Sorties culturelles... de maman, critiques cinéma.

Mercredi 25 juin 2014 3 25 /06 /Juin /2014 07:11

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Black Coal de Diao Yinan

 

"En 1999, un employé d’une carrière minière est assassiné et son corps dispersé aux quatre coins de la Mandchourie. L’inspecteur Zhang mène l’enquête, mais doit rapidement abandonner après avoir été blessé lors de l’interpellation des principaux suspects.

Cinq ans plus tard, deux nouveaux meurtres sont commis dans la région, tous deux liés à l’épouse de la première victime. Devenu agent de sécurité, Zhang décide de reprendre du service. Son enquête l’amène à se rapprocher dangereusement de la mystérieuse jeune femme."

 

Pas facile de parler de ce film sans raconter mais clairement si j'étais dans la position de celle qui ne l'a pas vu, je détesterai qu'on me dévoile certaines choses qui font tout le sel de Black Coal. Je dois dire d'ailleurs que la bande annonce n'est pas forcément représentative du film et peut induire en erreur que ce qu'on va voir. Ce n'est pas tant sur l'histoire, la traque d'un serial killer, que sur la façon dont l'enquête est menée, les imbrications entre les personnages et les rebondissements qui ponctuent le film. Le réalisateur nous entraîne brillamment sur différents chemins tout en dépeignant une Chine moderne dure et sans concessions. La condition de la femme par exemple, entre mysoginie au travail et machisme à la maison.

 

C'est un polar, un film noir dans lequel meurtres sanglants et suspense sont au rendez-vous tout comme l'histoire d'amour avec la femme mystérieuse et inaccessible. L'enquête tient en haleine jusqu'au bout, le personnage de l'inspecteur est étonnant. La mise en scène est sobre mais efficace avec une atmosphère angoissante, des scènes de nuit dignes des plus grands polars.

 

Le final est magique et tellement inattendu, une grande scène de cinéma...

 

L'Ours d'Or obtenu au festival du film de Berlin est largement mérité.

 

 

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Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire de Felix Herngren

 

"Le jour de son 100ème anniversaire, un homme s'échappe de sa maison de retraite pour une cavale rocambolesque, certain qu'il n'est pas trop tard pour tout recommencer à zéro. Débute alors une aventure inattendue aux côtés d'un escroc, d'un vendeur de hot-dogs, d'une rousse et d'un éléphant..."

 

Je n'ai pas lu le livre donc aucune comparaison mais une chose est sûre, j'ai passé un excellent moment avec le film.

Mais qui est donc Allan, ce centenaire qui a le contact si facile ? Au fur et à mesure du film on va découvrir la vie de dingue qu'il a eue parsemée de hasards heureux ou de rencontres insolites. Un destin hors du commun et délirant qui croise de grands moments de l'histoire du vingtième siècle. On plonge dans son passé tout en suivant ses aventures rocambolesques et abracadabrantes qui lui arrivent dès qu'il met le pied hors de sa maison de retraite.

Tout est incroyable et absurde mais en même temps tellement naturel par la façon dont arrivent les choses. Il se passe des choses dingues tout au long et pourtant le film prend son temps et donne l'impression de se dérouler calmement. J'ai adoré le contraste entre les événements et le rythme plutôt cool.

Tous les personnages qui gravitent autour d'Allan sont décalés et drôles avec une mention spéciale pour le policier qui mène l'enquête sur sa disparition. Son flegme et son côté "je fais à mon rythme comme je le sens" font mouche à chaqua apparition, énorme !

C'est un film complètement loufoque et hilarant duquel je suis ressortie avec la banane, le genre de film qui donne une pèche folle et qui rend heureux tout simplement.

 

 

Par Carole Nipette - Publié dans : Sorties culturelles... de maman, critiques cinéma.
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Lundi 9 juin 2014 1 09 /06 /Juin /2014 07:06

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Maps to the Stars de David Cronenberg

 

Interdit aux moins de 12 ans


"A Hollywood, la ville des rêves, se télescopent les étoiles : Benjie, 13 ans et déjà star; son père, Sanford Weiss, auteur à succès et coach des célébrités; sa cliente, la belle Havana Segrand, qu’il aide à se réaliser en tant que femme et actrice.

La capitale du Cinéma promet aussi le bonheur sur pellicule et papier glacé à ceux qui tentent de rejoindre les étoiles: Agatha, une jeune fille devenue, à peine débarquée, l’assistante d’Havana et le séduisant chauffeur de limousine avec lequel elle se lie, Jerome Fontana, qui aspire à la célébrité.

Mais alors, pourquoi dit-on qu’Hollywood est la ville des vices et des névroses, des incestes et des jalousies ? La ville des rêves fait revivre les fantômes et promet surtout le déchainement des pulsions et l’odeur du sang."

 

On apprend rien de nouveau sur Hollywood, ses chimères, ses actrices névrosées, ses manipulateurs, ses enfants stars qui pètent les plombs, la drogue partout tout le temps mais tout est filmé d'une façon tellement réaliste qu'on s'y croirait. On entre au coeur du movie business avec la trajectoire de cinq personnages tous aussi atteints les uns que les autres.
Havana Segrand, cette actrice qui tente de revenir par tous les moyens sur les devants de la scène est souvent pathétique et ses névroses ne la rendent pas plus sympathique. Rongée par son passé et ses problèmes avec sa mère, elle se bourre de médicaments, c'est l'actrice qui est rarement dans un état normal, l'hystérique de base qui pourtant réussit à donner ce qui lui reste d'elle-même quand elle joue un rôle. Elle dit d'ailleurs la phrase

Sa rencontre avec la jeune Agatha, paumée et en attente d'un pardon familial qui ne viendra jamais, sera explosive. On sent dès le début que leur association professionnelle ne pourra marcher. L'atmosphère est angoissante, les secrets se devinent et semblent terribles. Même si le film est une chronique de moeurs, on est quand même dans un fim de David Cronenberg et l'angoisse et le fantastique ne sont pas loins.

C'est presque un huis clos filmé dans le monde du show biz tant les personnages sont liés les uns aux autres tout comme leurs actions. On sent le drame monter tout au long du film jusqu'à la fin en apothéose.

J'ai beaucoup aimé la mise en scène et l'interaction entre toutes les personnages. Ce drame familial sur fond de thriller réserve également de bonnes doses d'humour, souvent noir et décalé d'ailleurs. Julianne Moore est extraordinaire dans le rôle de Havana Segrand et son prix d'interprétation à Cannes est mérité.

 

 

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X-Men - Days of future past de Bryan Singer

 

"Les X-Men envoient Wolverine dans le passé pour changer un événement historique majeur, qui pourrait impacter mondialement humains et mutants."

 

Une joie de gamine à retrouver tous les personnages des X-Men sur grand écran. Je n'oublierai jamais mon état quand je suis sortie du cinéma la toute première fois pour "X-Men" en 2000. Joie encore plus grande parce que c'est "l'original" qui réalise, Bryan Singer himself.

Le début est carrément noir et déprimant. Les X-Men sont pourchassés à travers le monde par des robots mutants, effroyables machines de guerre les "Sentinelles" qui sont indestructibles. Cette première partie est dure et dépeint avec excellence un monde où un peuple dominant écrase les autres sous prétexte de leur différence et évidemment on peut remplacer les X Men par qui l'on veut, ça marche aussi.

L'arrivée dans les années 70, ses looks d'époque, sa musique entrainante approrte un vent de fraîcheur qui fait du bien après l'intro terrible. Beaucoup d'humour avec notamment un Wolverine qui n'est pas encore devenu celui de la trilogie avec ses fers.

L'apparition de Pietro Maximoff, alias Vif Argent donne au film une scène délirante, époustouflante et d'une créativité remarquable, la scène qui donne illico envie de revoir le film. Le personnage du professeur Xavier est réussi dans un registre de cynique désabusé.

C'est du grand show, maitrisé de bout en bout et jouissif tout en n'occultant pas le discours sur la tolérance et la différence mais sans lourdeur. Le film questionne aussi sur les progrès de la science, les manipulations génétiques, les expériences jusqu'auboutistes...

Je l'ai vu en 3D et pour une fois j'ai supporté les lunettes tout du long et n'ai pas trouvé cela gênant même si elle vaut surtout pour le générique du début et les gros plans sur Michael Fassbender !

Le film se termine quand commence le premier X-Men ! J'ai tous envie les revoir et je crois bien que je vais les faire découvrir à Nina par la même occasion...

 

 

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Maléfique de Robert Stromberg

 

"Maléfique révèle l’histoire méconnue de la plus emblématique des méchantes Disney, celle du classique La Belle au Bois Dormant. C’est la trahison dont elle fut victime qui transforma le cœur pur de cette belle jeune femme en un cœur de pierre… Ivre de vengeance et poussée par la volonté farouche de défendre les terres sur lesquelles elle règne, Maléfique va lancer un terrible sortilège sur la fille du roi des hommes, la petite Aurore, qui vient de naître. Devenue jeune fille, Aurore est prise dans le conflit qui oppose le royaume de la forêt qu’elle a appris à aimer, et celui des hommes dont elle est l’héritière. Maléfique va comprendre que la princesse est peut-être la clé de la paix… Le sort des deux mondes est sur le point de changer à jamais."

 

"Je vous invite à revisiter un conte célèbre que vous pensez connaître" C'est ainsi que résonnent les premiers mots de Maléfique, la méchante fée de la Belle au Bois Dormant.

Au début on découvre Maléfique enfant dans son royaume. Elle va croiser le monde des humains et découvrir un sentiment nouveau, l'amour. Mais par la même occasion elle découvre que la cupidité est source de trahison et que les humains ne sont pas fiables. C'est l'histoire d'une vengeance.

On retrouve le déroulé classique de la Belle au Bois Dormant mais le film va s'attacher à toute la période qui précède la malédiction de la quenouille.

Les marraines les bonnes fées sont trois idiotes un peu nunuches qui passent leur temps à se chamailler tandis que Maléfique décide de s'occuper de l'enfant à distance qui ne semble avoir aucune chance avec ces cruches. Elle se persuade de veiller sur elle pour qu'elle puisse se venger quand elle aura 16 ans. Mais ce n'est pas si simple...

Maléfique s'attache à Aurore, d'une drôle de façon certes. Les scènes où elle observe Aurore de loin sont fortes de sentiments non avoués, un amour maternel qui ne veut pas dire son nom.

Pendant le film Nina m'a dit "Tu vas peut être trouver ça bizarre mais même si Maléfique est devenue méchante je veux que ce soit elle qui gagne"... Toute l'histoire de la victime qui divient bourreau à son tour, à devélopper pour plus tard...

Superbes effets spéciaux, les pouvoirs de Maléfique sont liés à la nature, le spectacle est grandiose.

 

Angelina Jolie est magnifique et touchante dans ce rôle, par contre j'ai moins aimé le casting masculin, les acteurs sont fades.

Un film romanesque et émouvant qui dégage un sentiment assez troublant.

 

 

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La Chambre Bleue de Mathieu Amalric

 

"Dis- moi Julien, si je devenais libre, tu te rendrais libre aussi ?

- Tu dis ?...

Un homme et une femme s’aiment en secret dans une chambre, se désirent, se veulent, se mordent même. Puis s’échangent quelques mots anodins après l’amour.

Du moins l’homme semble le croire.

Car aujourd’hui arrêté, face aux questions des gendarmes et du juge d’instruction, Julien cherche les mots.

« La vie est différente quand on la vit et quand on l’épluche après-coup. »

Que s’est-il passé, de quel crime est-il accusé ?..."

 

D'après le roman de Georges Simenon.

 

Le film s'ouvre sur une scène d'amour dans une chambre d'hôtel et dès le début s'installe une ambiance inquiétante et dramatique accentuée par la musique. On comprend vite que Julien est interrogé par la police mais on ne sait pas encore pourquoi. On a le sentiment d'assister à une banale histoire d'adultère et ses conséquences dramatiques mais au fur et à mesure du film, plus rien ne semble certain.

L'action se déroule dans une petite ville où la discrétion semble de mise alors qu'au final tout le monde est au courant de tout.

La maitresse, mystérieuse semble obnubilée jusqu'à la folie par sa passion amoureuse. La femme de Julien n'inspire pas la sympathie ni leur couple qui a l'air tellement froid et sans tendresse. Julien ne veut plus poursuivre la relation avec sa maitresse mais ne semble pas non plus vouloir se rapprocher de sa femme... Qui est mort ? qui va mourir ? Qui est l'assassin ?

Une fois que l'on saura qui est accusé de quoi, ce qui nous paraissait évident le devient moins à la fin du film. Pourquoi la police ne voit pas la même chose que moi ? Ce qui me paraît sauter aux yeux n'est pourtant pas la conclusion de l'enquête...

Un film noir troublant et bien maitrisé qui fait cogiter jusqu'à la dernière seconde (même si je ne suis pas fan du casting féminin).

Par Carole Nipette - Publié dans : Sorties culturelles... de maman, critiques cinéma. - Communauté : Les films : outil de culture
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Jeudi 22 mai 2014 4 22 /05 /Mai /2014 14:05

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D'une vie à l'autre de Georg Maas

 

"Europe 1990, le mur de Berlin est tombé. Katrine a grandi en Allemagne de l’Est, et vit en Norvège depuis 20 ans. Elle est le fruit d’une relation entre une norvégienne et un soldat allemand pendant la Seconde Guerre Mondiale. A sa naissance, elle a été placée dans un orphelinat réservé aux enfants aryens, un Lebensborn. Elle parvient à s’échapper de la RDA des années plus tard pour rejoindre sa mère. Mais, quand un avocat lui demande de témoigner dans un procès contre l’Etat norvégien au nom de ces «enfants de la honte», curieusement, elle refuse..."

 

Un film intéressant à plus d'un titre vu qu'il parle de sujets peu abordés au cinéma comme les Lebensborn de l'Allemagne Nazie et les rapports entre la Norvège et les allemands durant la guerre.

Quand la Cour Européenne de justice s'intéresse aux enfants norvégiens ayant subi des dommages durant la seconde guerre mondiale et donc à Katrine, on sent tout de suite qu'il y a un loup. Que son empressement à ne pas témoigner et à se débarasser de cette histoire n'est pas motivé par une belle raison.

Elle est alors obligée de marcher sur les traces de son passé entraînant le spectateur dans un thriller politique et d'espionnage passionnant.

C'est l'histoire d'un terrible destin, l'histoire d'une femme qui croit pouvoir se reconstruire une vie merveilleuse, une vie rêvée. Une femme aux aspirations simples à la recherche d'une vie de famille normale et sans histoires, à la recherche d'un amour maternel idéal.

On se prend d'affection pour Katrine, on a envie qu'elle s'en sorte malgré les mensonges, malgré les trahisons. Mais peut-on vraiment échapper à son passé et pendant combien de temps ?

Une actrice formidable, Juliane Kölher aussi sobre et intense en femme amoureuse qu'en fille et mère aimante. Une force de caractère qui s'exprime avec justesse dans le rôle de Katrine.

 

 

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States of Grace de Destin Cretton

 

"Sensible et déterminée, Grace est à la tête d'un foyer pour adolescents en difficulté. Parmi les jeunes membres de son équipe, diversement expérimentés, la solidarité et le bon esprit sont de mise. Jusqu’à l’arrivée soudaine d’une fille tourmentée qui ignore les règles du centre et renvoie Grace à sa propre adolescence… pas si lointaine."

 

Grace travaille dans un centre pour ados en difficulté en compagnie de son petit ami dont elle est enceinte. Elle qui semble super forte pour aider les autres est complètement paumée quand il s'agit de s'occuper d'elle-même. Son envie d'avorter est elle réelle ou elle ne veut pas garder son bébé parce qu'elle se sent incapable d'élever un enfant qui sera le sien par peur de reproduire un mauvais shéma familial ?

 

Son enfance difficile facilite probablement son empathie et sa compréhension des jeunes à problèmes. Le foyer est ce qui ressemble le plus à une famille pour la majorité des enfants.

On apprend que Grace et son ami sont deux enfants qui s'en sont sortis grâce à une famille d'accueil, ils utilisent leur bonne expérience pour les autres, les enfants qu'ils étaient eux mêmes à une époque. Le film est un formidable message d'espoir à ce niveau là.

Les parents se coltinent parfois des enfants difficiles mais là on voit la situation inverse où ce sont les enfants qui ont des parents difficiles, des parents qui sont un fardeau et une plaie. Pas évident d'aider ces enfants qui doivent gérer des parents absents ou leur présence maléfique, impossible de les aider contre leur volonté...

 

Quand Grace rencontre une jeune fille à laquelle elle s'identifie trop elle craque et pète les plombs mais ce sera libérateur.

 

 

D'ailleurs on peut juste se demander comment une éducatrice qui n'a pas réglé ses problèmes peut exercer ce métier mais en même temps elle est douée pour le faire. Et bravo à Brie Larson pour son interprétation lumineuse et sans pathos.

 

J'ai adoré ce film probablement parce qu'en dehors du traitement du sujet vraiment juste et réaliste, je crois que je me suis beaucoup retrouvée dans les personnages ou plutôt dans les situations vécues par les enfants. On va dire que j'avais l'impression d'être un milieu que je connais bien sauf que là l'espoir et la bienveillance étaient au rendez-vous...

C'est un film qui a dépassé le cadre du cinéma pour ma part, un film bourré d'espoir, un film sur les avenirs meilleurs et sur la fatalité qui peut être vaincue...

 

Par Carole Nipette - Publié dans : Sorties culturelles... de maman, critiques cinéma. - Communauté : Les films : outil de culture
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Mercredi 23 avril 2014 3 23 /04 /Avr /2014 06:46

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Tom à la ferme de Xavier Dolan

 

"Un jeune publicitaire voyage jusqu'au fin fond de la campagne pour des funérailles et constate que personne n’y connaît son nom ni la nature de sa relation avec le défunt. Lorsque le frère aîné de celui-ci lui impose un jeu de rôles malsain visant à protéger sa mère et l'honneur de leur famille, une relation toxique s'amorce bientôt pour ne s'arrêter que lorsque la vérité éclatera enfin, quelles qu'en soient les conséquences."

Avertissement : des scènes, des propos ou des images peuvent heurter la sensibilité des spectateurs

 

Quatrième film du jeune surdoué du cinéma, Xavier Dolan qui m'a tapé dans l'oeil dès "J'ai tué ma mère". Puis le choc des "Amours imaginaires" qui m'a donné envie de participer à la production de "Laurence Anyways". Trois films différents que j'ai tous adoré.

Et de quatre ! Tom à la ferme est une réussite et encore une fois Xavier Dolan a montré une nouvelle facette de son talent en navigant vers le thriller. Sans parler du fait qu'il est aussi bon comédien que réalisateur, un bonus à chaque film dans lequel il joue.

 

Une relation subtile et tendre s'instaure au début entre Tom et la mère de Guillaume, le défunt. De l'autre côté on a le frère, agressif et homophobe mais attirant comme le venin d'un serpent. Un trio mal assorti dès le départ qui pourtant va trouver un semblant de fonctionnement basé sur le mensonge et les non-dits.

Tom le citadin, débarque dans la campagne profonde où la vie semble s'arrêter trop souvent. Il va mettre la sienne entre parenthèses, en jouant un rôle tout en ravalant sa fierté et son identité.

Il tombe sous l'emprise de ce Francis, le frère solitaire et violent qui s'est mis à dos tout le village. Une relation attraction/répulsion qui bascule dans le registre de la peur très vite. La tension monte au fur et à mesure que Tom se laisse "maltraiter" et entre dans les jeux malsains d'un Francis qui mène la danse.

Tom s'accroche à cette famille et enfile les habits de fermier avec une facilité déconcertante. Pourquoi reste-t'il à la ferme ? Il est fasciné par ce frère trop beau gosse, qui lui rappelle son amant perdu ? Il en tombe amoureux ? Il veut voir jusqu'où il est capable d'aller ? Il veut faire éclater la vérité ?

Peut être que toutes ces raisons se confondent et pendant ce temps le spectateur flippe pour Tom mais aussi pour Francis...

 

Comme d'habitude avec Xavier Dolan, une bande son parfaite vient appuyer les effets et les histoires.

Un film bouleversant, sensible et subtil qui raconte un choc de deux mondes mais aussi l'intolérance et ses ravages...

 

La bonne nouvelle c'est que le cinquième film de Xavier Dolan, "Mommy" est déjà dans les starting blocks puisqu'il a été sélectionné pour la compétition officielle du prochain festival de Cannes.

 

 

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My Sweet Pepper Land de Hiner Saleem

 

"Au carrefour de l’Iran, l’Irak et la Turquie, dans un village perdu, lieu de tous les trafics, Baran, officier de police fraîchement débarqué, va tenter de faire respecter la loi. Cet ancien combattant de l’indépendance kurde doit désormais lutter contre Aziz Aga, caïd local. Il fait la rencontre de Govend, l’institutrice du village, jeune femme aussi belle qu’insoumise..."

 

Une sorte de western bourré de fantaisie et d'humour où l'honneur des uns et des autres sert de prétexte pour accepter ou refuser les diktats de la société, de la famille, de l'Etat...

Le film se passe dans une région compliquée revendiquée par plusieurs états et les kurdes autonomes veulent reprendre leur "pays" en main et reconstruire quelque chose. Pas facile entre les bandits locaux, les hommes réfractaires à l'avancée des droits des femmes et les indifférents.

La rencontre entre un Baran, incorruptible et sûr de lui avec une Govend, déterminée et émancipée va se faire en douceur. Ces deux là ont envie d'un avenir meilleur et ils sont prêts à lutter contre tous les tyrans et les empêcheurs de tourner en rond. Qu'il est long le chemin pour qu'une femme trouve sa place dans une société machiste d'hommes tout puissants mais qu'il est plein d'espoir. Que c'est bon de voir qu'elle est soutenue par un homme qui n'a que faire des ragots et des conventions. Des scènes jouissives quand les femmes se rebellent et y arrivent où quand les grands méchants bandits s'en prennent plein la tronche !

Il se dégage de My Sweet Pepper Land beaucoup d'humour et beaucoup d'espoir. Un film tout en finesse duquel on ressort dans un état de bien être...

 

 

 

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Dancing in Jaffa de Hila Medalia

 

"Né à Jaffa en 1944, Pierre Dulaine quitte son pays avec sa famille en 1948 pour s’installer à l'étranger. Après une carrière internationale accomplie de danse en couple, Pierre retourne à Jaffa pour réaliser son rêve : faire danser ensemble des enfants juifs et palestiniens pour rapprocher les communautés. C'est là, selon lui, que réside toute la beauté de la danse de salon : forcer deux personnes à se déplacer en faisant qu'un."

 

Un constat simple, la danse est un formidable moyen de partage.

Pierre Dulaine s'est donné 10 semaines pour apprendre aux enfants à danser et leur faire comprendre qu'ils ne se définissent pas uniquement par leur appartenance religieuse ou ethnique.

A Jaffa, les palestiniens sont des citoyens israéliens. On y trouve des écoles israéliennes, des écoles palestiniennes et plus rarement quelques écoles mixtes avec des cours en arabe et en hébreu.

Tous ces enfants différents vont apprendre un langage commun, celui de la danse.

 

Danser avec "l'ennemi" est compliqué mais déjà avant il va falloir danser entre filles et garçons ce qui n'est pas une mince affaire. Dans l'école palestinienne, au départ les enfants ne veulent pas se mélanger (influence des parents ?) et Pierre Dulaine est catégorique, ceux qui ne veulent pas ne participent pas au projet. Idem quand il s'agit de mélanger les palestiniens et les israéliens. De toute façon on ne sait pas dans quelle mesure des parents israéliens et palestiniens ont défendu à leurs enfants de participer au projet.

La politique est présente dans le film, difficile de passer outre et de faire comme si ça n'existait pas car elle sous-tend toutes les relations quotidiennes des uns et des autres.

 

C'est donc un gros effort qui est demandé mais le résultat en vaut largement la chandelle. Lorsque les équipes mixtes qui vont participer à la compétition se forment, les rapports entre les enfants se font assez naturellement et chacun découvre la culture de l'autre sans jugement, sans haine. On assiste à de très beaux moments de d'enfance et de partage qui pourront perdurer après le départ de Pierre. En tout cas, on espère fortement que tout ceci ne va pas se perdre et que les enfants continueront à se voir.

 

Certains enfants seront peut être les instigateurs de la paix de demain, tous les moyens, toutes les idées sont bonnes à prendre et à explorer.

Quand à la danse, le pari est aussi réussi car les enfants ont appris à danser d'une façon remarquable et certains se sont carrément ouverts et révélés.

Un film émouvant d'autant plus que l'on sait ce que ça représente. A la fin du film on apprend que le programme de danse se poursuit et perdure. On apprécie encore plus le film que l'on vient de voir du coup !

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Vendredi 4 avril 2014 5 04 /04 /Avr /2014 06:58

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Bill Viola je suis fan depuis que j'ai vu quelques oeuvres à Londres il y a une bonne dizaine d'années. J'ai tout de suite ressenti quelque chose viscéral en regardant ses installations vidéos. C'est le genre d'artistes dont les oeuvres vous parlent et dont vous pouvez vous remémorer l'effet qu'ils vous font juste en entendant leur nom. C'est pareil avec Olafur Eliasson par exemple.

 

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Ascension

 

Je me suis donc précipitée au Grand Palais pour vivre l'exposition "Bill Viola", une retrospective inédite en France avec une vingtaine d'oeuvres.

Entre installations immenses et plus intimes c'est un voyage fantasmagorique et faisant appel à tous les sens, que j'ai fait durant presque deux heures. Une sorte d'état d'hypnose dans lequel on se sent vraiment bien.

 

 

Certaines de ses installations me font penser au cinéma fantastique des années 70/80 et à des réalisateurs comme Dario Argento. J'y trouve une similitude troublante qui me plait beaucoup.

 

 

C'est une expo qu'on peut revoir plusieurs fois en plusieurs temps car certaines vidéos durent jusqu'à 36mn et parfois on loupe le moment crucial en allant d'une pièce à l'autre. Notamment dans cet incroyable polyptique "Going Forth by Day" avec des univers différents autour du thème de l'eau. On peut même y aller avec des enfants pour le côté ludique et monumental. Après avoir vu l'expo, j'ai repéré les installations qui pourraient plaire à ma fille la prochaine fois.

 

 

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La première fois que j'ai entendu "Paris Seychelles" c'était sur Virgin Radio bien avant que l'album "Love" ne sorte et qu'on en parle partout ailleurs. J'ai tout de suite craqué sur la chanson et ce n'est qu'au bout de trois ou quatre écoutes que j'ai réalisé que c'était Julien Doré (la honte oui !). Puis l'album est sorti, je l'ai acheté le premier jour et écouté en boucle pendant des mois. Cet album est une pépite, je l'aime du début à la fin, toutes les chansons, ce qui est rare quand ça m'arrive.

J'étais fan de Julien Doré pendant La Nouvelle Star, fan de son titre avec Coeur de Pirate mais moins du premier album. "Love" m'a réconciliée avec l'artiste.

J'ai donc guetté les concerts à Paris et on a réussi à avoir des places. La chance que ce soit aux Folies Bergères, une salle à taille humaine.

 

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Il a la classe sur scène Julien Doré et beaucoup d'humour. Son groupe de musiciens aussi a la classe aussi bien musicalement que niveau look. Ils vont vraiment bien ensemble. On a adoré le concert avec ses passages originaux comme quand il fait venir une chorale de petites filles pour le refrain de "Platini" (j'adore cette chanson !) ou quand il chante "Femme like U" de K.Maro avec une énorme boule disco sur la tête.

 

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Julien Doré est un vrai showman, charmeur et drôle. Un super concert avec du Love dans toute la salle !

 

 

 

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Ballons coeurs, surprise du fan club lors du concert de Patrick Bruel

 

 

Quinze jours plus tard j'étais au Zénith pour revoir Patrick Bruel. Quelques changements par rapport au concert de l'an dernier mais c'est toujours aussi bien. J'adore toujours autant quand il prend position et là il a incité les gens à aller voter, a parlé des extrêmes et même des élections européennes à venir.

Belle innovation avec un mur de tweets pour mettre de l'ambiance avant le concert. J'ai joué le jeu bien entendu et j'ai réussi mon petit défi de faire passer mes trois tweets sur l'écran. On est à fond où on ne l'est pas ! On est joueuse où on ne l'est pas !

 

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J'avais prévu depuis longtemps d'aller à ce concert avec Isabelle puis j'ai eu deux places en plus et j'ai pu inviter d'autres fans proches de moi comme Sophie. Ces deux places nous ont donné droit à un accès backstage, suite et fin de la première rencontre pour le clip "Maux d'enfants". Il y avait pas mal de monde et Patrick Bruel a joué le jeu des saluts, photos etc alors qu'on le sentait vraiment très fatigué. Je n'ai pas bougé des coudes pour refaire une photo que j'avais déjà, j'ai laissé la place aux autres.

 

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Je n'ai pas pu aller à la soirée de lancement de clip "Maux d'enfants" mais je l'ai regardé en ligne sur le site dédié. Quand j'étais sur le tournage difficile d'imaginer le résultat mais j'ai reconnu quelques scènes. Le clip est réussi et émouvant sur le sujet du cyber harcèlement et par extension du harcèlement à l'école. Cest plus qu'un simple clip, c'est un objet d'utilité publique. On peut cliquer à certains moments pour lire les histoires des différents protagonistes. C'est très réaliste et ô combien flippant quand on est parent, mieux vaut être informé et vigilant.

A la fin du clip on trouve des conseils et surtout un renvoi sur l'Association E-Enfance, partenaire de Patrick Bruel pour la réalisation de ce film.

 

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Par Carole Nipette - Publié dans : Sorties culturelles... de maman, critiques cinéma.
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Samedi 29 mars 2014 6 29 /03 /Mars /2014 07:45

 

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La Cour de Babel de Julie Bertuccelli

 

"Ils viennent d’arriver en France. Ils sont Irlandais, Serbes, Brésiliens, Tunisiens, Chinois ou Sénégalais... Pendant un an, Julie Bertuccelli a filmé les échanges, les conflits et les joies de ce groupe de collégiens âgés de 11 à 15 ans, réunis dans une même classe d’accueil pour apprendre le français. Dans ce petit théâtre du monde s’expriment l’innocence, l’énergie et les contradictions de ces adolescents qui, animés par le même désir de changer de vie, remettent en cause beaucoup d’idées reçues sur la jeunesse et l’intégration et nous font espérer en l’avenir..."

 

Attention pépite !

Ce documentaire est un film qui raconte un quotidien que peu d'entre nous connaissent. Celui de collégiens d'origine étrangère en classe d'accueil. Classe qui leur permettra de se mettre à niveau en français et dans les autres matières pour intégrer petit à petit les classes du cursus régulier.

Ils viennent du monde entier et contrairement à beaucoup d'idées reçues, ils sont venus en France pour des raisons aussi différentes qu'intéressantes.

Qui peut croire que ce jeune Serbe a fui son pays pour échapper à la persécution néonazie, que cette jeune fille est venue pour devenir une femme libre, que cette autre veut avoir la chance de faire de vraies études, que ce garçon est là parce que sa mère a rencontré l'amour...

La vie de la classe rejoint la vie des enfants, l'enseignante se sert de leurs vécus et on écoute aussi les parents. Ces parents émouvants avec leurs doutes et leurs espoirs dans ce pays qui garde toujours une aura particulière (et pourtant la France n'est plus tant que ça la terre d'accueil qu'elle a été).

 

On se demande quels seront vraiment ces destins d'enfants, liés à ceux de leur famille dans la majorité des cas. On se rend compte à quel point ça peut être difficile et dur quand en plus il y a l'Instabilité de la vie des parents due notamment aux histoires de logement. J'ai été vraiment émue de voir partir une des élèves parce qu'on leur avait trouvé un appartement à Verdun. Tout comme la maitresse, on s'inquiète du suivi qu'elle aura ailleurs.

Et que c'est dur aussi pour cette autre dont on sent la famille qui finalement ne tient pas vraiment s'intégrer. L'intégrisme semble être la seule issue pour cette jeune fille qui s'en sortait pas mal à l'école...

Derrière la classe et l'enseignante il y a aussi l'impuissance face à la vie, les problèmes et les aspirations des uns et des autres.

 

Alors oui toutes les classes d'accueil ne se ressemblent pas et ça dépend de l'enseignant aussi, mais celle ci (Collège de la Grande aux Belles à Paris dans le 10e) en tout cas est une vraie bouffée d'oxygène, de celle qui redonne espoir en l'éducation française.

Un vrai bonheur que de voir ces enfants sourire, découvrir, en baver parfois. De voir leur courage et leur détermination souvent pour échapper à la vie qui leur était donnée avant d'arriver en France.

 

On sort de la salle avec la banane et plein d'espoir pour l'avenir !

 

ps : bon malheureusement depuis il y a eu les législatives et là tout à coup j'ai moins d'espoir en l'avenir...

 

 

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Wrong Cops de Quentin Dupieux

 

"Los Angeles 2014. Duke, un flic pourri et mélomane, deale de l’herbe et terrorise les passants. Ses collègues au commissariat : un obsédé sexuel, une flic maître chanteur, un chercheur de trésor au passé douteux, un borgne difforme se rêvant star de techno… Leur système fait de petites combines et de jeux d’influence se dérègle lorsque la dernière victime de Duke, un voisin laissé pour mort dans son coffre, se réveille."

 

Avertissement : des scènes, des propos ou des images peuvent heurter la sensibilité des spectateurs

 

Dès les premières notes de musique et les premières images du générique on sait qu'on est dans un film de Quentin Dupieux dont le style ne ressemble à aucun autre. Musique signée Mr Oizo alias Quentin Dupieux et qui un joue rôle important dans le film, elle est un personnage à part entière. On a grave envie de se lever de son siège pour bouger son corps d'ailleurs.

Bienvenue dans un monde où les flics sont des bad guys assortis d'abrutis qui servent un peu à rien, des Wrong Cops dans toute leur splendeur. C'est complètement absurde comme d'habitude et on a droit à quelques moments dingues comme la rencontre entre le flic delaer et mélomane avec un adolescent attardé joué à merveille par Marylin Manson dans un rôle à contre emploi.

Il y a des bonnes idées partout dans le film, de bons délires mais j'ai trouvé que ça n'explosait vraiment jamais. J'attendais toujours le moment de l'éclat de rire, le feu d'artifice mais le film reste sur le même ton. Drôle mais sans plus, dommage.

Par contre j'ai beaucoup aimé la mise en scène façon série B des années 70. Un film très sympa mais à qui il manque un petit quelque chose en plus.

 

 

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Les Gazelles de Mona Achache

 

"Marie et Eric, trentenaires en couple depuis le lycée, signent l'achat de leur premier appartement quand Marie est saisie d’un doute vertigineux. Sa rencontre avec un beau brun ténébreux va précipiter sa décision : elle quitte Eric pour plonger dans le grand bain du plaisir et de la liberté.

Mais elle va surtout se manger le fond de la piscine…

Et découvrir un monde sans pitié : à son âge, le célibat est vite perçu comme une tare suspecte.

Eclairée par des amitiés nouvelles, Marie va apprendre à envisager son célibat comme une chance d'où elle pourrait sortir plus forte, et enfin prête à être heureuse."

 

Les Gazelles aborde le célibat des trentenaires qu'elles soient séparées, divorcées, en attente du grand amour ou dépressives. Pas facile de voir tous les couples heureux autour de soi alors elles se lancent dans une course effrénée qui ressemble fort à une course dans le vide.

Des choses justes, l'humiliation de devoir quémander un hébergement ou de devoir retourner chez ses parents, le pathétisme des plans culs foireux, le mec qui dégaine tout le temps son smartphone pour shooter genre pire qu'une blogueuse... Des actrices que j'aime beaucoup comme Audrey Fleurot (la meilleure du film) et Joséphine de Meaux. Une Anne Brochet délirante en quadra déchainée qu'on a plaisir à retrouver dans un registre nouveau.

J'ai moins aimé Camille Chamoux et son personnage carrément tête à claques et Samuel Benchetrit assez inexistant dans son rôle de loser ado attardé. Difficile également de croire à ce casting de filles qui bossent dans une Agence Pôle Emploi...

 

J'ai passé un bon moment mais il y a quand même pas mal de clichés et de scènes attendues notamment pendant les soirées et à la fin un goût de déception malgré tout. Il manque un je ne sais quoi pour que ce soit un chouette film de copines. Je suis restée sur ma faim...

Par Carole Nipette - Publié dans : Sorties culturelles... de maman, critiques cinéma. - Communauté : Les films : outil de culture
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Jeudi 6 mars 2014 4 06 /03 /Mars /2014 17:02

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The Grand Budapest Hotel de Wes Anderson

 

"Le film retrace les aventures de Gustave H, l’homme aux clés d’or d’un célèbre hôtel européen de l’entre-deux-guerres et du garçon d’étage Zéro Moustafa, son allié le plus fidèle.

La recherche d’un tableau volé, oeuvre inestimable datant de la Renaissance et un conflit autour d’un important héritage familial forment la trame de cette histoire au coeur de la vieille Europe en pleine mutation."

 

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J'ai fait un merveilleux voyage en posant mes valises au Grand Budapest Hotel. J'ai vévu des aventures formidables en compagnie d'une brochette de personnages étonnants, attachants et drôles.

J'aime les films qui se passent dans les hôtels car chaque client a une histoire, son histoire dans l'Histoire.

Depuis Rushmore en 1999, le premier film que j'ai vu de Wes Anderson, je n'en n'ai raté aucun (sauf son tout premier Bottle Rocket mais j'ai de la chance finalement d'avoir encore ce film à découvrir !) et j'ai tout de suite succombé à sa folie douce si caractéristique et à ses personnages toujours différents de ce qu'on voit ailleurs.

Le style Wes Anderson est unique et je l'adore. Ses images à l'empreinte si particulère, ses histoires poétiques et savoureuses, sa façon de raconter les histoires.

 

Ici au Grand Budapest Hotel, on écoute une histoire dans l'histoire qui raconte une histoire. Une belle histoire d'amitié et de transmission dans un monde à part.

On est entrainé dans une aventure épique passionnante dont les images nous sont transmises à la façon de cartes postales vintage dont le charme traverse le temps et avec un art admirable de la symétrie.

On y voit la fin d'un âge d'or avec l'arrivée de la guerre et des occupants, la fin d'un monde superbement raconté et mis en image par Wes Anderson.

Une fresque à l'humour fin et raffiné tout à l'image de Gustave H. le concierge du Grand Budapest Hôtel divinement joué par Ralph Fiennes.

 

Wes Anderson nous offre un casting de génie et des interprétations de génie même pour les rôles qui durent 2 minutes, ils sont tous parfaits. Chaque apparition est une surprise voire une frustration que ça ne dure pas plus longtemps. Owen Wilson trois minutes et Billy Crystal cinq minutes, trop dur !

 

C'est merveilleux, c'est sublime, c'est émouvant, c'est une oeuvre d'art à part entière. Une apothéose de tous les films du réalisateur tellement le film est maîtrisé et parfait du début à la fin.

Je n'ai pas envie de discerter plus longtemps parce que The Grand Budapest Hotel ça se vit en live.

Ça se voit que j'ai adoré je pense...

 

 

 

 

 

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Gloria de Sebastián Lelio

 

"A 58 ans, Gloria se sent toujours jeune. Célibataire, elle fait de sa solitude une fête et passe ses nuits dans les dancings de Santiago. Quand elle rencontre Rodolfo, tout change. Elle tombe amoureuse et s’abandonne totalement à leur passion tumultueuse. Traversée tour à tour par l'espoir et les désillusions, ce qui pourrait la faire sombrer va au contraire lui permettre d'ouvrir un nouveau chapitre de sa vie"

 

Gloria a des enfants qui vivent leur vie dans laquelle une mère n'a plus tellement de place. Elle chante tout le temps, ce n'est pas le genre à se morfondre sur sa vie passée et son célibat. Elle croque la vie à pleines dents même à 58 ans. C'est pour cela qu'elle ne s'embarrasse d'aucun complexe quand elle rencontre Rodolfo, un homme qui lui donne envie de profiter. Mais l'amour n'est pas toujiurs facile quel que ce soit l'âge auquel on y succombe.

 

Gloria c'est l'histoire d'une femme qui ne cesse jamais de croire, qui ne cesse jamais d'espérer, qui prend ce que la vie lui donne même si c'est à ses dépends. C'est l'histoire d'une femme heureuse de vivre, probablement trop heureuse pour son amant manipulateur qui n'est pas de taille face à une femme comme Gloria.

 

C'est le portrait sans concessions d'une femme à la soixantaine épanouie.

J'ai rarement vu une actrice de cet âge se lâcher et s'abandonner autant dans un rôle. Peut être même jamais. Déjà le corps est plutôt tabou au cinéma après 40 ans, alors la sexualité des seniors n'en parlons pas.

Elle est démente cette Paulina Garcia et son prix d'interprétation à Berlin est plus que mérité.

La superbe scène finale donne envie de se lever de son siège pour danser avec Gloria !

 

 

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Bethleem de Yuval Adler

 

"2005. Bethlehem sud de Jérusalem. Sanfur, un jeune palestinien vit dans l'ombre de son frère Ibrahim un terroriste à la tête d'un réseau influent. Razi, un agent des services secrets israëliens qui recrute des informateurs dans les territoires occupés s'en fait un allié, lui offrant ce qui manque à sa vie, l'estime et la bienveillance d'un père. Tentant d'assurer son rôle tout en restant loyal envers son frère, Sanfur navigue comme il peut d'un camp à un autre, commettant des impairs. Les services secrets découvrent qu'il participe aux activités de son frère, plongeant Razi dans un profond dilemme : doit-il donner une seconde chance à son indic ou obéir aux ordres ?"

 

Le film a obtenu rien de moins que 6 Ophirs (l'équivalent de nos Césars) dont Meilleur Film, Meilleur Scénario et Meilleur Réalisateur. Le réalisateur est israélien et le scénariste Ali Waked est palestinien et cela se voit dans le film qui aborde le conflit israélo-palestinien sans jamais prendre parti ni d'un côté ni de l'autre. Le film est remarquable sur ce plan, il nous fait entrer dans un quotidien où le terrorisme, l'espionnage, la peur, la haine, les contrôles sont monnaie courante et tout le monde vit avec.

On y découvre les rapports compliqués entre les israéliens et les palestiniens, entre les agents et leurs espions, entre l'Autorité palestinienne et le Hamas, entre les palestiniens engagés et l'Autorité palestinienne, tout ça dans la ville de Bethleem, ville historiquement symbolique.

C'est la première fois que j'ai compris un peu mieux les rapports compliqués qu'entretient l'Autorité palestinienne avec le Hamas.

Il y a des scènes très fortes et très dures notamment sur les interventions de l'armée israélienne dans la ville, la tension insoutenable ne cesse de monter et on a l'impression de ne plus être dans un film mais bien dans la réalité.

 

Les deux acteurs principaux sont excellents dans les rôles d'un gamin paumé au coeur d'enjeux qui le dépassent et un agent déchiré entre son devoir et son attachement quasi paternel. Toute l'ambiguïté de leurs rapports est au coeur du film.

C'est raconté à la manière d'un polar avec du suspense. On ressent les émotions à fleur de peau de tous les protagonistes qui vivent dans un état de guerre permanent.

Ça raconte aussi le quotidien d'hommes désoeuvrés dont la vengeance contre l'occupant est au coeur de leur vie, on comprend l'embrigadement...

Comme le réalisateur, je ne prendrais pas parti, on voit bien que c'est compliqué des deux côtés. Un excellent film, vraiment dur, qui m'a bouleversée et plus...

 

 

 

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Week-ends de Anne Villacèque

 

"Un rien suffit parfois à gâcher un week-end à la campagne. Un simple malentendu sur un parking de supermarché, un mauvais réflexe, et voilà que tout se détraque. Rien ne va plus pour Christine. Jean la quitte. Ses amis de toujours, Sylvette et Ulrich, sont un peu moins ses amis. Tout fout le camp. Mais la vie est toujours pleine de surprises.

Amours et désamours dans la vie de deux couples, le temps des week-ends."

 

Je vais aller vite parce que je n'ai pas grand chose à sauver de ce film qui m'a horripilée à un point. Mauvais dialogues, mauvaises interprétations dans l'ensemble (même Karine Viard que j'adore ne m'a pas convaincue, mieux vaut la voir dans Lulu femme nue), photo moche, une voix off totalement inutile et des situations incroyables dans le sens négatif du terme. Tout semble faux, l'amitié, l'amour, les rapports parents enfants... Des meilleurs amis comme le couple incarné par Noémie Lvovsky et Ulrich Tukur, je n'en voudrais pour rien au monde, tu parles d'amis... Bon d'accord ça parle du temps qui passe et bla bla bla, mais à aucun moment je n'ai été touchée par cette histoire de séparation bref un film vain qui ne réussit pas à raconter une histoire crédible...

Par Carole Nipette - Publié dans : Sorties culturelles... de maman, critiques cinéma. - Communauté : Les films : outil de culture
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Mardi 25 février 2014 2 25 /02 /Fév /2014 09:30

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Lulu femme nue de Solveig Anspach

 

"À la suite d’un entretien d’embauche qui se passe mal, Lulu décide de ne pas rentrer chez elle et part en laissant son mari et ses trois enfants. Elle n’a rien prémédité, ça se passe très simplement. Elle s’octroie quelques jours de liberté, seule, sur la côte, sans autre projet que d’en profiter pleinement et sans culpabilité. En chemin, elle va croiser des gens qui sont, eux aussi, au bord du monde : un drôle d’oiseau couvé par ses frères, une vieille qui s’ennuie à mourir et une employée harcelée par sa patronne… "

 

Karin Viard exceptionnelle, ça oui elle l'est ! Elle est immense cette comédienne qui peut tout jouer avec un naturel toujours aussi confondant. Elle est ultra attachante dans ce rôle de femme et de mère un peu à l'ouest qui retrouve sa liberté et son insouciance. Elle souffle, elle respire à plein poumons sans mari, ni enfants sur le dos. Pour la première fois depuis longtemps, Lulu va prendre le temps de vivre et de penser à elle.

La rencontre avec un trio excentrique de frères va la déshiniber. Elle revit.

S'accorder une parenthèse sans se poser de questions, qui en est vraiment capable ? Lulu va jusqu'au bout de son délire et peu importe que sa famille ne comprenne pas. Elle se trouve une nouvelle famille de substitution pendant ces quelques jours hors de sa réalité.

Au fur et mesure de son "aventure" elle se retrouve et prend de l'assurance. Elle aide les autres en s'aidant soi-même finalement.

Un magnifique portrait de femme qui parlera à beaucoup. A toutes ces mères et épouses qui oublient qu'elles sont aussi des femmes à part entière et qu'elles peuvent exister par elles-mêmes tout en existant pour les siens.

Karin Viard exceptionnelle oui mais tous les interprètes du film le sont aussi. C'est un régal ! De Bouli Lanners en nounours tendre et comique à Corinne Masiero en patronne de bar perverse, de Pascal Demolon et Philippe Rebbot épiques dans les rôles de frères à Claude Gensac (toute mon enfance De Funès !) qui est encore un sacré personnage de cinéma à 86 ans !

 

 

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Ida de Pavel Pawlikowski

 

"Dans la Pologne des années 60, avant de prononcer ses voeux, Anna, jeune orpheline élevée au couvent, part à la rencontre de sa tante, seul membre de sa famille encore en vie qui lui révèle ses origines juives. Elle découvre alors un sombre secret de famille datant de l'occupation nazie."

 

L'atmosphère est froide et pesante au couvent où l'on découvre la jeune Ida qui se prépare à prononcer ses voeux. Le noir et blanc accentue forcément la déprime, normal car la vie est en couleurs. Ici c'est vrai que les couleurs de la vie des gens semblent se confondre avec le noir et blanc. Ida rencontre sa tante, une juge qui ne semble avoir peur de rien. Une femme seule qui mène sa vie avec une liberté rafraichissante compte tenu du contexte politique de la Pologne des années 60.

Ida qui a perdu ses parents alors qu'elle était enfant, apprend qu'elle est juive.

C'est destin d'une jeune fille sans histoires, au propre et au figuré, qui en l'espace de quelques jours va découvrir son passé, sa famille et se découvrir elle-même.

 

Les deux femmes vont partir sur les traces de leur famille juive cachée pendant la guerre dans une Pologne ouvertement antisémite et où beaucoup ont à se reprocher.

Cette "promenade" dans la campagne va réveler bien des secrets et des années après la guerre, la haine des juifs est toujours ancrée sur cette terre.

C'est la rencontre entre une fille orpheline et sa tante, entre une femme et son passé, entre une nonne et la vie à laquelle elle est prête à se soustraire.

Toutes ces rencontres manquées auxquelles la vie nous soumet parfois. Tous ces espoirs qui naissent et meurent presque aussi vite qu'ils sont apparus.

Ida raconte une histoire dure, sans concessions et en même temps on voit la jeune fille s'ouvrir un peu aux autres, découvrir le pouvoir de la musique sur les êtres. On se dit, quelle tristesse, si elle devient nonne elle ne pourra plus écouter de musique alors qu'elle semble vraiment heureuse.

Ida se pose des questions sur sa foi, sur son avenir, elle doute mais reste accrochée à son culte tout en expérimentant des nouveautés, on croirait qu'elle se fabrique des souvenirs.

Une fois le passé enterré, on espère. Jusqu'à la fin, je veux croire qu'elle ne choisira cet enfermement, cette renonciation (et pour le savoir il faudra aller voir le film...)

 

Un film bouleversant et dramatique, deux beaux portraits de femmes dans une époque sombre. Des images magnifiques, une mise en scène épurée qui renforce les émotions et transcende les êtres. Un drame existentiel tout en retenue et sobriété mais d'une force incroyable.

 

 

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Les Grandes Ondes (à l'Ouest) de Lionel Baier

 

"Avril 1974. Deux journalistes de la radio sont envoyés au Portugal pour réaliser un reportage sur l’entraide suisse dans ce pays. Bob, technicien proche de la retraite, les accompagne à bord de son fidèle combi VW. Mais sur place, rien ne se passe comme prévu : la tension est à son comble entre Julie, la féministe, et Cauvin le reporter de guerre roublard. La bonne volonté de Pelé, le jeune traducteur portugais, n’y fait rien : la petite équipe déclare forfait. Mais le vent de l’Histoire pousse le Combi VW en plein coeur de la Révolution des Oeillets, obligeant cette équipe de Pieds nickelés à prendre part, et corps, à cette folle nuit du 24 avril 1974."

 

Des journalistes de la radio suisse envoyés au Portugal pour satisfaire à de sombres exigences politiques, au départ je n'aurais pas misé un kopeck sur cette histoire. En fait, je n'avais pas lu le résumé avant d'aller voir le film, l'affiche, le casting et l'avis d'un ami m'ont décidée.

Et puis j'ai passé un sacré bon moment et j'ai énormément ri. C'est une vraie comédie originale et décalée, si c'est ça l'humour suisse je suis fan !

Cette joyeuse bande de personnages m'a complètement embarquée dans son combi plus vrai que nature. Entre un technicien maniaque, une jeune féministe libérée, un reporter mufle et orgueilleux, un jeune garçon sensible et touchant grand fan de Pagnol, les échanges sont parfois explosifs mais aussi émouvants.

On rit de ces quelques vérités bien envoyées sur la Suisse et les discours racistes d'un vieux portugais résonnent étrangement avec l'actualité suisse du moment sur les histoires d'immigration.

Le reportage est au point mort quand tout bascule avec la Révolution des Oeillets. L'équipe au complet prise dans la tourmente va se déchainer et se réveler. Cela donne une soirée d'anthologie à laquelle, je l'avoue, j'aurais bien participé dans ces conditions. Ah les années 70 !

 

Une histoire improbable et pleine de charme interprétée avec fantaisie. Allez-y, ça vous mettra la patate !

 

 

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La Belle et la Bête de Christophe Gans

 

"1810. Après le naufrage de ses navires, un marchand ruiné doit s’exiler à la campagne avec ses six enfants. Parmi eux se trouve Belle, la plus jeune de ses filles, joyeuse et pleine de grâce. Lors d’un éprouvant voyage, le Marchand découvre le domaine magique de la Bête qui le condamne à mort pour lui avoir volé une rose. Se sentant responsable du terrible sort qui s’abat sur sa famille, Belle décide de se sacrifier à la place de son père. Au château de la Bête, ce n’est pas la mort qui attend Belle, mais une vie étrange, où se mêlent les instants de féerie, d’allégresse et de mélancolie..."

 

La lumière s'éteint dans la salle et la voix du conteur s'élève dans le silence. Nous sommes bien installés, c'est comme si on se retrouvait pour la veillée au coin du feu avec une belle histoire. Dès les premiers mots, l'histoire nous embarque. Et quelle histoire. Un de ces contes épiques qui mêle aventure, romantisme, féérie, magie et imaginaire mystique.

Puis les mots se tranforment en images et c'est sublime. Des fresques grandioses avec un sens inoui du détail et du décor dans chaque scène. Les images alternent avec la voix et on est comme des gosses pour savoir la suite.

 

Cette nouvelle adaptation du célèbre conte est directement inspiré de l'histoire originale écrite par Gabrielle-Suzanne de Villeneuve en 1740. Quel plaisir de retrouver la "vraie" histoire de la Belle et la Bête avec tous les tenants et les aboutissants liés à chaque personnage. Cette version de Christophe Gans est la plus intéressante de toutes (même si j'aime bien celles de Disney et de Cocteau). Magie et suspense sont étroitement mêlés tout comme la nature et l'humain.

Le mélange entre la réalité et la mythologie est parfaitement restitué dans le film, les interactions entre les deux mondes sont d'un réalisme et d'une force incroyables. Les effets spéciaux sont plus que réussis.

C'est une histoire d'amours, l'amour d'un homme pour une femme, l'amour d'un père pour sa fille ou d'une fille pour son père, l'amour d'une Bête pour une Belle...

 

Un film envoutant, une belle oeuvre romanesque dans laquelle le grand spectacle rejoint l'intime enfoui au plus profond des êtres...

 

J'ai vu le film avec ma fille de 8 ans et c'est tout à fait adapté aux enfants de cet âge. Elle a évidemment craqué pour les petits chiens qui ressemblent à de gros Petshop vivants.

 

Par Carole Nipette - Publié dans : Sorties culturelles... de maman, critiques cinéma. - Communauté : Les films : outil de culture
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Vendredi 14 février 2014 5 14 /02 /Fév /2014 09:26

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Dallas Buyers Club de Jean-Marc Vallée

 

"1986, Dallas, Texas, une histoire vraie. Ron Woodroof a 35 ans, des bottes, un Stetson, c’est un cow-boy, un vrai. Sa vie : sexe, drogue et rodéo. Tout bascule quand, diagnostiqué séropositif, il lui reste 30 jours à vivre. Révolté par l’impuissance du corps médical, il recourt à des traitements alternatifs non officiels. Au fil du temps, il rassemble d’autres malades en quête de guérison : le Dallas Buyers Club est né. Mais son succès gêne, Ron doit s’engager dans une bataille contre les laboratoires et les autorités fédérales. C’est son combat pour une nouvelle cause… et pour sa propre vie."

 

Même si je  connais un peu l'histoire des débuts du sida dans les années 80 et que j'ai entendu parler du scandale de l'AZT, je ne savais pas que Ron Woodroof avait été un militant engagé contre l'industrie pharmaceutique et que son acharnement contre la toute puissante Food Drug Admnistration avait payé. Jean-Marc Vallée nous raconte une histoire vraie qui a compté dans le traitement du sida.

 

Dans le première partie du film, Ron Woodroof découvre sa maladie dans un Texas ultra macho. Le sida ce n'est que pour les homosexuels et la première phase par laquelle il va passer est celle du déni absolu. Les autres ne sont pas tendres avec un séropositif et l'homophobie va bon train. Ron lui même va subir les insultes et les bassesses, ce qu'il faisait probablement subir aux autres avant. Puis après la phase d'acceptation, il entre dans le processus de survie.

Après sa rencontre avec Rayon, séropositif, homo et travesti, il commence par delaer de l'AZT, le seul traitement disponible contre le sida. On en est au stade des traitements expérimentaux, les médecins tatonnent et naviguent à vue.

 

Mais Ron ne se satisfait pas de cette situation, il rencontre d'autres médecins d'un circuit parallèlle, s'intéresse à sa santé de plus et on voit l'émergence du discours sur la nourriture saine, pas de drogues, pas d'alcool, l'importance d'avoir une vie équilibrée pour lutter contre le sida. Un discours contradictoire avec le discours médical ambiant qui ne donne aux malades du sida qu'une faible espérance de vie.

Il fallait être sacrément fou ou visionnaire pour se lancer dans un business d'abonnements à un traitement médical. On peut dire qu'il est le premier à avoir eu l'idée de faire une "box" mensuelle ! Ron Woodroof vendait des médicaments et des vitamines, mais plus que ça, il vendait de l'espoir et ça a cartonné. En même temps ça restait un business dont on voit la dureté dans le film, Ron n'est pas un enfant de choeur.

 

Tout le monde a parlé des performances de Matthew Mc Conaughey et Jared Leto à juste titre. Ils sont formidables de justesse et n'en font pas trop. Ils "sont" tellement leurs personnages. Leurs histoires sont dramatiques mais il y a pas mal d'humour dans le film et les deux protagonistes y sont pour beaucoup.

 

Dallas Buyers Club est l'histoire d'une lutte pour la survie, une lutte pour avoir droit aux bons soins, une lutte contre un monopole, contre un establishment, une lutte pour l'humanité finalement... Une lutte qui aura permis à Ron de vivre 2557 jours au lieu de 30 et qui aura aidé au traitement du sida. Du très bon cinéma avec un intérêt historique évident.

 

 

 

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Tonnerre de Guillaume Brac

 

"Un rocker trop sentimental, une jeune femme indécise, un vieux père fantasque. Dans la petite ville de Tonnerre, les joies de l’amour ne durent qu’un temps. Une disparition aussi soudaine qu’inexpliquée et voici que la passion cède place à l’obsession."

 

J'étais contente de retrouver Vincent Macaigne que j'avais adoré dans "2 Automnes 3 Hivers". Encore une fois il est juste et attachant mais trop sur le même registre finalement.

Immersion dans le quotidien d'une petite ville de l'Yonne, Tonnerre, une ville où l'on ne court pas, où le temps semble s'être arrêté. J'ai lu partout des histoires de paysages magnifiés, j'ai trouvé toute cette neige et cette grisaille tellement déprimantes.

Le film parle d'amour avec un vague discours introspectif sur la célébrité et la création, sur la fidélité mais ça ne va jamais loin, dommage.

J'ai eu du mal à comprendre cette histoire d'amour qui vire à l'obession. Tous les protagonistes semblent paumés, c'est vraiment la confusion des sentiments. Je n'ai pas suivi ce Maxime, trop émotionnellement immature, dans son délire amoureux. J'avais envie de lui dire "Mais arrête, qu'est ce tu fous bon sang ?" La deuxième partie du film qui vire au polar est suprenante et pas aboutie.

Bizarrement j'ai plutôt aimé le film mais en sortant j'ai eu le vague sentiment d'avoir perdu mon temps. J'ai attendu quelque chose qui n'est pas venu, un souffle qui s'est perdu en route et au final ce Tonnerre est vain et ne m'a rien apporté...

 

 

 

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Un beau dimanche de Nicole Garcia

 

"Baptiste est un solitaire. Instituteur dans le sud de la France, il ne reste jamais plus d’un trimestre dans le même poste. A la veille d’un week-end, il hérite malgré lui de Mathias, un de ses élèves, oublié à la sortie de l’école par un père négligent. Mathias emmène Baptiste jusqu’à sa mère, Sandra. C’est une belle femme, qui après pas mal d’aventures, travaille sur une plage près de Montpellier. En une journée un charme opère entre eux trois, comme l’ébauche d’une famille pour ceux qui n’en ont pas. Ça ne dure pas. Sandra doit de l’argent, on la menace, elle doit se résoudre à un nouveau départ, une nouvelle fuite. Pour aider Sandra, Baptiste va devoir revenir aux origines de sa vie, à ce qu’il y a en lui de plus douloureux, de plus secret."

 

C'est beau une mère qui filme son enfant ! Je suis tombée sous le charme de Pierre Rochefort aussi bon comédien que beau et on sent que la caméra l'aime. Quand à Louise Bourgoin je l'aime aussi et elle ajoute une nuance de plus à son jeu, tout en finesse, de comédienne dans un registre dramatique.

 

Au début du film, l'instituteur fait irruption dans la vie d'un de ses élèves, le genre de choses que les profs font rarement. Que savent-ils vraiment des vies des enfants quand ils voient à peine les parents ? Baptiste se rend compte que ce n'est pas facile pour Mathias et il décide de l'aider sans réfléchir pas forcément convaincu mais il le fait quand même. Ce n'est que lorsqu'il rencontre Sandra la mère qu'on le sent plus impliqué. C'est la rencontre de deux âmes perdues et cabossées. Pour elle, il va revoir sa famille et régler ses comptes avec ceux qui lui ont fait du mal, ceux qui ne l'ont pas accepté comme il était, ceux qui l'ont traité comme une brebis galeuse.

Une famille bourgeoise bien comme il faut dans laquelle Sandra dénote mais c'est auprès d'elle qu'il trouve la compréhension dont l'ont privée ceux qui étaient censés l'aimer. Lui qui ne rentrait pas dans le rang il se range avec Sandra et son fils.

 

J'ai été trés émue par le couple formé de Baptiste et Sandra, Un beau dimanche est finalement une très belle comédie dramatique romantique.

 

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Jacky au Royaume des Filles de Riad Sattouf

 

"En république démocratique et populaire de Bubunne, les femmes ont le pouvoir, commandent et font la guerre, et les hommes portent le voile et s’occupent de leur foyer. Parmi eux, Jacky, un garçon de vingt ans, a le même fantasme inaccessible que tous les célibataires de son pays : épouser la Colonelle, fille de la dictatrice, et avoir plein de petites filles avec elle. Mais quand la Générale décide enfin d’organiser un grand bal pour trouver un mari à sa fille, les choses empirent pour Jacky : maltraité par sa belle-famille, il voit son rêve peu à peu lui échapper..."

 

J'étais très curieuse de voir le nouveau film de Riad Sattouf dont j'ai adoré Les Beaux Gosses.

Je dis qu'il en faut des couilles pour faire et sortir un film pareil dans notre époque perturbée. Dommage le film ne marche pas et clairement il ne peut pas plaire aux esprits obtus et enfermés dans quelque dogme que ce soit. L'effet miroir ferait mal...

En attendant j'ai passé un très bon moment avec un casting de dingue. Même des rôles de trois minutes nous offrent de belles surprises. Riad Sattouf a inventé un univers et un vocabulaire bien pensé. C'est un festival de nouveaux mots !

On se retrouve au pays de Bubunne, où le peuple habite dans un genre de kolkhoze mixé avec un stalag mixé avec un pays intégriste et une dictature militaire. Les habitants sont "nourris au grain" avec une bouillie qui arrive directement dans les cuisines et qu'ils avalent chaque jour sans poser de questions. Un parallèle avec la bouillie que nous déversent les médias ?

J'y ai vu un pamphlet contre tous les intégrismes, contre les traitemens infligés aux femmes et aux enfants dans certaines sociétés et contre la connerie aussi. Que tout soit traité par l'humour et la dérision fait que le ressenti est plus fort. Ce qui pourrait passer pour une vaste farce est en fait une dénonciation très intelligente. La prise de conscience est plus terrible même si l'on rit.

Vincent Lacoste est décidément parfait et son côté androgyne fait un malheur quand il se retrouve déguisé en fille.

Par Carole Nipette - Publié dans : Sorties culturelles... de maman, critiques cinéma. - Communauté : Les films : outil de culture
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Mardi 28 janvier 2014 2 28 /01 /Jan /2014 06:12

 

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Synopsis

 

"Inspiré par le fameux concepteur d’avions Giovanni Caproni, Jiro rêve de voler et de dessiner de magnifiques avions. Sa mauvaise vue l’empêche de devenir pilote mais il se fait engager dans le département aéronautique d’une importante entreprise d’ingénierie en 1927. Son génie l’impose rapidement comme l’un des plus grands ingénieurs du monde.

Le Vent se lève raconte une grande partie de sa vie et dépeint les événements historiques clés qui ont profondément influencé le cours de son existence, dont le séisme de Kanto en 1923, la Grande Dépression, l’épidémie de tuberculose et l’entrée en guerre du Japon. Jiro connaîtra l’amour avec Nahoko et l’amitié avec son collègue Honjo. Inventeur extraordinaire, il fera entrer l’aviation dans une ère nouvelle."

 

"Le vent se lève, il faut tenter de vivre..." Cette phrase, extraite d'un poème de Paul Valéry "Le cimetière marin" est le leitmotiv du film. Elle résonne comme un mantra, une ode à la vie, l'espoir que l'on met à vivre.

Le film s'ouvre sur une scène symbolique d'un rêve partagé. Jiro rêve et se retrouve dans celui de Caproni. Avoir un rêve c'est beau et le partager c'est magique. Lors de ce rêve Caproni va dire à Jiro "Les avions sont des rêves merveilleux, ils ne devraient jamais servir à faire la guerre". Et pourtant toute l'ingéniosité de Jiro va servir à fabriquer des avions de chasse, quelle ironie.

 

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Jiro est un jeune homme altruiste et d'une générosité sans pareille, n'hésitant jamais à aider son prochain en difficulté ou ses collègues de travail. Il passe sa vie à rêver de voler avec des avions qu'il aura imaginé. Il rêve au propre et au figuré et donne tout ce qu'il a pour son métier d'ingénieur en aéronautique.

Toute la première partie du film, Miyazaki prend le temps et s'attarde sur son héros, ses aspirations et sa passion. Jiro rêve, on rêve avec lui, on s'évade et on s'envole dans les airs tout en traversant des périodes difficiles de l'histoire du Japon.

 

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La deuxième partie est plus romantique et apporte au film une dimension encore plus poétique. Une histoire d'amour tragique qui gagne en intensité au fur et à mesur que Jiro se rapproche de son rêve. Sa passion semble pourtant plus forte, elle vire à l'obsession et c'est là qu'il met enfin au point son avion parfait, le fameux Chasseur Zéro (que tous les fans de Pappy Boyington connaissent par coeur).

Il y d'autres choses encore sur l'engagement, sur la guerre, sur la liberté...

 

Le Vent se lève est un magnifique film testament de son auteur et esthétiquement on est ébloui encore plus que d'habitude par la beauté des images. La musique est sublime. J'ai bien aimé retrouver une figure connue des films de Miyazaki avec le visage de Castorp (nom du personnage pris chez Thomas Mann) qui ressemble à celui de la sorcière du Voyage de Chihiro ou de la chef de bande du Château dans le ciel ou encore de Sophie en vieillarde dans Le Château ambulant. Et il y en a d'autres des similitudes ou des références à toute la filmographie d'Hayao Miyazaki. Il faudrait revoir le film plusieurs fois pour tout retrouver !

 

Une phrase résonne encore en moi "L'atteinte à la vie privée est indigne d'un état moderne". A méditer surtout aujourd'hui n'est ce pas ?

 

 

Par contre le film n'est pas vraiment adapté aux plus petits. Je dirais qu'à partir de 8 ans c'est bien et encore l'enfant ne comprendra pas tout. Nina m'a dit avoir beaucoup aimé, surtout l'histoire d'amour, mais je pense qu'elle a trouvé le temps un peu long quand même notamment au début. En tout cas, le film a occasionné beaucoup de questions et nous avons eu de longues discussions sur des sujets aussi variés mais un peu tristes comme les tremblements de terre, la tuberculose, la guerre, le sacrifice par amour...

 

 

Voilà c'est fini en j'ai presque les larmes aux yeux en repensant au film, à la carrière de Miyazaki, à tous ces films magnifiques qu'il nous a donné, à toutes ses émotions suscitées depuis tant d'années...

 

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Par Carole Nipette - Publié dans : Sorties culturelles... de maman, critiques cinéma. - Communauté : Les films : outil de culture
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