Sorties culturelles... de maman, critiques cinéma.

Lundi 15 décembre 2014 1 15 /12 /Déc /2014 11:00

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Timbuktu de Abderrahmane Sissako

 

 

"Non loin de Tombouctou tombée sous le joug des extrémistes religieux, Kidane mène une vie simple et paisible dans les dunes, entouré de sa femme Satima, sa fille Toya et de Issan, son petit berger âgé de 12 ans.

En ville, les habitants subissent, impuissants, le régime de terreur des djihadistes qui ont pris en otage leur foi. Fini la musique et les rires, les cigarettes et même le football… Les femmes sont devenues des ombres qui tentent de résister avec dignité. Des tribunaux improvisés rendent chaque jour leurs sentences absurdes et tragiques..."

 

Avertissement : des scènes, des propos ou des images peuvent heurter la sensibilité des spectateurs

 

Timbuktu est un film dont on ne ressort pas indemne si on s'intéresse à la façon dont le monde évolue et si on a de l'empathie pour ce que d'autres subissent pendant que nous vivons à peu près correctement.

Il propose un vrai discours et c'est une vraie oeuvre sur le mal qu'a fait et que continue de faire l'Islam radical et intégriste partout où il passe. C'est une véritable dénonciation de ce qu'on peut qualifier de crimes de guerre ou contre l'humanité.

Et pourtant ça reste du cinéma avec un traitement non dénué d'humour et des images sublimes de paysages africains. Il y a d'ailleurs un beau contraste entre la façon de filmer, la nonchalance, la beauté, la simplicité et ce que le film dénonce.

C'est aussi pour ça que le film est courageux et fort.

 

On découvre Tombouctou envahie par la police islamique qui passe son temps à proclamer des lois débiles excluant toute notion de plaisir mais qui ne vaut que pour les opprimés bien entendu. Tout est interdit, le musique, le football, se promener... Interdiction pour interdire, ils ne savent plus quoi inventer pour faire leur soi-disant Djihad et se justifient toujours d'Allah pour commettre toutes les atrocités  de la terre en toute impunité.

 

Les gens s'habituent entre espoir et résignation, certains fuient, d'autres restent ne sachant pas où aller. La vie quotidienne est de plus en plus menacée. La résistance s'organise comme elle peut, souvent individuellement et le fait des femmes qui osent émettre leurs opinions. Il ya de beaux moments de cinéma tellement symboliques comme cette scène surréaliste de jeunes garçons qui font un match de foot sans ballon.

 

Le réalisateur dépeint une réalité tragique sans se départir de son humour.

Les combattants sont parfois stupides, parfois perdus, parfois cupides, toujours embourbés dans une doctrine à laquelle certains ne croient même pas. L'ivresse du pouvoir sur les autres semble souvent être le moteur plutôt qu'une vraie croyance en dieu. Ils détournent les paroles du Coran comme ça les arrange, rendent la justice pour s'enrichir ou tuer.

L'imam est là pour faire le contrepoint à sa manière. Il joue avec les mots pour tenter de les raisonner en vain. Où est Dieu dans tout cela ? Il leur dit "Djihad vous mettez en danger l'Islam et ses fidèles" et ô combien ces paroles raisonnent dans le contexte actuel.

 

J'aurais tellement d'autres choses à dire sur ce film et sur ce qu'il dénonce mais je modère ici mes propos... Quelle injustice subie par tous ceux qui sont sous le joug de ces intégristes assoiffés de sang et sûrement pas croyants dans le dieu duquel ils se réclament...

 

Un grand film d'utilité publique qu'il faut voir, dont il faut parler et le montrer dans les collèges et les lycées.

 

Pourquoi j'y suis allée : par hasard parce qu'un ami m'en a dit du bien et en vérité je ne savais même pas ce que j'allais voir, je n'avais pas eu le temps de m'intéresser aux sorties de la semaine ni même de lire le résumé du film. Je n'ai pas été déçue... Mais je l'aurais sélectionné de toute façon en connaissance de cause.

 

 

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La French de Cédric Jimenez

 

"Marseille. 1975. Pierre Michel, jeune magistrat venu de Metz avec femme et enfants, est nommé juge du grand banditisme. Il décide de s’attaquer à la French Connection, organisation mafieuse qui exporte l’héroïne dans le monde entier. N’écoutant aucune mise en garde, le juge Michel part seul en croisade contre Gaëtan Zampa, figure emblématique du milieu et parrain intouchable. Mais il va rapidement comprendre que, pour obtenir des résultats, il doit changer ses méthodes."

 

La French Connection je ne m'en souviens pas, j'étais trop jeune, l'évocation du nom me fait immédiatement penser au film de William Friedkin. Par contre l'assassinat du juge Michel, en 1981, quelques mois après l'élection de Mitterrand, ça je m'en souviens. Les titres des journaux, les ouvertures de JT, ce fut un fait divers qui aura marqué la France du début des années 80.

Historiquement je ne peux dire ce que le film respecte ou pas mais une chose est sûre, le film est réussi pour moi.

 

Le juge Michel est un juge investi qui a vu les ravages de la drogue sur les mineurs lorqu'il était en charge de leurs dossiers. Il veut stopper ça.

Il s'attaque quand même à un truc de fou : démanteler le plus gros réseau de traffic de drogue de l'époque. Le réseau qui a fait que l'Amérique se retrouve inondée de drogue et de drogués comme jamais avant dans leur histoire. Réseau déjà inquiété mais jamais décimé.

 

Le film montre le juge Michel comme un homme déterminé, probablement comme personne ne l'a jamais été avant lui. Comment ne pas se laisser bouffer par ce genre d'affaires, il faut en avoir des couilles pour ne pas se laisser faire et ne pas laisser faire surtout quand on a une famille. Famille qui a de plus en plus de mal à comprendre ce combat qui le dévore.

 

On découvre Tony Zampa et sa violence sous-jacente qui définit le personnage. Il fait peur, il ne faut pas le contrarier.

Ce qui marque de ces années là, c'est cette espèce d'impunité dont tous les truands croient qu'ils bénéficient, cette arrogance qu'ils affichent.

 

Le juge Michel doit composer avec la police plus ou moins coopérative en fonction des commissaires qui passent. On se doute que la corruption est partout, qu'un système de cette envergure ne peut perdurer sans appuis hauts placés. Est il seul contre tous ? Est ce un combat perdu d'avance ?

Le film montre aussi la coopération avec les USA qui tentaient d'arrêter la French connection par tous les moyens. Ce qui n'a pas toujours été le cas en France.

 

De l'humour aussi. Mention spéciale pour une scène dans laquelle beaucoup de parents se reconnaîtront : le truand qui doit gérer ses trois enfants et ne s'en sort pas, c'est pire que gérer la distribution de la drogue !

 

L'ambiance des années 70 est bien retransmise que ce soit dans les décors ou la musique.

L'enquête est passionnante, le casting est aux petits oignons, le rythme est dynamique.

 

On connait la fin du film et pourtant j'ai quand même eu un vague espoir que ça n'arrive pas.

Que cette histoire soit jouée par des acteurs connus et que j'aime me la rend encore plus forte et j'ai encore plus d'empathie pour le juge et sa famille. Le pouvoir du cinéma...

 

Le juge Michel, ce héros des temps modernes de la vraie vie... un grand personnage de cinéma, un grand personnage de l'histoire...

Un film qui m'a emportée du début à la fin, un très bon polar made in France qui renoue avec un genre disparu.

 

 

Pourquoi j'y suis allée : parce que le sujet m'intéressait et parce que je suis fan de Jean Dujardin

Par Carole Nipette - Publié dans : Sorties culturelles... de maman, critiques cinéma. - Communauté : Les films : outil de culture
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Dimanche 7 décembre 2014 7 07 /12 /Déc /2014 07:19

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'71 de Yann Demange

 

"Belfast, 1971. Tandis que le conflit dégénère en guerre civile, Gary, jeune recrue anglaise, est envoyé sur le front.
La ville est dans une situation confuse, divisée entre protestants et catholiques. Lors d’une patrouille dans un quartier en résistance, son unité est prise en embuscade. Gary se retrouve seul, pris au piège en territoire ennemi."

Interdit aux moins de 12 ans.

 

On est plongé directement au coeur du dur entrainement de jeunes militaires qui passent leur vie à obéir aux ordres.

Ils quittent brutalement leur base et sont envoyés en mission à Belfast et enfin confrontés à la réalité du terrain. Ils afffrontent les émeutiers en pleine rue, les projectiles et les crachats tout autant que la haine.

On les sent paumés se demandant ce qu'ils font là. Lâchés en pleine jungle, pris entre les violences policières qu'on leur demande de couvrir et les violences des manifestants à leur égard. On leur demande de protéger des policiers aux méthodes douteuses... confusion des sentiments.

 

Quand Gary se retrouve seul, il va apprendre ce qu'est vraiment la survie, l'entrainement à côté c'est une ile paradisiaque. A chaque coin de rue il craint pour sa vie. Au fil de ses rencontres on va comprendre avec lui à quel point ce conflit est compliqué et dépendant de tellement de paramètres. Sans compter l'oeuvre des services secrets britanniques qui ne la jouent pas forcément réglo. Gary se retrouve pris entre tous les feux, il est autant une pièce de négociation que l'homme à abattre.

 

La façon de filmer caméra au poing est hyper réaliste, on est au coeur de l'action, pas de distance entre nous et l'écran ce qui renforce le suspense et la tension qui règne durant tout le film.

Le casting est excellent jusqu'au superviseur qui a une vraie tête d'enfoiré de première et que j'ai adoré détester. Un vrai salaud auquel je n'ai réussi à trouver aucune circonstance atténuante, c'est rare.

 

Le fim sert également une réflexion et un discours sur l'armée bien comme il faut. Les pacifistes dans l'âme seront ravis.

 

J'ai adoré, un très très bon film qui remue et qui ne laisse pas indifférent.

 

Pourquoi j'y suis allée : parce que j'avais vu la bande annonce et j'ai tout de suite été attirée et intriguée. J'ai du attendre presque un mois pour réussir à la voir mais ça faisait vraiment partie des films que je ne voulais pas louper et j'ai bien fait.

 

 

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Calvary de John Michael McDonagh

 

 

"La vie du père James est brusquement bouleversée par la confession d’un mystérieux membre de sa paroisse, qui menace de le tuer. Alors qu’il s’efforce de continuer à s’occuper de sa fille et d’aider ses paroissiens à résoudre leurs problèmes, le prêtre sent l’étau se refermer inexorablement sur lui, sans savoir s’il aura le courage d’affronter le calvaire très personnel qui l’attend…"

Avertissement : des scènes, des propos ou des images peuvent heurter la sensibilité des spectateurs

 

Il fait quoi un homme face à son futur destin tragique quand il est prêtre dévoué à Dieu et à sa paroisse ? Va t'il rester, va t'il fuir, va t'il chercher à savoir qui est son assassin ?

Il surprend ce père James par la paix et la zénitude qui se dégage de lui. Il est d'un calme incroyable.

 

On va vivre une semaine à ses côtés. Une semaine durant laquelle il reçoit la visite de sa fille, née de de son ancienne vie, qui semble avoir beaucoup de problèmes existentiels, il continue à jouer au père modèle attentif et soucieux du bien être de ses paroissiens. C'est un prêtre qui est au courant de tous les potins du village et qui se coltine des êtres humains un peu félés.

Ils en tiennnent presque tous une bonne couche ces villageois et ils ne sont pas très sympathiques d'ailleurs. On se demande ce qui anime ce prêtre, en tout cas il n'a vraiment pas cherché ce qui lui arrive. Le sentiment d'injustice est énorme.

Et pourtant la montre tourne et plus on avance dans l'histoire plus on se demande comment il fait pour ne pas être plus combatif d'autant plus que des événements malheureux viennent s'ajouter à cette menace.

 

 

Quelques effets de mise en scène bien vus, on passe d'un plan calme plat à une intro d'un autre plus violente. Une façon de ne pas oublier que l'histoire risque de mal finir ?

Entre le film noir et la comédie absurde, Calvary dégage aussi de l'émotion notamment grâce à son magnifique interprète principal, Brendan Gleeson. Et les scènes de fin sont grandioses.

Un film original que j'ai bien aimé sans toutefois être complètement conquise.

 

 

Pourquoi j'y suis allée : pour continuer sur ma lancée irlandaise et parce que le sujet était original. J'avais aussi bien aimé le film précédent du réalisateur "L'irlandais".

 

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Qui vive de Marianne Tardieu

 

"Retourné vivre chez ses parents, Chérif, la trentaine, peine à décrocher le concours d’infirmier. En attendant, il travaille comme vigile. Il réussit malgré tout les écrits de son concours et rencontre une fille qui lui plaît, Jenny… Mais au centre commercial où il travaille, il perd pied face à une bande d'adolescents désoeuvrés qui le harcèlent. Pour se débarrasser d'eux, il accepte de rencarder un pote sur les livraisons du magasin. En l'espace d'une nuit, la vie de Chérif bascule..."

 

On découvre une banlieue classique avec ses barres d'immeuble, ses petits commerces et surtout ses petites misères de la vie quotidienne.

Chérif, vigile dans un centre commercial passe son temps à se faire emmerder par des petits jeunes qui s'ennuient probablement.
Il est coincé dans une vie morne et triste, obligé de retourner vivre chez ses parents à cause de la crise économique. Pourtant il s'accroche et continue à passer le concours d'infirmier plusieurs fois, son seul espoir de s'élever socialement et psychologiquement. Cela devient vital mais on le sent hésitant, pas préparé, comme si la peur de rater menait le jeu perdu d'avance.

Sa rencontre avec une jeune fille sincère pourrait être la motivation qui lui manque mais ce n'est jamais simple et les tentations de basculer du mauvais côté sont omniprésentes et fortes dans la cité.

Il subit des humiliations quotidiennes par des "ptits branleurs" qui se la jouent caïd. Pourquoi un homme comme lui qui cherche à s'en sortir et aller de l'avant va se laisser bouffer par eux ?

A tel point qu'il entre dans un engrenage duquel personne ne sortira indemne à commencer par lui.

 

Confronté à un vrai cas de conscience, celui d'une vie quasiment, Chérif prend une décision et il s'y tient pour la première fois peut être. Finalement il est prêt à tout pour retrouver une vie qu'il estime être la sienne mais à quel prix... Le loser ne veut plus l'être quoi qu'il arrive...

Un film sensible sur la banlieue, un Reda Kateb qui réussit une belle incarnation d'un homme qui a perdu pas mal d'illusions. Qui Vive manque parfois de profondeur mais j'ai bien aimé ce portrait de trentenaire contemporain hors des sentiers battus.

 

 

Pourquoi j'y suis allée : par curiosité pour le sujet et je l'avoue aussi parce que la courte durée du film cadrait avec le temps que j'avais. Mais dans mon autre vie d'avant où j'allais au ciné 5 fois par semaine, je l'aurais clairement sélectionné. Il faisait partie des films "courts" que je voulais voir !

Par Carole Nipette - Publié dans : Sorties culturelles... de maman, critiques cinéma. - Communauté : Les films : outil de culture
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Vendredi 21 novembre 2014 5 21 /11 /Nov /2014 06:49

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La prochaine fois je viserai le coeur de Cédric Anger

  

"Pendant plusieurs mois, entre 1978 et 1979, les habitants de l’Oise se retrouvent plongés dans l’angoisse et la terreur : un maniaque sévit prenant pour cibles des jeunes femmes.

Après avoir tenté d’en renverser plusieurs au volant de sa voiture, il finit par blesser et tuer des auto-stoppeuses choisies au hasard. L’homme est partout et nulle part, échappant aux pièges des enquêteurs et aux barrages. Il en réchappe d’autant plus facilement qu’il est en réalité un jeune et timide gendarme qui mène une vie banale et sans histoires au sein de sa brigade. Gendarme modèle, il est chargé d’enquêter sur ses propres crimes jusqu’à ce que les cartes de son périple meurtrier lui échappent."

Avertissement : des scènes, des propos ou des images peuvent heurter la sensibilité des spectateurs

 

Le parti pris du film, inspiré d'un célèbre fait divers de la fin des années 70, est celui du serial killer. Même si on ne se souvient pas de l'histoire d'Alain Lamare, on sait tout de suite que c'est lui, ce gendarme au-dessus de tout soupçon, qui tue des jeunes filles sans raison apparente.

Pas de suspense donc, on connait le meurtrier dès le début, le film se passe dans l'action réelle. Ce n'est pas l'enquête qui va nous dire qui est le coupable mais bien l'histoire du tueur.

 

Franck, gendarme dévoué, mène une vie monacale avec pour seul plaisir, des escapades en forêt où il est proche de la nature. Amour de la nature qu'il tente de transmettre à son petit frère. Ce sont les seules scènes du film où l'on sent le "héros" apaisé et serein.

Un gendarme qui se tient dans son métier, quelques sautes d'humeur ça et là mais qui se lâche ailleurs en étant violent, raciste, désagréable. Il a clairement un problème avec les gens en général et il est mal dans sa peau jusqu'à s'autoflageler et se faire souffrir physiquement. Une lueur d'espoir s'installe quand la douce Sophie, sa femme de ménage, tombe amoureuse de lui et essaie de le séduire maladroitement. Mais il est déjà bien trop tard pour que Franck s'intéresse vraiment à elle et change de vie.

Il se traque lui même et petit à petit il ne maitrise plus les choses.

 

Qui est ce tueur qui ne semble pas assumer ses actes mais qui ne peut s'en empêcher et pourquoi tue-t'il ? On ne le saura pas vraiment même si le film tente de donner des réponses sur la psychologie tordue et complexe de Franck.

Alain Lamare est interné depuis sa capture et il a été déclaré non responsable de ses actes, ça fait froid dans le dos...

 

Guillaume Canet est tranformé. Son interprétation est toute en sobriété et en finesse. Il passe du gendarme calme au tueur possédé très naturellement. On sent qu'il est entré dans la peau du personnage.

Un film prenant et intrigant du début à la fin.

 

Un ami qui a vécu l'histoire de l'intérieur pusiqu'il est originaire de l'Oise, a trouvé le film réussi. Cette histoire a marqué sa jeunesse. Il trouve que le film a réussi à capter l'ambiance de l'époque...

 

Pourquoi j'y suis allée :par curiosité pour l'histoire, pour voir Guillaume Canet dans un rôle vraiment différent.

 

 

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Une nouvelle amie de François Ozon

 

"A la suite du décès de sa meilleure amie, Claire fait une profonde dépression, mais une découverte surprenante au sujet du mari de son amie va lui redonner goût à la vie." Le film est une adaptation libre de "Une amie qui vous veut du bien" de Ruth Rendell

Avertissement : des scènes, des propos ou des images peuvent heurter la sensibilité des spectateurs


Chacun a sa façon de gérer le décès d'un proche. L'ombre de Laura est omniprésente sur les vivants. Claire se renferme et David se travestit en femme, en mettant les habits, le parfum de sa femme disparue. Comme s'il était Laura, comme si elle se fondait en lui et ainsi il redonne une mère à son bébé. Ce n'est pas aussi simple...

Claire est attirée par David en femme, retrouve t'elle le plaisir d'avoir une meilleure amie ?

 

On a l'impression qu'ils entrent dans une relation qui devient un jeu pervers et addictif, renforcé par la manque de Laura. Mais c'est bien plus profond que ça. Qui a un problème ? Claire qui traite David de pervers dangereux ou David qui accepte le jeu ?

Quand David et Claire se retrouvent on dirait deux copines qui font du shopping et s'échangent des conseils beauté. Claire retrouve la joie de vivre et semble prise dans l'euphorie de la transgression tout en apprenant à connaître David alors qu'avant il n'était que le mari de sa meilleure amie.

 

 

Le film explore le sujet de l'identité sexuelle propre, celle qui est nous, celle qui émane de nous, sans jamais tomber dans un discours moralisateur du type "il faut accepter la différence, être tolérant..." Même si clairement les partisans de la manif pour tous n'apprécieront pas la famille révélée par François Ozon, il a plutôt voulu montrer les cheminements par lesquels sont passés les deux protagonistes avant de se trouver et d'être heureux.

 

Une nouvelle amie offre de superbes moments de cinéma comme celui de la boite de nuit où David pleure devant un numéro de travelo. Superbe aussi la musique qui donne un genre mystérieux et romanesque au film.

J'ai vraiment été très touchée par le film et par les comédiens. Romain Duris compose un beau personnage émouvant et tout en finesse.

 

Pourquoi j'y suis allée : parce que je ne rate pas un film de François Ozon dont j'aime quasiment tous les films depuis le début.

 

 

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Respire de Mélanie Laurent

 

"Charlie, une jeune fille de 17 ans. L’âge des potes, des émois, des convictions, des passions. Sarah, c’est la nouvelle. Belle, culottée, un parcours, un tempérament. La star immédiate, en somme. Sarah choisit Charlie."

 

Charlie, une jeune lycéenne qui prépare le bac, mène une vie un peu morose. Pas d'amoureux, une ambiance sinistre à la maison avec des parents sur le point de se séparer. Rien d'extraordinaire ne ponctue sa vie jusqu'à l'arrivée de Sarah dans la classe.

Sarah c'est la nouvelle, elle est jolie, à l'aise, semble avoir une vie originale comparée aux autres et surtout comparée à celle de Charlie qui trouve la sienne encore plus terne. Elle s'accroche très vite à cette fille si bien dans sa peau qui a toujours des trucs à raconter tout en donnant son avis sur tout avec aplomb.

Mais il s'avère que Sarah est très susceptible et sous couvert de jeu elle devient de plus en plus dure et méchante avec Charlie. Charlie qui commence à ressentir un mal être sans pour autant l'exprimer et peut être ni même savoir pourquoi.

 

C'est une histoire de harcèlement ordinaire comme il en existe malheureusement trop que ce soit à l'école ou au travail. Charlie se laisse harceler, de quoi se sent-elle coupable ? Un syndrome de Stockolm ?

 

Sarah joue à chaud froid sans arrêt, elle est manipulatrice. Elle joue à la perfection le bourreau qui se fait passer pour une victime pour faire culpabiliser la vraie victime.

 

Respire raconte avec justesse une amitié toxique ou l'une est tellement obnubilée par l'autre qu'elle ne se rend plus compte de la réalité... Les deux jeunes interprètes Joséphine Japy et Lou de Laâge sont parfaites et nous font ressentir tous les méandres de cette relation empoisonnée.

Un sujet fort bien traité par Mélanie Laurent, un film dur sur l'adolescence. J'ai vraiment eu besoin de respirer en sortant de la salle...

 

Pourquoi j'y suis allée : parce que la bande annonce m'a donnée envie

 

 

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The Giver de Philip Noyce

 

"Dans un futur lointain, les émotions ont été éradiquées en supprimant toute trace d'histoire. Seul "The Giver" a la lourde tâche de se souvenir du passé, en cas de nécessité. On demande alors au jeune Jonas de devenir le prochain "Giver"..."

 

Elle fait froid dans le dos cette société égalitaire où toutes les différences ont été gommées, pas de privilèges, pas de pouvoir, pas de looks à la mode ! Un peu comme à la grande époque des idées communautaires de l'ex URSS...

Jonas est un être un peu à part, doué d'extralucidité puisqu'il voit des couleurs alors que les autres voient en noir et blanc, qu'il ressent des émotions alors que le mot n'est même pas dans le vocabulaire autorisé.

Les enfants sont élevés par des parents choisis pour eux, aucune discrimination à la naissance, tout le monde part avec les mêmes chances dans la vie. Les métiers sont choisis par un genre de comité de direction, en fonction des aptitudes montrées pendant l'enfance. Tout le monde a un but.

 

Où il y a du bien, il y a du mauvais mais dans ce monde tout est contrôlé, même les émotions. Qui dit un monde sans émotions, dit un monde sans amour, sans sensation de bonheur, sans sentiments amoureux...

Tout ce qui peut susciter une émotion est banni : la musique, le sport, le divertissement, même les rêves et la notion de mort...

 

Jonas doit donc se souvenir du passé pour faire en sorte que le présent ne soit pas bouleversé. Mais se confronter au passé et entrevoir tout ce dont tout le monde a été privé depuis des lustres peut être dangereux pour l'ordre établi...

 

On peut réfléchir à la question : vaut il mieux une vie réglée sans aucun malheur d'aucune sorte ou une vie normale avec bonheur et souffrance ? Il y aussi la question de la différence qui est la cause des jalousies, de l'envie, de la haine... Mais un monde où tout le monde se ressemble en vaut-il la peine ?

 

Malheureusement, je trouve que le sujet est traité à la va vite et que du coup il y a des incohérences et des blancs mais j'ai beaucoup aimé me poser toutes les questions que suscite le film. J'ai aimé aussi le casting de Jeff Bridges à Meryl Streep (et même si Alexander Skarsgad n'a pas un grand rôle, il est aussi presque aussi sexy que dans True Blood, c'était la minute groopie...)

On peut dire aussi que l'esthétique noir et blanc du film est réussie. En résumé, un film intéressant qui laisse vraiment sur sa faim.

 

Pourquoi j'y suis allée : parce qu'après Le Labyrinthe et avant Hunger Games (il me reste à voir Divergente !), je suis toujours dans mon trip films pour ados ! et aussi parce que je trouvais le sujet intrigant. Je n'ai pas lu le livre avant.

 

 

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Les Boxtrolls de Graham Annable, Anthony Stacchi

 

'Les Boxtrolls est une fable qui se déroule à Cheesebridge, une ville huppée de l’époque victorienne, dont la principale préoccupation est le luxe, la distinction et la crème des fromages les plus puants. Sous le charme de ses rues pavées, se cachent les Boxtrolls, d’horribles monstres qui rampent hors des égouts la nuit pour dérober ce que les habitants ont de plus cher : leurs enfants et leurs fromages. C’est du moins la légende à laquelle les gens de Cheesebridge ont toujours cru..."

 

C'est trop bien Les Boxtrolls et ça ce n'est pas uniquement Nina qui le dit. Nous avons toutes les deux adoré ce dessin animé qui sort pas mal des sentiers battus.

Nina est complètement fan du graphisme qui lui a fait penser à Norman qu'elle avait adoré aussi.

Qu'est ce qu'ils sont attachants ces petits Boxtrolls avec leurs grognements qui font penser à des chiens trop mignons. Il y a d'ailleurs un peu des Minions dans les Boxtrolls dans le coté comportement absurde à nos yeux d'humains.

Beaucoup de trouvailles drôles et émouvantes dans le film notamment avec les boites dont s'habillent les Boxtrolls.

C'est étonnant car le film regorge de choses qui au premier abord ne sont pas issues de l'univers enfantin mais qui pourtant marchent bien dans la construction du récit. L'adoration du fromage, le travestissement, la détention, la folie... Avec des sujets pas toujours évidents, les Boxtrolls est un film tout public qui ne prend pas les enfants pour des idiots ! Même si les plus petits ne saisissent pas toutes les subtilités du récit, ils s'attachent aux personnages très facilement.

Une excellente suprise pour ma part, je ne m'attendais pas à ce que ce soit aussi réjouissant.

Avec La légende de Manolo, Les Boxtrolls est notre second coup de coeur du ciné jeune public de ces dernier mois.

 

Pourquoi j'y suis allée : parce que Nina voulait le voir et moi aussi ! parce que nous avions adoré Coraline et L'Etrange pouvoir de Norman.

Par Carole Nipette - Publié dans : Sorties culturelles... de maman, critiques cinéma. - Communauté : Les films : outil de culture
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Mardi 4 novembre 2014 2 04 /11 /Nov /2014 06:20

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Le Labyrinthe de Wes Ball

 

"Quand Thomas reprend connaissance, il est pris au piège avec un groupe d’autres garçons dans un labyrinthe géant dont le plan est modifié chaque nuit. Il n’a plus aucun souvenir du monde extérieur, à part d’étranges rêves à propos d’une mystérieuse organisation appelée W.C.K.D. En reliant certains fragments de son passé, avec des indices qu’il découvre au sein du labyrinthe, Thomas espère trouver un moyen de s’en échapper."

Avertissement : des scènes, des propos ou des images peuvent heurter la sensibilité des spectateurs

 

Tout comme Thomas balancé dans un monde inconnu, on est paumé. Pourquoi, comment, qui tire les ficelles de cette situation qui semble être une mise en scène maléfique. Forcément intrigant on pense à un jeu mais lequel ?

On entre avec Thomas dans un groupe soudé, une fraternité qui a accepté son sort et qui a créé une nouvelle société avec ses règles et ses lois. Vouloir sortir du groupe et se faire remarquer n'est pas bien vu des autres. Montrer des capacités de survie supérieures est considéré comme louche.

Qui est Thomas, pourquoi est il le plus doué ?

Beaucoup de questions, peu de réponses mais il y en aura suffisamment pour nous faire patienter jusqu'à la suite en 2015 !

 

Encore une saga adaptée de l'univers des romans pour adolescents. Mais qui sont ces auteurs qui imaginent des scénarios où les ados sont la cible d'expériences dangereuses et mortelles ? Qui sont ces sadiques ?!

Je n'ai lu aucun livre mais j'ai ressenti la même fascination que pour Hunger Games, saga que j'adore au cinéma. Je n'ai pas l'âge mais pourtant je suis à fond la cible de ce genre d'histoires.

 

Le Labyrinthe, un film haletant qui ne nous laisse pas de repos, j'avais parfois mal au ventre en anticipant la peur mais au final ça s'est bien passé. Sympa aussi de voir des têtes connues de gamins (issues de séries TV) devenus adolescents.

Du suspense, des adolescents inventifs et courageux, de l'action et une petite dose de mystère pour bien nous tenir en haleine.

 

Pourquoi j'y suis allée : parce que je suis fan des sagas adolescentes comme Hunger Games ! Parce que ça n'avait pas trop l'air de faire peur, juste ce qu'il faut pour ma petite âme sensible.

 

 

 

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Balade entre les tombes de Scott Frank

 

"Ancien flic, Matt Scudder est désormais un détective privé qui travaille en marge de la loi. Engagé par un trafiquant de drogue pour retrouver ceux qui ont enlevé et assassiné sa femme avec une rare violence, Scudder découvre que ce n’est pas le premier crime sanglant qui frappe les puissants du milieu… S’aventurant entre le bien et le mal, Scudder va traquer les monstres qui ont commis ces crimes atroces jusque dans les plus effroyables bas-fonds de New York, espérant les trouver avant qu’ils ne frappent à nouveau…"

Interdit aux moins de 12 ans

 

La scène du générique du début est dingue, une façon de filmer et de suggérer qui m'a bien fait entrer directement dans le film.

Matt Scudder est un ex flic baroudeur qui a pris ses aménagements avec la loi et qui pointe aux AA. Il se lance sur les traces de deux tueurs sanguinaires en loup solitaire qui mène son enquête avec professionnalisme. Sur sa route il va croiser TJ, un jeune noir SDF très futé et plein de ressources et se laisse émouvoir, sans en avoir l'air. Le film ne nous joue pas le pathos de la relation père-fils mais ces deux là se trouvent et s'apprécient.

 

Certains effets de mise en scène sont glaçants d'effroi, le réalisateur n'est pas dans la démonstration pure de violence, il nous suffit d'imaginer et c'est même pire. Je pense notamment à la scène où une jeune fille traverse la rue...

 

Balade entre les tombes est un polar sobre et efficace qui se laisse suivre facilement, un peu trop peut être. Dommage que le scénario soit un peu trop basique et ne révèle pas beaucoup de surprises avec un final tellement classique pour ce genre de films.

 

Pourquoi j'y suis allée : parce que j'aime aussi bien les polars en livres qu'au cinéma et que celui ci est basé sur un roman de Lawrence Block dont j'aime bien les écrits. 

 

 

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Samba de Eric Toledano, Olivier Nakache

 

"Samba, sénégalais en France depuis 10 ans, collectionne les petits boulots ; Alice est une cadre supérieure épuisée par un burn out. Lui essaye par tous les moyens d'obtenir ses papiers, alors qu'elle tente de se reconstruire par le bénévolat dans une association. Chacun cherche à sortir de son impasse jusqu'au jour où leurs destins se croisent... Entre humour et émotion, leur histoire se fraye un autre chemin vers le bonheur. Et si la vie avait plus d'imagination qu'eux ?"

 

Le film nous entraine au coeur de la vie d'un sans papier constament sur ses gardes. On pourrait se dire que quelqu'un qui est resté 10 ans sans se faire remarquer est honnête et ok et qu'il pourrait être régularisé mais on sait bien que ça ne marche pas comme ça.

Je trouve ça bien que le cinéma populaire, ceci dit pas du tout péjorativement, s'intéresse à ce sujet sensible. On y voit la question de l'accueil des immigrés, l'univers des petits boulots à la soirée, la journée, la semaine, les centres de rétention, le travail des associations pas toujours facile...

Se mettre à la place d'un sans papier je l'ai fait quelques heures lors d'une exposition interactive et ça a été une expérience traumatisante parce selon le pays d'où on vient et le statut que l'on demande, il y a des différences de traitement et le parcours d'un sans papier est extrêmement difficile à tous les niveaux. Ce n'est pas de gaieté de coeur qu'ils quittent tout, c'est vraiment par nécessité de survie...

 

Mais c'est aussi une histoire d'amour, l'histoire d'une rencontre entre deux âmes perdues. Histoire crédible parce que les vraies histoires d'amour ne s'arrêtent pas aux papiers d'identité.

Il est beau l'échange de séduction entre Samba et Alice, ils sont émouvants et lourds de sens les regards qui se croisent.

Le sujet est grave mais le film ne manque pas d'humour notamment grâce au couple d'amis de galère formé par Omar Sy et Tahar Rahim très à l'aise dans la comédie. Il faut le voir dans le remake d'une célèbre pub Coca Cola !

 

Une jolie comédie romantique et sociale qui se déguste avec plaisir.

 

Pourquoi j'y suis allée : parce que Omar Sy et Charlotte Gainsbourg, parce que j'aime bien les films de Toledano/Nakache

 

 

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#Chef de John Favreau


"Carl Casper, Chef cuisinier, préfère démissionner soudainement de son poste plutôt que d’accepter de compromettre son intégrité créative par les décisions du propriétaire de l’établissement. Il doit alors décider de son avenir. Se retrouvant ainsi à Miami, il s’associe à son ex-femme, son ami et son fils pour lancer un food truck. En prenant la route, le Chef Carl retourne à ses racines et retrouve la passion pour la cuisine et un zeste de vie et d’amour."

 

Un casting démentiel disproportionné pour ce film qui somme toute est un petit film. On sent que Jon Favreau, sympathique acteur et réalisateur des deux premiers Iron Man, a voulu se faire plaisir en réalisant et en se donnant le premier rôle de ce road movie culinaire.

La première partie est un peu longue et le film ne démarre vraiment que lorsque les héros se retrouvent sur la route avec leur food truck. On suit avec le sourire leurs péripéties et l'arrivée du succès auquel les réseaux sociaux, Twitter, Facebook et Vine sont largement associés.

C'est d'ailleurs l'intérêt du film qui surfe sur le succès des blogs culinaires et des avis instantantés des internautes sur ce qu'ils mangent. Le film montre comment une mauvaise utilisation de Twitter peut faire le bad buzz ou l'inverse, comment un blogueur influent peut faire et défaire le succès d'un restaurant.

Après on assiste à la classique histoire du père séparé pris par son travail, qui va renouer avec son fils à travers une passion commune. C'est gentil mais on a l'impression de l'avoir vu de cette manière des dizaines de fois. Tout comme l'histoire du mec qui se retrouve en faisant ce qui lui plait vraiment.

Si vous aimez la cuisine, les food trucks et les réseaux sociaux, ce film vous plaira peut être. Ceci dit c'est mon cas mais le film ne m'a tout simplement pas emballée plus que ça. Le sujet aurait pu être beaucoup plus fouillé.

 

Pourquoi j'y suis allée : en fait je n'y suis pas allée mais c'est le film que j'ai choisi de regarder dans l'avion lors de mon vol retour de New-York. J'ai choisi en fonction de la durée du film et de mon état de fatigue. Pas sûr que je serais allée le voir à la sortie ciné, j'aurais probablement attendu la diffusion sur Canal.

Par Carole Nipette - Publié dans : Sorties culturelles... de maman, critiques cinéma. - Communauté : Les films : outil de culture
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Mercredi 29 octobre 2014 3 29 /10 /Oct /2014 10:55

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Bandes de filles de Céline Sciamma

 

"Marieme vit ses 16 ans comme une succession d’interdits. La censure du quartier, la loi des garçons, l’impasse de l’école. Sa rencontre avec trois filles affranchies change tout. Elles dansent, elles se battent, elles parlent fort, elles rient de tout. Marieme devient Vic et entre dans la bande, pour vivre sa jeunesse."

 

La première chose à laquelle j'ai pensé quand le film s'est terminé, c'est "wouaw mais elles sont incroyables ces filles, jouer aussi bien naturellement, elles sont géniales". Je ne vais pas vous refaire l'histoire du film, l'envie de connaitre ces bandes de filles que la réalisatrice croisait souvent (nous aussi), le casting sauvage... Le fait est que ces quatre jeunes filles crèvent l'écran avec un naturel confondant.

 

Etre une fille dans un univers de machos dans lequel les brimades sont monnaie courante et les insultes fusent de "sale pute" à "espèce de meuf", insulte dégrandante.

Le seul recours de ces filles enfermées entre les murs de leurs appartements des cités, enfermées dans les carcans érigés par les hommes des familles, c'est la bande de copines dans laquelle elles puisent une énergie et une liberté vitales.

Les filles se serrent les coudes, la solidarité entre soeurs et copines est une question de survie.

Elles sont comme les autres ados, elles font des conneries, s'intéressent aux garçons, à la musique, ont leurs portables...

Elles sont noires et quand elles s'échappent de la cité, les suspicions liées à la couleur, la haine ordinaire et quotidienne sont bien là elles.

Dans cette bande de filles on sent que tout peut partir en live pour un rien. Des filles qui s'en prennent à d'autes filles juste pour montrer aux garçons qu'elles aussi elles en ont. Une façon de chercher le respect...

Mais c'est dans la bande et l'amitié qu'elles se révèlent, qu'elles ont la joie de vivre sans se préoccuper des autres, qu'elles profitent des instants de liberté hors de la cité, hors de la vue des pères, des frères, des amis des frères...

 

Une liberté qu'elles ne peuvent pas toujours vivre sous les yeux de tous alors elles louent une chambre d'hôtel pour se lâcher sans être jugées pour mettre des robes, se faire belles sans se faire traiter de pute ou pire. Cela done lieu à une scène magique sur la chanson de Rihanna "Diamonds in the sky", ne plus penser à rien, vivre le moment présent.

 

On suit plus précisément le parcours de Marieme, qui végète à l'école, qui s'occupe de ses petites soeurs et qui tente d'éviter les coups de son grand frère quand il ne le traite pas de pute parce qu'elle vit ses premiers émois amoureux.

Comment avoir l'estime de soi quand on se fait traiter de pute en permanence ?

Marieme est une jeune ado paumée entre ce qu'on attend d'elle et ce qu'elle veut mais elle ne sait même pas vraiment ce qu'elle veut. Elle va faire ses armes dans plusieurs directions avant de prendre une décision pour son avenir.

 

C'est un film très émouvant, les filles sont émouvantes et même si on ne s'identifie pas parce qu'on est blanche et qu'on ne vit pas dans un milieu sexiste, on s'identifie en tant que femme, en tant que mère et clairement on a de l'empathie. 

On rit beaucoup aussi parce que l'alchimie entre les 4 filles fonctionne à merveille et que certaines scènes où elles se lâchent dans les dialogues sont tordantes.

 

A la sortie je me suis néanmoins posée des questions sur le rôle des mères, tout comme dans Tomboy elles sont inexistantes et pas intéressantes. J'ai aussi trouvé que le film montrait une réalité de la banlieue, pas la plus sympathique, sans nous donner d'explication... J'étais un peu dubitative sur ce côté des choses mais finalement en y repensant, le film raconte la vie d'une bande de filles et il ne faut pas forcément chercher à voir beaucoup plus loin même si c'est frustrant. Il faut le prendre comme il est avec ces quatre incroyables filles dont l'énergie et le charisme vous donnent la patate !

Cette bande de filles est une bouffée d'air frais !

 

Pourquoi j'y suis allée : parce que le film a fait sensation à Cannes et que la bande annonce m'a touchée

 

 

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Gone Girl de David Fincher

 

"A l’occasion de leur cinquième anniversaire de mariage, Nick Dunne signale la disparition de sa femme, Amy. Sous la pression de la police et l’affolement des médias, l’image du couple modèle commence à s’effriter. Très vite, les mensonges de Nick et son étrange comportement amènent tout le monde à se poser la même question : a-t-il tué sa femme ?"

Avertissement : des scènes, des propos ou des images peuvent heurter la sensibilité des spectateurs

 

On entre dans la vie d'un couple charmant, la beauté et la classe personnifiées. Amy et Nick Dunne semblent être le couple parfait. Mais Amy, on s'en rend compte assez vite a une double personnalité. Enfant dont les parents attendaient beaucoup, ils ont créé son double parfait pour une série de livres devenue célèbre "Amazing Amy". Elle vit dans l'ombre de cette Amy de littérature et déverse ses pensées dans un journal intime...

 

Gone Girl est un polar subtil et brillant qui dépeint un couple et l'image qu'ils renvoient à l'extérieur et vis à vis d'eux mêmes. Les apparences sont souvent trompeuses et elles le sont encore plus si on les manipule.

Qui est coupable ? Qui manipule qui ? Qui est manipulé ? Des personnages de l'histoire, jusqu'au spectateur tout le monde y passe.

On croit deviner ce qui se passe et au moment où pense avoir percé le mystère, le réalisateur nous montre qu'il ne faut pas le prendre pour un simplet. On a deviné uniquement ce qu'il voulait qu'on devine. Au jeu des faux-semblants qui est le plus fort ? Amy, Nick ou David Fincher ?

 

Gone Girl est aussi une réflexion sur le mariage, sur le couple, sur ce que chacun a signé comme pacte d'amour et sur ce que chacun veut ou doit faire pour que les termes de l'accord premier soient respectés.

Un film réussi, une mise en scène efficace et des interprètes aux petits oignons. Rosamund Pike est parfaite dans le rôle de la blonde tête à claques et Ben Affleck tout en nuances joue à ravir le mari coupable idéal. 

 

Pourquoi j'y suis allée : parce que David Fincher et que j'aime les polars. Je n'ai pas lu le roman dont est adapté le film et ces derniers temps je vois beaucoup de films sans avoir lus les livres, ce n'est pas plus mal, je ne suis pas déçue et je n'attends rien.

 

 

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Magic in the Moonlight de Woody Allen

 

"Le prestidigitateur chinois Wei Ling Soo est le plus célèbre magicien de son époque, mais rares sont ceux à savoir qu’il s’agit en réalité du nom de scène de Stanley Crawford : cet Anglais arrogant et grognon ne supporte pas les médiums qui prétendent prédire l’avenir. Se laissant convaincre par son fidèle ami Howard Burkan, Stanley se rend chez les Catledge qui possèdent une somptueuse propriété sur la Côte d’Azur et se fait passer pour un homme d’affaires, du nom de Stanley Taplinger, dans le but de démasquer la jeune et ravissante Sophie Baker, une prétendue médium, qui y séjourne avec sa mère."

 

Ce que j'aime dans les films de Woody Allen c'est qu'on entre très vite dans le vif du sujet. Il pose l'intrigue en quelques minutes tout en prenant le temps de poser les personnages principaux.

Magic in the moonlight est une douce comédie romantique dotée d'une réflexion intéressante sur la façon de voir la vie. Comment appréhende t'on la vie quand on peut voir au delà de ce qu'on voit avec les yeux ?

En croyant quelque chose d'incroyable, Stanley Crawford, le bougon rationnel, s'ouvre à la vie et aux autres, le dubitatif devient vivant.

Un film sur l'illusion et les illusions. Qu'est la vie sans illusions ? Une vie triste et sans espoirs non ?

 

On retrouve les thèmes chers à Woody Allen sur le sens de la vie et des tas de remarques disséminées ici et là contre tout ce qui touche à la religion et l'existence de Dieu. Avec toujours en toile de fond les pensées des philosophes allemands.

Au moment où notre héros fait une prière, on y croit 2 secondes et puis on se rappelle qu'on est chez Woody Allen et on rigole.

A titre plus personnel j'ai adoré la scène de séance de spiritisme qui m'a rappelée les séances qu'on faisait entre copines, j'adorais cette époque !

 

Un film drôle et tendre, des dialogues subtils et savoureux et un don pour sortir des petites phrases qui sont de grandes leçons de vie !

 

Pourquoi j'y suis allée : parce que j'aime le cinéma de Woody Allen depuis toujours

 

 

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White Bird de Gregg Araki

 

"Kat Connors a 17 ans lorsque sa mère disparaît sans laisser de trace. Alors qu’elle découvre au même moment sa sexualité, Kat semble à peine troublée par cette absence et ne paraît pas en vouloir à son père, un homme effacé. Mais peu à peu, ses nuits peuplées de rêves vont l’affecter profondément et l’amener à s’interroger sur elle-même et sur les raisons véritables de la disparition de sa mère…"

 

Kat est une jeune fille qui semble bien dans ses baskets malgré sa mère qui a disparu sans crier gare et ses parents qui semblent se détester pendant que son boyfriend ne veut plus avoir de rapports sexuels avec elle.

 

Kat semble accepter sa situation et ne veut pas se laisser abattre, elle est a l'âge des expériences sexuelles, des découvertes en tout genre et peut compter sur sa bande de potes pour parler de ce qu'elle ressent.

De flash backs en flash backs, on découvre des rapports tendus comme peuvent l'être ceux d'une mère et son ado de 17 ans, une mère un peu pétasse sur les bords, magnifique Eva Green. On voit une femme malheureuse et qui fait payer son état à sa famille mais on ne sait pas pourquoi elle s'est infligée cette vie au final.

 

Ici encore est traité le thème des apparences. Que se cache t'il sous le vernis de couple qui s'adresse à peine la parole ?

 

Qui est aveugle, celui qui ne veut pas voir ou celui qui ne voit pas ? Pourquoi la mère de Kat a disparu sans crier gare ? Tout le monde a son avis sur la question et Kat n'est pas au bout de sa peine.

Un film plein de surprises, dont la fin vient redonner une nouvelle lecture à toute l'histoire.

C'est aussi un beau portrait d'adolescente qui glisse doucement vers l'âge adulte.

 

Pourquoi j'y suis allée : parce que j'avais énormément aimé Kaboom, le dernier film du réalisateur.

 

 

 

Prochaine revue de films avec Samba, Le Labyrinthe, Balade entre les tombes, #Chef

On le voit que ma fille est partie 8 jours en colo !

Par Carole Nipette - Publié dans : Sorties culturelles... de maman, critiques cinéma. - Communauté : Les films : outil de culture
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Mardi 14 octobre 2014 2 14 /10 /Oct /2014 07:01

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Mommy de Xavier Dolan

Avec Antoine-Olivier Pilon, Anne Dorval, Suzanne Clément...

 

"Une veuve mono-parentale hérite de la garde de son fils, un adolescent TDAH impulsif et violent. Au coeur de leurs emportements et difficultés, ils tentent de joindre les deux bouts, notamment grâce à l’aide inattendue de l’énigmatique voisine d’en face, Kyla. Tous les trois, ils retrouvent une forme d’équilibre et, bientôt, d’espoir."

 

Dès le début, on tombe sous le charme de cette mère, aux accents de vulgarité si naturelle. Anne Dorval dans le rôle de Diane crève l'écran et le mot est faible.

 

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Xavier Dolan du haut de ses 25 ans a un sacré talent pour parler des relations humaines et ce depuis son premier film "J'ai tué ma mère". Pour en parler mais aussi pour les filmer. Ici la caméra est intime et proche des personnages, on ressent au plus près tout ce qu'ils nous envoient comme décharges émotionnelles. La façon de filmer rend le film encore plus fort. 

 

Mommy est un film universel sur un sujet tout aussi universel, l'amour maternel. On retrouve une mère face à ses responsabilités devant son fils Steve, qui déborde d'énergie et qui devient régulièrement totalement incontrolable, l'effet TDAH.

Ils ont des rapports compliqués qui passent par la violence qu'elle soit physique ou verbale qui fait parfois se demander si la mère et le fils ne sont pas toxiques l'un pour l'autre. Leur petit duo va prendre un sacrée bouffée d'air frais avec l'apparition de leur voisine Kyla, une enseignante en congés sabbatique.

D'elle, on ne saura pas grand chose si ce n'est qu'elle begaie suite à un choc que l'on suppose être dû à la perte d'un enfant. Kyla, rentre dans la vie de Diane et Steve et réapprend à se laisser aller au contact de ce drôle de couple qui prend la vie comme elle vient.

Magiques, émouvantes, passionnées les relations entre ces trois là dépotent mais le fragile équilibe reste menacé, on s'attend toujours à ce que Steve pète un cable. Et quand tout semble aller pour le mieux, c'est le passé de Steve qui les rattrape tous. Comme un engrenage...

 

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La vie brute de décoffrage comme on dit et Xavier Dolan ne s'embarrasse pas de faux sentiments et décrit les relations humaines dans ce qu'elles ont de plus fort, les gens avec leurs faiblesses et leurs doutes, avec honnêteté et simplicité.

 

Diane, une mère marquée par les épreuves et qui continue à avancer en gardant le sourire, qui se bat pour son fils envers et contre tout et tous et dont l'amour maternel est rudement mis à l'épreuve. Cet attachement très fort et fusionnel à son fils nous fait vibrer, nous émeut à un point...

 

Pas évident cette ambivalence que ressentent tous les parents mais qui est encore plus marquée quand on a un enfant différent. Vivre avec, assumer encore et toujours jusqu'à quand ?

 

Mommy c'est un film d'amour maternel qui remue par tous les pores de la peau, qui fait trembler, pleurer et dont on sort vidé mais conscient d'avoir vécu une expérience de cinéma intense et bouleversante. Malgré la dureté du sujet, le film ne manque pas d'humour, mais souvent politiquement incorrect comme dans le cinéma de Dolan en général. J'adore.

 

La caméra élargit rarement le champ et quand elle le fait cela donne des scènes sublimes de skate-board où l'on sent Steve libre et libéré. Il y a aussi cette magnifique séquence rêvée. Des scènes comme des respirations...

 

Une phrase prononcée au début est pour moi le fil rouge du film "Ce n'est pas parce qu'on aime quelqu'un qu'on peut le sauver". Mommy est du point de vue de cette optique, un grand film d'amour.

 

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Mommy aurait largement mérité la Palme d'Or mais aussi et surtout un prix d'interprétation collectif. Anne Dorval est bouleversante de justesse, le jeune Antoine Olivier Pilon explose dans ce premier grand rôle à l'écran et Suzanne Clément est toute aussi parfaite. Ces trois là nous prennent aux tripes du début à la fin. Xavier Dolan est sans conteste un directeur d'acteur de génie.

Il est bien parti pour trouver avec Mommy le succès populaire qu'il mérite ! C'est tout le mal que je lui souhaite à mon jeune chouchou du cinéma contemporain.

 

 

Pourquoi j'y suis allée : parce que je suis tombée amoureuse du cinéma de Xavier Dolan depuis le jour où je suis allée au ciné voir "J'ai tué ma mère" et que depuis, 4 films plus tard, je n'ai jamais été déçue. Il y a des cinéastes qui vous parlent plus que d'autres, qui s'adressent à tout votre moi intérieur, à votre mode de pensée, à ce qui vous définit en tant que personne... Xavier Dolan en fait partie.

 

 

 

Tous mes avis depuis 2009

 

J'ai tué ma mère

Les amours imaginaires

Comment je suis devenue productrice de cinéma

Laurence Anyways

Tom à la ferme

 

 

 

 

Par Carole Nipette - Publié dans : Sorties culturelles... de maman, critiques cinéma. - Communauté : Les films : outil de culture
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Mardi 7 octobre 2014 2 07 /10 /Oct /2014 06:55

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Saint Laurent de Bertrand Bonello

 

"1967 - 1976. La rencontre de l'un des plus grands couturiers de tous les temps avec une décennie libre. Aucun des deux n’en sortira intact."

 

Une décennie sur une vie, mais une décennie qui aura compté et qui suffit à dépeindre le personnage de Yves Saint Laurent dans toute sa complexité mais surtout dans toute son humanité. Peu m'importe que tout ne soit pas exactement comme dans la réalité, ce qui reste du film c'est bien l'image d'un créateur visionnaire, d'un homme curieux amateur de belles choses et avide d'expériences.

Bertrand Bonello a donné une humanité incroyable à Yves Saint Laurent, magnifiée par l'interprétation toute en finesse de Gaspard Ulliel.

Le film est esthétiquement sublime tout autant que la mise en scène.

 

La scène de rencontre et de séduction, en boite de nuit, entre Saint Laurent et Jacques de Bascher restera gravée dans ma mémoire. Un peu de Kubrick avec la touche Bonello, un grand moment de cinéma.

 

Tout y est dans cette version condensée de la vie de Saint Laurent : la vie d'un atelier de couture, la transformation de la femme par le grand couturier, les histoires d'amour, la gestion de l'entreprise et de la marque, l'inspiration, la fragilité du personnage, son amour de l'art...

 

J'ai adoré me plonger dans cet univers de création, du monde de la nuit des années 70 (Le Sept, Le Palace). J'ai adoré le film et tout le casting. Je n'ai pas vu la version de Jalil Lespert mais je n'ai plus vraiment envie de la voir maintenant...

 

Pourquoi j'y suis allée : parce qu'après "L'Apollonide, Souvenirs de la maison close" que j'ai adoré je voulais voir ce que Bertrand Bonello avait fait de l'icône Saint Laurent avec sa sensibilité.

 

 

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3 coeurs de Benoit Jacquot

 

"Dans une ville de province, une nuit, Marc rencontre Sylvie alors qu’il a raté le train pour retourner à Paris. Ils errent dans les rues jusqu’au matin, parlant de tout sauf d’eux-mêmes, dans un accord rare. Quand Marc prend le premier train, il donne à Sylvie un rendez-vous, à Paris, quelques jours après. Ils ne savent rien l’un de l’autre. Sylvie ira à ce rendez-vous, et Marc, par malheur, non. Il la cherchera et trouvera une autre, Sophie, sans savoir qu’elle est la sœur de Sylvie…"

 

Très beau début et très belle rencontre au bout de la nuit de deux êtres qui semblent faits l'un pour l'autre. Puis l'histoire devient plus conventionnelle quand Marc rencontre Sophie (Marc et Sophie, fallait le trouver quand même, bref...). Puis Marc se rend compte que Sophie est la soeur de son âme-soeur et l'on suit un homme qui perd pied tout en restant debout et en allant au bout de cette histoire condamnée d'avance.

J'ai beaucoup aimé le début et puis je ne suis pas entrée dans l'histoire à laquelle je ne croyais plus. Tout ça pour ça... Je suis restée sur ma faim avec l'impression de beaucoup de temps perdu dans cette histoire d'amour où les gens font des choix par défaut...

 

Pourquoi j'y suis allée : pour Charlotte Gainsbourg et Benoit Poelvoorde et parce que la bande annonce m'avait attirée

 

 

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Elle l'adore de Jeanne Herry

 

"Muriel est esthéticienne. Elle est bavarde, un peu menteuse, elle aime raconter des histoires souvent farfelues. Depuis 20 ans, Muriel est aussi la première fan du chanteur à succès Vincent Lacroix. Avec ses chansons et ses concerts, il occupe presque toute sa vie.

Lorsqu'une nuit Vincent, son idole, sonne à la porte de Muriel, sa vie bascule. Elle est entrainée dans une histoire qu’elle n’aurait pas osé inventer."

 

"Elle l'adore" est une fable contemporaine pas toujours crédible mais on est au cinéma et ce qui compte ce n'est pas forcément le pourquoi mais le comment...

On entre dans le vie pas toujours palpitante d'une star, entre les signatures de courrier aux fans et les obligations médiatiques. Une star avec ses problèmes et ses histoires de coeur compliquées comme le commun des mortels.

 

Sandrine Kiberlain, décidément en pleine forme dans le cinéma français depuis quelques années, toujours aussi à l'aise que ce soit dans le drame ou la comédie. Le film n'est pas vraiment une comédie mais le couple de policiers est d'un ressort comique certain.

Muriel rencontre son idole et s'échappe pendant un temps de sa vie réglée et calme, comme si elle jouait le rôle de sa vie; elle qui d'habitude la fantasme à coups d'anecdotes inspirées de son quotidien banal.

 

Au final, un polar original et sympathique et même si ce n'est pas un grand film j'ai passé un bon moment, c'est souvent largement suffisant ! Puis je me réjouis assez quand un film ne joue pas dans les codes de la morale habituelle.

 

Pourquoi j'y suis allée : Pour Sandrine Kiberlain et Laurent Lafitte et parce que je pensais que c'était une comédie !

 

 

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Bodybuilder de Roshdy Zem

 

"À Lyon, Antoine, vingt ans, s’est mis à dos une bande de petites frappes à qui il doit de l’argent. Fatigués de ses trafics en tous genres, sa mère et son grand frère décident de l’envoyer à Saint-Etienne chez son père, Vincent, qu’il n’a pas revu depuis plusieurs années. À son arrivée, Antoine découvre que Vincent tient une salle de musculation, qu’il s’est mis au culturisme et qu’il se prépare intensivement pour un concours de bodybuilding. Les retrouvailles entre le père et le fils, que tout oppose, sont difficiles et tendues. Vincent va tout de même accepter qu’Antoine travaille pour lui afin de l’aider à se sortir du pétrin dans lequel il s’est mis. De son côté, Antoine va progressivement apprendre à découvrir et respecter la vie que son père a choisie."

 

Deux films dans le film : les retrouvailles tendues entre un père et un fils qui ne se sont jamais vraiment connus et une plongée au coeur de cette discipline particulière qu'est le culturisme.

 

On entre dans le rituel et la routine du bodybuilder qui s'astreint à une discipline de fer notamment les mois qui précèdent une compétition. Une discipline qui ne peut souffir d'aucun manquement et qui malgré l'addiction (aux compléments alimentaires ou à l'exercice) défend des valeurs intéressantes au sein d'une famille choisie. Roshdy Zem filme ce milieu avec beaucoup de tendresse.

 

Il n'est pas vraiment sympathique ce ptit con d'Antoine, s'empêtrant dans ses conneries. Il est long à la détente malgré la gentillesse des gens qui l'entourent. Il prend son temps pour se mettre du plomb dans la tête...

Sa rencontre avec un père qu'il connait à peine et dont il s'est fait une image de lâcheur sera explosive et salutaire. Un père simple, d'un flegmatisme réaliste, qui ne lâche pas au contraire, qui croit en ce qu'il fait. Un père qui n'a pas cherché à tout prix ce qu'un enfant n'a pas pu ou su lui donner. Un père qui estime ne pas à avoir à s'excuser pour son absence.

J'ai trouvé intéressant de se poser des questions et de réféchir autour de cette relation somme toute banale aujourd'hui. Il est toujours facile de blâmer ses parents parce qu'on y arrive pas, parce que l'on stagne; on le sait bien que c'est toujours la faute des parents, la société nous le rabâche, pourtant je pense qu'un adulte qui ne prend pas la distance nécessaire avec ses parents est condamné à être malheureux et ça n'a rien à voir avec l'amour que chacun se porte.

 

Un très joli film qui ne sombre jamais dans le pathos ou la facilité et qui réussit à émouvoir sans fioritures. Une vraie belle surprise.

Roshdy Zem, en ancienne star des podiums reconverti en prof de culturisme est drôle et émouvant.

 

Pourquoi j'y suis allée : parce j'ai tendance à faire confiance à Roshdy Zem, parce que le sujet était original.

Par Carole Nipette - Publié dans : Sorties culturelles... de maman, critiques cinéma. - Communauté : Les films : outil de culture
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Dimanche 14 septembre 2014 7 14 /09 /Sep /2014 09:45

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Party Girl de Marie Amachoukeli, Claire Burger et Samuel Theis

 

"Angélique a soixante ans. Elle aime encore la fête, elle aime encore les hommes. La nuit, pour gagner sa vie, elle les fait boire dans un cabaret à la frontière allemande. Avec le temps, les clients se font plus rares. Mais Michel, son habitué, est toujours amoureux d’elle. Un jour, il lui propose de l’épouser."

 

J'ai eu du mal à entrer dans le film. Les premières minutes dans l'ambiance glauque d'un cabaret pas très stylé avec une bande son atroce (que j'ai détesté sur cette première scène) et les plans fixes sur une Angélique pathétique m'ont fait me demander ce que je faisais là.

 

Et puis très vite, le charme a opéré et je me suis laissée embarquer à fond par le personnage de cette femme atypique, menant sa vie sans donner l'impression de se soucier du lendemain et ne voulant pas être enfermée ni dans un rôle de mère, ni dans celui d'une épouse. Une très forte personnalité cette Angélique Litzenburger, un caractère bien trempé dont on sent que la vie ne lui a pas toujours fait de cadeaux. Mais en même temps, ne serait-ce pas de sa faute ? N'est-elle entièrement responsable ? Chacun interprétera selon son vécu ou ses convictions...

 

Tous les comédiens sont amateurs ou jouent leur propres rôles dans ce film inspiré de la vie même d'Angélique Litzenburger, la mère d'un des réalisateurs, Samuel Theis. Il y a mélange de réalité et de fiction mais la réalité qui en ressort est bouleversante. On sent tout l'amour et la compassion d'un fils pour une mère mais qui ne peut pas non plus accepter qu'elle n'en fasse qu'à sa tête encore et toujours.

 

J'ai été plus qu'émue à de nombreux moments et même si j'ai parfois extrapolé, le personnage d'Angélique a de nombreux points communs avec ma mère, du coup j'ai ressenti le film à l'intérieur de ma chair. Je n'ai pas toujours eu de la sympathie pour ce personnage un peu trop paumé pour moi, je n'arriverai jamais à comprendre pourquoi les gens qui ne veulent aucune contrainte ou aucun compte à rendre s'obstinent à faire des enfants et pas qu'un peu... Question d'éducation, de milieu social, d'inconscience générale, de place dans la société ? Je n'ai pas la réponse...

 

Party Girl est une peinture sociale très juste tout autant qu'un très beau film sur le doute, l'espérance et plus simplement sur la vie qu'on se choisit, celle qu'on assume envers et contre tout. Un film sur la liberté...

 

Pourquoi j'y suis allée : par curiosité pour le film qui a obtenu la Caméro d'Or au dernier Festival de Cannes.

 

Ps : autant j'ai detesté le premier morceau musical du film, autant j'ai adore le dernier qui reste en tête "Party Girl" de Chinawonan, un bijou.

 

 

 

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Hippocrate de Thomas Lilti

 

"Benjamin va devenir un grand médecin, il en est certain. Mais pour son premier stage d’interne dans le service de son père, rien ne se passe comme prévu. La pratique se révèle plus rude que la théorie. La responsabilité est écrasante, son père est aux abonnés absents et son co-interne, Abdel, est un médecin étranger plus expérimenté que lui. Benjamin va se confronter brutalement à ses limites, à ses peurs, celles de ses patients, des familles, des médecins, et du personnel. Son initiation commence."

 

Même si le film est vendu comme une comédie, je trouve que c'est un peu vite résumer le propos. On rigole un peu oui mais je ne qualifierais pas le film de comédie. C'est même plutôt triste sur le fond tant la vie d'un hopital est compliquée et pas uniquement du point de vue des gens qui meurent ou qui souffrent. Le film donne une mauvaise image des hopitaux publics et j'ai comme l'impression que c'est très proche de la réalité. Je n'ai pas lu d'avis d'infirmières ou de médecins mais en tant qu'utilisatrice, je me suis souvent demandée comment on atteint des prix aussi délirants que celui d'une chambre par jour.

 

Le manque criant de personnel, de matériel, vu les différentes manifestations régulières de la profession, on ne peut que le croire. Les méthodes parfois inhumaines de certains docteurs qui pensent rentabilité et cahier des charges avant souffrance du patient, ça aussi j'y crois. On sait tous que les médecins, malgrè leurs compétences, ne sont pas tous aussi doués en terme de relations humaines.

 

Le film montre aussi la situation difficile de tous ces médecins étrangers qui viennent en France et qui doivent refaire leurs preuves et sont traités en dessous de leurs compétences. Et il y en a de plus en plus, vue la pénurie de médecins en France.

 

J'ai bien aimé le film qui me semble bien dépeindre la situation des hopitaux publics d'aujourd'hui. On y voit aussi un peu la vie des internes, les rivalités, les doutes, les galères des tours de gardes...

Rien à voir avec Grey's Anatomy of course, c'est moins glamour et moins dramatique mais sûrement plus proche de la réalité française. Un film intéressant à la limite du documentaire dans ses propos.

 

 

Pourquoi j'y suis allée : parce que j'adore Vincent Lacoste et que le sujet m'intéressait.

Par Carole Nipette - Publié dans : Sorties culturelles... de maman, critiques cinéma. - Communauté : Les films : outil de culture
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Jeudi 14 août 2014 4 14 /08 /Août /2014 09:45

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Detective Dee II, La légende du dragon des mers de Tsui Hark

 

"L’impératrice Wu règne sur la dynastie Tang aux côtés de l’empereur Gaozong. Elle envoie sa flotte vers l’empire Baekje afin de soutenir cet allié de longue date, envahi par le belliqueux empire Buyeo. Mais, juste après leur départ, les navires sont attaqués par une mystérieuse et gigantesque créature surgie du fond des mers. Les habitants de Luoyang, la capitale orientale, pensent qu’il s’agit d’un dragon des mers. Afin d’apaiser ce dernier, la courtisane Yin, "la plus belle fleur de Luoyang", est choisie pour être enfermée dans le Temple du Dragon des Mers ; en fait une punition qui lui est infligée pour avoir refusé les avances de riches notables. L’impératrice Wu ordonne à Yuchi Zhenjin, le Commissaire en chef du Temple Suprême, d’enquêter sur l’acte de sabotage dont la flotte a été victime. Dee Renjie arrive à Luoyang le même jour pour prendre ses fonctions de magistrat au Temple suprême. Son poste englobe les fonctions de détective, juge et bourreau..."

 

L'histoire de Detective Dee II se déroule quand il était jeune, avant son aventure dans Detective Dee, le mystère de la flamme fantôme, le premier film sorti en 2011. L'acteur a changé mais cela ne gène en rien la compréhension de l'histoire, pas besoin d'avoir vu le prédcédent pour suivre Detective Dee II. Même si je ne saurais vous conseiller de le voir aussi tellement c'est bien !

 

Dès les premières images on est saisi par la grandeur de la mise en scène de Tsui Hark. C'est un festival de tableaux géants avec mille et un détails. Il a brillament recréé la Chine impériale, c'est grandiose.

 

On retrouve, comme toujours dans le cinéma de Tsui Hark, ces moments de pure poésie dans les scènes d'action les plus incroyables. Dans Detective Dee II (tout comme dans le premier) il y complots, trahisons, action, romantisme, effets spéciaux, des armes et des attaques toujours plus dingues entre magie et réel.

Mais aussi une histoire d'amour digne de la Belle et la Bête.

 

Il y a tellement de choses dans le film, l'histoire est d'une richesse infinie que ce soit au niveau de l'enquête, des personnages, des mystères, de la complexité de la Chine impériale et des territoires, des luttes pour le pouvoir... Fascinante impératrice Wu qui règne d'une main de fer sur ses sujets, une femme au pouvoir ce n'était pas si commun (ça ne l'est toujours pas trop aujourd'hui !).

 

 

Le calme et la zénitude de Dee sont réjouissants et donnent au personnage ce truc en plus qui fait qu'on adore ce détéctive hors du commun. Dee est de la race des héros, un nouveau genre de super héros et j'espère que Tsui Hark nous offrira encore de ses aventures inouies et passionnantes.

 

Des dizaines de scènes sublimes dans le film parmi lesquelles je retiendrais une chevauchée fantastique sur l'eau et un immense dragon qui survole un bateau, image qui fait écho à une autre dans le premier Detective Dee où un Bouddha géant tombe sur un temple.

Fou, démésuré, énorme, jouissif, puissant, intelligent, du cinéma dans toute sa splendeur.

 

 

En résumé, j'ai adoré, j'ai kiffé, mon cerveau a hurlé de joie ! En vrai je pourrais en parler pendant des heures mais le mieux est d'aller voir de vos propres yeux ! Un des meilleurs films que j'ai vu en 2014 jusqu'à présent.

 

Pourquoi j'y suis allée : parce que je suis fan absolue des films de Tsui Hark, parce que j'ai adoré Detective Dee le premier.

 

Ps : je ne l'ai pas vu en 3D car la salle ne le proposait pas mais à lire tous les avis enthousiastes, j'ai très envie de le revoir avec les lunettes !

 

 

 

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Lucy de Luc Besson

 

Avertissement : des scènes, des propos ou des images peuvent heurter la sensibilité des spectateurs

 

"A la suite de circonstances indépendantes de sa volonté, une jeune étudiante voit ses capacités intellectuelles se développer à l’infini. Elle "colonise" son cerveau, et acquiert des pouvoirs illimités."

 

Le sujet me tentait vraiment mais quand j'ai vu la durée du film en achetant mon billet j'ai tiqué en pensant qu'1h30 générique compris, ça faisait léger pour explorer quelque chose d'aussi intense que l'utilisation de son cerveau à taux plein.

J'ai eu raison de me méfier car le film est très rapide et on reste sur sa faim. Lucy est un film d'action, pas de doute, avec des scènes de gunfight, de poursuites, de bagarres...

C'est aussi de la pure science fiction et j'ai regretté que tout ce qui se passe autour du cerveau soit juste une histoire de pouvoirs décuplés et de transformation d'une jeune femme "normale" en super super héroïne. Il y a des tentatives d'aller plus loin, d'explorer la conscience, la connaissance mais ce n'est pas assez creusé sans parler des incohérences totales dans le scénario et le manque de nuances dans les messages qui passent tout au long du film. Non mais ces images d'animaux au début, j'ai trouvé ça tellement niais et stupide... Et puis toutes ces scènes de destruction, de voitures fracassées, trop c'est trop.

 

Heureusement il y a Scarlett Johansson qui elle s'en sort très bien et c'est un peu la seule tellement les autres personnages sont caricaturaux. Elle sauve le film.

Lucy avait un énorme potentiel mais pour moi c'est foiré.

 

Pourquoi j'y suis allée : parce que Scarlett Johansson et parce que le sujet du film était tentant.

Par Carole Nipette - Publié dans : Sorties culturelles... de maman, critiques cinéma. - Communauté : Les films : outil de culture
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Mardi 29 juillet 2014 2 29 /07 /Juil /2014 06:53

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Blue Ruin de Jéremy Saulnier

 

"Dwight Evans est un mystérieux vagabond dont la vie en marge de la société va se retrouver bouleversée par la libération d’un meurtrier.

Il va être entrainé dans une spirale de violence dont personne ne sortira indemne..."

 

Quelques minutes suffisent pour appréhender la dure réalité d'un SDF qui dort dans sa voiture et se débrouille comme il peut pour manger et se laver. On comprend que l'homme n'a pas toujours été à la rue. Il est organisé et méthodique pour survivre ce qui ne sera pas toujours le cas par la suite.

Lorqu'il apprend la libération du meurtrier de ses parents, son univers bascule. Animé par un esprit de vengeance, il fonce tête baissée en s'imaginant que ça va marcher comme il le faut, que sa façon de rendre la justice est justifiée.

Blue Ruin c'est l'épopée solitaire et vengeresse d'un homme ordinaire qui devient un meurtrier et va devoir assumer les conséquences de ses actes, conséquences qui pourraient affecter la famille qu'il lui reste.

 

On pensait cet homme faible et misérable, il va se montrer capable de ressources insoupçonnées pour défendre sa vie et plus.

Il fait face à une bande de prédateurs forcenés et il va se rendre compte que tuer n'est pas évident même quand on est motivé. Dwight est un anti-héros qui devient sympathique au fur et à mesure qu'il commet de grosses bourdes. On s'imagine à sa place. Comment se transforme t'on en tueur d'enfoirés (car oui les gens à qui il a affaire sont de sombres connards) sans préparation ni matériel ? Comment assume t'on la décision de tuer pour de vrai ?

 

Une histoire de vengeance classique pas du tout mise en scène de façon classique. Un anti-héros capable de tout et des situations bourrées d'humour noir. Blue Ruin est un film qui ne paye pas de mine avec un réalisateur et des acteurs inconnus mais à découvrir car c'est un ovni dans la production actuelle et il apporte un soufle nouveau au genre.

 

Pourquoi j'y suis allée : parce que j'aime les polars, parce que le côté inconnu et ovni m'attire toujours et aussi parce que le film était précédé d'une très bonne rumeur.

 

 

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Two faces of january de Hossein Amini

 

1962. Un couple de touristes américains très élégants, le charismatique Chester MacFarland et sa jeune épouse Colette, arrive à Athènes. À l’Acropole, ils rencontrent Rydal, jeune guide américain parlant grec, arnaqueur de touristes à l’occasion. Séduit par la beauté de Colette et impressionné par la fortune de Chester, Rydal accepte sans hésiter leur invitation à dîner. Les McFarland se révèlent moins lisses qu’il n’y paraît : le luxe et leur raffinement cachent bien mal leur part d’ombre."

 

On tombe tout de suite sous le charme de l'atmosphère des vieilles pierres grecques, des allures et des costumes, des hommes à chapeaux, de la moiteur de l'été et de l'indol'ence des touristes. La classe et le style des années 60 comme je les aime.

Un trio uni par des liens fragiles qui semblent se déliter dans la chaleur et l'urgence des situations. Qui est l'intrus dans le trio, qui manipule qui ?

Le film est adapté d'un roman de Patricia Highsmith et on lui retrouve des airs d'autres adaptations cinématographiques comme Plein Soleil et Le talentueux Mr Ripley. Encore une histoire de trio qui tourne mal.

 

Le trio doit prendre la fuite et on passe des belles images d'Epinal au cauchemar complet. Le businessman propre sur lui perd pied, le vernis s'écaille. Le beau gosse ne perd jamais de vue l'argent qu'il peut se faire jusqu'à se perdre lui même (et moi je me perds dans le regard ténébreux d'Oscar Isaac...).

Un road movie dans la chaleur de la nuit avec ses enchaînements de galères et de drames, de trahisons et de jalousies. Une confrontation entre deux hommes sur le shéma attraction/fascination/haine.

 

The two faces of January a le charme des polars hitchcokiens mais il lui manque un tout petit peu plus de saveur. J'ai passé un bon moment mais je m'attendais à plus d'émotions.

 

Pourquoi j'y suis allée : parce que le casting d'acteurs que j'aime beaucoup, parce que l'époque des années 60 et parce que Patricia Highsmith.

 

 

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Fastlife de Thomas Ngijol

 

"Fastlife : aller toujours plus loin, plus vite, pour briller aux yeux des autres : telle est la devise de Franklin. Franklin est un trentenaire mégalomane obnubilé par l’envie de briller à n’importe quel prix. Il devra choisir entre devenir un homme ou continuer à vivre la Fastlife."

 

Pathétique l'ancienne gloire qui essaie de revenir et de monopoliser l'attention. Même si on sait que c'est dur d'avoir été sous les feux de la rampe, le personnage est tellement antipathique qu'on se dit qu'il n'a que ce qu'il mérite.

Franklin se la joue, il est fier et arrogant, pour résumer c'est un gros lourd. Il finit par pèter les plombs et se grille partout, on se demande comment il peut être aussi con jusqu'au bout, rien ne semble l'ébranler.

Il orchestre sa descente avec tellement de brio, on assiste médusés au spectacle.

C'est plus fort que lui, il tente de faire des efforts et sa nature reprend le dessus même quand on y croyait enfin.

Quelques bons mots sur le milieu people, le milieu du rap, un Olivier Marchal à contre emploi, excellent qui sert un discours de société bien pensé.

Ce qui m'a fascinée c'est que Thomas Ngijol garde jusqu'au bout son personnage odieux sans jamais le trahir. Mais à force, je n'ai pas réussi à voir où il voulait en venir. Même si j'ai beaucoup ri, le film tourne en rond, pas vraiment de message, juste du divertissement. C'est déjà pas mal mais j'aurais voulu un peu plus...

 

 

Pourquoi j'y suis allée : parce que j'étais curieuse de voir le travail de Thomas Ngijol, parce que je voulais voir une comédie.

 

 

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L'homme qu'on aimait trop d'André Téchiné

 

"1976. Après l’échec de son mariage, Agnès Le Roux rentre d’Afrique et retrouve sa mère, Renée, propriétaire du casino Le Palais de la Méditerranée à Nice. La jeune femme tombe amoureuse de l’homme de confiance de Renée, Maurice Agnelet, un avocat de dix ans son aîné. Maurice a d’autres liaisons. Agnès l’aime à la folie. Actionnaire du Palais de la Méditerranée, Agnès veut vendre sa part de l’héritage familial pour voler de ses propres ailes. Une partie truquée siphonne les caisses de la salle de jeux. On menace Renée. Derrière ces manœuvres guerrières plane l’ombre de la mafia et de Fratoni le patron du casino concurrent qui veut prendre le contrôle du Palais de la Méditerranée. Tombé en disgrâce auprès de Renée, Maurice met en relation Agnès avec Fratoni qui lui offre trois millions de francs pour qu’elle vote contre sa mère. Agnès accepte le marché. Renée perd le contrôle du casino. Agnès supporte mal sa propre trahison. Maurice s’éloigne. Après une tentative de suicide, la jeune femme disparaît à la Toussaint 1977. On ne retrouvera jamais son corps. Trente ans après, Maurice Agnelet demeure l’éternel suspect de ce crime sans preuve ni cadavre. Convaincue de sa culpabilité, Renée se bat pour qu’il soit condamné…"

 

On peut raconter toute l'histoire, c'est celle d'un fait divers qui continue de faire couler de l'encre plus de 30 ans après. Affaire non résolue et toujours en cours devant la justice. Je ne me souvenais pas du tout de l'affaire et je n'avais pas lu le résumé du film avant d'y aller. Mon regard était plutôt vierge du coup et j'aime beaucoup la façon dont André Téchiné a dépeint les protagonistes de cette triste histoire. Il se concentre sur les trois personnages principaux, Renée Le Roux propriétaire d'un casino, sa fille Agnès Le Roux (elle a des frères et soeurs mais le film n'en parle pas) et Maurice Agnelet, jeune avocat ambitieux.

Les interprétations de Catherine Deneuve, Adèle Haenel et Guillaume Canet sont justes et ils n'en font jamais trop ni pas assez.

 

On plonge dans l'univers des casinos et dans les luttes intestines, la concurrence sauvage et les supposées magouilles de la mafia. Maurice est un jeune avocat aux dents longues, on se demande où il veut en venir et quelles sont ses ambitions dès le départ. Il manigance sans succès pour devenir directeur du casino car Renée Le Roux est bien la seule qui ne se laisse pas amadouer par Maurice.

C'est la classique histoire d'une fille de famille en manque de repères affectifs qui tombe amoureuse du mauvais garçon.
Agnès et froide et déterminée et semble vouloir faire payer à sa mère un manque d'attention. Elle est tellement aveuglée par son amour qu'elle en devient pathétique et faible. Déjà très fragile elle touche à la folie, de celle des passions à sens unique. 

Ce n'est plus de l'amour mais de la désolation... Maurice est il un salaud alors qu'il annonce la couleur dès le départ à Agnès en ne mentant pas sur ses maîtressses par exemple ?

Cela semble l'histoire d'un abus de faiblesse caractérisé mais qui peut assurer sans preuves que la disparition d'Agnès est imputable à Maurice ? En sortant du film, chacun peut se faire sa propre opinion et perso, je n'arrive pas à me dire que le coupable est si évident et pourtant tout l'accuse...

 

L'instinct d'une mère est il fiable ? Et que penser de Renée Le Roux qui semble beaucoup plus s'occuper de sa fille morte que de son vivant...

Le film d'André Téchiné est une formidable et passionnante étude de personnages, maitrisé de bout en bout et d'une grande finesse.

 

Pourquoi j'y suis allée : parce que c'est un film de Téchiné, parce que les acteurs.

 

Par Carole Nipette - Publié dans : Sorties culturelles... de maman, critiques cinéma. - Communauté : Les films : outil de culture
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