L'insulte, Wonder Wheel, Sparring / Revue de films

Publié le 16 Février 2018

L'insulte, Wonder Wheel, Sparring / Revue de films

L'insulte de Ziad Doueiri

"A Beyrouth, de nos jours, une insulte qui dégénère conduit Toni (chrétien libanais) et Yasser (réfugié palestinien) devant les tribunaux. De blessures secrètes en révélations, l'affrontement des avocats porte le Liban au bord de l'explosion sociale mais oblige ces deux hommes à se regarder en face."

Tony est buté et au début on ne comprend pas pourquoi il réagit comme un idiot. L'insulte est bien évidemment un prétexte et il est vite clair que la haine viscérale entre ces deux hommes qui ne se connaissent pas a une origine bien plus profonde qu'il n'y parait.

C'est un film passionnant qui dénonce tout autant qu'il tente d'expliquer une Histoire complexe. Toni est en colère, c'est une situation qui le dépasse, il est entêté et ne se rend pas compte qu'il exagère. Yasser est fier et refuse de s'excuser car il se sent humilié. La petite affaire de quartier prend une ampleur internationale et les pros et les anti s'affrontent. La politique est au coeur des débats...

D'un côté ces libanais qui n'acceptent pas les réfugiés palestiniens et le sort "privilégié" qu'on leur réserve, le traitement de faveur dont ils bénéficient. On sent leur frustration et l'injustice qu'ils estiment vivre. Il y a un parallèle certain avec la situation des migrants de beaucoup de pays. Une injustice ressentie par les autochtones alors qu'en réalité leur sort n'est pas si enviable...

De l'autre côté ceux qui défendent la cause palestinienne, tellement à la mode. Le sort des palestiniens est toujours plus défendu qu'un autre, pourquoi ? Le film pose certaines bonnes questions... (surtout pour nous occidentaux prompts à s'emballer pour des causes qui dans le fond ne nous empêchent pas de bien vivre...) et dénonce pas mal d'hypocrisies. Il met aussi les palestiniens en face de leurs crimes, ils ne sont pas que des victimes, pas que des pauvres réfugiés... Tout comme les chrétiens libanais qui ont sur la conscience beaucoup de morts... En réalité chaque camp doit se remettre en question... Quand on suit le procès, on se dit que les deux hommes ont tous les deux raison. Difficile de prendre parti pour l'un ou pour l'autre. Dans le fond ils pourraient s'entendre, ils ont en commun l'amour du travail bien fait... On a vraiment envie qu'ils se réconcilient parce que l'avenir c'est vraiment la paix...

Le Liban comme on l'aborde peu souvent, une réalité historique qu'on connaît mal ici et un discours passionnant sur ce qu'est être une victime. Grand film pour moi...

Pourquoi j'y suis allée : la bande annonce m'avait donné envie et je voulais savoir quelle était l'insulte qui embrasait tout un pays !

L'insulte, Wonder Wheel, Sparring / Revue de films

Wonder Wheel de Woody Allen

"Wonder Wheel croise les trajectoires de quatre personnages, dans l'effervescence du parc d’attraction de Coney Island, dans les années 50 : Ginny, ex-actrice lunatique reconvertie serveuse ; Humpty, opérateur de manège marié à Ginny ; Mickey, séduisant maître-nageur aspirant à devenir dramaturge ; et Carolina, fille de Humpty longtemps disparue de la circulation qui se réfugie chez son père pour fuir les gangsters à ses trousses."

J'ai bien aimé ce dernier Woody Allen. Une belle brochette d'acteurs dont les formidables Kate Winslet et James Belushi. Un film qui renoue avec les films noirs des fifties et nous entraîne dans une histoire "romantico-thriller".  Avec un personnage de femme fatale totalement dans la veine du genre.

Les images sont magnifiques, les ambiances et la lumière sont sublimes. Le film est une très belle réussite sur le plan formel.

Pourquoi j'y suis allée : pour voir le dernier Woody Allen (hé oui...!) et pour voir mon choupinou Justin Timberlake que j'adore voir au cinéma.

L'insulte, Wonder Wheel, Sparring / Revue de films

Sparring de Samuel Jouy

"A plus de 40 ans, Steve Landry est un boxeur qui a perdu plus de combats qu’il n’en a gagnés. Avant de raccrocher les gants, il accepte une offre que beaucoup de boxeurs préfèrent refuser : devenir sparring partner d’un grand champion."

Steve est boxeur et pourtant quand on le voit tout gentil, tout calme, on se dit qu'il n'a pas assez de "gniak" pour faire ce métier. Est ce que c'est ce qui lui manque pour gagner ? Après chaque combat, Steve rentre quand même mal en point. Où est la limite ? A partir de combien de combats, il y aura le combat de trop ? 

Steve et sa femme (la douce Olivia Merilahti, la chanteuse de The Dø) sont d'origine sociale modeste, une famille simple qui peine à joindre les deux bouts. Steve doit accepter un sparring (servir de punching ball à un autre boxeur) pour gagner de l'argent qui permettra entre autres de payer un piano sa fille. Fille qui l'admire avec toute la fougue de ses 12 ans.

Accepter un sparring à son âge et après près de 50 combats ce n'est pas anodin. Steve n'est plus de taille à encaisser comme avant. Steve subit les humiliations et les coups en restant toujours digne. C'est probablement son ancrage familial fort qui le fait tenir et il a l'expérience pour lui et l'amour de la boxe. La caméra s'attarde sur Steve comme un répit avant qu'il ne se fasse démolir de son plein gré. C'est souvent filmé en plan serré et on est encore plus proche de ce boxeur cabossé qui nous touche.

C'est un premier film très réussi de Samuel Jouy (l'inoubliable José de la série Ainsi soient-ils). J'ai beaucoup aimé. J'avais peur que le film montre trop les combats avec violence, sang etc mais pas du tout, c'est un film sur la boxe, subtil et attachant. Mathieu Kassovitz est parfait et à mon avis, c'est une de ses meilleures interprétations.

Pourquoi j'y suis allée : pour le sujet et Mathieu Kassovitz qui est pour moi l'un de nos meilleurs comédiens français.

Rédigé par Carole Nipette

Publié dans #Sorties culturelles... de maman - critiques cinéma.

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S
J'aime beaucoup votre blog. Un plaisir de venir flâner sur vos pages. une belle découverte, un enchantement. blog très intéressant et bien construit. Vous pouvez visiter mon univers. Au plaisir
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M
Pour le moment mes sorties ciné se résument à des blockbusters ... ce genre de films, j'attends de pouvoir les voir sur petit écran, emmitouflée dans mon plaid :)
Wonder Wheel m'intéresse.
Hier soir, on a découvert "Il a tes yeux" sur Canal + (j'ai découvert qu'on l'avait en clair ... on n'est jamais prévenu) et c'est clairement le genre de film français qui fait rire mais que je n'irai pas voir au ciné.
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C
ah ben je vais vérifier aussi pour Canal on sait jamais :) pareil sinon, il y a des films que j'ai envie de voir mais ça ne vaut pas le coup au cinéma !
U
Dommage que kassovitz soit un peu imbu de lui meme ;-) je vais peut etre profiter d'être seule pendant les vacances pour aller au cine
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C
je suis plus ce qu'il fait en tant qu'acteur que le reste :)
C
Je decouvre ta revue et je t'en remercie. Avec trois enfants en bas age on a un peu rayé le mot cinema de notre vocabulaire on attends qu'ils sortent en dvd et la je decouvre donc ces films avec l'envie de decouvrir le 3eme plus specialement !
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C
merci :) je comprends, moi qui allait au ciné entre 3 et 5 fois par semaine avant d'être maman, même avec un enfant je ne peux plus le faire !