur Hollywood, ses chimères, ses actrices névrosées, ses manipulateurs, ses enfants stars qui pètent les plombs, la drogue partout tout le temps mais tout est filmé d'une façon tellement réaliste qu'on s'y croirait. On entre au coeur du movie business avec la trajectoire de cinq personnages tous aussi atteints les uns que les autres.
Havana Segrand, cette actrice qui tente de revenir par tous les moyens sur les devants de la scène est souvent pathétique et ses névroses ne la rendent pas plus sympathique. Rongée par son passé et ses problèmes avec sa mère, elle se bourre de médicaments, c'est l'actrice qui est rarement dans un état normal, l'hystérique de base qui pourtant réussit à donner ce qui lui reste d'elle-même quand elle joue un rôle. Elle dit d'ailleurs la phrase

Sa rencontre avec la jeune Agatha, paumée et en attente d'un pardon familial qui ne viendra jamais, sera explosive. On sent dès le début que leur association professionnelle ne pourra marcher. L'atmosphère est angoissante, les secrets se devinent et semblent terribles. Même si le film est une chronique de moeurs, on est quand même dans un fim de David Cronenberg et l'angoisse et le fantastique ne sont pas loins.

C'est presque un huis clos filmé dans le monde du show biz tant les personnages sont liés les uns aux autres tout comme leurs actions. On sent le drame monter tout au long du film jusqu'à la fin en apothéose.

J'ai beaucoup aimé la mise en scène et l'interaction entre toutes les personnages. Ce drame familial sur fond de thriller réserve également de bonnes doses d'humour, souvent noir et décalé d'ailleurs. Julianne Moore est extraordinaire dans le rôle de Havana Segrand et son prix d'interprétation à Cannes est mérité.

 

 

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X-Men - Days of future past de Bryan Singer

 

"Les X-Men envoient Wolverine dans le passé pour changer un événement historique majeur, qui pourrait impacter mondialement humains et mutants."

 

Une joie de gamine à retrouver tous les personnages des X-Men sur grand écran. Je n'oublierai jamais mon état quand je suis sortie du cinéma la toute première fois pour "X-Men" en 2000. Joie encore plus grande parce que c'est "l'original" qui réalise, Bryan Singer himself.

Le début est carrément noir et déprimant. Les X-Men sont pourchassés à travers le monde par des robots mutants, effroyables machines de guerre les "Sentinelles" qui sont indestructibles. Cette première partie est dure et dépeint avec excellence un monde où un peuple dominant écrase les autres sous prétexte de leur différence et évidemment on peut remplacer les X Men par qui l'on veut, ça marche aussi.

L'arrivée dans les années 70, ses looks d'époque, sa musique entrainante approrte un vent de fraîcheur qui fait du bien après l'intro terrible. Beaucoup d'humour avec notamment un Wolverine qui n'est pas encore devenu celui de la trilogie avec ses fers.

L'apparition de Pietro Maximoff, alias Vif Argent donne au film une scène délirante, époustouflante et d'une créativité remarquable, la scène qui donne illico envie de revoir le film. Le personnage du professeur Xavier est réussi dans un registre de cynique désabusé.

C'est du grand show, maitrisé de bout en bout et jouissif tout en n'occultant pas le discours sur la tolérance et la différence mais sans lourdeur. Le film questionne aussi sur les progrès de la science, les manipulations génétiques, les expériences jusqu'auboutistes...

Je l'ai vu en 3D et pour une fois j'ai supporté les lunettes tout du long et n'ai pas trouvé cela gênant même si elle vaut surtout pour le générique du début et les gros plans sur Michael Fassbender !

Le film se termine quand commence le premier X-Men ! J'ai tous envie les revoir et je crois bien que je vais les faire découvrir à Nina par la même occasion...

 

 

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Maléfique de Robert Stromberg

 

"Maléfique révèle l’histoire méconnue de la plus emblématique des méchantes Disney, celle du classique La Belle au Bois Dormant. C’est la trahison dont elle fut victime qui transforma le cœur pur de cette belle jeune femme en un cœur de pierre… Ivre de vengeance et poussée par la volonté farouche de défendre les terres sur lesquelles elle règne, Maléfique va lancer un terrible sortilège sur la fille du roi des hommes, la petite Aurore, qui vient de naître. Devenue jeune fille, Aurore est prise dans le conflit qui oppose le royaume de la forêt qu’elle a appris à aimer, et celui des hommes dont elle est l’héritière. Maléfique va comprendre que la princesse est peut-être la clé de la paix… Le sort des deux mondes est sur le point de changer à jamais."

 

"Je vous invite à revisiter un conte célèbre que vous pensez connaître" C'est ainsi que résonnent les premiers mots de Maléfique, la méchante fée de la Belle au Bois Dormant.

Au début on découvre Maléfique enfant dans son royaume. Elle va croiser le monde des humains et découvrir un sentiment nouveau, l'amour. Mais par la même occasion elle découvre que la cupidité est source de trahison et que les humains ne sont pas fiables. C'est l'histoire d'une vengeance.

On retrouve le déroulé classique de la Belle au Bois Dormant mais le film va s'attacher à toute la période qui précède la malédiction de la quenouille.

Les marraines les bonnes fées sont trois idiotes un peu nunuches qui passent leur temps à se chamailler tandis que Maléfique décide de s'occuper de l'enfant à distance qui ne semble avoir aucune chance avec ces cruches. Elle se persuade de veiller sur elle pour qu'elle puisse se venger quand elle aura 16 ans. Mais ce n'est pas si simple...

Maléfique s'attache à Aurore, d'une drôle de façon certes. Les scènes où elle observe Aurore de loin sont fortes de sentiments non avoués, un amour maternel qui ne veut pas dire son nom.

Pendant le film Nina m'a dit "Tu vas peut être trouver ça bizarre mais même si Maléfique est devenue méchante je veux que ce soit elle qui gagne"... Toute l'histoire de la victime qui divient bourreau à son tour, à devélopper pour plus tard...

Superbes effets spéciaux, les pouvoirs de Maléfique sont liés à la nature, le spectacle est grandiose.

 

Angelina Jolie est magnifique et touchante dans ce rôle, par contre j'ai moins aimé le casting masculin, les acteurs sont fades.

Un film romanesque et émouvant qui dégage un sentiment assez troublant.

 

 

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La Chambre Bleue de Mathieu Amalric

 

"Dis- moi Julien, si je devenais libre, tu te rendrais libre aussi ?

- Tu dis ?...

Un homme et une femme s’aiment en secret dans une chambre, se désirent, se veulent, se mordent même. Puis s’échangent quelques mots anodins après l’amour.

Du moins l’homme semble le croire.

Car aujourd’hui arrêté, face aux questions des gendarmes et du juge d’instruction, Julien cherche les mots.

« La vie est différente quand on la vit et quand on l’épluche après-coup. »

Que s’est-il passé, de quel crime est-il accusé ?..."

 

D'après le roman de Georges Simenon.

 

Le film s'ouvre sur une scène d'amour dans une chambre d'hôtel et dès le début s'installe une ambiance inquiétante et dramatique accentuée par la musique. On comprend vite que Julien est interrogé par la police mais on ne sait pas encore pourquoi. On a le sentiment d'assister à une banale histoire d'adultère et ses conséquences dramatiques mais au fur et à mesure du film, plus rien ne semble certain.

L'action se déroule dans une petite ville où la discrétion semble de mise alors qu'au final tout le monde est au courant de tout.

La maitresse, mystérieuse semble obnubilée jusqu'à la folie par sa passion amoureuse. La femme de Julien n'inspire pas la sympathie ni leur couple qui a l'air tellement froid et sans tendresse. Julien ne veut plus poursuivre la relation avec sa maitresse mais ne semble pas non plus vouloir se rapprocher de sa femme... Qui est mort ? qui va mourir ? Qui est l'assassin ?

Une fois que l'on saura qui est accusé de quoi, ce qui nous paraissait évident le devient moins à la fin du film. Pourquoi la police ne voit pas la même chose que moi ? Ce qui me paraît sauter aux yeux n'est pourtant pas la conclusion de l'enquête...

Un film noir troublant et bien maitrisé qui fait cogiter jusqu'à la dernière seconde (même si je ne suis pas fan du casting féminin).

Par Carole Nipette - Publié dans : Sorties culturelles... de maman, critiques cinéma. - Communauté : Les films : outil de culture
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Jeudi 22 mai 2014 4 22 /05 /Mai /2014 14:05

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D'une vie à l'autre de Georg Maas

 

"Europe 1990, le mur de Berlin est tombé. Katrine a grandi en Allemagne de l’Est, et vit en Norvège depuis 20 ans. Elle est le fruit d’une relation entre une norvégienne et un soldat allemand pendant la Seconde Guerre Mondiale. A sa naissance, elle a été placée dans un orphelinat réservé aux enfants aryens, un Lebensborn. Elle parvient à s’échapper de la RDA des années plus tard pour rejoindre sa mère. Mais, quand un avocat lui demande de témoigner dans un procès contre l’Etat norvégien au nom de ces «enfants de la honte», curieusement, elle refuse..."

 

Un film intéressant à plus d'un titre vu qu'il parle de sujets peu abordés au cinéma comme les Lebensborn de l'Allemagne Nazie et les rapports entre la Norvège et les allemands durant la guerre.

Quand la Cour Européenne de justice s'intéresse aux enfants norvégiens ayant subi des dommages durant la seconde guerre mondiale et donc à Katrine, on sent tout de suite qu'il y a un loup. Que son empressement à ne pas témoigner et à se débarasser de cette histoire n'est pas motivé par une belle raison.

Elle est alors obligée de marcher sur les traces de son passé entraînant le spectateur dans un thriller politique et d'espionnage passionnant.

C'est l'histoire d'un terrible destin, l'histoire d'une femme qui croit pouvoir se reconstruire une vie merveilleuse, une vie rêvée. Une femme aux aspirations simples à la recherche d'une vie de famille normale et sans histoires, à la recherche d'un amour maternel idéal.

On se prend d'affection pour Katrine, on a envie qu'elle s'en sorte malgré les mensonges, malgré les trahisons. Mais peut-on vraiment échapper à son passé et pendant combien de temps ?

Une actrice formidable, Juliane Kölher aussi sobre et intense en femme amoureuse qu'en fille et mère aimante. Une force de caractère qui s'exprime avec justesse dans le rôle de Katrine.

 

 

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States of Grace de Destin Cretton

 

"Sensible et déterminée, Grace est à la tête d'un foyer pour adolescents en difficulté. Parmi les jeunes membres de son équipe, diversement expérimentés, la solidarité et le bon esprit sont de mise. Jusqu’à l’arrivée soudaine d’une fille tourmentée qui ignore les règles du centre et renvoie Grace à sa propre adolescence… pas si lointaine."

 

Grace travaille dans un centre pour ados en difficulté en compagnie de son petit ami dont elle est enceinte. Elle qui semble super forte pour aider les autres est complètement paumée quand il s'agit de s'occuper d'elle-même. Son envie d'avorter est elle réelle ou elle ne veut pas garder son bébé parce qu'elle se sent incapable d'élever un enfant qui sera le sien par peur de reproduire un mauvais shéma familial ?

 

Son enfance difficile facilite probablement son empathie et sa compréhension des jeunes à problèmes. Le foyer est ce qui ressemble le plus à une famille pour la majorité des enfants.

On apprend que Grace et son ami sont deux enfants qui s'en sont sortis grâce à une famille d'accueil, ils utilisent leur bonne expérience pour les autres, les enfants qu'ils étaient eux mêmes à une époque. Le film est un formidable message d'espoir à ce niveau là.

Les parents se coltinent parfois des enfants difficiles mais là on voit la situation inverse où ce sont les enfants qui ont des parents difficiles, des parents qui sont un fardeau et une plaie. Pas évident d'aider ces enfants qui doivent gérer des parents absents ou leur présence maléfique, impossible de les aider contre leur volonté...

 

Quand Grace rencontre une jeune fille à laquelle elle s'identifie trop elle craque et pète les plombs mais ce sera libérateur.

 

 

D'ailleurs on peut juste se demander comment une éducatrice qui n'a pas réglé ses problèmes peut exercer ce métier mais en même temps elle est douée pour le faire. Et bravo à Brie Larson pour son interprétation lumineuse et sans pathos.

 

J'ai adoré ce film probablement parce qu'en dehors du traitement du sujet vraiment juste et réaliste, je crois que je me suis beaucoup retrouvée dans les personnages ou plutôt dans les situations vécues par les enfants. On va dire que j'avais l'impression d'être un milieu que je connais bien sauf que là l'espoir et la bienveillance étaient au rendez-vous...

C'est un film qui a dépassé le cadre du cinéma pour ma part, un film bourré d'espoir, un film sur les avenirs meilleurs et sur la fatalité qui peut être vaincue...

 

Par Carole Nipette - Publié dans : Sorties culturelles... de maman, critiques cinéma. - Communauté : Les films : outil de culture
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Mercredi 23 avril 2014 3 23 /04 /Avr /2014 06:46

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Tom à la ferme de Xavier Dolan

 

"Un jeune publicitaire voyage jusqu'au fin fond de la campagne pour des funérailles et constate que personne n’y connaît son nom ni la nature de sa relation avec le défunt. Lorsque le frère aîné de celui-ci lui impose un jeu de rôles malsain visant à protéger sa mère et l'honneur de leur famille, une relation toxique s'amorce bientôt pour ne s'arrêter que lorsque la vérité éclatera enfin, quelles qu'en soient les conséquences."

Avertissement : des scènes, des propos ou des images peuvent heurter la sensibilité des spectateurs

 

Quatrième film du jeune surdoué du cinéma, Xavier Dolan qui m'a tapé dans l'oeil dès "J'ai tué ma mère". Puis le choc des "Amours imaginaires" qui m'a donné envie de participer à la production de "Laurence Anyways". Trois films différents que j'ai tous adoré.

Et de quatre ! Tom à la ferme est une réussite et encore une fois Xavier Dolan a montré une nouvelle facette de son talent en navigant vers le thriller. Sans parler du fait qu'il est aussi bon comédien que réalisateur, un bonus à chaque film dans lequel il joue.

 

Une relation subtile et tendre s'instaure au début entre Tom et la mère de Guillaume, le défunt. De l'autre côté on a le frère, agressif et homophobe mais attirant comme le venin d'un serpent. Un trio mal assorti dès le départ qui pourtant va trouver un semblant de fonctionnement basé sur le mensonge et les non-dits.

Tom le citadin, débarque dans la campagne profonde où la vie semble s'arrêter trop souvent. Il va mettre la sienne entre parenthèses, en jouant un rôle tout en ravalant sa fierté et son identité.

Il tombe sous l'emprise de ce Francis, le frère solitaire et violent qui s'est mis à dos tout le village. Une relation attraction/répulsion qui bascule dans le registre de la peur très vite. La tension monte au fur et à mesure que Tom se laisse "maltraiter" et entre dans les jeux malsains d'un Francis qui mène la danse.

Tom s'accroche à cette famille et enfile les habits de fermier avec une facilité déconcertante. Pourquoi reste-t'il à la ferme ? Il est fasciné par ce frère trop beau gosse, qui lui rappelle son amant perdu ? Il en tombe amoureux ? Il veut voir jusqu'où il est capable d'aller ? Il veut faire éclater la vérité ?

Peut être que toutes ces raisons se confondent et pendant ce temps le spectateur flippe pour Tom mais aussi pour Francis...

 

Comme d'habitude avec Xavier Dolan, une bande son parfaite vient appuyer les effets et les histoires.

Un film bouleversant, sensible et subtil qui raconte un choc de deux mondes mais aussi l'intolérance et ses ravages...

 

La bonne nouvelle c'est que le cinquième film de Xavier Dolan, "Mommy" est déjà dans les starting blocks puisqu'il a été sélectionné pour la compétition officielle du prochain festival de Cannes.

 

 

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My Sweet Pepper Land de Hiner Saleem

 

"Au carrefour de l’Iran, l’Irak et la Turquie, dans un village perdu, lieu de tous les trafics, Baran, officier de police fraîchement débarqué, va tenter de faire respecter la loi. Cet ancien combattant de l’indépendance kurde doit désormais lutter contre Aziz Aga, caïd local. Il fait la rencontre de Govend, l’institutrice du village, jeune femme aussi belle qu’insoumise..."

 

Une sorte de western bourré de fantaisie et d'humour où l'honneur des uns et des autres sert de prétexte pour accepter ou refuser les diktats de la société, de la famille, de l'Etat...

Le film se passe dans une région compliquée revendiquée par plusieurs états et les kurdes autonomes veulent reprendre leur "pays" en main et reconstruire quelque chose. Pas facile entre les bandits locaux, les hommes réfractaires à l'avancée des droits des femmes et les indifférents.

La rencontre entre un Baran, incorruptible et sûr de lui avec une Govend, déterminée et émancipée va se faire en douceur. Ces deux là ont envie d'un avenir meilleur et ils sont prêts à lutter contre tous les tyrans et les empêcheurs de tourner en rond. Qu'il est long le chemin pour qu'une femme trouve sa place dans une société machiste d'hommes tout puissants mais qu'il est plein d'espoir. Que c'est bon de voir qu'elle est soutenue par un homme qui n'a que faire des ragots et des conventions. Des scènes jouissives quand les femmes se rebellent et y arrivent où quand les grands méchants bandits s'en prennent plein la tronche !

Il se dégage de My Sweet Pepper Land beaucoup d'humour et beaucoup d'espoir. Un film tout en finesse duquel on ressort dans un état de bien être...

 

 

 

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Dancing in Jaffa de Hila Medalia

 

"Né à Jaffa en 1944, Pierre Dulaine quitte son pays avec sa famille en 1948 pour s’installer à l'étranger. Après une carrière internationale accomplie de danse en couple, Pierre retourne à Jaffa pour réaliser son rêve : faire danser ensemble des enfants juifs et palestiniens pour rapprocher les communautés. C'est là, selon lui, que réside toute la beauté de la danse de salon : forcer deux personnes à se déplacer en faisant qu'un."

 

Un constat simple, la danse est un formidable moyen de partage.

Pierre Dulaine s'est donné 10 semaines pour apprendre aux enfants à danser et leur faire comprendre qu'ils ne se définissent pas uniquement par leur appartenance religieuse ou ethnique.

A Jaffa, les palestiniens sont des citoyens israéliens. On y trouve des écoles israéliennes, des écoles palestiniennes et plus rarement quelques écoles mixtes avec des cours en arabe et en hébreu.

Tous ces enfants différents vont apprendre un langage commun, celui de la danse.

 

Danser avec "l'ennemi" est compliqué mais déjà avant il va falloir danser entre filles et garçons ce qui n'est pas une mince affaire. Dans l'école palestinienne, au départ les enfants ne veulent pas se mélanger (influence des parents ?) et Pierre Dulaine est catégorique, ceux qui ne veulent pas ne participent pas au projet. Idem quand il s'agit de mélanger les palestiniens et les israéliens. De toute façon on ne sait pas dans quelle mesure des parents israéliens et palestiniens ont défendu à leurs enfants de participer au projet.

La politique est présente dans le film, difficile de passer outre et de faire comme si ça n'existait pas car elle sous-tend toutes les relations quotidiennes des uns et des autres.

 

C'est donc un gros effort qui est demandé mais le résultat en vaut largement la chandelle. Lorsque les équipes mixtes qui vont participer à la compétition se forment, les rapports entre les enfants se font assez naturellement et chacun découvre la culture de l'autre sans jugement, sans haine. On assiste à de très beaux moments de d'enfance et de partage qui pourront perdurer après le départ de Pierre. En tout cas, on espère fortement que tout ceci ne va pas se perdre et que les enfants continueront à se voir.

 

Certains enfants seront peut être les instigateurs de la paix de demain, tous les moyens, toutes les idées sont bonnes à prendre et à explorer.

Quand à la danse, le pari est aussi réussi car les enfants ont appris à danser d'une façon remarquable et certains se sont carrément ouverts et révélés.

Un film émouvant d'autant plus que l'on sait ce que ça représente. A la fin du film on apprend que le programme de danse se poursuit et perdure. On apprécie encore plus le film que l'on vient de voir du coup !

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Vendredi 4 avril 2014 5 04 /04 /Avr /2014 06:58

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Bill Viola je suis fan depuis que j'ai vu quelques oeuvres à Londres il y a une bonne dizaine d'années. J'ai tout de suite ressenti quelque chose viscéral en regardant ses installations vidéos. C'est le genre d'artistes dont les oeuvres vous parlent et dont vous pouvez vous remémorer l'effet qu'ils vous font juste en entendant leur nom. C'est pareil avec Olafur Eliasson par exemple.

 

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Ascension

 

Je me suis donc précipitée au Grand Palais pour vivre l'exposition "Bill Viola", une retrospective inédite en France avec une vingtaine d'oeuvres.

Entre installations immenses et plus intimes c'est un voyage fantasmagorique et faisant appel à tous les sens, que j'ai fait durant presque deux heures. Une sorte d'état d'hypnose dans lequel on se sent vraiment bien.

 

 

Certaines de ses installations me font penser au cinéma fantastique des années 70/80 et à des réalisateurs comme Dario Argento. J'y trouve une similitude troublante qui me plait beaucoup.

 

 

C'est une expo qu'on peut revoir plusieurs fois en plusieurs temps car certaines vidéos durent jusqu'à 36mn et parfois on loupe le moment crucial en allant d'une pièce à l'autre. Notamment dans cet incroyable polyptique "Going Forth by Day" avec des univers différents autour du thème de l'eau. On peut même y aller avec des enfants pour le côté ludique et monumental. Après avoir vu l'expo, j'ai repéré les installations qui pourraient plaire à ma fille la prochaine fois.

 

 

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La première fois que j'ai entendu "Paris Seychelles" c'était sur Virgin Radio bien avant que l'album "Love" ne sorte et qu'on en parle partout ailleurs. J'ai tout de suite craqué sur la chanson et ce n'est qu'au bout de trois ou quatre écoutes que j'ai réalisé que c'était Julien Doré (la honte oui !). Puis l'album est sorti, je l'ai acheté le premier jour et écouté en boucle pendant des mois. Cet album est une pépite, je l'aime du début à la fin, toutes les chansons, ce qui est rare quand ça m'arrive.

J'étais fan de Julien Doré pendant La Nouvelle Star, fan de son titre avec Coeur de Pirate mais moins du premier album. "Love" m'a réconciliée avec l'artiste.

J'ai donc guetté les concerts à Paris et on a réussi à avoir des places. La chance que ce soit aux Folies Bergères, une salle à taille humaine.

 

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Il a la classe sur scène Julien Doré et beaucoup d'humour. Son groupe de musiciens aussi a la classe aussi bien musicalement que niveau look. Ils vont vraiment bien ensemble. On a adoré le concert avec ses passages originaux comme quand il fait venir une chorale de petites filles pour le refrain de "Platini" (j'adore cette chanson !) ou quand il chante "Femme like U" de K.Maro avec une énorme boule disco sur la tête.

 

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Julien Doré est un vrai showman, charmeur et drôle. Un super concert avec du Love dans toute la salle !

 

 

 

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Ballons coeurs, surprise du fan club lors du concert de Patrick Bruel

 

 

Quinze jours plus tard j'étais au Zénith pour revoir Patrick Bruel. Quelques changements par rapport au concert de l'an dernier mais c'est toujours aussi bien. J'adore toujours autant quand il prend position et là il a incité les gens à aller voter, a parlé des extrêmes et même des élections européennes à venir.

Belle innovation avec un mur de tweets pour mettre de l'ambiance avant le concert. J'ai joué le jeu bien entendu et j'ai réussi mon petit défi de faire passer mes trois tweets sur l'écran. On est à fond où on ne l'est pas ! On est joueuse où on ne l'est pas !

 

tweet-deux

 

J'avais prévu depuis longtemps d'aller à ce concert avec Isabelle puis j'ai eu deux places en plus et j'ai pu inviter d'autres fans proches de moi comme Sophie. Ces deux places nous ont donné droit à un accès backstage, suite et fin de la première rencontre pour le clip "Maux d'enfants". Il y avait pas mal de monde et Patrick Bruel a joué le jeu des saluts, photos etc alors qu'on le sentait vraiment très fatigué. Je n'ai pas bougé des coudes pour refaire une photo que j'avais déjà, j'ai laissé la place aux autres.

 

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Je n'ai pas pu aller à la soirée de lancement de clip "Maux d'enfants" mais je l'ai regardé en ligne sur le site dédié. Quand j'étais sur le tournage difficile d'imaginer le résultat mais j'ai reconnu quelques scènes. Le clip est réussi et émouvant sur le sujet du cyber harcèlement et par extension du harcèlement à l'école. Cest plus qu'un simple clip, c'est un objet d'utilité publique. On peut cliquer à certains moments pour lire les histoires des différents protagonistes. C'est très réaliste et ô combien flippant quand on est parent, mieux vaut être informé et vigilant.

A la fin du clip on trouve des conseils et surtout un renvoi sur l'Association E-Enfance, partenaire de Patrick Bruel pour la réalisation de ce film.

 

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Par Carole Nipette - Publié dans : Sorties culturelles... de maman, critiques cinéma.
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