Mon cinéma / Août 2021

Publié le 1 Septembre 2021

True mothers de Naomi Kawase

"Satoko et son mari sont liés pour toujours à Hikari, la jeune fille de 14 ans qui a donné naissance à Asato, leur fils adoptif. Aujourd’hui, Asato à 6 ans et la famille vit heureuse à Tokyo. Mais Hikari souhaite reprendre contact avec la famille, elle va alors provoquer une rencontre…"

Je suis sortie de la salle totalement bouleversée par ce film magnifique. Un choc émotionnel. J'ai adoré.

On suit le parcours de deux mères qui racontent deux versions d'une histoire ou plutôt deux histoires qui se rejoignent dans une.
D'un côté Satoko mère adoptante, aimante et attentionnée et de l'autre Hikari, jeune mère forcée de laisser son fils à l'adoption.

Satoko et son mari forment un couple uni, solide qui traverse ensemble les galères de la procréation assistée puis le parcours de l'adoption. Naomi Kawase ausculte le désir et l'envie d'enfant dans le contexte de la société japonaise dans laquelle la place des femmes est compliquée.

Hikari dont l'histoire commence comme une banale romance adolescente, Hikari et la candeur de sa jeunesse, Hikari qui représente les jeunes filles perdues, celles dont on vole la jeunesse, celles dont on abuse.
Les scènes dans la maison d'adoption Baby Baton sont merveilleuses et terribles à la fois. C'est là qu'Hikari s'attache à son bébé qu'elle doit laisser. 

Satoko et Hikari sont deux mères différentes qui parlent le même langage, deux mères unies par l'amour de leur enfant.

Une belle mise en scène rythmée par des coups de fils dont on redoute la teneur. Une douceur et une tendresse perceptibles tout au long du film malgré la dureté du sujet.
Il y a tellement d'amour qui émane de ce film.
Sublime avec une fin sublime.

 

Old de M. Night Shyamalan

"Des individus se retrouvent dans un grand hôtel où le propriétaire leur donne accès à une plage mystérieuse. Malheureusement, ils s'y retrouvent coincés. Isolés, ils découvrent qu'ils sont incapables de s'échapper et qu'ils vieillissent rapidement, leurs vies entières se trouvant réduites à une seule journée. Leur objectif : trouver un moyen de s'échapper avant de mourir."

Une histoire originale et intéressante sur le plan philosophique.
Je n’arrive même pas à imaginer que ma vie puisse se dérouler sur une journée, c’est vertigineux et pas évident à mettre en scène. De ce côté-là c’est plutôt réussi sur le vieillissement des personnages. J’ai moins aimé tout ce qui est censé horrifier et faire peur, j’ai trouvé que les scènes gore sonnaient souvent faux.
Les adultes vont devenir vieux avec tout ce qui s’ensuit, la déchéance, la perte des sens à vitesse supersonique. Ça n'a rien à voir avec "il vous reste 24h à vivre..." et que faire de tous ces projets et changements de vie ?

Mais c’est sur les enfants que c’est impressionnant. Ils vont expérimenter l’enfance, l’adolescence et l’âge adulte en quelques heures que ce soit physique ou psychologique sans avoir vraiment le temps de comprendre ce qui se passe en eux. C’est dérangeant et dingue à la fois.

Il y a aussi le huit clos dans lequel évoluent des personnages de milieux différents avec leurs préjugés et leurs croyances. Le mélange hétéroclite accroît le climat anxiogène.

Un film de science-fiction que l’on va comprendre petit à petit mais surtout un film sur la vie, le temps qui passe trop vite et qu’on ne peut rattraper…

Je suis mitigée mais au final j’en garde plutôt du positif, j’aime bien la réflexion autour et le fait que ce soit troublant.

Drive my car de Ryusuke Hamaguchi, d’après Murakami

"Marqué par un drame personnel, Yusuke Kafuku, acteur et metteur en scène de théâtre, accepte de monter Oncle Vania dans un festival, à Hiroshima. Il y fait la connaissance de Misaki, une jeune femme réservée qu'on lui a assignée comme chauffeure. Au fil des trajets, la sincérité croissante de leurs échanges les oblige à faire face à leur passé… "

Il se passe plus d’1h de film sur les 3, avant que Yusuke ne parte vers Hiroshima, c’est d’ailleurs là qu’apparaît le générique du film, comme si on venait de voir un long prologue avant un nouveau départ. Prologue que j’ai beaucoup aimé, presqu’un film à part. Yusuke et Otto sont un couple qui semble uni, ils se soutiennent, ils ont connu le pire. Otto écrit des séries dont elle imagine les situations en faisant l’amour et Yusuke lui donne la réplique tout comme il le fait en écoutant les cassettes des dialogues de ses pièces de théâtre enregistrées par Otto. Ils se complètent mais que se cache-t-il sous la surface ?

2 ans plus tard, quand il part à Hiroshima, c’est toujours avec la voix d’Otto qu’il répète Oncle Vania. Cette pièce de Tchekhov, pleine de sous-entendus résonne fort avec sa propre histoire. On peut dire tellement à travers le théâtre qui devient une catharsis. On assiste à un travail très intéressant sur le montage de la pièce avec un casting multilingue où chacun se donne la réplique sans comprendre son partenaire autrement que par des émotions. De très beaux passages notamment avec une actrice qui joue en langue des signes.

En parallèle de son travail, Yusuke découvre Misaki, mystérieuse chauffeure très douée dont le passé est chargé. Ils vont s’apprivoiser et faire face à ce qui les empêche d’aller de l’avant.

Le film est si riche, impossible de dire toutes les interactions entre les personnages, il raconte des parcours de vie, de reconstruction, d’acceptation de soi et des autres, de transmission… Il raconte l’impermanence des choses avec délicatesse.

Et ce choix d’Hiroshima, lieu de reconstruction et de résilience par excellence. Repartir de zéro dans cette ville justement, tout un symbole.

Choisir la vie et tout ce qui va avec…

Un film qui se savoure sur la durée et dont la beauté se distille lentement mais durablement.

Bac Nord de Cédric Jimenez
 
"2012. Les quartiers Nord de Marseille détiennent un triste record : la zone au taux de criminalité le plus élevé de France. Poussée par sa hiérarchie, la BAC Nord, brigade de terrain, cherche sans cesse à améliorer ses résultats. Dans un secteur à haut risque, les policiers adaptent leurs méthodes, franchissant parfois la ligne jaune. Jusqu'au jour où le système judiciaire se retourne contre eux."
 
On suit 3 coéquipiers Greg, Yass et Antoine qui sont devenus au fil de temps, de vrais amis. Un trio attachant avec des liens « familiaux » indispensables quand on fait ce métier et qu’on passe sa vie avec ses collègues.
 
Inspiré du scandale de la Bac Nord en 2012, pour moi le film dépeint plus une réalité quotidienne qu’une affaire de justice, celle des bandes de dealers et celle des policiers en mode pro et perso, que ce soit le manque criant de moyens ou la promiscuité qui crée du lien.
Jusqu’où peut-on aller pour attraper des criminels ? Jusqu’où on s’arrange avec la loi pour les faire tomber ?
A chacun de juger selon sa propre morale ou son ressenti.

L’actualité récente à Marseille montre encore une fois que ce qui se passe dans certains quartiers n’est pas du fantasme. Tout comme dans la série Engrenages ou le film Les Misérables de Ladj Ly, on voit le sang-froid qu’il faut pour ne pas répondre à la provocation et à la violence lors des descentes ou interpellations. (dans les 2 sens)
Cela justifie-t-il une réponse violente ou illégale ?

Beaucoup de questions en voyant le film mais ce sont les mêmes que je me pose quand je regarde ce qui se passe dans notre pays. Je vais donc rester sur le plan ciné et là je sais que j’ai aimé ce film haletant qui ne laisse pas une minute de répit, la réalisation et la mise en scène m’ont captée, j’étais dedans à fond. Un bon polar qui est un genre que j’aime autant lire que voir au cinéma.

Un film servi par un « quintet » que j’ai trouvé excellent, chacun-e dans son style, plus une bande son de dingue.
Et la scène du gamin sur du Jul (parce oui c’est Marseille bébé !) restera dans ma mémoire parce qu’elle montre bien la complexité et la dualité des sentiments dans cette réalité de terrain.

Free Guy de Shawn Levy
 
"A Free City, Guy est employé dans une banque. Sa vie est réglée comme une horloge et il fait chaque jour la même chose, encore et encore. Jusqu'au jour où il rencontre la belle Molotov Girl..."

J'ai vu l'affiche pendant des jours à Gare de Lyon, je ne savais même pas de quoi ça parlait, Ryan Reynolds a suffi à me donner envie, je suis faible😍
Je n'avais pas vu la bande annonce, j'ai donc été totalement surprise par le pitch de départ et mon court résumé ne révèle rien au cas où vous seriez dans mon cas ! (peu de chances mais sait-on jamais !)

Le début m'a fait penser aux premières scènes de La Grande Aventure Lego, j'ai même cru que c'était un remake mais non !
Guy, employé modèle, va se rebeller contre un système dans lequel il n'a ni le droit à la parole, ni le droit de changer de vie, il n'est qu'un personnage d'arrière-plan. Mais que se passerait-il si un gars comme lui décidait de réécrire son histoire ?
Et comment la peur du changement peut paralyser les gens et le vies ? Un thème universel qu'on expérimente tous les jours...

J'ai kiffé, le film est un vrai bon divertissement de cinéma (pour toute la famille), on ne s'ennuie pas une seconde, l'univers des jeux vidéos est vu d'une manière très originale et les effets spéciaux sont réussis. On rigole beaucoup dans cette critique ironique de notre société de consommation, de la non prise de risques en général, du monde des gamers et des exploitants de jeux vidéos et même si c’est un lieu commun, de la violence de certains jeux.

Free Guy est une peinture de la société acerbe et réaliste, un vrai bon moment de cinéma pour un film pas si premier degré qu'il n'y paraît.

Il y a Ryan Reynolds que j'adore mais aussi Jodie Comer, la géniale et sublime Villanelle de la série Killing Eve et Joey Keery, le Steeve Harrington de Stranger Things. Sans oublier Lil Rel Howery (Get Out) très drôle.

 

Rouge de Farid Bentoumi

"Nour vient d’être embauchée comme infirmière dans l’usine chimique où travaille son père Slimane, délégué syndical et pivot de l’entreprise depuis toujours.
Alors que l’usine est en plein contrôle sanitaire, une journaliste mène l’enquête sur la gestion des déchets. Les deux jeunes femmes vont peu à peu découvrir que cette usine n'est pas nette..."

 
Nour débarque dans une usine de produits chimiques dangereux, personne ne porte le masque 😷 alors qu'il faudrait, les vêtements de protection ne sont pas adaptés ou obsolètes...
Tout le monde la connait et elle essaie de s'intéresser vraiment à la santé de tous ces amis de son père qui l'ont vu grandir.
Très vite elle se rend compte que quelque chose cloche, que son père lui cache des choses et que l'usine n'est pas aussi clean qu'elle le prétend. Nour est dévalorisée en tant que jeune femme inexpérimentée, tout le monde la fait douter, la rabaisse.

Face à un véritable cas de conscience, utilisé souvent par les entreprises pollueuses, celui de l'acceptation de la pollution chimique et de ses dommages contre des centaines d’emploi qui font vivre une ville, Nour ne va pas lâcher l'affaire quitte à devenir une paria même aux yeux de sa famille.

Slimane est face à un conflit d’intérêt, obnubilé par les emplois à sauver quoi qu’il en coûte mais jusqu’à quand va-t-il fermer ses yeux ? Comment concilier tous ces enjeux à court et à long terme ? Une question cruciale qui dépasse le cadre du film.

Rouge est un bon thriller écolo-sociologique malheureusement dans l'air du temps qui montre ces usines qui s’enrichissent sur le dos des salariés tout en polluant l'environnement, ces hommes prêts à tout accepter pour garder un emploi dont les conditions de sécurité les met en danger déjà à cout terme et l'hypocrisie des pouvoirs publics et des politiques.
 
Zita Henrot 😍 et Sami Bouajila 😍 nous offrent un beau duo père fille qui symbolise aussi un conflit de générations.

Oss 117 Alerte rouge en Afrique noire de Nicolas Bedos

"1981. Hubert Bonisseur de La Bath, alias OSS 117, est de retour. Pour cette nouvelle mission, plus délicate, plus périlleuse et plus torride que jamais, il est contraint de faire équipe avec un jeune collègue, le prometteur OSS 1001."

Jean Dujardin est excellent, Pierre Niney aussi mais un film beaucoup trop long avec un rythme inégal pour moi. Un bon moment avec quelques répliques bien senties et situations très drôles mais sur la durée j'ai été moins emballée que prévu.

 

Jungle Cruise de Jaume Collet-Serra

"Chercheuse intrépide, la doctoresse Lily Houghton quitte Londres pour explorer la jungle amazonienne à la recherche d’un remède miraculeux. Pour descendre le fleuve, elle engage Frank Wolff, un capitaine roublard aussi douteux que son vieux rafiot délabré. Bien décidée à découvrir l’arbre séculaire dont les extraordinaires pouvoirs de guérison pourraient changer l'avenir de la médecine, Lily se lance dans une quête épique. L’improbable duo va dès lors affronter d’innombrables dangers..."

Très sympa, bonne surprise, bon divertissement à tous les niveaux, à voir avec toute la famille ! Un film d'aventures comme on les aime et le duo Emily Blunt/Dwayne Johnson fonctionne parfaitement !

 

Les fantasmes de David et Stéphane Foenkinos

"Face à leurs fantasmes, six couples tentent d’explorer les faces cachées de leur vie intime. Six questionnements sur l’accès au plaisir. Du jeu de rôle à l’abstinence, en passant par l’exhibition, six histoires séparées avec au centre le même questionnement sur le désir aujourd’hui. Le sien mais aussi celui de l’autre… "

Casting dingue avec beaucoup de personnes que j'aime mais le film à sketchs, casse gueule par essence, ne fonctionne pas du tout. Inégal, certains sketchs ne m'ont pas du tout plu comme le duo Bellucci/Bouquet qui sonne tellement faux. Grosse déception pour ma part.

Rédigé par Carole Nipette

Publié dans #Sorties culturelles... de maman - critiques cinéma.

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
P
J'ai pensé comme toi d'OSS : trop long ! et bien moins de répliques cultes que les précédents...
Répondre
C
Oui même si plaisant !
W
Merci pour ton avis sur ces films ! Il y en a beaucoup que j'aimerais voir (mais pas trop Old qui me ferait flipper gentiment et Bac Nord)
Répondre
C
j'aime pas trop avoir peur au cinéma et là ça allait pour Old !
M
J'ai très envie de voir les trois premiers mais pas très envie de les voir au ciné alors je vais attendre qu'ils soient dispos en VOD :)
Répondre
C
:)
G
coucou
est est retournés au ciné en aout !
une fois, ça faisait si longtemps
on a vu black widow, ça valait pas le coup mais le fait d'aller au ciné était cool
Répondre
C
Chouette ! je voulais le voir Black Widow mais je vais attendre la VOD !